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Nouvelles nécrologiques

À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Roland-Gilbert Okito Lumumba, gardien de la mémoire du héros national

by admin9775 29 janvier 2026

La République Démocratique du Congo perd une figure majeure de sa mémoire et de son héritage politique. Roland-Gilbert Okito Lumumba, fils aîné du héros national Patrice Emery Lumumba, est décédé à Kinshasa à l’âge de 67 ans. Ancien député national pendant près d’une décennie et architecte de formation, il s’était dévoué corps et âme à la quête de vérité sur l’assassinat de son père et à la préservation de son héritage.

Un combat de toute une vie pour la vérité

La quête de justice de Roland Lumumba a marqué son existence. Il s’était particulièrement illustré par un combat judiciaire acharné pour établir les circonstances complètes de l’assassinat de Patrice Lumumba en janvier 1961. Il s’était rendu à plusieurs reprises en Belgique, suivant de près les procédures engagées devant la justice belge.

Récemment encore, à Bruxelles, il participait à des audiences décisives, affirmant avec une dignité remarquable que sa démarche relevait non de la vengeance, mais d’une profonde « soif de savoir ». Il était déterminé à voir toute la lumière faite sur ce crime qui a profondément marqué l’histoire du Congo et de l’Afrique.

L’artisan du retour de la relique

Au-delà de la justice, Roland Lumumba a joué un rôle central et émouvant dans le rapatriement de la relique de son père. C’est en grande partie grâce à son opiniâtreté et à son dialogue avec les autorités belges que la dent, dernier reste physique de Patrice Lumumba conservé en Belgique, a pu être officiellement restituée à la RDC en juin 2022. Ce retour, hautement symbolique, a permis une forme de clôture mémorielle pour la nation congolaise et a marqué un tournant dans le long processus de réconciliation avec son passé colonial.

Un dépositaire exigeant d’un héritage universel

Tout au long de sa vie, Roland Lumumba a veillé à ce que la figure de son père ne soit pas réduite à un symbole familial. Il insistait pour que l’on reconnaisse en lui le « père de l’indépendance », une figure fondatrice pour l’Afrique toute entière. « Au lieu de dire que c’est le papa de Roland, je préfère que l’on dise que c’est Lumumba », déclarait-il, rappelant la dimension historique et universelle de son combat.

Il a œuvré à la transmission de cet héritage à travers la Fondation Lumumba et d’autres initiatives, s’assurant que les idées d’unité nationale, de souveraineté et de justice sociale portées par son père continuent d’inspirer les jeunes générations.

Une disparition au moment crucial de la quête de vérité

Son décès survient à un moment où les procédures judiciaires en Belgique sur l’assassinat de Patrice Lumumba sont toujours en cours. Son absence laisse un vide immense dans ce combat pour la vérité, mais aussi dans le paysage intellectuel et mémoriel congolais.

Roland-Gilbert Okito Lumumba laisse le souvenir d’un homme digne, résilient et profondément engagé, ayant porté avec une grande force le poids d’un héritage historique colossal. Son combat pour la vérité et la mémoire demeure plus que jamais d’actualité.

Par Marius Bopenga
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386 Vues
29 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Le cinéma africain en deuil : disparition brutale de l’actrice sénégalaise Halima Gadji à 36 ans

by admin9775 28 janvier 2026

Une onde de choc traverse le monde culturel sénégalais et africain. L’actrice Halima Gadji, célèbre pour son rôle iconique de Deguène dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié et pour sa prestation dans Bété-Bété, est décédée brutalement ce lundi 26 janvier, à l’âge de 36 ans. Selon l’Agence de presse sénégalaise, son décès serait survenu à la suite d’un malaise.

Une artiste révélée par un phénomène télévisuel

Halima Gadji s’était imposée comme une figure majeure du paysage audiovisuel sénégalais. C’est grâce à son interprétation puissante et nuancée dans Maîtresse d’un homme marié, une série qui a captivé des millions de téléspectateurs à travers le continent, qu’elle a conquis le grand public. Son talent lui a permis d’incarner des rôles profonds et marquants, faisant d’elle une actrice à la fois populaire et respectée pour son art.

Une voix courageuse pour briser les tabous

Au-delà de sa carrière artistique, Halima Gadji laissera le souvenir d’une femme engagée et lumineuse. Elle s’était fait connaître pour son plaidoyer courageux en faveur de la santé mentale, un sujet encore largement tabou dans de nombreuses sociétés africaines. À travers sa plateforme et son témoignage, elle œuvrait à briser le silence « douloureux » qui entoure les troubles psychologiques, souvent attribués à tort à la folie, la sorcellerie ou la malédiction.

« En Afrique, la santé mentale reste un TABOU : on parle de folie, de sorcellerie, de malédiction… pas de dépression. Halima Gadji a osé briser ce silence. Son courage nous oblige à parler. La stigmatisation tue en silence », peut-on lire dans de nombreux hommages qui lui sont rendus.

Une perte immense et des hommages unanimes

Sa disparition soudaine laisse un vide profond dans le cinéma et le théâtre nationaux. Les réactions de tristesse et d’hommage affluent de tous les horizons, célébrant autant l’artiste au talent rare que la personnalité généreuse et battante.

Les condoléances vont particulièrement à sa famille et à ses proches, notamment à son frère Kader. Le monde du septième art perd une de ses étoiles montantes, une artiste dont l’œuvre et l’engagement continueront d’inspirer. Halima Gadji restera dans les mémoires pour sa grâce à l’écran et son courage hors des plateaux.

Par Marius Bopenga
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28 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Le célèbre couturier italien Valentino est mort à l’âge de 93 ans

by admin9775 19 janvier 2026

Monstre sacré de la mode, le styliste italien Valentino est décédé ce 19 janvier dans sa résidence romaine.

Le styliste et grand couturier italien Valentino est mort à 93 ans, a indiqué lundi l’agence de presse italienne Ansa. 

Il est décédé à son domicile à Rome, a ajouté l’agence, citant la Fondation Valentino Garavani et le partenaire de longue date du créateur, Giancarlo Giammetti.

« Il s’est éteint paisiblement dans sa résidence romaine, entouré de l’affection de ses proches », a annoncé la Fondation Valentino Garavani et Giancarlo Giammetti dans un communiqué.

Valentino Clemente Ludovico Garavani, plus connu sous le nom de Valentino, est né le 11 mai 1932 à Voghera, dans la province de Pavie. Sa passion pour la mode, encouragée par ses parents Mauro Garavani et Teresa de Biaggi, l’a conduit à étudier la mode et le français, avant de s’installer à Paris, la capitale qui exerce sur le monde une influence majeure en matière de mode. Ce n’était que le début d’une longue et brillante carrière qui a fait de lui une figure légendaire de la mode à l’international.

La collaboration avec Giancarlo Giammetti, un tournant décisif

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Il est le créateur de la nuance de rouge la plus emblématique. À Paris, Valentino fait son apprentissage auprès de deux grands couturiers : Jean Dessès et Guy Laroche. Il retournera en Italie pour parfaire son expérience auprès des créateurs Emilio Schuberth et Vincenzo Ferdinandi.

La maison de couture Valentino a été fondée en 1957 et quelques années plus tard, il a ouvert son premier atelier Via Condotti à Rome.

Le couturier Valentino Garavani, l'actrice Gwyneth Paltrow et Giancarlo Giammetti assistent à l'avant-première new-yorkaise de « Valentino : Le Dernier Empereur » au MoMA (Money of Modern Art), dans la salle Roy et Niuta Titus I, le 17 mars 2009 à New York.
Le couturier Valentino Garavani, l’actrice Gwyneth Paltrow et Giancarlo Giammetti assistent à l’avant-première new-yorkaise de « Valentino : Le Dernier Empereur » au MoMA (Money of Modern Art), dans la salle Roy et Niuta Titus I, le 17 mars 2009 à New York. Getty Images via AFP – STEPHEN LOVEKIN

L’arrivée de Giancarlo Giammetti, étudiant en architecture que Valentino avait rencontré dans un café de la capitale en 1960, marquera un tournant pour la maison de couture. Leur amitié et leur collaboration vont durer toute une vie.

Valentino habille les femmes les plus célèbres du monde

Tout au long de sa longue carrière, Valentino va habiller les femmes les plus belles et les plus célèbres du monde : Jacqueline Bouvier Kennedy Onassis, Elizabeth Taylor, Sharon Stone et Linda Evangelista.

L'actrice américaine Sharon Stone (à gauche), vêtue d'une robe de mariée signée du couturier italien Valentino (au centre), et le mannequin néerlandais Karen Mulder posent à la fin du défilé de la collection printemps-été 1994 de Valentino, le 13 octobre 1993 à Paris.
L’actrice américaine Sharon Stone (à gauche), vêtue d’une robe de mariée signée du couturier italien Valentino (au centre), et le mannequin néerlandais Karen Mulder posent à la fin du défilé de la collection printemps-été 1994 de Valentino, le 13 octobre 1993 à Paris. AFP – PIERRE BOUSSEL

Valentino Garavani a quitté la direction de sa maison de couture en 2007. En juillet 2012, la maison a été vendue au groupe qatarien Mayhoola for Investments. En 2023, le groupe Kering a acquis 30 % du capital du groupe Valentino pour 1,7 milliard d’euros. En 2016, il a créé, avec Giammetti, la fondation Valentino.

RFI

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19 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu, fille du premier président congolais

by admin9775 18 janvier 2026

La fille du premier président de la République démocratique du Congo, Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu, est décédée ce samedi à Kinshasa, à l’âge de 80 ans. Figure discrète mais ancrée dans l’histoire politique du pays, elle était la mère de Carole Kiatazabu Itambo, actuelle ministre provinciale des Hydrocarbures, Entrepreneuriat, Genre, Famille et Enfants.

Selon des sources familiales, le décès serait survenu brutalement à son domicile, suite à une crise subite.

Une vie entre histoire familiale et engagement politique


Deuxième enfant du président Joseph Kasa-Vubu (1960-1965) et de Hortense Ngoma Masunda – elle-même ancienne bourgmestre et fondatrice de l’Organisation Politique des Kasa Vubistes et Alliés (OPIKA) –, Marie-Rose Kasa-Vubu a baigné dès son jeune âge dans l’univers du pouvoir. Elle fut membre du comité central du Mouvement populaire de la révolution (MPR), le parti-État unique sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko.

Une princesse immortalisée par la rumba


Épouse de Paul Henry de Buck Kiatazabu, avec qui elle a eu cinq enfants (Hortense, Christian, Carole, Kiengo et Kiku), elle a été immortalisée dans la culture populaire congolaise par le maître de la rumba Franco Luambo Makiadi. Ce dernier lui a dédié la chanson « Princesse Kiku », un hommage musical qui a popularisé son surnom de « Princesse Kiku du Mayombe », en référence à ses origines et à son aura.

Un chapitre historique qui se referme


Son décès marque la disparition d’un dernier lien direct avec la toute première génération des dirigeants de l’indépendance. Elle incarne, par son parcours familial et son propre engagement, une transition entre l’ère des pères fondateurs, l’époque mobutiste et la RDC contemporaine, représentée aujourd’hui par sa fille, membre du gouvernement provincial.

Ses funérailles et les hommages qui lui seront rendus seront très certainement l’occasion de rappeler la mémoire de Joseph Kasa-Vubu et de revisiter un pan fondateur, mais souvent méconnu, de l’histoire politique congolaise.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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18 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de l’ancien président de l’Assemblée nationale Anzuluni Bembe Isilonyonyi

by admin9775 18 janvier 2026

L’ancien président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, Anzuluni Bembe Isilonyonyi, est décédé ce vendredi à Bruxelles, en Belgique, où il suivait des soins médicaux. Il était âgé de 83 ans. L’information a été confirmée à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) par une source familiale.

Figure marquante de la vie politique congolaise, particulièrement dans la période de transition après la Conférence nationale souveraine, M. Anzuluni Bembe avait occupé le poste de vice-président du Haut Conseil de la République–Parlement de transition (HCR-PT). Il siégeait alors aux côtés du défunt cardinal Laurent Monsengwo, qui présidait cette institution chargée de conduire le pays vers la démocratie.

Grand notable du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, Anzuluni Bembe était reconnu pour sa profonde connaissance des enjeux complexes de sa région. Bienvenu Bakumanya, directeur général de l’ACP, avec qui il échangeait régulièrement, a salué sa mémoire : « M. Anzuluni Bembe était une bibliothèque, une grande référence sur les questions de l’est congolais. Sa disparition est une perte immense pour le pays. »

Il laisse dans le deuil son fils, Floribert Anzuluni, actuellement ministre de l’Intégration régionale dans le gouvernement de la République.

La disparition d’Anzuluni Bembe Isilonyonyi éteint une voix importante de l’histoire politique contemporaine du Congo, notamment celle des transitions institutionnelles et des débats sur la gouvernance et la stabilité de l’Est du pays.

Par Pascal Kabeya
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18 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Pepitho Ngudie Kalondi, figure iconique de la RTNC et animateur de « Libala Bosembo »

by admin9775 14 janvier 2026

Le monde des médias congolais est en deuil. Le journaliste et présentateur Pepitho Ngudie Kalondi, figure emblématique de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), est décédé. La nouvelle a été confirmée ce jeudi par un membre de sa famille, suscitant une vive émotion dans la profession et au sein du public.

Pepitho Ngudie Kalondi s’était imposé comme l’un des visages les plus populaires et les plus marquants de la télévision nationale. Sa notoriété était inextricablement liée à l’animation de l’émission culte « Libala Bosembo », diffusée chaque samedi soir sur la RTNC. À travers ce programme, il avait développé un style unique et des prestations hors normes qui avaient conquis des générations de téléspectateurs.

Plus qu’un simple animateur, il était devenu une véritable institution médiatique, dont l’empreinte profonde a marqué l’histoire de l’audiovisuel congolais. Sa disparition représente une perte immense pour la RTNC, qui perd l’un de ses journalistes les plus connus et les plus appréciés.

Les hommages affluent déjà pour saluer la mémoire d’un professionnel dévoué et d’une personnalité charismatique qui a su créer un lien particulier avec le public congolais pendant de nombreuses années. « Libala Bosembo » perd son maître de cérémonie, et le paysage médiatique national, une de ses voix les plus distinctives. Nos sincères condoléances vont à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la grande famille des médias

Par Pascal Kabeya
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14 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès à Paris de François Kaniki, figure politique et frère du cardinal Monsengwo

by admin9775 14 janvier 2026

Le monde politique et économique congolais est en deuil. François Kaniki, sénateur honoraire et frère cadet du feu cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, est décédé à Paris. Sa disparition a été annoncée ce mercredi, provoquant une vive émotion, notamment dans sa province d’origine, le Mai-Ndombe, et au sein de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), parti auquel il appartenait.

Homme d’affaires reconnu, François Kaniki avait notamment occupé le poste d’ancien responsable de Bolloré RDC, jouant un rôle dans le secteur des transports et de la logistique. Son parcours l’avait ensuite conduit à la Chambre haute du Parlement, où il avait servi en tant que sénateur honoraire.

Sa disparition survient peu après celle de son frère aîné, le cardinal Laurent Monsengwo, figure spirituelle et morale majeure de la RDC, décédé en juillet 2023. La famille Kaniki-Monsengwo est ainsi une nouvelle fois frappée par le deuil.

Pour l’UNC, cette mort représente la perte d’un « membre effectif » influent, lié à l’une des familles les plus respectées du pays. Pour la province du Mai-Ndombe, c’est « une autre icône » qui s’en va, après une série de disparitions récentes de personnalités originaires de la région.

Les circonstances exactes et le lieu précis du décès à Paris n’ont pas été immédiatement détaillés. Les réactions et hommages politiques commencent à affluer, saluant la mémoire d’un homme qui a marqué, à sa manière, la vie économique et institutionnelle de la République Démocratique du Congo.

Par Pascal Kabeya
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14 janvier 2026
Nouvelles nécrologiques

États-Unis: grande figure du mouvement des droits civiques, Claudette Colvin est décédée

by admin9775 14 janvier 2026

Devenue une figure afro-américaine des droits civiques pour avoir refusé de céder son siège à une femme blanche dans un bus de Montgomery, en Alabama, en 1955, alors qu’elle n’avait que 15 ans, Claudette Colvin est décédée à l’âge de 86 ans, a annoncé sa fondation ce mardi 13 janvier.

« Pour nous, elle était plus qu’une figure historique. Elle était le cœur de notre famille, sage, résiliente et guidée par la foi », a écrit la fondation Claudette Colvin dans un communiqué.

Claudette Colvin, avant Rosa Parks

Neuf mois avant Rosa Parks, Claudette Colvin avait bravé les lois racistes dans un bus de Montgomery, en Alabama. Une audace qui a contribué à l’abolition de la ségrégation dans les transports en commun dans le sud des États-Unis.

Mais l’histoire a surtout retenu Rosa Parks, cette couturière noire de Montgomery dont le refus, le 1er décembre 1955, de céder son siège à un passager blanc a déclenché le premier grand mouvement de résistance passive contre la ségrégation. Responsable locale de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), elle mena alors avec Martin Luther King le boycott des bus de la ville, immobilisés pendant 381 jours.

Avant elle pourtant, dans la même ville et sur la même ligne de bus, Claudette Colvin, collégienne de quinze ans proche de la NAACP, fut la première à plaider non coupable devant la justice après avoir défié la ségrégation.

« L’histoire m’a collée au siège »

Le 2 mars 1955, raconte celle-ci à l’AFP en 2023, le conducteur du bus exige que les passagers noirs libèrent leurs sièges à mesure que des passagers blancs montent à bord. Elle refuse. « J’avais payé ma place et c’était un droit constitutionnel », explique-t-elle alors, ajoutant « l’histoire m’a collée au siège ».

Claudette Colvin évoque les lois de ségrégation des années 1950 lors d’une séance photo, le jeudi 5 février 2009, à New York.
Claudette Colvin évoque les lois de ségrégation des années 1950 lors d’une séance photo, le jeudi 5 février 2009, à New York. ASSOCIATED PRESS – Julie Jacobson

Arrêtée, menottée puis emprisonnée, Claudette Colvin sera libérée après le paiement de sa caution. À son retour, ses voisins montent la garde par crainte de représailles. Elle est néanmoins condamnée pour trouble à l’ordre public, violation de la loi de ségrégation et agression sur représentant de l’ordre. Son appel échoue.

Peu après, elle apprend qu’elle est enceinte. Mineure et non mariée, elle est accusée de mœurs dissolues et écartée par les associations de défense des droits civiques. Rosa Parks, « adulte […] plus fiable qu’une adolescente », a expliqué Claudette Colvin à la radio américaine NPR, devient alors la figure centrale du mouvement. « Son grain de peau faisait qu’on l’associait avec la classe moyenne. Elle avait le bon profil et possédait une autorité naturelle ».

L’affaire qui fait tomber la ségrégation

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En plein boycott, la ville de Montgomery fait condamner en février 1956 une centaine d’organisateurs du mouvement, dont Martin Luther King et les époux Parks. Deux de leurs appels sont rejetés, et Rosa Parks, licenciée, doit quitter la ville. Le dossier étant alors bloqué devant les tribunaux locaux, la NAACP décide de porter l’affaire de Claudette Colvin et de trois autres passagères devant la justice fédérale.

Le 5 juin 1956, deux juges fédéraux déclarent la ségrégation dans les bus inconstitutionnelle. La Cour suprême confirme cette décision le 13 novembre 1956, mettant fin à la ségrégation dans les transports publics du Sud.

Mais pour Claudette Colvin, les choses ne s’arrangent guère. en raison de sa grossesse hors mariage, elle est renvoyée du collège et ne parvient pas à trouver du travail à Montgomery. En 1958, elle déménage à New York, devient aide-soignante et ne s’étendra pas sur son passé avant longtemps.

En 2005, elle déclarait au journal local de Montgomery : « Je me sens très, très fière. J’ai l’impression que ce que j’ai fait a été une étincelle ». « Que les gens sachent que Rosa Parks était la bonne personne pour le boycott. Mais qu’ils sachent aussi que les avocats ont emmené quatre autres femmes devant la Cour suprême pour contester la loi qui a conduit à la fin de la ségrégation ».

RFI

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14 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Le « Docteur » Kitingitingi, figure populaire et clivante de Kinshasa, s’est éteint

by admin9775 14 janvier 2026

Kinshasa a perdu dans la nuit de lundi à mardi l’une de ses personnalités les plus iconiques et déroutantes : le « Docteur » Kitingitingi. Cet autodidacte, sans aucune formation médicale reconnue, s’était imposé depuis des années comme une figure incontournable et pittoresque du secteur informel, se spécialisant dans les « remèdes » aphrodisiaques et les conseils en « santé masculine ».

Avec son style flamboyant – lunettes teintées, chaînes en or et tenues voyantes – et ses slogans chocs scandés à travers la ville, Kitingitingi était devenu une véritable légende urbaine. Il sillonnait les artères de la capitale, captivant les foules par son charisme, son audace et un humour cru, souvent jugé déplacé, mais qu’il assumait pleinement.

Un personnage clivant, entre fascination et rejet

Sa rhétorique, centrée sur la virilité, la réussite par la débrouillardise en dehors des cadres établis et un rejet affiché des normes sociales conventionnelles, lui valait autant d’admirateurs que de détracteurs. Pour une partie de la jeunesse kinoise, il incarnait la réussite sans diplôme et la liberté de ton. Pour d’autres, il représentait un charlatanisme dangereux et la promotion de valeurs machistes.

Une page de la culture populaire qui se tourne

La disparition du « Docteur » Kitingitingi marque la fin d’un chapitre singulier de la culture populaire et de la rue kinoise. Au-delà de la polémique, son personnage était le reflet d’une certaine réalité sociale, économique et générationnelle de Kinshasa. Il laisse derrière lui un vide et un folklore unique qui, pendant des années, a animé, diverti et parfois irrité les habitants de la capitale congolaise. Sa légende, elle, survivra sans doute longtemps dans la mémoire collective de la ville.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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14 janvier 2026
À la UneNouvelles nécrologiques

Décès de Brigitte Bardot: un mythe au service d’une cause

by admin9775 28 décembre 2025

Décédée ce dimanche 28 décembre à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot était devenue, en un seul film, le sex-symbol planétaire des années 1950-1960. La star, qui n’en a toujours fait qu’à sa tête, s’était détournée brutalement du cinéma en 1973 pour se consacrer exclusivement à la défense de la cause animale.

Disparue à l’âge de 91 ans, Brigitte Bardot avait depuis longtemps tourné la page cinéma d’une carrière qui fut moins météorique et futile qu’on ne le pense au grand écran : 46 films quand même (en comptant les petits rôles) entre 1952 et 1973. Star planétaire capable de provoquer des émeutes au summum de sa gloire dans les années 1960, elle avait tourné le dos à la caméra en 1973 et s’était, depuis, consacrée à la défense des animaux, cause qu’elle a embrassée avec passion et ténacité jusqu’à son dernier souffle.

Issue de la grande bourgeoisie parisienne – père industriel, mère passionnée de mode –, Brigitte Bardot débute comme mannequin chez Elle dès l’âge de dix ans pour présenter la collection « junior », alors qu’elle suit parallèlement des cours de danse au Conservatoire de Paris. Repérée à la fois pour sa plastique parfaite et son caractère déjà bien trempé, elle est approchée par le metteur en scène Marc Allégret et son assistant, un certain Roger Vadim, qui tombe instantanément amoureux d’elle et vice-versa. La jeune fille a déjà fait quelques apparitions dans des petits rôles lorsqu’elle épouse Roger Vadim en décembre 1952, à 18 ans à peine. Lui en a 24.

Et soudain naquit « BB »

L'actrice française Brigitte Bardot pose lors du 8e Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, en mai 1955.
L’actrice française Brigitte Bardot pose lors du 8e Festival de Cannes, à Cannes, dans le sud de la France, en mai 1955. © UPI / AFP

La carrière de la future superstar bascule trois ans et demi plus tard lorsque sort Et Dieu… créa la femme (1956). Vadim a eu toutes les peines de la Terre à monter ce qui est son premier film, mais Et… Dieu créa la femme fait l’effet d’une bombe dans un monde pas exactement préparé à l’érotisme dévastateur exhalé par celle qui va propulser ses initiales, BB, dans les étoiles. En quelques mois, la voilà devenue icône mondiale, une célébrité si forte qu’elle rejaillit également sur Saint-Tropez, le petit port varois où le film a été tourné et où la star acquiert, en 1958, La Madrague, propriété les pieds dans l’eau qui va devenir sa tanière.

Dès lors, les scénarios affluent mais, à 24 ans, l’actrice désormais la mieux payée de France ne se précipite pas et refuse systématiquement de céder aux multiples offres venues de l’étranger. Hormis une fois dans sa carrière – pour l’oubliable Shalako d’Edward Dmytryk, avec Sean Connery en 1968 –, elle ne sera d’ailleurs dirigée que par des metteurs en scène français ou francophones. Entre 1957 et 1963, elle tourne 11 films, dont les plus notables sont En Cas de malheur – un drame avec Jean Gabin –, Babette S’en va-t-en guerre – une comédie avec Francis Blanche – et La Vérité d’Henri Georges-Clouzot.

Ses répliques cultes au cinéma

Remariée à Jacques Charrier, rencontré sur le tournage de Babette, Bardot vit particulièrement mal le tournage de La Vérité qui survient juste après la naissance de Nicolas, un fils dont elle ne va jamais vouloir, ou savoir, s’occuper. À bout de nerfs, elle tente même de se suicider le jour de ses 26 ans. Mais elle a de la ressource et se ressaisit vite, tenant même tête à l’organisation secrète d’extrême droite française OAS qui veut la rançonner. Elle va dénoncer elle-même l’affaire à la police, devenant un symbole contre l’organisation prônant le maintien de l’Algérie en tant que colonie française.

On est en 1962 et c’est à cette époque qu’intervient sa prise de conscience de la condition animale. Émue par un reportage sur les abattoirs, elle élimine la viande de son alimentation et vient pour la première fois plaider la cause des animaux au micro de Pierre Desgraupes dans Cinq Colonnes à la Une, l’émission phare de l’ORTF.

L’année 1963 est marquée par Le Mépris, où son éclatante beauté illumine le chef-d’œuvre de Jean-Luc Godard, un film devenu culte mais qui ne reçut qu’un accueil mitigé à sa sortie. Il aurait pu marquer un tournant vers une carrière plus sélective, mais ni Brigitte Bardot, ni Jean-Luc Godard ne retrouveront la même grâce, ni la même force au grand écran qu’à travers cette tragédie moderne tournée dans l’azur de la Côte amalfitaine. Après le cinéaste suisse, BB flirte pourtant à nouveau avec la Nouvelle Vague pour Viva Maria ! de Louis Malle, aux côtés de Jeanne Moreau. Un film dont elle assure, à contrecœur, la promo aux États-Unis en 1965, mais qui assoit encore un peu plus son statut de sex-symbol outre-Atlantique.

Une icône planétaire qui se donne à la chanson

Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg sur le tournage du Show télévisé réalisé par François Reinchenbach.
Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg sur le tournage du Show télévisé réalisé par François Reinchenbach. © AFP

En 1964, BB a fêté ses 30 ans, s’affichant en Une de Paris-Match, hebdomadaire avec lequel elle aura souvent collaboré et où elle est apparue 39 fois en couverture entre ses débuts et son 80e anniversaire. Bien plus qu’une star, elle représente alors un symbole qui va durer : celui d’une femme libre de ses désirs et de ses choix et aussi à l’avant-garde de la mode – tour à tour ingénue, pin-up, sex-symbol, amazone ou hippie avec sa moue boudeuse, ses yeux de biche et son abondante chevelure blonde.

Souvent imitée, jamais égalée, elle correspond à un absolu qui fait fantasmer les hommes et dont veulent s’inspirer les femmes. « John (Lennon, NDLR) et moi étions excités par Brigitte Bardot quand nous étions adolescents, résumait l’ex-Beatle Paul McCartney. Elle était stupéfiante et française. Pour nous, Brigitte, avec ses longs cheveux blonds, sa silhouette inouïe et ses petites lèvres boudeuses représentait la beauté féminine absolue. »

Délaissant petit à petit le cinéma – seuls L’Ours et la Poupée de Michel Deville (1970), Boulevard du Rhum et Les Pétroleuses (1971) marqueront les esprits –, BB pousse la chansonnette.

Dotée de talents limités dans ce domaine mais jamais en reste pour s’amuser, elle laisse opérer son charme et sa scansion si particulière de fausse ingénue. C’est évidemment sa collaboration avec Serge Gainsbourg qui reste à la postérité, collaboration artistique doublée d’une idylle aussi brève que fulgurante (elle est alors en rupture d’avec Gunther Sachs, son troisième mari), liaison abondamment commentée par un Gainsbourg qui ne s’en remettra jamais totalement. Cela nous a laissé, entre autres, « Harley-Davidson », « Comic Strip » et le tube mondial « Je T’aime… moi non plus ». Mais ces deux derniers titres sont avant tout popularisés avec la voix de Jane Birkin, mais bien chantés par BB dans leur version initiale, archivée avant leur sortie.

À l’approche de la quarantaine, Brigitte n’en peut plus d’être Bardot et elle offre une dernière fois son corps dénudé aux caméras de Vadim (Don Juan 73) puis de Nina Companeez en 1973 (L’Histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-chemise), deux films sans envergure.

Clap de fin, on ne verra plus BB à l’écran. « J’arrête le cinéma, c’est fini, ce film est le dernier, j’en ai marre », confie-t-elle à France-Soir, un scoop qui fait le tour du monde en un éclair. Débarrassée du poids d’une célébrité devenue décidément trop lourde à porter, elle va désormais consacrer le reste de sa vie aux animaux avec, pour première fonction, celle de porte-parole de la SPA (Société protectrice des animaux) et, pour premier champ de bataille, la banquise et la défense des bébés-phoques.

La belle et les bêtes

Brigitte Bardot dans un refuge pour chiens à Nice, dans le sud de la France, tenant l'un des 143 chiots saisis par les douaniers dans un fourgon hongrois, le 28 décembre 2005.
Brigitte Bardot dans un refuge pour chiens à Nice, dans le sud de la France, tenant l’un des 143 chiots saisis par les douaniers dans un fourgon hongrois, le 28 décembre 2005. © AFP – VALERY HACHE

Ce premier combat va s’avérer un succès puisque, le 15 mars 1977, l’alors président Valéry Giscard d’Estaing interdit l’importation de peaux de phoques en France, interdiction qui sera adoptée par l’ensemble des pays de l’Union européenne en 1983. Dopée par ce premier succès, Bardot se démène ensuite pour faire interdire la consommation de viande de cheval, mais ce combat-là débouche sur un échec dans un pays qui est le deuxième plus gros consommateur de viande de cheval en Europe de l’Ouest. 

Elle rebondit en créant, grâce à la revente de biens personnels, la Fondation Brigitte Bardot, un organe de lobbying et de protection des animaux qui comptait 70 000 membres en 2013. « J’ai donné ma jeunesse et ma beauté aux hommes. Maintenant je donne ma sagesse et mon expérience et le meilleur de moi-même aux animaux », déclare-t-elle alors. Reconnue d’utilité publique par le Conseil d’État en 1992, la Fondation (13,9 millions d’euros de ressources en 2013, dont 73 % consacrés aux animaux) est l’une des plus grandes fiertés de sa présidente qui a légué ses propriétés de Bazoches (Yvelines) et de La Madrague pour lui donner une assise financière plus solide.

Cette même année 1992, BB épouse Bernard d’Ormale, un industriel proche du leader du Front national, Jean-Marie Le Pen. Bien qu’elle se défende d’être d’extrême droite (elle a cependant reconnu avoir plusieurs fois voté Front national, l’ancêtre de l’actuel Rassemblement national), Brigitte Bardot va défrayer la chronique à de nombreuses reprises pour des déclarations à l’emporte-pièce sur les homosexuels, les hommes politiques, les musulmans ou les enseignants. Elle est d’ailleurs plusieurs fois condamnée pour « incitation à la haine raciale » après des sorties malvenues sur l’islam et l’Aïd el-Kebir.

Toujours battante malgré une santé déclinante, ces dernières années elle s’était particulièrement attaquée au commerce de la fourrure, au sort des chiens et des chats en Asie, à la chasse aux phoques au Canada et aussi au braconnage en mer, offrant en 2014 l’asile à son vieil ami Paul Watson, le cofondateur de Greenpeace, qui a baptisé son trimaran le MV Brigitte Bardot.

Au cours des dernières années, la star des années 1960 avait eu plusieurs ennuis de santé, lui valant de nombreuses hospitalisations. En novembre, Var–Matin avait affirmé que la star de 91 ans était hospitalisée à Toulon, un mois après un séjour lié à une intervention chirurgicale, en octobre. En mai dernier, dans une interview à BFMTV, elle avait assuré vivre « comme une fermière » entourée de ses moutons, ses cochons, ses chiens, ses chats, son âne et sa ponette et ne posséder « ni portable, ni ordinateur ».

Disparue à l’âge de 91 ans ce dimanche à Saint-Tropez, celle qui fut la première actrice à prêter ses traits à la Marianne républicaine aura finalement donné raison à l’adage selon lequel « la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ».

RFI

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