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À la Une

À la UnePolitique

RDC : les tensions au sein de l’AFC/M23 mettent aussi en lumière le rôle central du Rwanda

by admin9775 23 septembre 2026

Des tensions traverseraient actuellement l’appareil politique et militaire de l’AFC/M23, sur fond de rivalités autour de Sultani Makenga, chef militaire du mouvement. Mais derrière cette crise interne apparaît également une question plus large, celle du rôle du Rwanda dans l’organisation, le commandement et les équilibres au sein de la rébellion.

Dans une enquête publiée le 23 septembre 2026, Africa Intelligence fait état d’un projet visant à remettre en cause l’autorité de Makenga. Selon cette publication, cette tentative aurait révélé de profondes divisions au sommet du M23.

Ces informations prennent une dimension particulière au regard des rapports précédents des Nations unies, qui décrivent des liens étroits entre Kigali et la structure de commandement de l’AFC/M23.

Makenga, un commandement au cœur du dispositif

Selon le Groupe d’experts des Nations unies, le commandement militaire général de l’AFC/M23 demeure sous l’autorité de Sultani Makenga, tandis que la direction politique est notamment associée à Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa.

Le même rapport affirme que les dirigeants politiques et militaires de l’AFC/M23 continuent de recevoir des instructions et un soutien du gouvernement rwandais et de ses services de renseignement. Le document relève également que Corneille Nangaa, initialement présenté comme la figure politique permettant de donner au mouvement une dimension congolaise, avait progressivement été marginalisé par Kigali.

Un précédent rapport onusien indiquait déjà que Makenga recevait des instructions et un soutien de la Force de défense rwandaise et des services de renseignement rwandais. Il décrivait par ailleurs l’AFC de Nangaa et le M23 comme deux structures distinctes mais étroitement liées, le M23 constituant de facto la branche militaire de l’AFC.

Un projet qui aurait visé l’équilibre entre politique et militaire

C’est dans ce contexte qu’Africa Intelligence rapporte la découverte d’un projet destiné à remettre en cause l’autorité de Makenga.

Selon les informations rapportées autour de cette affaire, des proches de Théo Binamungu, présenté comme appartenant à l’entourage de Corneille Nangaa, auraient envisagé une réorganisation de la direction de la coalition.

Le scénario évoqué aurait notamment prévu le remplacement de Makenga par Baudouin Ngaruye à la tête du commandement militaire. Théo Binamungu aurait été pressenti pour occuper une fonction dirigeante au Nord-Kivu, tandis que Jean-Marie Runiga, ancien responsable politique du M23, aurait été envisagé pour le Sud-Kivu.

Ces éléments doivent cependant être distingués des faits établis. Africa Intelligence confirme l’existence d’un projet visant l’autorité de Makenga, mais les détails concernant les personnes appelées à occuper les différentes fonctions restent rapportés et ne sont pas tous corroborés indépendamment.

Kigali, arbitre des équilibres internes ?

La question du rôle du Rwanda est d’autant plus importante que les Nations unies ont décrit à plusieurs reprises une relation directe entre Kigali et la chaîne de commandement de l’AFC/M23.

Dans son rapport de 2025, le Groupe d’experts indique que le gouvernement rwandais exerçait une direction et un contrôle fermes sur l’AFC/M23, tout en relevant l’existence de rivalités internes au sein de la coalition. Le rapport fait notamment état de tensions liées à certaines nominations et aux rapports de force entre différentes composantes du mouvement.

Cette documentation permet de replacer la crise actuelle dans un cadre plus large. La rivalité entre les différentes figures de l’AFC/M23 ne se déroule pas dans un environnement totalement autonome : elle intervient au sein d’une structure dont les liens avec Kigali ont été documentés par les Nations unies.

Théo Binamungu au centre de la crise

Dans ce contexte, l’arrestation présumée de Théo Binamungu prend une dimension particulière.

Selon les informations rapportées, celui-ci aurait été arrêté après la découverte du projet visant Makenga. Ses téléphones et ordinateurs auraient été examinés par les services de renseignement du mouvement avant son transfert vers un lieu de détention.

Il serait détenu depuis le 8 septembre à la prison centrale de Munzenze, à Goma. D’autres responsables politiques et militaires auraient également été interrogés ou placés sous surveillance.

Ces éléments concernant les circonstances exactes de son arrestation et de sa détention restent toutefois à confirmer indépendamment.

Le Rwanda au centre des équilibres de l’AFC/M23

L’affaire pose finalement une question qui dépasse le seul duel entre Makenga et les responsables politiques de l’AFC.

Si le commandement de Makenga est au cœur du dispositif militaire du M23, les rapports des Nations unies montrent que Kigali entretient des relations directes avec cette chaîne de commandement. Le Conseil de sécurité avait d’ailleurs condamné en février 2025 l’offensive du M23 et demandé à la Force de défense rwandaise de cesser son soutien au mouvement et de se retirer du territoire congolais.

La crise interne rapportée aujourd’hui pourrait donc être lue à deux niveaux. Elle révèle d’une part les rivalités entre responsables politiques et militaires de l’AFC/M23. Elle pose d’autre part la question de la manière dont ces équilibres sont influencés, arbitrés ou contrôlés par Kigali.

Pour l’heure, l’ampleur exacte de la crise interne, le degré d’implication des personnes citées dans le projet et les éventuelles décisions prises par les autorités rwandaises à ce sujet restent à documenter.

Une chose est toutefois établie par les rapports internationaux : le fonctionnement de l’AFC/M23 ne peut être analysé indépendamment de ses relations avec le Rwanda, dont le rôle dans le soutien et la chaîne de commandement du mouvement a été documenté par les Nations unies.

Par Marius Bopenga
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22 Vues
23 septembre 2026
À la UneSport

Congo : Claude Le Roy affirme que des agents réclament jusqu’à 40 000 euros pour la sélection de certains binationaux

by admin9775 23 septembre 2026

L’ancien sélectionneur du Congo, Claude Le Roy, affirme avoir été confronté à des pratiques qu’il dit inédites dans sa longue carrière. Selon lui, certains agents de joueurs binationaux auraient réclamé jusqu’à 30 millions de francs CFA, soit environ 40 000 euros, pour que leurs joueurs acceptent de rejoindre la sélection nationale.

« Certains agents, je ne citerai pas de noms, ont demandé des sommes considérables pour que certains joueurs viennent. […] On parle de près de 30 millions de francs CFA, soit 40 000 euros, simplement pour venir disputer un match en équipe nationale », a déclaré Claude Le Roy.

Des demandes qu’il affirme n’avoir jamais rencontrées

L’ancien technicien assure avoir découvert avec surprise l’existence de telles demandes, qu’il présente comme étrangères aux pratiques normales d’une sélection nationale.

Il critique également le rôle de certains agents dans la gestion de la carrière des joueurs binationaux, estimant que ceux-ci privilégieraient leurs intérêts financiers au détriment des intérêts sportifs des joueurs et des sélections nationales.

Claude Le Roy est allé jusqu’à qualifier certains agents de « proxénètes du football moderne », leur reprochant de chercher à tirer le maximum de leurs joueurs sans tenir compte, selon lui, de l’intérêt des équipes nationales.

« Donner de l’argent pour venir en sélection, je m’en vais »

L’ancien sélectionneur affirme également qu’il refuserait de poursuivre son travail si des joueurs étaient directement rémunérés simplement pour accepter une convocation en équipe nationale.

« Le jour où l’on accepte de donner ne serait-ce que 100 euros à un joueur pour qu’il vienne en équipe nationale […], moi, je m’en vais tout de suite », a-t-il déclaré.

Claude Le Roy précise toutefois que les joueurs professionnels doivent être rémunérés et bénéficier de conditions adéquates lorsqu’ils rejoignent leur sélection.

« Les joueurs doivent être payés, ce sont des professionnels. Ils doivent être placés dans les meilleures conditions afin que, moi, je puisse ensuite être très exigeant avec eux », a-t-il expliqué.

Une accusation qui appelle des vérifications

L’ancien sélectionneur assure n’avoir jamais été confronté à une telle situation auparavant.

« Donner de l’argent à un joueur simplement pour qu’il accepte de venir en sélection, je n’avais jamais entendu ça de toute ma carrière. C’est la première fois », affirme-t-il.

Ces déclarations mettent en lumière les difficultés que peuvent rencontrer certaines fédérations africaines lorsqu’elles cherchent à convaincre des joueurs binationaux de rejoindre leurs sélections. Les montants et pratiques évoqués par Claude Le Roy restent toutefois ses propres affirmations et nécessiteraient des éléments indépendants pour être établis.

Par Pascal Kabeya
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17 Vues
23 septembre 2026
À la UneSociété

Procès Tshiwewe : la défense de Ngoy Wa Kabila conteste le rôle du Conseil national de cyberdéfense

by admin9775 23 septembre 2026

Le procès du général d’armée Christian Tshiwewe et de ses coaccusés s’est poursuivi ce mardi 22 septembre 2026 devant la Haute Cour militaire, à Kinshasa-Gombe. Les débats ont notamment porté sur le rôle et les limites d’intervention du Conseil national de cyberdéfense (CNC) dans la procédure.

À l’audience, Me Jeannot Bukoko, avocat du général de brigade Ngoy Wa Kabila John, a contesté l’étendue des prérogatives du CNC lorsqu’il intervient en qualité d’expert.

La défense invoque le cadre légal

Selon l’avocat, le Conseil national de cyberdéfense doit, dans le cadre de son intervention comme expert, se limiter aux compétences qui lui sont expressément reconnues par les textes légaux.

La défense conteste notamment qu’un expert puisse procéder à des actes relevant, selon elle, des prérogatives des autorités judiciaires ou des services légalement habilités.

Me Bukoko a ainsi évoqué les opérations d’arrestation, d’audition ou de saisie de biens appartenant à des tiers, estimant que de tels actes doivent reposer sur une base légale précise et être accomplis par les autorités compétentes.

La Haute Cour appelée à trancher les questions de procédure

Cette contestation ouvre un volet procédural dans un procès qui met en cause plusieurs hauts responsables militaires.

Les débats devront notamment permettre à la Haute Cour militaire d’examiner la régularité des actes évoqués par les parties et de déterminer, au regard des textes applicables, l’étendue des compétences des différents intervenants dans la procédure.

L’audience se poursuit alors que la juridiction militaire examine successivement les arguments de l’accusation et ceux des différentes équipes de défense.

Par Marius Bopenga
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14 Vues
23 septembre 2026
À la UnePolitique

RDC-Belgique : la protection des réfugiés congolais au cœur des échanges à New York

by admin9775 23 septembre 2026

La question de la protection des Congolais établis en Belgique, notamment des réfugiés et demandeurs d’asile, s’est invitée dans les échanges entre Kinshasa et Bruxelles à New York.

Lors de la traditionnelle rencontre belgo-congolaise, le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a indiqué avoir abordé cette question avec la Première ministre congolaise Judith Suminwa et la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner.

Une préoccupation dans un contexte politique tendu

Les discussions interviennent alors que les tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo continuent de pousser certains Congolais à chercher protection à l’étranger.

Selon Maxime Prévot, la protection de cette diaspora constitue une question à laquelle la Belgique et la RDC doivent apporter une réponse concertée, dans le respect des cadres juridiques applicables.

La situation concerne notamment des réfugiés et demandeurs d’asile qui disent craindre que les tensions politiques congolaises puissent avoir des répercussions sur leur sécurité ou leur situation en Belgique.

Quelles mesures concrètes ?

Au-delà des échanges diplomatiques, la question porte désormais sur les mécanismes susceptibles de garantir la sécurité des personnes concernées, tout en respectant les procédures d’asile ainsi que les obligations internationales de la Belgique en matière de protection des réfugiés.

Le sujet pourrait ainsi s’inscrire dans le cadre plus large de la coopération entre Kinshasa et Bruxelles, alors que les deux pays cherchent à maintenir un dialogue régulier sur les questions politiques, sécuritaires et migratoires.

Par Pascal Kabeya
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19 Vues
23 septembre 2026
À la UneProvince

Goma : Théo Binamungu détenu depuis trois semaines, des accusations d’empoisonnement

by admin9775 23 septembre 2026

Théo Binamungu, enlevé il y a environ trois semaines dans son bureau, serait actuellement détenu à la prison centrale de Munzenze, à Goma, après avoir été transféré dans cet établissement samedi dernier.

Selon des sources présentées comme concordantes par ses proches, son état de santé serait fortement préoccupant. Ces mêmes sources affirment qu’il aurait été victime d’un empoisonnement, alors que les circonstances exactes de son transfert et de sa détention restent à établir.

Des accusations visant des responsables du M23

Les accusations rapportées mettent en cause des éléments de l’AFC/M23 et évoquent l’administration présumée d’une substance toxique à Théo Binamungu.

Selon cette version, le produit lui aurait été administré au domicile du gouverneur de l’AFC/M23 à Goma, par un officier présenté comme le colonel Nzenze Imani, sur instruction qui aurait été attribuée au général Sultani Makenga.

Ces accusations, qui impliquent directement des responsables militaires du mouvement, n’ont pas été établies de manière indépendante à ce stade.

Des détenus évoquent une dégradation de son état

Des détenus récemment libérés de la prison de Munzenze auraient affirmé avoir vu Théo Binamungu dans un état de santé très préoccupant.

Selon leurs témoignages rapportés par les mêmes sources, le détenu aurait présenté de graves signes de détresse physique et aurait été privé d’une prise en charge médicale suffisante.

Ces témoignages nécessitent toutefois d’être vérifiés et confrontés à des éléments médicaux indépendants permettant notamment de déterminer la cause exacte de son état.

Un besoin urgent de clarification

La situation de Théo Binamungu soulève désormais des inquiétudes sur ses conditions de détention et son accès aux soins.

Si les accusations d’empoisonnement étaient confirmées, elles constitueraient une affaire d’une extrême gravité et appelleraient l’établissement des responsabilités.

Dans l’immédiat, les appels portent sur la nécessité de permettre à Théo Binamungu d’accéder à des soins médicaux urgents et indépendants, ainsi que de clarifier les circonstances de son enlèvement, de sa détention et de la dégradation alléguée de son état de santé.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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27 Vues
23 septembre 2026
À la UneSociété

Minembwe : Scovia Mutesi appelle les habitants à quitter les zones de combats

by admin9775 23 septembre 2026

La journaliste rwandaise Scovia Mutesi, qui s’exprime régulièrement sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo, appelle les populations civiles de Minembwe, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, à quitter les zones exposées aux combats.

Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube « Mama Urwagasabo », elle s’adresse notamment aux responsables militaires de l’AFC/M23, citant Sultani Makenga et Michel Sematama, et les exhorte à permettre l’évacuation des civils, en particulier des populations banyamulenge présentes dans les hauts plateaux.

Selon elle, les affrontements entre les forces engagées dans la région font peser un risque important sur les populations civiles. Elle affirme que si les éléments de l’AFC/M23 ne sont plus en mesure de défendre certaines positions, ils devraient en informer les habitants afin qu’ils puissent quitter les zones dangereuses.

Des accusations sur le maintien des civils dans les zones de combat

Cette intervention intervient alors que des accusations font état de restrictions imposées à certains habitants qui chercheraient à quitter les zones contrôlées par le M23.

Selon cette version, des civils seraient maintenus dans certains villages et exposés aux combats, avec l’accusation selon laquelle leur présence pourrait être utilisée pour limiter les frappes de drones visant les positions militaires du mouvement.

Ces accusations, qui sont particulièrement graves, doivent toutefois être établies par des sources indépendantes.

Un avertissement sur le risque d’escalade

Scovia Mutesi affirme également que les populations banyamulenge seraient particulièrement exposées à une offensive des forces congolaises et burundaises si les combats se poursuivaient dans les hauts plateaux.

Son intervention intervient dans un contexte marqué par de nouveaux affrontements dans le Sud-Kivu et par des déplacements successifs de populations civiles.

La question de la protection des Banyamulenge s’inscrit par ailleurs dans une histoire ancienne de violences communautaires et de conflits armés dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Plusieurs récits et accusations circulent sur le rôle des différents acteurs congolais, burundais et rwandais dans ces violences, mais ces versions ne doivent pas être confondues avec des faits judiciairement établis.

La population civile au cœur du conflit

Au-delà des positions militaires revendiquées par les différents camps, l’enjeu immédiat demeure la protection des civils pris au piège des affrontements.

L’appel de Scovia Mutesi met ainsi en lumière une situation où les populations de Minembwe pourraient être contraintes de se déplacer à plusieurs reprises au gré de l’évolution du front.

Dans ce contexte, toute restriction empêchant les civils de quitter les zones de combat, si elle était établie, soulèverait d’importantes questions au regard du droit international humanitaire.

Par Marc Kabido
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23 septembre 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

RDC : Mario Philippe Losembe Cardoso, ancien ministre et vice-président du Sénat, est décédé à 92 ans

by admin9775 23 septembre 2026

L’ancien ministre et sénateur de la République démocratique du Congo Mario Philippe Losembe Cardoso est décédé ce mardi 22 septembre 2026, à l’âge de 92 ans. Il devait célébrer son 93ᵉ anniversaire le 29 septembre prochain.

Père du banquier Michel Losembe, le défunt laisse le souvenir d’un homme ayant occupé plusieurs fonctions importantes dans la vie politique et diplomatique congolaise, avant de retrouver les bancs du Sénat plusieurs décennies plus tard.

Une disparition qui suscite de nombreux hommages

Parmi les premières réactions figure celle de l’ancien vice-président du Sénat Édouard Mokolo wa Pombo, qui a rendu hommage à son ancien collègue et ami.

« Mon frère et ami, mon complice au bureau du Sénat durant plus de 10 ans, Mario Philippe Losembe Cardoso, vient de nous quitter ! Paix à son âme ! »

Les deux hommes ont siégé ensemble au bureau du Sénat, dont ils ont été respectivement vice-présidents de mai 2007 à juillet 2019.

Au sein de sa famille, Mario Philippe Losembe Cardoso était également décrit comme un patriarche très proche de ses enfants et petits-enfants. Plusieurs images témoignent notamment de sa complicité avec son fils Michel Losembe et de la place qu’il accordait à sa descendance.

Du lumumbisme à la diplomatie

Le parcours politique de Mario Philippe Losembe Cardoso remonte aux premières années de l’indépendance du Congo.

Ancien lumumbiste, il participe comme chef de délégation à la Table ronde économique de Bruxelles au sein du MNC-Lumumba, avant d’effectuer un stage au Bureau d’assistance technique des Nations unies à New York.

En septembre 1960, dans le contexte de la crise politique qui suit l’indépendance, il est nommé commissaire général à l’Éducation.

Quelques mois plus tard, il entame une carrière diplomatique. De décembre 1960 à avril 1962, il devient le premier représentant permanent du Congo auprès des Nations unies.

Après avoir dirigé la Coopération internationale, il est nommé ambassadeur au Royaume-Uni de 1966 à 1968.

Ministre des Affaires étrangères sous Mobutu

En 1969, Mario Philippe Losembe Cardoso retrouve le gouvernement comme ministre de l’Éducation, avant de prendre, en 1970, la tête de la diplomatie congolaise en qualité de ministre des Affaires étrangères.

Parallèlement à ses fonctions gouvernementales, il représente la ville de Kisangani comme député.

En 1972, il est écarté du gouvernement et part en exil en Suisse, à Genève. Il revient au Congo deux ans plus tard et s’oriente vers les activités économiques.

Entre 1982 et 1988, il siège notamment au conseil d’administration de l’OKIMO, société minière active dans la région de Kilo-Moto.

Un retour au premier plan avec le Sénat

Plusieurs décennies après ses premières responsabilités politiques, Mario Philippe Losembe Cardoso retrouve les institutions de la République. Le 11 mai 2007, il est élu deuxième vice-président du Sénat.

Il conservera cette fonction au sein du bureau de la chambre haute pendant plusieurs années, partageant notamment cette période avec Édouard Mokolo wa Pombo.

Avec sa disparition, la République démocratique du Congo perd ainsi une figure ayant traversé plusieurs périodes de son histoire politique, de l’indépendance aux institutions de la IIIᵉ République.

Par Marius Bopenga
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45 Vues
23 septembre 2026
À la UneMonde

ONU : Washington réclame une réforme en profondeur du maintien de la paix

by admin9775 22 septembre 2026

Les États-Unis affichent désormais ouvertement leur volonté de revoir en profondeur le fonctionnement des opérations de maintien de la paix des Nations unies.

Dans un message publié sur le compte @AmbUNReform, Washington affirme avoir « perdu confiance » dans la capacité du dispositif actuel à produire des résultats proportionnels à son coût et à son ampleur.

Les États-Unis plaident ainsi pour une refonte du modèle, avec des mandats plus clairs, une véritable reddition de comptes, des objectifs réalistes et des économies stratégiques.

Des missions appelées à revoir leur fonctionnement

Washington réclame également la reconfiguration, voire la suppression, des missions considérées comme peu performantes. L’objectif affiché est de recentrer les opérations de maintien de la paix sur leurs fonctions sécuritaires, en les inscrivant dans le cadre d’un véritable processus politique.

Cette position traduit une remise en question du rapport entre les ressources mobilisées par les Nations unies et les résultats obtenus sur le terrain.

La MONUSCO directement concernée

En République démocratique du Congo, cette remise en cause intervient alors que la MONUSCO fait régulièrement l’objet de critiques portant à la fois sur son coût, son mandat et son efficacité face à la persistance des conflits dans l’Est du pays.

Le positionnement américain pourrait ainsi alimenter le débat sur l’avenir des opérations de maintien de la paix, notamment dans les pays où la présence prolongée des Casques bleus ne s’est pas accompagnée d’une stabilisation durable.

Au-delà de la MONUSCO, Washington semble vouloir ouvrir une réflexion plus large sur le modèle même des opérations onusiennes, avec une exigence accrue de résultats, de contrôle des dépenses et de responsabilité.

Par Marius Bopenga
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25 Vues
22 septembre 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Lubumbashi : Vincent Mwana Mulenda, le président de la Cour d’appel du Haut-Katanga tué à son domicile

by admin9775 22 septembre 2026

Le président de la Cour d’appel du Haut-Katanga, Vincent Mwana Mulenda, a été tué dans la nuit du 20 au 21 septembre lors d’une attaque armée à son domicile, dans le quartier Bel Air, à Lubumbashi.

Selon des sources judiciaires, plusieurs hommes armés auraient escaladé les murs de sa résidence avant de forcer l’entrée. Les assaillants auraient exigé de l’argent ainsi que les clés d’un véhicule. Au cours de l’attaque, le magistrat a été atteint par balle et grièvement blessé à la tête. Sa fille aurait également été blessée.

Pris en charge en urgence, Vincent Mwana Mulenda n’a toutefois pas survécu à ses blessures.

Une enquête annoncée

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a fait part de sa « profonde consternation » après la mort du magistrat. Il a adressé ses condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de la magistrature, saluant la mémoire d’un « serviteur engagé, respecté pour son intégrité et son sens du devoir ».

Le ministre a annoncé l’ouverture d’une enquête destinée à établir les circonstances exactes du meurtre et les éventuelles responsabilités. Il a assuré que les investigations seront menées dans le respect de la loi, de la procédure, des droits de la défense et de l’indépendance de la Justice.

Une nouvelle attaque qui inquiète à Lubumbashi

Ce meurtre intervient alors que la situation sécuritaire demeure préoccupante à Lubumbashi, où plusieurs attaques armées ont été signalées ces dernières semaines.

Parmi les incidents récents figure notamment le braquage d’une station-service au cours duquel deux policiers avaient été tués.

La mort du président de la Cour d’appel du Haut-Katanga relance ainsi les interrogations sur la sécurité des personnes et des institutions dans la capitale cuprifère. Le gouvernement affirme, pour sa part, vouloir renforcer la protection des magistrats et préserver l’autorité de l’institution judiciaire.

Par Pascal Numbi, correspondant à Lubumbashi
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22 septembre 2026
À la UneSociété

RDC : Amnesty International accuse le M23 de graves exactions contre des mineurs à Rubaya et Lomera

by admin9775 22 septembre 2026

Amnesty International met en cause le M23 dans de graves atteintes aux droits humains commises contre des mineurs artisanaux dans deux zones minières de l’Est de la République démocratique du Congo. Dans une note d’information publiée le 21 septembre 2026, l’organisation documente des exécutions sommaires, des actes de torture, des détentions arbitraires, du travail forcé et des recrutements forcés à Rubaya, au Nord-Kivu, et à Lomera, au Sud-Kivu.

Selon Amnesty, certaines des violations documentées pourraient constituer des crimes de guerre au regard du droit international.

18 mineurs tués selon Amnesty

L’organisation affirme avoir recueilli des informations sur la mort de 18 mineurs artisanaux sur les deux sites. Selon les témoignages recueillis, dix auraient été battus à mort, deux tués par balle et six autres enlevés avant d’être retrouvés morts.

Amnesty indique également avoir recueilli les témoignages de 16 mineurs ou civils faisant état de tortures et de mauvais traitements. Des travailleurs auraient notamment été frappés lorsqu’ils demandaient des pauses, refusaient de remettre des minerais ou ne respectaient pas certains ordres.

Travail forcé et détentions

À Rubaya, l’organisation affirme que des combattants du M23 auraient utilisé plusieurs conteneurs comme lieux de détention et auraient également détenu des mineurs dans des cellules souterraines appelées « ndake ».

Plus de 20 mineurs auraient ainsi été détenus et battus régulièrement, selon les témoignages recueillis par Amnesty. L’organisation affirme également que des mineurs étaient contraints de travailler dans les puits pendant de longues périodes, parfois plus d’une semaine consécutive.

Le rapport fait par ailleurs état de recrutements forcés. Sept mineurs auraient raconté avoir été détenus et menacés d’être envoyés dans des camps d’entraînement du M23 s’ils ne versaient pas de rançon pour obtenir leur libération.

Amnesty documente également le trafic de minerais

Au-delà des violations des droits humains, l’organisation affirme avoir recueilli des éléments montrant que de l’or et du coltan provenant de zones contrôlées par le M23 sont acheminés vers le Rwanda par des circuits de contrebande.

À Lomera, des témoignages et des éléments analysés par le laboratoire de preuves d’Amnesty indiqueraient notamment que de la terre aurifère était chargée sur des bateaux avant d’être acheminée vers le Rwanda. L’organisation estime que le pillage des ressources minières pourrait lui aussi constituer un crime de guerre.

Amnesty affirme par ailleurs avoir interrogé 26 personnes, dont des mineurs artisanaux, des spécialistes du secteur minier, des propriétaires de puits et des proches de victimes, tout en analysant des photographies et des vidéos provenant des sites concernés.

Des accusations contestables à vérifier

L’organisation présente ces éléments comme le résultat de son enquête de terrain. Ni le M23 ni les autorités rwandaises n’ont répondu aux demandes de commentaires d’Amnesty International, selon l’organisation.

Les accusations formulées dans ce rapport constituent donc des allégations documentées par Amnesty International et ne valent pas, à elles seules, constat judiciaire définitif.

Le rapport intervient alors que Rubaya et plusieurs zones minières du Nord et du Sud-Kivu restent sous le contrôle ou l’influence du M23, tandis que les ressources minières de la région constituent un enjeu majeur du conflit dans l’Est de la RDC.

Pour Amnesty International, ces révélations soulèvent également la question de la responsabilité des acteurs impliqués dans les chaînes d’approvisionnement en or et en coltan provenant du Rwanda et des zones affectées par le conflit.

Par Marius Bopenga
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