La Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo a ordonné, vendredi 20 février, une expertise technique des téléphones portables du lieutenant-général Philémon Yav Irung, ancien commandant de la troisième zone de défense des FARDC, poursuivi pour trahison.
L’expertise a été confiée au Conseil national de cyberdéfense (CNC), un service spécialisé rattaché à la Présidence, dirigé par Jean-Claude Bukasa. La mission consiste à examiner le contenu des téléphones (marques Iphone et 8846) et des trois cartes SIM pour y rechercher tout message en lien avec l’infraction de trahison reprochée au prévenu.
La défense demande des garanties
Le collectif d’avocats de Philémon Yav, emmené par Me Parfait Kanyanga, a accepté le principe de l’expertise mais a immédiatement demandé une contre-expertise, invoquant un manque de confiance envers le CNC. Les avocats ont rappelé que Jean-Claude Bukasa, actuel coordonnateur du CNC, était conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité au moment de l’arrestation de leur client en septembre 2022.
Les conseils de la défense ont également plaidé pour que leurs propres experts puissent établir un état des lieux préalable des téléphones avant leur transfert au CNC, afin de garantir l’intégrité des données.
Le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, a indiqué qu’il se renseignerait sur la possibilité d’associer les experts de la défense aux travaux.
Le général Yav est soupçonné d’avoir entretenu des contacts avec l’entourage de James Kabarebe, officier supérieur de l’armée rwandaise. Son procès intervient près de trois ans après son arrestation, sans que la preuve matérielle du message évoqué par l’accusation n’ait été présentée à ce jour.
Par Pascal Kabeya
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