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À la Une

À la UnePolitique

La RDC dénonce les exactions de l’AFC/M23 devant le Conseil de sécurité de l’ONU

by admin9775 14 octobre 2025
written by admin9775

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, ce lundi 13 octobre, la République démocratique du Congo (RDC) a porté de graves accusations contre le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda. La délégation congolaise a dénoncé une série d’exactions commises dans les zones sous occupation de la rébellion au cours des mois de septembre et octobre 2025.

Selon les chiffres présentés par Zénon Mukongo, représentant de la RDC aux Nations Unies, plus de 270 civils ont été assassinés, plus de 300 cas de viol ont été recensés, et des centaines de cas de torture ont été documentés dans les territoires occupés par l’AFC/M23. Ces actes, qualifiés de violations graves des droits humains, ont été décrits comme systématiques et ciblés, visant à terroriser les populations locales et à consolider l’emprise du groupe rebelle.

Accusations contre le Rwanda

Kinshasa a également accusé le Rwanda de soutenir activement l’AFC/M23, en violation des accords de paix de Washington et de Doha, qui prévoient un cessez-le-feu et un retrait des forces étrangères du territoire congolais. Ces accords, signés entre juin et juillet 2025, avaient pour objectif de stabiliser l’Est de la RDC et de relancer un processus de paix régional.

La délégation congolaise a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes pour faire cesser les hostilités, protéger les civils et sanctionner les responsables de ces crimes.

Réactions internationales

Bien que certaines délégations aient exprimé leur préoccupation face à la dégradation sécuritaire, la RDC a insisté sur la nécessité d’une condamnation claire et ferme du soutien rwandais au M23. Elle a également demandé un renforcement du mandat de la MONUSCO, notamment dans ses volets de protection des civils et de soutien au programme DDR (Désarmement, Démobilisation et Réinsertion).

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme avait déjà, en septembre, condamné les exactions de l’AFC/M23, qualifiant la situation dans l’Est de la RDC de l’une des pires crises humanitaires actuelles.

Radio Okapi

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À la UneSport

Coupe du monde 2026: qualification historique du Cap-Vert aux dépens du Cameroun

by admin9775 14 octobre 2025
written by admin9775

C’est un exploit monumental que l’équipe du Cap-Vert, petit pays d’à peine 4 033 km², a réussi en se qualifiant à la Coupe du monde 2026 après sa victoire sur l’Eswatini (3-0). Aidés par l’apport de joueurs issus de son importante diaspora, les Requins bleus ont dominé le groupe C devant d’anciens mondialistes, le Cameroun et l’Angola.

C’est l’une des plus grosses performances dans le foot africain ces dernières années. Le Cap-Vert, pays d’à peine 550 000 habitants, 40e au classement Fifa, seulement quatre participations à la CAN, et pas qualifiée pour la Coupe d’Afrique marocaine, s’est offert un ticket royal pour la Coupe du monde 2026 ce lundi 13 octobre en battant l’Eswatini lors de la dernière journée des éliminatoires du Mondial.

Les Requins bleus ont validé leur qualification dans un Estádio Nacional en fusion, porté par 15 000 spectateurs et tout un pays. Les buts de Livramento (48e) et de Willy Semedo (54e) et Stopira (90+1) ont officialisé la qualification de Ryan Mendes et de ses copains, mais il était quasiment acquis qu’ils verraient les Amériques après leur victoire le 09 septembre dernier devant le Cameroun (1-0).

À moins que le rêve n’ait commencé à prendre vraiment forme lors de la cinquième journée et ce but dans les arrêts de jeu de Yannick Semedo qui offrait une petite victoire aux siens face à Maurice (1-0), mais surtout la tête du groupe D au Cap-Vert qui ne la quittera plus jamais.

La patte de Bubista

Le géant camerounais, huit participations à la Coupe du monde au compteur, incapable de battre l’Angola lundi (0-0) est donc tombé et devra peut-être batailler en barrage pour espérer aller au Mondial. Pendant ce temps, le sélectionneur Pedro Leitão Brito, plus connu sous le nom de Bubista, peut savourer tranquillement cette qualification. Car celle-ci porte bien sa signature. Nommé en janvier 2020 à la tête des Requins bleus, l’ancien défenseur central d’Estoril (Portugal) n’a jamais cessé de faire progresser l’équipe. Il la qualifie à la CAN 2022, après une absence en 2017 et 2019, et se fait éliminer en huitièmes de finale par le futur champion, le Sénégal.

Lors de la CAN 2024, le technicien de 55 ans échoue en quarts de finale aux tirs au but après avoir éliminé la Mauritanie en huitièmes et fini premier de sa poule, devant notamment l’Égypte et le Ghana.

S’il a manqué la qualification à la CAN 2025, le technicien, né à Boa Vista (Cap-Vert), s’est bien rattrapé avec cette qualification au Mondial.

Si cette belle performance constitue une grosse surprise dans le monde du foot, Brito, lui, y croyait dès le début des éliminatoires. « Au fond de nous, nous savons que nous pouvons nous qualifier, et notre seul objectif est de nous battre jusqu’à notre dernier souffle pour y parvenir, déclarait-il sur le site de la Fifa après la deuxième journée. Et notamment parce que ce sera [en partie] aux États-Unis, où nous avons notre plus grande diaspora. Nous lui devons cette qualification, pour tout ce qu’elle a fait au fil des ans pour nous aider et contribuer au développement du pays. »

La force de la diaspora

À l’image des Capverdiens de la diaspora (près de 800 000), plus nombreux que les Capverdiens du pays, les joueurs nés à l’étranger ont été aussi d’une grande contribution à la qualification. Dans le onze de départ du match décisif contre le Cameroun, cinq joueurs sont nés à l’étranger, dont le buteur providentiel Livramento, natif de Rotterdam (Pays-Bas). Ils étaient ainsi quinze sur les 25 joueurs appelés par Bubista lors de la CAN 2024.

Lors de la rencontre face à l’Eswatini (3-0), le deuxième buteur, Willy Semedo, est natif de Montfermeil dans la banlieue parisienne, et le troisième, Ianique dos Santos Tavares dit Stopira, à Praia.

Des joueurs de la diapora décisifs, des natifs qui constituent le socle, comme le capitaine Ryan Mendes (joueur le plus capé, meilleur buteur de la sélection) et le gardien de but Vozinha (39 ans), il faut ne pas chercher loin pour avoir le secret de la potion magique capverdienne.

RFI

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À la UneSport

Ultime barrage vers le Mondial : les Léopards face au Soudan dans le Stade des Martyrs

by admin9775 14 octobre 2025
written by admin9775

Ce mardi soir au Stade des Martyrs, les Léopards de RDC affrontent le Soudan pour un match qui pourrait les envoyer en barrages, voire leur offrir une qualification directe in extremis pour la Coupe du Monde 2026.

Avec 19 points, les hommes de Sébastien Desabre n’ont qu’une consigne : gagner. Une victoire les qualifie au minimum pour le tournoi de barrage au Maroc en novembre. Et si le Sénégal trébuche face à la Mauritanie, c’est la qualification directe qui s’offre à eux.

« Nous avons encore notre destin entre nos mains », a assuré Desabre en conférence de presse, confiant mais prudent face à un adversaire soudanais qu’il ne faut « pas sous-estimer ». 49 ans après leur dernière Coupe du Monde, les Léopards n’ont jamais été aussi proches du graal.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Marché des changes : la BCC déclare la guerre aux cambistes spéculateurs

by admin9775 14 octobre 2025
written by admin9775

La Banque Centrale du Congo (BCC) passe à l’offensive contre les dérives spéculatives sur le marché des changes. Dans un communiqué ferme, le Premier Vice-Gouverneur Dieudonné Fikiri Alimasi dénonce les pratiques « anarchiques » de certains opérateurs qui affichent des taux déconnectés de la réalité, perturbant le marché et profitant de l’appréciation récente du franc congolais.

L’institution rappelle l’interdiction stricte d’afficher les taux à l’extérieur des bureaux de change, une pratique jugée spéculative. La BCC annonce le déploiement immédiat de ses services de contrôle et promet des sanctions sévères, allant jusqu’au retrait pur et simple de l’agrément pour les contrevenants.

Après une phase de sensibilisation en mai 2024, la Banque Centrale entre dans une phase répressive pour assainir le marché et protéger les consommateurs.

Par Marius Bopenga
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À la UneMonde

France: l’ancien président Nicolas Sarkozy sera incarcéré le 21 octobre 2025 à la prison de la Santé

by admin9775 13 octobre 2025
written by admin9775

L’ancien président s’est rendu dans la journée de lundi au parquet national financier (PNF) pour connaître les modalités de son incarcération. Le parquet national financier a dit ne pouvoir ni confirmer, ni infirmer cette information, précise l’agence Reuters.

Président de la République de 2007 à 2012, Nicolas Sarkozy a fait appel de sa condamnation prononcée le 25 septembre. Mais sa peine étant assortie d’une exécution provisoire, elle n’est pas suspendue dans l’attente d’un nouveau procès.

Lors de ce même procès, des proches de l’ancien chef de l’État ont été jugés coupables d’avoir servi d’intermédiaires pour lui permettre de recevoir de l’argent du régime de l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi pour financer sa campagne victorieuse à la présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy a cependant été lui-même relaxé des accusations de recel de détournement de fonds publics, de corruption passive et d’infractions au code électoral. Il a toujours plaidé la thèse du « complot » dans cette affaire pour laquelle il a été mis en examen en mars 2018.

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À la UneMonde

Crise à Madagascar: le président Andry Rajoelina a été exfiltré par un avion militaire français

by admin9775 13 octobre 2025
written by admin9775

Le président malgache Andry Rajoelina a été exfiltré par un avion militaire français le 12 octobre 2025, est en mesure de confirmer RFI. Un accord avec le président Emmanuel Macron aurait permis cette exfiltration. Les autorités françaises indiquent qu’elles n’interviennent en aucune manière dans la crise malgache. Ce pays est secoué depuis le 25 septembre par des manifestations réprimées contre les coupures d’eau et d’électricité qui se sont muées en contestation contre le pouvoir et des appels à la démission du chef de l’État, notamment. Plus d’informations à suivre.

Le président malgache Andry Rajoelina a été exfiltré dimanche par un avion militaire français. Il ne serait plus sur le territoire national et sa destination finale reste incertaine. 

Un accord de président à président aurait permis cette exfiltration. Le président français Emmanuel Macron, indiquent des sources proches du dossier, aurait autorisé ce départ. La cinématique serait la suivante : dans la journée d’hier, un hélicoptère aurait conduit le président malgache sur l’Ile Sainte-Marie, sur la côte est de Madagascar, et, de là, il aurait embarqué à bord d’un avion militaire français pour La Réunion, avant de partir vers une autre destination avec sa famille. Une certitude : selon les sources de RFI, il n’est plus à La Réunion. Destination probable : Dubai.

Paris rappelle fermement qu’en aucun cas la France n’interviendra militairement

Un départ autorisé pour permettre une transition pacifique, mais Paris rappelle fermement qu’en aucun cas la France n’interviendra militairement à Madagascar. Les forces militaires françaises du sud de l’Océan indien, basées à La Réunion, n’iront pas plus loin, il n’y aura pas d’intervention sur la Grande Ile, martèlent-ils.

Dimanche soir, pourtant, des proches du président Rajoelina affirmaient encore lors d’une communication vidéo avec des diplomates que le chef de l’État était toujours à Antananarivo, précisant même qu’il s’était retranché dans un bunker, rappelle notre correspondante à Madagascar, Sarah Tétaud.

À la Présidence, les canaux habituels de communication ont été coupés, du moins lorsqu’il s’agit d’obtenir des confirmations sur la localisation du président. « Le président de la République Andry Rajoelina fera un discours au peuple malgache aujourd’hui à 19h » (16h TU), avait assuré plus tôt ce 13 octobre 2025 la Présidence de la République de Madagascar sur sa page Facebook.

Crise à Madagascar: changement à la tête de la gendarmerie

Ce lundi matin, le général Nonos Mbina Mamelison a été adoubé par les ministres de la Défense, de la Gendarmerie nationale et par le nouveau chef d’état-major des armées, au poste de nouveau commandant de la gendarmerie nationale. Dimanche, alors qu’il était à la tête de son unité, le FIGN, le général avait annoncé que ses hommes et lui étaient entrés en mutinerie et avaient rallié le mouvement de protestation. Il s’était alors auto-proclamé nouveau commandant de la gendarmerie nationale. La passation avec son prédécesseur s’est donc effectuée ce matin. La gendarmerie qui, jusqu’à ce week-end, réprimait la contestation à Madagascar.

RFI

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À la UnePolitique

Le député Mapamboli met en garde contre les risques d’une appréciation trop rapide du Franc congolais

by admin9775 13 octobre 2025
written by admin9775

Le député national Flory Mapamboli alerte sur les effets pervers de la récente appréciation du franc congolais (CDF). Alors que la Banque centrale s’en félicite, l’élu y voit une menace pour les recettes publiques et l’activité économique.

« Si cette appréciation continue, les recettes courantes baisseront, car les comptabilités des entreprises et la plupart des salaires dans le secteur privé sont tenus en dollars », a-t-il déclaré ce dimanche sur ses réseaux sociaux. Il craint un déséquilibre budgétaire, les dépenses de l’État restant fixes en monnaie locale.

Face à ce risque, Mapamboli propose une série de mesures à la BCC et au gouvernement, prônant la stabilité monétaire et une transition douce vers le CDF. Il appelle surtout à une augmentation de la production locale comme seule solution durable.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSport

Coupe du Monde 2026 : la CAF dévoile le format du barrage, la RDC sur le chemin du dernier carré

by admin9775 13 octobre 2025
written by admin9775

La Confédération Africaine de Football (CAF) a officialisé ce samedi le dispositif du tournoi de barrage qui désignera le dernier qualifié africain pour la Coupe du Monde 2026.

Ce mini-tournoi express se tiendra au Maroc du 13 au 16 novembre 2025 et opposera en demi-finales et en finale les quatre meilleurs deuxièmes de groupe. Le classement FIFA déterminera les affrontements : le 1er contre le 4ème, le 2ème contre le 3ème.

Pour les Léopards de RDC, actuellement deuxièmes du Groupe B derrière le Sénégal, l’opportunité est réelle et historique. Une place parmi les quatre meilleurs deuxièmes leur ouvrirait les portes de ce dernier tournoi, une chance inédite de se qualifier pour une Coupe du Monde pour la première fois depuis 1974. Le rêve mondial passe désormais par le Maroc.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Conflit en RDC : « tout ne sera pas résolu à Doha et Washington »

by admin9775 12 octobre 2025
written by admin9775

Ancien rapporteur de la commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale, Juvénal Munubo s’inquiète du « manque de confiance » et du « dialogue de sourds » qui s’est instauré entre Kinshasa et l’AFC/M23 dans les négociations de Doha. L’ex-député de Walikale estime qu’il ne faut pas tout attendre des processus de paix de Doha et Washington et plaide pour « l’ouverture d’un dialogue interne ».

Afrikarabia : Alors que les négociations de Doha entre la RDC et l’AFC/M23 doivent reprendre la semaine prochaine, la situation sécuritaire sur le terrain demeure toujours inquiétante avec le renforcement de l’armée congolaise et des rebelles, notamment dans votre région de Walikale ?

Juvénal Munubo : Au Nord-Kivu, la rébellion menace toujours Pinga, au Nord-Est de Walikale. D’intenses affrontements se sont déroulés la semaine dernière. La situation s’est un peu calmée, mais Pinga semble toujours être un objectif pour le M23. Il y a aussi eu des affrontements sur la route entre Masisi et Walikale. Au Sud-Kivu, il y a également Uvira qui n’est pas à l’abri de la rébellion. Le M23 et leurs alliés Twirwaneho cherchent actuellement à contourner les positions de l’armée et des Wazalendos pour prendre cette ville.

Afrikarabia : Les négociations de Doha et de Washington qui piétinent expliquent-elles cette escalade ?

Juvénal Munubo : Le gouvernement et le M23 ne se font pas confiance. Kinshasa n’est pas prêt à accéder aux exigences de la rébellion, notamment sur la question des prisonniers politiques. Les autorités hésitent à libérer ces prisonniers. Dans ces négociations, Kinshasa compte surtout sur la pression internationale des Etats-Unis sur le Rwanda. Le problème, c’est que cette pression n’arrive pas. Entre-temps, Kigali a harmonisé ses relations avec Washington, notamment sur la question des migrants que le Rwanda peut accueillir.

Afrikarabia : Pourtant, à Washington, le démarrage des opérations de neutralisation des FDLR et du retrait des troupes rwandaises du sol congolais a été annoncé pour le 1er octobre ?

Juvénal Munubo : On parle de neutralisation des FDLR, mais qu’est-ce que cela veut dire vraiment ? Une cartographie des FDLR existe-t-elle ? Qui va prendre le lead ? Est-ce que cela va se faire conjointement avec l’armée rwandaise, le M23, ou les FARDC seules ? Nous n’en savons rien. La date du 1er octobre a été annoncée, mais il n’y a rien eu de concret par la suite. Et puis, il y a la fameuse levée des « mesures de défense » du Rwanda, qui veut dire pour Kinshasa le retrait des troupes rwandaises, et qui doit se faire avant toute autre chose. Kinshasa en fait un préalable avant toute discussion et signature d’accord et conditionne tout au départ des soldats rwandais. Pour Kigali et le M23, les choses sont différentes, la levée des « mesures défensives » ne signifie pas le désengagement des troupes rwandaises, et ne sera que la résultante des négociations de Doha. Le Rwanda n’est donc pas pressé d’exécuter sa part du contrat. Tout comme la RDC n’est pas encore prête à accepter des « mesures de confiance » comme la libération des prisonniers politiques. Nous sommes donc véritablement dans un dialogue de sourds.

Afrikarabia : Que peut-on attendre de Washington ?

Juvénal Munubo : Donald Trump affirme avoir mis fin à la guerre au Congo, alors que son propre conseiller Afrique, Massad Boulos, n’est évidemment pas en mesure de le confirmer. Il ne faut donc pas tout attendre de Washington, comme de Doha. C’est peut-être le moment de se tourner vers un dialogue inter-congolais, mais cela dépend du président Félix Tshisekedi. C’est peut-être aussi le moment de se tourner vers l’Union africaine, pour pousser Faure Gnassingbé et le panel de facilitateurs à s’impliquer davantage.

Afrikarabia : Les deux processus de Washington et de Doha sont intimement liés, l’un dépendant de l’autre. N’est-ce pas un problème ?

Juvénal Munubo : Selon moi, il faut que le processus de Doha, entre la RDC et l’AFC/M23, réussisse d’abord. Pourquoi ? Parce que la zone dans laquelle doivent être neutralisés les FDLR est contrôlée par le M23. Il faut donc trouver d’abord un accord avec le M23 pour rendre effectifs les accords de Washington. Si Doha piétine, Washington n’avancera pas.

Afrikarabia : A Doha, on a vraiment l’impression que les exigences des deux parties sont irréconciliables. L’AFC/M23 demande une co-gestion des zones sous son contrôle, alors que Kinshasa exige le retour de l’autorité de l’Etat dans les territoires perdus. On ne voit pas comment débloquer la situation ?

Juvénal Munubo : Le premier draft qui a circulé sur un projet d’accord entre la RDC et les rebelles présentait en effet ce type d’éléments, comme la co-gestion de 5 ans des territoires sous contrôle rebelle. Ce qui paraît inimaginable. Pour l’instant, à Doha, nous sommes dans une posture de négociation, et donc on place la barre très haute. C’est classique. Mais ce qui pourrait amener le M23 à fléchir sa position et à être plus réaliste, ce serait un geste fort qui viendrait de Kinshasa, comme la libération de certains prisonniers politiques. Les deux parties sont actuellement dans une posture de pression. Aucune, pour le moment, n’est dans une posture de négociation.

Afrikarabia : Il y a également une autre faiblesse dans ces accords, c’est leur caractère non-contraignant ? On a l’impression que seule une pression extérieure peut faire bouger les lignes ?

Juvénal Munubo : Tout à fait. C’est d’ailleurs ce qu’espère Kinshasa qui pense que Washington fera la pression nécessaire, puisque le président Trump a déclaré avoir déjà mis fin à la guerre au Congo. Est-ce que les Etats-Unis le feront ? C’est la question. Mais faut-il compter uniquement sur la pression de Washington sur Kigali ? Je ne pense pas.

Afrikarabia : Un parlementaire propose de faire voter une loi pour interdire l’intégration des rebelles dans l’armée, alors que cette option est déjà sur la table des négociations. Que faut-il faire selon vous ?

Juvénal Munubo : Cette proposition intervient alors que nous ne sommes plus dans un contexte de belligérance après la signature de l’accord de Washington et de la déclaration de principes de Doha. Le parlement congolais devrait d’ailleurs ratifier l’accord de Washington, comme l’a fait le parlement rwandais. Une telle loi risque de compliquer les discussions en cours et de ne pas faciliter l’apaisement nécessaire aux négociations. Dans l’accord de Washington, il est d’ailleurs prévu d’intégrer des rebelles au cas par cas.

Afrikarabia : Une autre question est de savoir ce que l’on fait des Wazalendos, ces groupes armés alliés à l’armée régulière pour combattre le M23, qui ne sont intégrés ni dans le processus de Washington, ni dans celui de Doha ?

Juvénal Munubo : La question des Wazalendos est importante, car si elle n’est pas bien gérée, elle peut se transformer en bombe à retardement pour Kinshasa. Ces groupes armés ont aujourd’hui des factures à présenter à l’Etat congolais, qui leur doit beaucoup. Sans leur présence, le M23 aurait davantage avancé vers l’intérieur du territoire. A Uvira, les Wazalendos ont tenu tête à Kinshasa sur le cas de général Gasita qui était contesté par ces mêmes Wazalendos. Beaucoup de ces miliciens pensent que la loi sur la Réserve armée de la défense (RAD) était une porte d’entrée pour leur intégration dans l’armée. Pourtant, la loi sur la RAD ne prévoit pas de les intégrer dans leur totalité. Leurs attentes risquent donc d’être déçues. On peut également noter qu’à part Doha avec le M23, il n’y a pas de processus spécifique sur ces groupes armés internes. Cela aurait dû être traité à l’époque de l’initiative de Nairobi, qui prévoyait des négociations entre Kinshasa et les groupes armés internes, en y excluant le M23. Je pense qu’il serait intéressant, après avoir résolu Doha, d’ouvrir un cadre de discussions avec ces groupes armés internes. Il faudrait commencer à y réfléchir maintenant.

Afrikarabia : Cela fait maintenant 9 mois que la ville de Goma est sous contrôle rebelle. On a l’impression que plus le temps passe, plus il sera difficile à Kinshasa de reprendre la main sur les territoires perdus ?

Juvénal Munubo : Oui, il y a maintenant une administration parallèle mise en place par le M23, qui a nommé ses gouverneurs, ses bourgmestres, ses magistrats… On voit des parades militaires avec de nouvelles recrues. Tout cela n’est pas anodin. Nous sommes revenus dans la situation de la deuxième guerre du Congo de 1998, où l’Est du pays était resté coupé de Kinshasa pendant 5 ans. Plus cette situation se prolonge, plus il y a crainte de la fameuse « balkanisation » de la RDC. C’est vraiment dans l’intérêt de Kinshasa d’accélérer les choses et de montrer toute la bonne foi possible pour éviter d’être pris dans le piège de la balkanisation. Il vaut mieux aller le plus vite possible vers la solution, qui est politique.

Afrikarabia : Cela veut donc dire qu’il y a bien un problème congolo-congolais à résoudre ?

Juvénal Munubo : Absolument, et c’est cela qui fait le bien-fondé d’un dialogue interne, qui ne pourra pas être résolu à Doha, ni à Washington. Même si on trouvait une solution à Doha, ce que nous espérons tous, on aura que partiellement résolu le problème. Après Doha, il sera nécessaire d’ouvrir un dialogue interne et trouver la réponse à la question des groupes armés locaux. Il reste ces deux questions à résoudre : que fait-on avec les opposants politiques, dont certains sont en exil, et que fait-on avec tous ces groupes armés ? Tout ne sera pas résolu à Washington et à Doha. Il faudra aller vers une cohésion interne. Il y a un vrai malaise entre la majorité présidentielle et l’opposition non-armée. Sans cela, il n’y aura qu’une paix précaire.

Propos recueillis par Christophe Rigaud – Afrikarabia

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12 octobre 2025 0 comments
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À la UneDiaspora

Face à la diaspora congolaise de Belgique, Félix Tshisekedi clarifie sa main tendue à son homologue Rwandais

by admin9775 12 octobre 2025
written by admin9775

Au terme de son séjour à Bruxelles, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est entretenu samedi avec la diaspora congolaise vivant dans l’ancienne métropole. 

À cette occasion, le Chef de l’État a apporté un éclairage sur la main tendue à son homologue rwandais pour « faire la paix des braves ». 

«  J’ai tendu la main à celui qui représente les forces qui agressent la République Démocratique du Congo pour prendre à témoin le monde entier », a expliqué le premier citoyen du pays dès l’entame de son argumentaire. 

Au Président Tshisekedi de poursuivre, « la victime, c’est nous. Mais on a voulu nous présenter comme des gens qui ne voulaient pas la paix, j’ai voulu montrer au monde que ce n’était pas vrai ». 

« Croyez-moi, je suis loin d’être faible. J’ai réussi à le prouver à plusieurs reprises et si aujourd’hui, on parle des sanctions, des processus de Washington, Doha, Lomé, Luanda, c’est quelque part grâce à ce que j’ai fait », a précisé le Commandant suprême des Forces armées de la RDC.

Pour le Président de la République, savoir faire la paix des braves est plutôt un geste de noblesse. Selon lui, cette stratégie a réussi à démasquer évidemment ce qui se cachait derrière cette manipulation. 

Sur ce point précisément, le Chef de l’État a déploré la manipulation de certains compatriotes en interne qui ne cessent de parler de dialogue. « Nous, nous voulons d’un dialogue entre Congolais, ces Congolais qui sont tous contre cette agression », a déclaré le Président Tshisekedi.

« La seule chose que je demande à ces acteurs, c’est d’abord de condamner l’agresseur et de le nommer clairement », a-t-il ajouté.

Le Chef de l’État a conclu son adresse en prenant un prochain rendez-vous dans les semaines à venir avec cette forte communauté congolaise très enthousiasmée.

Celcom_Présidence_RDC

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