L’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central, Papy Mantezolo Diantezua, a été interpellé dans la nuit du samedi 21 mars à Kinshasa, aux alentours de 23 heures, dans des circonstances ayant suscité de vives réactions au sein de la classe politique.
Selon plusieurs sources, l’ancien speaker aurait été arrêté alors qu’il tentait de traverser vers Brazzaville, une version contestée par ses proches qui affirment qu’il a été interpellé en pleine circulation dans la capitale, sans intention de fuite. Il disposait toutefois d’un passeport muni d’un visa valide pour la Chine.
Au moment de son interpellation, Papy Mantezolo Diantezua était accompagné de deux de ses collaborateurs également poursuivis par la justice, à savoir Ronald Bikindu, son ancien directeur de cabinet, et Pascal Mantezolo, intendant de l’Assemblée provinciale.
Réagissant à cette arrestation, Me Joachim Baya Ntoto, président du parti Nouvelle Dynamique Kongo, avait exprimé sa surprise, affirmant que son client se préparait à répondre au mandat de comparution prévu le 25 mars devant le Parquet général près la Cour de cassation. Il avait dénoncé une interpellation prématurée, tout en réitérant la volonté de l’élu de Luozi de collaborer avec la justice.
L’avocat avait également soulevé une question de procédure, estimant que les immunités parlementaires de Papy Mantezolo Diantezua auraient dû être levées au préalable par l’Assemblée provinciale avant toute poursuite judiciaire.
Remis en liberté après 48 heures de garde à vue
Après 48 heures passées en garde à vue à l’Inspection Provinciale de la Police de Kinshasa (IPKIN), Papy Mantezolo Diantezua a finalement été remis en liberté dans la soirée du lundi 23 mars.
Sur ses réseaux sociaux, l’élu a réagi en déclarant : « Condamner sans avoir toute la vérité, c’est participer aux mensonges. Wait and see », laissant entendre sa volonté de se défendre face aux accusations portées contre lui.
Selon son entourage, il ne se soustrait pas à la justice et compte répondre à la convocation du Parquet général près la Cour de cassation prévue ce mercredi 25 mars.
Depuis sa destitution en décembre 2025, l’ancien président de l’organe délibérant du Kongo-Central est poursuivi pour des présumés détournements de fonds, à la suite d’un rapport parlementaire accablant évoquant notamment des malversations financières, des surfacturations ainsi qu’une mauvaise gestion des ressources.
Il lui est également reproché de ne pas avoir répondu à plusieurs convocations judiciaires, notamment celles des 4, 11 et 18 mars 2026, bien qu’un nouveau mandat de comparution lui enjoignait de se présenter le 25 mars à Kinshasa, sous peine de mesures contraignantes.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption en République démocratique du Congo, où les autorités entendent accroître la redevabilité des gestionnaires publics.
Par Marius Bopenga
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