Alors que le bilan du double séisme est passé à 1 450 morts et 189 immeubles écroulés, des équipes de secours s’affairent encore lundi à essayer de retrouver des survivants sous les décombres. Les Nations unies estiment le nombre de disparus à environ 50 000.
Les espoirs des équipes de secours de retrouver des survivants s’amenuisent et la patience des habitants est mise à rude épreuve au Venezuela lundi 29 juin, après les deux puissants séismes qui ont plongé plusieurs zones du pays dans la désolation, faisant au moins 1 450 morts.
Des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues alors que 774 immeubles ont été touchés mercredi dans un pays en proie depuis des années à une crise économique et à des troubles politiques, et où le président Nicolas Maduro a été enlevé par les forces américaines en janvier.
« Le nombre de décès atteint 1 450 personnes, des femmes et des hommes qui ont perdu la vie à la suite de la plus brutale catastrophe naturelle que notre pays ait subie de toute son histoire », a annoncé dimanche le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez. « Le nombre de bâtiments touchés ou effondrés s’élève à 774, avec 189 ayant subi un effondrement total », a-t-il détaillé.
Les Nations unies estiment le nombre de disparus à environ 50 000.
« Pas les moyens de sortir notre famille de là »
Un homme et son fils adolescent ont été sortis des décombres dimanche, près de quatre jours après le double séisme qui a frappé le Venezuela, ont constaté des journalistes de l’AFP à Caraballeda, une ville côtière au nord de Caracas, ravagée par la catastrophe.
Des équipes de sauveteurs américains et français ont descendu d’une montagne de gravats le jeune et son père, choqués et fatigués, nus sur des brancards.
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Dans cette ville, des riverains exaspérés par l’attitude passive des militaires vénézuéliens ont obligé ce dimanche un groupe de soldats à prendre des pioches et des pelles pour participer au dégagement des décombres d’un immeuble effondré.
« Mon indignation vient du fait qu’un général est arrivé avec une vingtaine de militaires armés, et ils sont restés collés à un mur. On devait sortir une personne qui était morte et eux, tranquilles, dans un coin… », a expliqué à l’AFP Alexander Mijares, secouriste volontaire et commerçant de 26 ans. Des soldats ont ensuite commencé à dégager des débris.
« Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent. Nous avons retrouvé des personnes vivantes et, par conséquent, les opérations ne sont pas suspendues. Nous gardons toujours l’espoir », a affirmé en fin de journée la présidente par intérim Delcy Rodriguez, prolongeant la fermeture des écoles une semaine de plus.
Dans l’une des zones les plus durement touchées, la ville côtière de La Guaira, Hector Aguilera cherchait quatre membres de sa famille ensevelis sous les décombres depuis les séismes successifs de magnitude 7,2 et 7,5 survenus mercredi.
Deux autres de ses proches avaient pu être sauvés. « Nous n’avons pas les moyens de sortir notre famille de là. Nous ne pouvons pas y arriver seuls. Ils sont ensevelis là-dessous : nous savons qu’ils sont morts, mais nous sommes là », a-t-il dit.
Dans le quartier de San Bernardino à Caracas, des sauveteurs bénévoles ont escaladé un immeuble effondré, utilisant des perceuses pour briser le béton et formant des chaînes humaines pour évacuer les décombres à la main.
À Chacao, un autre quartier de la capitale, de grands écrans publicitaires installés sur un immeuble diffusaient les visages de personnes disparues dans l’espoir de faciliter leur localisation.
« Solidarité » papale

« Je tiens à exprimer ma solidarité envers nos sœurs et frères vénézuéliens touchés par les récents tremblements de terre qui ont fait de nombreuses victimes et blessés », a déclaré le pape Léon XIV dimanche au Vatican, en espagnol.
Pendant de nombreuses heures avant l’arrivée des premiers secouristes étrangers, les Vénézuéliens ont dû retourner et fouiller les décombres à mains nues.
Dans un pays à l’économie exsangue depuis plusieurs années, le manque d’engins de chantier et de levage s’est fait cruellement sentir.
« Ce sont principalement des habitants qui travaillent avec des outils rudimentaires », a témoigné à Caraballeda un secouriste australien expérimenté résidant à Miami, Craig Demeillon, 43 ans.
Qui plus est, le gouvernement ayant restreint l’accès à l’État de La Guaira, il a imposé aux bénévoles l’obtention d’un laissez-passer pour entrer dans la zone. De quoi déclencher leur colère. « Il faut un permis pour sauver des vies… rendez-vous compte », s’est indigné Carlos Itriago, 27 ans.
Machado bientôt de retour
La figure de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, a annoncé sur la chaîne américaine Fox News qu’elle serait « de retour au Venezuela très bientôt ». « Le moment est venu, c’est mon devoir d’être aux côtés de mon peuple », a-t-elle dit.
Le gouvernement vénézuélien considère Maria Corina Machado comme une « fugitive de la justice » et l’accuse d’avoir plaidé en faveur de l’intervention militaire américaine qui a conduit à l’enlèvement de Nicolas Maduro.
Très critiquée, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a, elle, remercié les 24 pays étrangers qui ont envoyé 521 tonnes de matériel, plus de 2 700 secouristes et 86 équipes avec des chiens entraînés à localiser les personnes piégées, a-t-elle détaillé.
Les dommages causés sont évalués à près de sept milliards de dollars, soit 6 % du PIB du pays, selon une évaluation du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).
Au moins 28 personnes de nationalité ou d’origine portugaise, sept Chinois, neuf Espagnols, deux Brésiliens, un Chilien, un Uruguayen et un Italo-Vénézuélien figurent parmi les morts.
Le Venezuela est un pays à risque sismique, même si aucun grand tremblement de terre n’y avait été enregistré depuis 1997.
AFP






