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À la Une

À la UneAfrique

Guinée-Bissau: le général Horta N’Tam investi «président de la transition» pour un an

by admin9775 27 novembre 2025
written by admin9775

Le général Horta N’Tam, qui était jusqu’ici chef d’état-major de l’armée de terre, a été investi, ce jeudi 27 novembre, président de la transition et du Haut commandement militaire pour diriger la Guinée-Bissau pendant un an, a annoncé l’armée au cours d’une conférence de presse à Bissau, indiquant par ailleurs avoir pris le contrôle total du pays la veille.

« Je viens d’être investi pour assurer la direction du Haut commandement », a déclaré le général Horta N’Tam, après avoir prêté serment lors d’une cérémonie au siège de l’état-major, où la sécurité a été fortement renforcée. C’est un proche du président sortant, formé lorsque Umaro Cissoko Embalo est entré dans l’armée, et il a été promu au grade de major général sous son mandat.

La cérémonie, sobre, sans hymne national, devant les cadres de l’armée, s’est déroulée dans une salle de conférence au sein de l’état-major, le nouveau cœur du pouvoir qui est situé près du port de la capitale Bissau. Et les trois corps de l’armée – l’armée de terre, l’armée de l’air et la Marine nationale – ont donc proclamé « l’installation officielle » du général Horta N’Tam pour une transition politique qui doit durer douze mois.

Réouverture des frontières

Umaro Cissoko Embalo est toujours détenu au siège de l’état-major et il n’a pas fait de nouvelles déclarations. Selon plusieurs sources, les chefs d’État de la région seraient en train de lui chercher un point de chute. L’opposant historique, le chef du puissant PAIGC, Domingos Simoes Pereira, a également été arrêté, mercredi 26 novembre, et il est détenu dans un commissariat du centre-ville. Fernando Diaz de Costa, le principal challenger à cette présidentielle, n’a pas été arrêté. Il a pu être joint par RFI et il annonce se cacher et être en sécurité, explique notre correspondante à Dakar, Léa-Lisa Westerhoff. Cinq magistrats ont aussi été mis aux arrêts et empêchés d’être sur le terrain pour surveiller le décompte des bulletins de vote mercredi. Huit autres personnalités de l’opposition ont été arrêtés, selon la Ligue des droits de l’homme en Guinée-Bissau.

Dans une allocution d’une dizaine de minutes, le militaire a justifié la prise du pouvoir, évoqué un « effort commun » et indiqué que l’armée a pris ses responsabilités face à une menace de déstabilisation du pays menée par des narcotrafiquants. Les militaires viennent également d’annoncer la réouverture des frontières.

La capitale Bissau totalement déserte

Bissau est à l’arrêt total. Tout comme mercredi, les commerces sont fermés, les rues sont désertes et la circulation des voitures est interdite. Une forte présence militaire est à noter, des 4×4 aux vitres teintées circulent au pas dans la capitale. Le couvre-feu est pourtant levé depuis 06h00 ce jeudi matin et, en théorie, les habitants ont le droit de sortir. Les informations circulent très peu, puisque les médias sont toujours à l’arrêt et leurs programmes suspendus, mis à part la télévision et la radio nationales qui continuent à émettre des informations sur le groupe des militaires qui a pris le contrôle du pouvoir, précise notre envoyée spéciale à Bissau, Eva Massy.

Plusieurs personnes ont fait part de leurs difficultés à accéder au réseau internet et à passer des appels. Ce jeudi matin, sur ses réseaux sociaux, le PAIGC a appelé ses partisans à se rassembler devant le ministère de l’Intérieur pour exiger la libération de Domingos Simoes Pereira. Mais pour l’heure, impossible de vérifier si les partisans ont répondu présent. Cependant, étant donné le climat de tension en ville, il est possible que le rassemblement n’ait pas eu lieu. Les principaux axes aux abords du palais présidentiel sont très surveillés et des militaires patrouillent également les zones périphériques de la capitale.

Réactions internationales

En fin de matinée, le président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao a fait une déclaration, condamnant « sans équivoque » « un coup d’État qui a illégalement interrompu le processus électoral à un stade décisif » « et qui représente une menace directe pour la stabilité de la région ». La Cédéao « réaffirme la tolérance zéro » contre le désordre anticonstitutionnel.

L’instance ouest-africaine exprime aussi sa « profonde préoccupation » quant au sort réservé au président déchu, ainsi qu’aux hauts fonctionnaires et au personnel électoral, tous arrêtés dans la foulée du putsch. L’organisation régionale « se tient prête à prendre toutes les mesures nécessaires » pour rétablir la bonne gouvernance.

Certains pays ont également réagi en leurs noms propres, comme le Ghana, qui « condamne fermement » le coup de force et « exprime sa profonde amertume face à cette tentative de renverser la volonté du peuple », en référence aux résultats électoraux, dont la publication était prévue ce jeudi.

Hors des frontières africaines, les réactions tombent progressivement. La Russie se dit « préoccupée par la détérioration politique dans un pays traditionnellement ami ». Réaction similaire du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui rejoint le concert d’appels à la retenue. Un silence notable tout de même, celui du Sénégal, puissance régionale et frontalière à Bissau, qui n’a pas encore réagi au putsch chez son voisin.

RFI

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À la UneMonde

Hong Kong: un terrible incendie fait plus de soixante-dix morts dans une zone résidentielle

by admin9775 27 novembre 2025
written by admin9775

Au moins 75 personnes ont perdu la vie, mercredi 26 novembre, dans un incendie ayant éclaté dans un complexe résidentiel de Hong Kong. On ignore pour l’instant si des personnes se trouvent encore bloquées à l’intérieur des immeubles en feu. Le président chinois Xi Jinping s’est exprimé à propos de ce sinistre classé en catégorie cinq, le plus haut niveau. Trois personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’homicide involontaire. Dix pompiers ont été blessés dans les opérations.

Au moins sept des huit tours d’habitation du complexe Wang Fuk Court, datant de 1983, situé dans le quartier de Tai Po, dans le nord de Hong Kong, ont pris feu, mercredi 26 décembre. Un journaliste de l’Agence France Presse présent sur place, a évoqué de forts craquements, venant peut-être d’échafaudages en bambou, avant que n’apparaissent des flammes massives dans le ciel.

Lors d’une conférence de presse, Chou Wing-yin, un responsable des services de lutte anti-incendie, a tout d’abord rapporté que les pompiers avaient pris en charge 28 victimes. Parmi ces dernières, « neuf ont été déclarées mortes sur place. Six autres ont été transportées à l’hôpital dans un état grave, parmi lesquelles quatre sont finalement décédées », a-t-il énuméré.

L’incendie a fait 75 morts, selon le dernier bilan communiqué, jeudi 27 novembre en fin de journée, par les pompiers. Les secours continuent d’asperger d’eau les tours calcinées. Plus de 250 personnes sont toujours portées disparues. L’incendie, le plus meurtrier à Hong Kong depuis des décennies, est à présent éteint dans quatre des tours touchées par les flammes, et sous contrôle dans trois autres, ont dit les pompiers devant la presse, rapporte l’AFP. En fin d’après-midi jeudi, les pompiers aspergeaient toujours d’eau les tours calcinées et fumantes, brûlant encore par endroit.

Causes de l’incendie inconnues

Pour l’heure, les causes de l’incendie ne sont pas vraiment établies. Le président chinois s’est exprimé de manière indirecte. Xi Jinping a présenté ses condoléances aux victimes, appelant à tout mettre en œuvre pour minimiser leur nombre, selon la chaîne d’État CCTV.

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En revanche, les autorités locales n’ont pas tardé à annoncer l’arrestation de trois hommes soupçonnés d’homicide involontaire. La police du territoire a annoncé ces interpellations par l’intermédiaire d’un très court communiqué d’une phrase, promettant une conférence de presse pour plus tard.

Wong, Hongkongais de 71 ans, est terrorisé. Il affirme que sa femme est restée piégée à l'intérieur du complexe Wang Fuk Court, ce mercredi 26 novembre 2025 à Hong Kong.
Wong, Hongkongais de 71 ans, est terrorisé. Il affirme que sa femme est restée piégée à l’intérieur du complexe Wang Fuk Court, ce mercredi 26 novembre 2025 à Hong Kong. REUTERS – Tyrone Siu

Échafaudages, filets de sécurité, planches en mousse…

Selon les enquêteurs, l’incendie s’est propagé de « manière inhabituelle », relate notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy. Leur attention se porte notamment sur les planches en mousse qui recouvraient les fenêtres, comme l’a indiqué Eileen Chung, commissaire de police : « Et tout le monde sait que ces matériaux sont hautement inflammables, donc cela pourrait être une des causes de la propagation si rapide du feu. »

Depuis déjà six mois, des travaux de rénovation étaient en cours sur les façades de ces immeubles comprenant 1 984 logements, entourés d’échafaudages en bambou et de filets de sécurité en plastique. Certains survivants ont indiqué à la presse locale que les alarmes ne s’étaient pas déclenchées et que les ouvriers du chantier avaient l’habitude de fumer et de laisser trainer des mégots et autres débris. Hong Kong était en alerte rouge pour incendie depuis lundi en raison d’un temps très sec et de vents forts.

La mégapole de Hong Kong, ancienne colonie britannique rétrocédée à la République populaire de Chine, avant un fort durcissement du contrôle de Pékin ces dernières années, abrite des immeubles d’habitation parmi les plus hauts du monde et les plus densément peuplés. La cité compte 569 bâtiments de plus de 150 mètres de hauteur, soit le plus grand nombre au monde, selon des données de l’ONG internationale spécialisée CTBUH (Conseil sur les grands immeubles et l’habitat urbain). Le mois dernier, un incendie d’échafaudage du quartier des affaires avait fait quatre blessés.

RFI

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À la UneSociété

Kinshasa : 10 ans de prison pour la cerveaute présumée du braquage de la Rawbank à la place de la Victoire

by admin9775 27 novembre 2025
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La tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe a condamné ce mercredi Honorine Porsche Mukendi à 10 ans de servitude pénale pour son rôle principal dans le braquage de l’agence Rawbank de la place de la Victoire, survenu en octobre 2025. Le verdict a été prononcé lors d’une audience foraine tenue au Camp-Lufungola.

L’accusée, Honorine Porsche Mukendi, de nationalité allemande, a été reconnue coupable des chefs d’accusation de vol à main armée et terrorisme. Le tribunal l’a également condamnée à verser à la Rawbank la somme de 100 000 USD à titre de dommages et intérêts.

Contrairement à la prévenue, tous ses co-accusés ont été acquittés par le tribunal.

Dans son prononcé, le major Freddy Eume, président du tribunal, a justifié le verdict en rappelant l’application de l’article 7 du Code pénal militaire, qui prévoit la retenue de la peine la plus lourde lorsque plusieurs infractions sont établies, en l’occurrence le vol armé et l’acte terroriste.

Rappel des faits :
L’attaque qui a conduit à cette condamnation s’était déroulée en pleine journée, le 16 octobre 2025. Selon les conclusions de l’enquête, un groupe d’assaillants mélangeant civils, policiers et militaires avait exécuté un assaut rapide et violent contre l’agence bancaire, un cas qui avait suscité une vive émotion au sein de la population.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Guinée-Bissau: un groupe d’officiers dit avoir pris le contrôle du pays, le président Embaló «renversé»

by admin9775 26 novembre 2025
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En Guinée-Bissau, quelques heures après que des tirs ont été entendus, mercredi 26 novembre 2025, en milieu de journée près du palais présidentiel, un groupe d’officiers nommé « le Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre », dit avoir pris le contrôle du pays jusqu’à « nouvel ordre » et fermer les frontières. Le président Umaro Sissoco Embaló a confirmé avoir été arrêté et « renversé ». Une prise de pouvoir qui intervient à la veille des résultats des élections présidentielle et législatives organisées dimanche 23 novembre.

Un groupe d’officiers se présentant sous le nom de « Haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre » affirme avoir pris « la direction du pays jusqu’à nouvel ordre ».

Dans une déclaration lue au siège de l’état-major des forces armées par le général Denis N’Canha, chef de la maison militaire de la présidence, les militaires annoncent deux mesures : la suspension du processus électoral en cours – ce qui implique l’annulation des résultats de la présidentielle et des législatives – et la suspension des programmes dans les médias.

Le général a justifié l’acte « pour garantir la sécurité au niveau national et également rétablir l’ordre », évoquant la découverte par les « renseignements généraux » d’un « plan visant à déstabiliser le pays avec l’implication des barons nationaux de la drogue ». Les renseignements généraux « ont confirmé l’introduction d’armes dans le pays pour changer l’ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.

Selon les officiers, « l’exercice du pouvoir du commandement commence à partir d’aujourd’hui ». Ils appellent également « la population au calme », et annoncent la fermeture des frontières. Selon Jeune Afrique, un couvre-feu a été décrété.

Le haut commandant militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public agit en réaction à la découverte d’un plan de déstabilisation de notre pays. À l’origine de ce plan bien organisé, on trouve un certain nombre d’hommes politiques nationaux, mais aussi des barons de la drogue bien connus et des étrangers impliqués dans une tentative de manipulation des résultats électoraux. Ce plan a été découvert par les services de renseignements service de l’État qui ont aussi mis à jour un dépôt d’armes de guerre. C’est pourquoi, jusqu’à ce que toute la situation soit éclaircie et que les conditions d’un retour à l’ordre constitutionnel soient réunies, (…) le haut commandant militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public exercera le pouvoir.

Le général Denis N’Canha explique les raisons du mouvement des militairesCarol Valade

Umaro Sissoco Embaló affirme avoir été « renversé »

Introuvable durant plusieurs heures, le président Umaro Sissoco Embaló a finalement confirmé avoir été arrêté, cette fois auprès de nos confrères de France 24. « J’ai bien été renversé, je ne peux pas trop parler, car sinon ils vont me confisquer mon téléphone. Je suis actuellement à l’état-major », a-t-il affirmé, confirmant ne pas avoir subi de violence. Selon un officier de l’armée, le président est « bien traité ».

Plus tôt dans la journée, c’est le journal Jeune Afrique qui rapportait avoir été contacté directement par le chef de l’État. Le président sortant de la Guinée-Bissau expliquait avoir été arrêté dans son bureau du palais présidentiel, vers midi (TU).

Il affirmait que son ministre de l’Intérieur Botché Candé avait également été mis aux arrêts, ainsi que les plus hauts responsables militaires : le chef d’état-major général des armées et son adjoint, les généraux Biague Na Ntan et Mamadou Touré.

Toujours selon Jeune Afrique, le président Embaló assurait ne pas avoir subi de violence et accusait le chef d’état-major de l’armée de terre d’être l’auteur de ce renversement.

Domingos Simoes Pereira et Fernando Dias da Costa ont été arrêtés

La situation est désormais calme dans les rues, rapporte une source à RFI, et de nombreux éléments de la Garde présidentielle occupent les voies stratégiques menant au palais.

Selon nos informations, les opposants Domingos Simoes Pereira et Fernando Dias da Costa ont été arrêtés et sont détenus à la base aérienne de Bissau.

Ces événements surviennent après les élections présidentielles et législatives du dimanche 23 novembre, où le président sortant était donné favori. Alors que les résultats officiels étaient attendus jeudi 27 novembre, Umaro Sissoco Embaló et son concurrent Fernando Dias da Costa avaient tous deux revendiqué la victoire dès mardi.

La Commission nationale des élections (CNE) a été attaquée par des hommes armés non identifiés mercredi, a indiqué à l’AFP un responsable de la communication de la commission, Abdourahmane Djalo.

Quatre coups d’État depuis l’indépendance et quantité de tentatives

La Guinée-Bissau, petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée (Conakry), a déjà connu quatre coups d’État et une kyrielle de tentatives de putsch depuis son indépendance en 1974. La région ouest-africaine en a également connu depuis 2020 : au Mali, Burkina, Niger et en Guinée-Conakry.

La précédente présidentielle, en 2019, avait déjà débouché sur plusieurs mois de crise post-électorale, Umaro Sissoco Embaló et son adversaire du PAIGC Domingos Simoes Pereira revendiquant simultanément leur victoire.

Fin octobre, l’armée bissau-guinéenne avait annoncé avoir déjoué une « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », avec l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs.

Des accusations de « manipulation » et d’un « coup d’État simulé »

Le Portugal a appelé à la reprise du processus électoral dans son ancienne colonie de Guinée-Bissau. « Face aux événements ayant interrompu le cours de la normalité constitutionnelle en Guinée-Bissau, le gouvernement portugais appelle toutes les parties impliquées à s’abstenir de tout acte de violence institutionnelle ou civique », a-t-il indiqué dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Lisbonne les a également exhortées « à rétablir la régularité du fonctionnement des institutions, afin de permettre la finalisation du processus de dépouillement et de proclamation des résultats électoraux ».

Des voix à l’intérieur du pays se sont fait entendre pour condamner l’intervention des militaires et dénoncer « une manipulation » : c’est le cas du Front populaire, une organisation de la société civile proche de l’opposition qui parle d’un « coup d’État simulé » pour « empêcher la publication des résultats électoraux ». Autrement, le président ne l’aurait pas annoncé lui-même, affirment-ils.

L’ancien Premier ministre Aristides Gomes et membre du parti d’opposition PAIGC parle d’un « coup d’État prévu » pour « empêcher la proclamation des résultats des élections », a-t-il fait part à la rédaction lusophone de RFI. Il a pu s’exprimer ouvertement, car il ne se trouve pas en Guinée-Bissau actuellement.

Nous avions déjà des informations sur les rencontres de Sissoco Embalo avec ses amis de l’état-major des forces armées. Nous avons appris qu’un coup d’État était prévu, ou plutôt une tentative de simuler l’arrestation de Sissoco Embalo pour faire croire à un véritable coup d’État. Cette mise en scène vise à empêcher la proclamation des résultats des élections. Sinon, pourquoi arrêteraient-ils les chefs de l’opposition ? Ce sont des hommes armés, des hommes en uniforme, mais ce sont aussi des partisans de Sissoco Embalo. Il s’agit d’une mise en scène. Il ne serait pas surprenant qu’ils maintiennent les chefs de l’opposition en prison et finissent par libérer Sissoco Embalo en prétendant qu’il a gagné les élections. Un stratagème conçu par Sissoco Embalo est en cours pour liquider le processus électoral. L’arrestation de Sissoco Embalo n’est pas une véritable arrestation. C’est une mise en scène.

Selon l’ex-Premier ministre et membre de l’opposition du PAIGC Aristides Gomes, il s’agit d’un coup monté pour «empêcher la proclamation des résultats des élections»Neidy Ribeiro

Des tirs entendus

Plus tôt dans la journée, RFI et l’AFP confirmaient que des tirs nourris ont été entendus ce matin dans la capitale, aux abords de la présidence et de la Commission électorale. Plusieurs vidéos amateurs filmées dans la capitale circulent ces dernières heures sur les réseaux sociaux. On y entend distinctement plus d’une dizaine de coups de feu. Paniqués, des civils courent pour se mettre à l’abri. La cellule Info Vérif de RFI a géolocalisé ces images filmées à Bissau, non loin du Palais présidentiel.

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Cette vidéo a été filmée au niveau de la rue Djassi, à seulement 600 mètres du Palais présidentiel. Nous n’avons pas pu déterminer l’heure précise à laquelle ont été filmées ces images.

Plusieurs éléments permettent de géolocaliser cette scène. © © Capture d’écran/ Montage RFI

Sur cette autre vidéo, on entend à nouveau plusieurs rafales. Les véhicules et les habitants cherchent à s’éloigner du Palais présidentiel, visible en arrière-plan. 

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Cette scène a été filmée sur l’avenue Amilcar Cabral, à 250 mètres de l’entrée de la résidence présidentielle.

On distingue la résidence présidentielle en arrière-plan.
On distingue la résidence présidentielle en arrière-plan. © Captures d’écran/ Montage RFI
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À la UneSport

Ligue des champions: Chelsea et Estevao donnent une leçon au Barça

by admin9775 26 novembre 2025
written by admin9775

Chelsea a imposé sa loi au FC Barcelone de Lamine Yamal (3-0) et régalé ses supporters à Stamford Bridge, mardi dans une affiche de Ligue des champions magnifiée par le chef d’oeuvre d’Estevao, la pépite locale.

Il faisait un temps à ne pas mettre un défenseur du Barça dehors, à Londres. Jules Koundé a marqué contre son camp (27e, 1-0), Ronald Araujo a été exclu (45e) et toute l’arrière-garde a souffert devant Estevao, buteur fantastique (55e, 2-0).

Les Blues ont mis l’intensité et la créativité demandées pour ce type de sommet, dans le sillage du phénomène brésilien de 18 ans, étourdissant dans ses dribbles et très juste dans ses choix.

L’ailier droit arrivé cet été de Palmeiras était scruté de près pour le duel à distance livré avec Yamal, même âge et même poste, et il l’a remporté haut la main.

« Je n’ai vraiment pas de mots pour résumer ce que je ressens en ce moment. C’était vraiment une soirée parfaite », a résumé, tout sourire, l’attaquant au micro d’Amazon Prime.

Le premier but n’est pas venu de ses arabesques, mais d’un corner qu’il a tiré rapidement pour prendre la défense de court. Le latéral gauche Marc Cucurella, venu à son soutien, a tiré fort vers le but, Pedro Neto a finalement dévié et Koundé s’est emmêlé les pinceaux (27e, 1-0).

Les filets avaient déjà tremblé deux fois avant, et les entraîneurs des deux camps également, sur des buts invalidés ou des grosses occasions vendangées.

Une main d’un partenaire (5e) puis un hors-jeu (22e) ont privé le milieu de Chelsea, Enzo Maresca, de deux buts. Au rayon des ratés, il y a eu le tir dévissé de Neto après une superbe passe d’Estevao (24e) et, côté Barça, le loupé de Ferran Torres devant Robert Sanchez (6e).

Dominés, les Espagnols ont en outre été abandonnés par leur capitaine uruguayen Araujo, averti pour contestation, puis renvoyé au vestiaire après un tacle très en retard et très appuyé sur Cucurella (44e).

Deux crochets, un pétard

Le Barcelonais Lamine Yamal qui bute sur le défenseur de Chelsea Marc Cucurella lors du match face à Chelsea à Stamford Bridge à Londres le 25 Novembre 2025.
Le Barcelonais Lamine Yamal qui bute sur le défenseur de Chelsea Marc Cucurella lors du match face à Chelsea à Stamford Bridge à Londres le 25 Novembre 2025. © Adrian Dennis / AFP

Cela a rendu la vie plus facile à Chelsea, jamais vraiment menacé derrière, et toujours aussi entreprenant devant, à onze contre dix.

Estevao en a profité pour signer sa soirée d’un bijou alliant finesse et puissance: un crochet extérieur puis un crochet intérieur, du pied gauche, pour effacer deux défenseurs, puis un pétard du droit sous la barre transversale (55e, 2-0).

« Tout s’est passé très vite, c’est arrivé avant même que je m’en rende compte. J’ai juste trouvé un peu d’espace, je me suis faufilé et puis j’ai marqué ce but », a-t-il commenté. « C’est un moment tellement spécial pour moi dans ma carrière. J’espère en marquer beaucoup d’autres ».

Entré un quart d’heure plus tôt, l’avant-centre Liam Delap s’est lui aussi joint à la fête sur un service parfait de Fernandez, à la limite du hors-jeu (73e, 3-0).

Les sorties ensuite de Yamal et Estevao, à quelques secondes d’intervalle, ont résumé la soirée: l’Espagnol a rejoint le banc en boudant, moqué par le public londonien, quand le Brésilien a eu le droit à une ovation bien méritée.

Les Blues se sont offerts la tête d’un cador européen, eux qui étaient tombés face au Bayern Munich au début de la campagne, et peuvent regarder la suite avec sérénité, même s’ils auront deux déplacements compliqués à négocier en Italie, contre l’Atalanta et Naples.

Barcelone aura un programme a priori plus aisé, avec Francfort et Copenhague à la maison, ainsi qu’un déplacement au Slavia Prague. En attendant, le club blaugrana n’a récolté que sept points en cinq rencontres, un total peu conforme à son standing et ses aspirations.


Programme et résultats de la 5e journée

Mardi 25 novembre

Galatasaray (TUR) – Union St-Gilloise (BEL) 0-1

Ajax Amsterdam (NED) – Benfica (POR) 0-2

Dortmund (GER) – Villarreal (ESP) 4-0

Bodoe/Glimt (NOR) – Juventus Turin (ITA) 2-3

Naples (ITA) – Qarabag (AZE) 2-0

Marseille (FRA) – Newcastle (ENG) 2-1

Slavia Prague (CZE) – Athletic Bilbao (ESP) 0-0

Chelsea (ENG) – FC Barcelone (ESP) 3-0

Manchester City (ENG) – Bayer Leverkusen (GER) 0-2

   Mercredi 26 novembre

(17h45 TU) Pafos FC (CYP) – Monaco (FRA)

FC Copenhague (DEN) – Kairat Almaty (KAZ)

(20h00 TU) Olympiakos (GRE) – Real Madrid (ESP)

Paris SG (FRA) – Tottenham (ENG)

Eintracht Francfort (GER) – Atalanta Bergame (ITA)

Atlético Madrid (ESP) – Inter Milan (ITA)

Liverpool (ENG) – PSV Eindhoven (NED)

Sporting Portugal (POR) – Club Bruges (BEL)

Arsenal (ENG) – Bayern Munich (GER)

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À la UneSociété

Est de la RDC: l’ONU relève une hausse des violations des droits humains au premier semestre 2025

by admin9775 26 novembre 2025
written by admin9775

En République démocratique du Congo (RDC), les violations des droits humains repartent à la hausse. Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’Homme vient de publier ses conclusions pour le premier semestre 2025 : +11 % de violations documentées et +12 % de victimes par rapport au semestre précédent. Un rapport qui met aussi en garde contre l’élargissement du conflit à l’est de la RDC, au-delà du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec des dynamiques nouvelles et des zones touchées plus nombreuses.

En Ituri, province du nord-est de la RDC, la violence ne recule pas, au contraire. Selon les chiffres des Nations unies, les violations du droit international humanitaire y ont augmenté de 21 % par rapport à la même période l’an dernier.

Et un acteur s’impose dans ce bilan : les ADF. Ceux-ci, affilés au groupe terroriste État islamique, ont été responsables de 198 atteintes aux droits humains en Ituri et au Nord-Kivu, avec au moins 1 071 victimes, rien que pour les six premiers mois de l’année.

Autrement dit, malgré l’état de siège décrété par Kinshasa et des opérations conjointes avec l’armée ougandaise, les ADF restent parmi les groupes les plus meurtriers.

Un conflit qui se complexifie

Mais ce ne sont pas les seuls. En Ituri, les attaques se multiplient aussi avec la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), le groupe Zaïre et même de nouveaux mouvements, comme la Convention pour la révolution populaire (CRP) de Thomas Lubanga, ou encore la Coalition nationale pour la libération du Congo (CNLC). Avec l’émergence de nouveaux groupes et d’acteurs, ainsi que davantage de victimes, le conflit se complexifie.

S’ajoute à cela un autre fléau : les violences sexuelles liées au conflit. Entre janvier et juin, 266 victimes ont été enregistrées, soit plus du double par rapport à l’année précédente.

La majorité de ces violences a été commise dans la province du Nord-Kivu, puis en Ituri, suivi du Sud-Kivu et du Maniema (Centre-Est). Les auteurs sont d’abord des groupes armés : l’AFC/M23 est cité pour 63 victimes, la Codeco pour 52, puis différentes factions Maï-Maï.

Mais l’ONU pointe aussi des agents de l’État : armée et police. Et ce tableau se confirme sur le terrain.

Dans un rapport séparé pour le seul mois dernier, le Baromètre sécuritaire du Kivu a documenté 145 affrontements armés. L’AFC/M23 est impliqué dans 89 d’entre eux. Les combats se sont intensifiés malgré les initiatives de paix entre le groupe politico-militaire et Kinshasa. Et, selon ce même rapport, l’AFC/M23 est le groupe le plus violent du mois d’octobre, juste après les ADF, qui ont tué 75 civils.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

L’Union européenne renforce son soutien à l’armée congolaise avec une nouvelle aide de 10 millions d’euros

by admin9775 26 novembre 2025
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L’Union européenne (UE) a annoncé ce lundi le déblocage d’une enveloppe supplémentaire de 10 millions d’euros destinée à l’acquisition d’équipements militaires non létaux pour les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Cette aide vise à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée congolaise.

Selon le communiqué publié par l’UE, ce financement permettra d’équiper les troupes congolaises en matériel spécialisé. Les acquisitions prévues couvriront plusieurs domaines clés :

  • Commandement et contrôle : pour une meilleure coordination des opérations.
  • Conditions de déploiement : afin d’améliorer le quotidien des soldats sur le terrain.
  • Assistance médicale : pour renforcer le soutien sanitaire.
  • Patrouilles fluviales : des équipements dédiés à la surveillance des frontières le long des fleuves.

Les premières livraisons de ce matériel sont attendues avant la fin de l’année 2026.

Cette décision marque la deuxième mesure d’assistance accordée aux FARDC via le Mécanisme européen pour la paix. La première, adoptée en 2023, était destinée à soutenir la 31e Brigade de réaction rapide stationnée à Kindu. Avec cette nouvelle contribution, le soutien total de l’UE aux forces armées congolaises s’élève désormais à 30 millions d’euros.

Ce financement s’inscrit dans une stratégie plus large de l’Union européenne visant à accompagner la réforme du secteur de la sécurité en RDC. L’objectif est d’appuyer les FARDC dans leurs missions essentielles de protection des civils, de rétablissement de l’autorité de l’État dans l’ensemble du territoire et de contribution au processus de paix.

Par Pascal Kabeya
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26 novembre 2025 0 comments
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À la UnePolitique

Modernisation du Code de la route : l’Assemblée nationale examine la « loi Kayumbi » pour remplacer un texte de 1978

by admin9775 25 novembre 2025
written by admin9775

L’Assemblée nationale a entamé ce mardi l’examen d’une proposition de loi ambitieuse visant à moderniser le Code de la route congolais, un texte vieux de près d’un demi-siècle. Portée par le député Tobie Kayumbi, cette réforme d’envergure, surnommée « loi Kayumbi », entend remplacer le cadre juridique datant de 1978, devenu « largement inadapté » face à l’explosion du trafic et aux nouveaux enjeux de sécurité routière.

Une actualisation complète du cadre juridique

La proposition de loi introduit une série de changements structurants destinés à aligner la réglementation congolaise sur les normes internationales. Parmi les innovations majeures :

  • Nouveaux concepts routiers : Introduction de notions absentes du texte actuel comme autoroute, bande d’arrêt d’urgence, aire piétonne et piste cyclable
  • Clarification des rôles : Requalification des agents de circulation pour éviter les abus et les doublons
  • Formation obligatoire : Renforcement de la formation et du recyclage des agents pour des signaux uniformes

Renforcement de la sécurité pour tous les usagers

Le texte durcit plusieurs règles fondamentales :

  • Règles de conduite : Dépassements, croisements, changements de direction et limitations de vitesse
  • Protection des vulnérables : Dispositions spécifiques pour piétons, cyclistes et usagers des transports en commun
  • Contrôle technique : Conditions de mise en circulation renforcées et visites techniques plus strictes

Nouvelles mesures phares

La réforme introduit des dispositifs inédits :

  • Encadrement du temps de conduite dans le transport routier
  • « Barrières de pluie » pour limiter la circulation par fortes intempéries
  • Institutionnalisation des auto-écoles pour professionnaliser la formation
  • Sanctions révisées : Retrait de permis, immobilisation des véhicules et amendes adaptées au contexte actuel

Pourquoi une réforme s’imposait

Depuis 1978, le paysage routier congolais a radicalement changé : explosion du parc automobile, embouteillages chroniques, multiplication des incivilités et nouveaux défis de sécurité.

La « loi Kayumbi » ambitionne ainsi d’instaurer une discipline routière correspondant aux standards internationaux tout en réduisant le nombre d’accidents et en protégeant l’ensemble des usagers de la route.

Par Marius Bopenga
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25 novembre 2025 0 comments
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À la UneSociété

Éthique publique : Le ministère de l’Éducation nationale donne l’exemple avec l’adoption d’un code de conduite strict

by admin9775 25 novembre 2025
written by admin9775

Dans un geste fort pour la moralisation de la vie publique, la Ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officiellement signé ce lundi l’acte d’engagement au Code de conduite de l’agent public. Cette cérémonie historique fait de son ministère le premier de l’administration congolaise à formaliser l’adhésion de l’ensemble de ses cadres à ces règles déontologiques.

La signature, intervenue à Kinshasa, marque une étape décisive dans la mise en œuvre de la politique de « citoyenneté active » prônée par le gouvernement. Le code engage explicitement les signataires au respect strict des dispositions relatives aux exploitations et abus sexuels et au harcèlement sexuel, visant à instaurer une culture d’intégrité et d’exemplarité au sein de l’administration.

« Par cette signature, nous matérialisons notre engagement personnel et collectif à incarner les valeurs républicaines », a déclaré la ministre Malu, devenue la première membre du gouvernement à officialiser son adhésion au dispositif.

Une adhésion en cascade

Dans la foulée de la ministre, les plus hautes autorités du ministère – le Secrétaire général, l’Inspecteur général chef de corps et le Directeur de cabinet – ont également apposé leur signature, démontrant une implication collective au plus haut niveau.

Cette formalisation intervient après un vaste travail de sensibilisation ayant touché près de 238.000 agents du secteur éducatif, dans le cadre du Projet d’Apprentissage et d’Autonomisation des Filles (PAAF). Le ministère entend ainsi consolider la discipline, la transparence et la bonne gouvernance, particulièrement cruciales dans le secteur de l’éducation où la protection des élèves et étudiants constitue une priorité absolue.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

Donald Trump veut ouvrir les eaux fédérales de Floride, de Californie et de l’Alaska à l’exploration pétrolière

by admin9775 25 novembre 2025
written by admin9775

Alors que la Cop 30 de Bélem au Brésil s’est achevée sur un accord que beaucoup jugent décevant, notamment car il ne fait aucune mention de la sortie des énergies fossiles, les Etats-Unis de Donald Trump ont annoncé un plan pour ouvrir aux forages pétroliers et gaziers plus de 400 millions d’hectares dans les eaux fédérales.

Pendant la campagne de 2020, Donald Trump avait largement repris à son compte un vieux slogan républicain : « Drill baby, drill » (« Fore, bébé, fore »). Depuis son retour au pouvoir, son obsession pour les énergies fossiles ne s’est pas démentie et il entend encore accélérer la production domestique de pétrole aux dépens des énergies vertes. En fin de semaine dernière, en pleine COP30, il a franchi un nouveau cap en annonçant l’ouverture aux forages pétroliers offshore de plus de 400 millions d’hectares dans les eaux fédérales, y compris dans des zones préservées depuis des décennies.

Fidèle à lui-même, Donald Trump s’est fait un plaisir d’inclure la totalité de la côte californienne, l’État de sa bête noire, le démocrate Gavin Newsom (qui lui s’est rendu à Bélem et continue d’investir massivement dans les énergies vertes). Une décision « idiote » a réagi le gouverneur de Californie, jurant de tout faire pour empêcher les plateformes pétrolières de venir polluer la côte californienne. Si les plans de l’administration incluent aussi une partie de la Floride, Gavin Newsom feint de s’étonner de ce que la zone envisagée pour les explorations pétrolières exclut le large de Mar-a-Lago, la résidence de Trump en Floride

Les zones préservées de l’Alaska également menacées

Epargnés aussi la Géorgie et la Caroline du Sud, deux États républicains dont les gouverneurs se disent « très favorables » à l’exploration pétrolière… mais de préférence chez les autres. D’autant que tous ont en mémoire l’explosion meurtrière de la plateforme Deepwater Horizon et la marée noire dévastatrice de 2010 qui avait ravagé une grande partie de la côte du golfe du Mexique.

En revanche, des territoires jusque-là restés vierges de toute exploitation industrielle comme le nord de l’Alaska pourraient bientôt s’offrir au plus offrant. Ce territoire états-unien voisin de la Russie et situé au nord du Canada est pourtant l’un des mieux préservés au monde. On trouve encore dans cette région de l’océan Arctique des ours polaires et d’autres espèces protégées. De façon un peu cynique, il y a une certaine logique : en relançant la production de pétrole Donald Trump alimente le réchauffement climatique et la fonte des glaces, qui révèlent de nouveaux gisements à exploiter dans les régions polaires du globe.

Pas de quoi émouvoir les lobbyistes de l’or noir : l’Institut américain du pétrole salue un plan « historique » insistant sur les milliards de dollars qui devraient rentrer dans les caisses de l’État fédéral… et accessoirement dans les poches des multinationales du pétrole. A l’inverse, les écologistes s’inquiètent soulignant que chacun des 34 permis d’exploitation qui vont être mis aux enchères dans les prochaines années va produire du pétrole et rejeter du carbone dans l’atmosphère pendant les quarante prochaines années.

RFI

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