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À la UnePolitique

Le Royaume-Uni refuse de payer les 50 millions de dollars réclamés par le Rwanda dans le cadre du projet migratoire abandonné

by admin9775 6 mars 2025
written by admin9775

Le gouvernement britannique a fermement rejeté la demande du Rwanda de verser 50 millions de dollars (64 millions de dollars) dans le cadre de l’accord migratoire désormais annulé entre les deux pays. Cette décision, qui intervient après l’abandon du projet controversé d’expulsion de demandeurs d’asile vers le Rwanda, soulève des tensions diplomatiques et des questions sur les engagements financiers internationaux.

Un accord migratoire abandonné, des dettes contestées

L’accord, signé en 2022 sous l’ancien gouvernement conservateur, prévoyait l’expulsion de certains demandeurs d’asile vers le Rwanda en échange de paiements substantiels. Cependant, le Premier ministre Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet dernier, a qualifié ce plan de « mort et enterré », mettant fin à un projet qui avait déjà coûté 240 millions de dollars (310 millions de dollars) aux contribuables britanniques.

Un porte-parole du gouvernement britannique a déclaré : « Aucun autre paiement concernant cette politique ne sera effectué, et le Rwanda a renoncé à tout paiement supplémentaire. » Cette déclaration ferme contraste avec les demandes insistantes du Rwanda, qui affirme que le Royaume-Uni est juridiquement tenu de payer les 50 millions de dollars restants.

Le Rwanda exige le respect des engagements

Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, a accusé le Royaume-Uni de manquer à ses obligations. « Le Royaume-Uni avait initialement demandé au Rwanda de faire preuve de négligence concernant ce paiement, mais nous exigeons désormais que les termes de l’accord soient respectés », a-t-elle déclaré. Elle a également qualifié les réductions d’aide bilatérale du Royaume-Uni de « mesures punitives injustifiées », liées à des accusations non fondées de soutien au groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo (RDC).

Un contexte diplomatique tendu

La décision du Royaume-Uni de ne pas honorer cette demande s’inscrit dans un contexte de relations déjà fragilisées. Le mois dernier, Londres a annoncé la réduction de son aide bilatérale au Rwanda, à l’exception des fonds destinés aux plus pauvres et aux plus vulnérables. Cette mesure a été perçue comme une sanction par Kigali, qui nie toute implication dans le conflit en RDC.

Des experts de l’ONU estiment pourtant que 3 000 à 4 000 soldats rwandais sont présents dans l’est de la RDC, alimentant les soupçons de soutien au M23. Le Rwanda justifie ses actions par la nécessité de faire face à une « menace existentielle » posée par des milices génocidaires près de ses frontières.

Conséquences pour les deux pays

Pour le Rwanda, le refus du Royaume-Uni de payer les 50 millions de dollars réclamés représente un manque à gagner significatif, susceptible d’affecter ses programmes de développement. Le pays pourrait être contraint de chercher d’autres sources de financement international.

Du côté britannique, cette décision souligne la volonté du gouvernement de ne pas s’engager davantage dans un projet jugé inefficace et coûteux. Cependant, elle laisse également le Royaume-Uni sans solution immédiate pour gérer l’afflux de demandeurs d’asile, un problème qui continue de diviser l’opinion publique.

Une région en proie à l’instabilité

Les tensions entre le Rwanda et la RDC, exacerbées par les accusations de soutien au M23, risquent de s’intensifier. La présence présumée de soldats rwandais dans l’est de la RDC pourrait compliquer les efforts de paix dans une région déjà marquée par des décennies de conflits.

En conclusion, le refus du Royaume-Uni de payer les 50 millions de dollars réclamés par le Rwanda marque un nouveau chapitre dans les relations entre les deux pays. Alors que le Royaume-Uni cherche à tourner la page d’un projet controversé, le Rwanda se retrouve face à des défis économiques et diplomatiques croissants. Les conséquences de cette décision, tant sur le plan régional qu’international, restent à observer.

Auteur : MN
Source : CONGO PUB Online

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6 mars 2025 0 comments
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À la UneTribunes

RDC en crise : pourquoi Joseph Kabila devait prendre la parole

by admin9775 5 mars 2025
written by admin9775

Le silence d’un homme d’État n’est pas un renoncement. Il est des moments où l’histoire s’accélère, où la marche d’un pays vacille, où la voix de ceux qui ont gouverné doit se faire entendre, non par ambition, mais par responsabilité. Joseph Kabila a toujours su, lorsqu’il le fallait, garder le silence. Il l’a fait pendant six ans, refusant d’interférer dans la gestion de ses successeurs, observant avec la retenue qu’exige la continuité républicaine. Il l’a fait aussi pendant ses dix-huit ans à la tête du pays, préférant l’action aux déclarations, la patience à l’agitation. Mais l’histoire ne se contemple pas en spectateur. Il arrive un moment où parler devient une nécessité, non pour soi, mais pour le pays. Il fallait donc répondre, rappeler, rétablir. Non pas par désir de justification, mais parce qu’un silence éternel face à la déconstruction de l’État ne pouvait être un choix. 

Ne pas oublier d’où nous venons. 

Il est facile aujourd’hui d’oublier d’où nous venons. Qui se souvient encore qu’en 2001, lorsque Joseph Kabila prend la tête du pays, la République est morcelée en quatre zones sous contrôle de groupes armés et d’intérêts étrangers ? Qui se rappelle qu’il a fallu négocier avec les ennemis d’hier, reconstruire un État qui n’existait plus, rassembler une nation brisée ? Tout cela n’est pas une opinion, mais un fait. Et les faits sont têtus. Pendant son mandat, il a fait du dialogue un principe structurant. Non pas un dialogue de compromission, mais un dialogue nécessaire à l’unité nationale. Ce fut l’esprit des Concertations nationales, des accords politiques qui ont permis à tous, opposants comme gouvernants, d’avoir une place dans la gestion du pays. Il aurait pu diriger autrement, imposer une ligne intransigeante. Il a choisi la concertation plutôt que la confrontation.

La stabilité économique, un socle oublié

Il a également fait de la réforme économique une priorité. Sous son impulsion, la RDC a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE, libérant le pays d’un fardeau financier écrasant. Il a stabilisé l’inflation, maintenu une économie à flot malgré les crises et résisté aux pressions extérieures qui voulaient dicter leur loi à la RDC. Ces acquis ont permis au pays d’amorcer une dynamique de croissance et de renforcer ses ressources internes. Aujourd’hui, que reste-t-il de cette stabilité durement acquise ? Le pays s’est-il renforcé ou a-t-il sombré dans l’improvisation ?

Deux M23, deux réalités différentes

On tente aujourd’hui d’effacer la ligne de démarcation entre deux M23. Pourtant, cette distinction est essentielle pour comprendre la situation actuelle. Le premier M23 : la rébellion vaincue par Joseph Kabila. Le premier M23, issu du CNDP de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda, est né en 2012 d’une mutinerie soutenue par le Rwanda. Face à cette menace, Joseph Kabila a adopté une stratégie claire : ni complaisance, ni compromission. Il a restructuré l’armée, mobilisé l’appui de la communauté internationale et, avec la brigade d’intervention de la MONUSCO, écrasé militairement le mouvement en 2013. Militairement, il a été vaincu. Diplomatiquement, il a été isolé. À l’époque, le Rwanda n’était pas en position d’imposer ses exigences. Kabila, avec fermeté, avait rétabli l’autorité de l’État sur tout le territoire congolais, rendant toute résurgence du M23 impossible. Le deuxième M23 : un retour orchestré à Kinshasa.

Mais alors, comment expliquer son retour ? Parce qu’en 2020, le M23 a été réhabilité à Kinshasa. Ce deuxième M23 n’est pas un simple prolongement du premier. Malgré la présence des anciens dirigeants de mouvement. Il est le produit direct des négociations menées par le pouvoir en place avec les restes du M23 défait en 2013. Pendant quatorze mois, entre octobre 2020 et décembre 2021, des éléments du M23 ont été accueillis à Kinshasa, logés, protégés et impliqués dans des discussions avec le gouvernement. Le vice-Premier ministre de l’époque, Gilbert Kankonde, avait même sollicité 1,3 million de dollars pour financer ces négociations. Que s’est-il passé ensuite ? Ces mêmes éléments, après avoir été légitimés, sont retournés au front en 2022. Et aujourd’hui, le pays paie les conséquences de cette gestion désastreuse. Le M23 d’aujourd’hui n’est pas celui que Joseph Kabila avait combattu, c’est celui que Kinshasa a ressuscité.

L’héritage d’un bâtisseur face aux fossoyeurs de la République

L’histoire jugera. Mais elle ne jugera pas ceux qui rappellent les faits, elle jugera ceux qui, ayant hérité d’un pays stable et structuré, ont laissé les fondations s’effriter. On peut discuter de tout, sauf des évidences. Joseph Kabila n’a jamais cherché à diviser, il a toujours gouverné dans l’idée que chaque Congolais, quelle que soit son appartenance, devait avoir une place dans la République. Il aurait pu choisir l’affrontement, il a préféré construire des ponts. Il aurait pu refuser l’alternance, il a respecté la Constitution. Il aurait pu renier ses principes, il est resté fidèle à sa ligne. Le temps viendra où l’histoire rétablira les faits. Il restera celui qui a pris un pays en ruine et l’a laissé debout. Celui qui, à 47 ans, avait sous sa responsabilité la maîtrise de toutes les forces de sécurité et de défense. Celui qui, au milieu du tumulte des grandes crises, a fait en sorte que la République ne s’effondre pas. Parler aujourd’hui est un devoir, pas une posture. Parler aujourd’hui n’est pas une stratégie, c’est un devoir. Et ce devoir impose de rappeler que l’État ne se construit pas sur des discours, mais sur la constance et la fermeté des actes. Si cette parole dérange, c’est peut-être parce qu’elle force à regarder la réalité en face. L’histoire retiendra les bâtisseurs et les fossoyeurs. Joseph Kabila a construit. À ceux qui dirigent aujourd’hui de prouver qu’ils en sont capables. 

Félix Kabange Numbi, ancien Ministre de la Santé et de l’Aménagement du territoire en RDC

LSI AFRICA via CONGO PUB Online

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5 mars 2025 0 comments
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À la UnePolitique

Réforme judiciaire : Vers la création d’un tribunal spécial financier pour lutter contre la corruption et les crimes économiques

by admin9775 5 mars 2025
written by admin9775

Dans le cadre des efforts de modernisation du système judiciaire et de la mise en œuvre des recommandations issues des états généraux de la justice, le comité des réflexions sur la réforme de l’architecture judiciaire a entamé des travaux en collaboration avec des législateurs et des experts constitutionnalistes. L’objectif principal est de créer un tribunal spécial financier, une institution dédiée à la répression des crimes économiques, des délits financiers et de la corruption, ainsi qu’à la promotion de la transparence dans la passation des marchés publics.

Cette initiative intervient dans un contexte où la lutte contre la corruption et les malversations financières est devenue une priorité pour de nombreux États, notamment dans un environnement économique mondialisé où les flux financiers illicites et les pratiques opaques menacent la stabilité des institutions et la confiance des citoyens. Le futur tribunal aura donc pour mission de renforcer l’efficacité de la justice dans ces domaines sensibles, tout en contribuant à la refondation de l’État de droit.

Lors d’une séance de travail tenue le lundi 3 mars, Jacques Ndjoli, rapporteur de l’Assemblée nationale et acteur clé de ce processus, a insisté sur l’importance de déposer un texte législatif conforme à la Constitution. Ce texte, qui servira de base juridique à la création du tribunal, devra être examiné en priorité dès la rentrée parlementaire du 15 mars. Selon M. Ndjoli, cette réforme s’inscrit dans une démarche globale de restructuration de l’appareil judiciaire, visant à répondre aux attentes des citoyens en matière de transparence, d’équité et de lutte contre l’impunité.

La création de ce tribunal spécial financier s’inscrit également dans une dynamique internationale, où de nombreux pays ont mis en place des institutions similaires pour faire face aux défis posés par la criminalité financière transnationale. En dotant le pays d’un outil judiciaire spécialisé, les autorités entendent non seulement renforcer la lutte contre la corruption, mais aussi améliorer le climat des affaires et restaurer la confiance des investisseurs et du public dans les institutions.

En somme, cette réforme représente une étape majeure dans la modernisation du système judiciaire. Elle témoigne d’une volonté politique de s’attaquer aux racines de la corruption et des délits économiques, tout en renforçant les fondements de l’État de droit. Le dépôt du texte législatif et son examen au Parlement seront des moments clés à suivre, car ils détermineront la faisabilité et l’efficacité de cette nouvelle institution dans les mois et les années à venir.

MN

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5 mars 2025 0 comments
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À la UneMonde

Suspension de l’aide militaire américaine à l’Ukraine: la Pologne juge la situation «très grave»

by admin9775 5 mars 2025
written by admin9775

La situation créée par la suspension de l’aide militaire américaine à l’Ukraine est «très grave», a déclaré mardi 4 mars le porte-parole du ministère polonais des Affaires étrangères.

« Il s’agit d’une décision très importante et la situation est très grave », a déclaré Pawel Wronski à la presse, soulignant que cette décision d’« une grande importance politique » a été prise « sans aucune information ni consultation » ni des alliés de l’Otan, ni du groupe de Ramstein qui réunit les pays aidant l’Ukraine.

« La décision du président Donald Trump de suspendre l’aide à l’Ukraine et les conséquences de cette décision », ont également constitué le sujet d’un entretien téléphonique mardi entre les ministres polonais et ukrainien des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski et Andriï Sybiga, a indiqué le ministère polonais sur X.

Alliée fidèle de l’Ukraine, la Pologne se décrit comme un relais important pour le soutien logistique de l’aide occidentale fournie à Kiev. Selon les autorités de Varsovie, jusqu’à 95% de cette aide passe par la Pologne.

Les États-Unis n’ont pas perdu de temps pour tenir leurs promesses. Alors que Donald Trump annonçait hier les interruptions de livraisons américaines en soutien à l’Ukraine, la Pologne en constate déjà les effets, rapporte notre correspondant à Varsovie, Adrien Sarlat.

Les véhicules affrétés pour réceptionner l’aide américaine à l’aérodrome de Rzeszow sont restés vides ce mardi matin. Depuis trois ans, ce petit aéroport permettait de faire transiter l’aide militaire et humanitaire à l’Ukraine voisine via le hub logistique de Jasionka.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé tous les ministères à collaborer face à cette situation exceptionnelle : « Aujourd’hui nous n’avons aucune raison de penser que la suspension de l’aide américaine à l’Ukraine ne sont que des paroles en l’air. Les rapports qui nous parviennent de la frontière et de notre hub à Jasionka. Et évidemment cela met l’Europe, l’Ukraine et la Pologne dans une situation plus difficile ». 

Jusqu’ici, la Défense polonaise reposait en partie sur le parapluie américain. Mais les dernières déclarations de Donald Trump donnent tout leur sens aux 4% du PIB que le pays investit depuis trois ans, pour tendre vers l’indépendance stratégique et militaire.   

« Il faut qu’on accélère radicalement la cadence. Dans une semaine nous allons peut-être adopter un projet de loi qui nous facilitera encore davantage les investissements dans la Défense et l’industrie d’armement. » 

Depuis l’invasion de l’Ukraine, la Pologne et les pays baltes avaient fait des questions de Défense européenne leur priorité. Aujourd’hui, Varsovie assure de ne plus avoir à convaincre ses partenaires européens de s’aligner face à l’urgence de la situation.

RFI via CONGO PUB Online

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À la UneAfrique

L’Allemagne suspend sa coopération financière avec le Rwanda en raison de son implication dans la déstabilisation de l’Est de la RDC

by admin9775 4 mars 2025
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L’Allemagne a annoncé, via le compte X de son ministère des Affaires étrangères, la suspension de ses nouveaux engagements financiers et la révision de sa coopération bilatérale au développement avec le Rwanda. Cette décision fait suite à des preuves confirmant que les troupes rwandaises opèrent toujours dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et soutiennent activement le groupe rebelle M23, violant ainsi la souveraineté territoriale de la RDC.

Les raisons principales de cette décision sont les suivantes :

  1. Violation de la souveraineté de la RDC : Les actions des troupes rwandaises et leur soutien au M23 constituent une ingérence directe dans les affaires intérieures de la RDC.
  2. Implication dans la déstabilisation régionale : Le Rwanda est accusé de participer à l’instabilité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment par le biais de l’offensive continue du M23 et de la prise de territoires stratégiques, comme l’aéroport de Kavumu et la ville de Bukavu.
  3. Manquement aux engagements internationaux : Le Rwanda n’a pas répondu de manière satisfaisante aux demandes d’explications de l’Allemagne, malgré la convocation de son ambassadeur à Berlin pour clarifier son rôle dans le soutien au M23.

Impact sur l’économie rwandaise :
La suspension des engagements financiers et la révision de la coopération au développement par l’Allemagne pourraient avoir des conséquences significatives sur l’économie rwandaise. En effet, le Rwanda dépend en partie de l’aide internationale et des partenariats bilatéraux pour financer des projets de développement dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé et les infrastructures. La perte de ces fonds pourrait ralentir la croissance économique et limiter la capacité du gouvernement à mettre en œuvre des programmes sociaux et économiques essentiels.

De plus, cette décision pourrait inciter d’autres pays ou organisations internationales à revoir leur soutien financier au Rwanda, ce qui aggraverait les pressions économiques. Les investisseurs étrangers pourraient également être dissuadés par l’instabilité politique et les sanctions internationales, réduisant ainsi les flux de capitaux et les opportunités de développement économique.

Cette décision intervient après que l’Allemagne, le 4 mars, a imposé des sanctions contre le Rwanda pour son implication dans la crise en RDC. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de préoccupations internationales. En effet, le Groupe de contact international pour la région des Grands Lacs, composé de pays tels que la Belgique, les États-Unis, la France, et l’Union européenne, a récemment exprimé sa vive inquiétude face à la détérioration de la situation dans l’Est de la RDC. Ce groupe a condamné avec fermeté les actions du M23, de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et de la Force de défense rwandaise (FDR), soulignant leur responsabilité dans l’escalade des violences.

La décision de l’Allemagne de suspendre sa coopération financière avec le Rwanda est motivée par des preuves tangibles de son implication dans des activités déstabilisatrices en RDC, ainsi que par le non-respect des principes de souveraineté et de stabilité régionale. Les conséquences économiques pour le Rwanda pourraient être graves, affectant à la fois les projets de développement et la confiance des investisseurs internationaux.

MN

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À la UneMonde

États-Unis: Donald Trump suspend les aides militaires à l’Ukraine

by admin9775 4 mars 2025
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Le président américain Donald Trump a ordonné ce lundi 3 mars une pause dans l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine dans le cadre du conflit avec la Russie, après l’altercation de vendredi dernier avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le président américain Donald Trump a ordonné une pause dans l’aide militaire des États-Unis à l’Ukraine après l’altercation de vendredi dernier avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, a indiqué ce lundi 3 mars au soir un responsable de la Maison Blanche.

« Nous faisons une pause et réexaminons notre aide pour nous assurer qu’elle contribue à la recherche d’une solution », a déclaré le responsable sous couvert d’anonymat, en soulignant que les États-Unis avaient « besoin que nos partenaires s’engagent, eux aussi, à atteindre l’objectif » de la paix. 

Cette décision a été prise après une réunion à la Maison Blanche lundi après-midi avec les responsables chargés de la défense, Pete Hegseth, et de la diplomatie, Marco Rubio, ainsi que les principaux conseillers du président Donald Trump.

Des livraisons d’armes en suspens

« Ce n’est pas une fin permanente de l’aide, c’est une pause », a déclaré un autre responsable américain, également sous couvert de l’anonymat et cité par la chaîne Fox News. Selon Bloomberg, tous les équipements militaires américains n’ayant pas encore été envoyés à l’Ukraine sont « gelés », dont les armes actuellement en transit par voie aérienne ou maritime et les armes se trouvant dans des zones de transit en Pologne.

L’aide militaire américaine a été approuvée sous l’ancienne administration de Joe Biden. Selon le département d’État américain, les États-Unis ont fourni, du 24 février 2022 au 20 janvier 2025, « 65,9 milliards de dollars en assistance militaire » à l’Ukraine. Interrogé à ce sujet plus tôt lundi, Donald Trump n’avait pas répondu clairement, mais indiqué que des discussions se tenaient « en ce moment même ». S’exprimant devant des journalistes à la Maison Blanche, il avait de nouveau estimé que Volodymyr Zelensky devait se montrer « plus reconnaissant » à l’égard du soutien des États-Unis. 

Le vice-président accuse Zelensky

Le vice-président des États-Unis, JD Vance, s’est quant à lui dit convaincu ce lundi que le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky finirait par accepter de discuter de la paix avec la Russie, après le fiasco de sa rencontre vendredi avec Donald Trump. Dans un entretien à la chaîne Fox News, il a estimé que le président ukrainien avait « montré un refus clair de s’engager dans le processus de paix » souhaité par le président américain. « Je pense que Zelensky n’y était pas encore, et je pense, franchement, qu’il n’y est toujours pas, mais je pense qu’il finira par y arriver. Il le faut », a affirmé le vice-président dans cet entretien enregistré avant l’annonce d’une pause dans l’aide militaire américaine à l’Ukraine.

Interrogé pour savoir si la porte de la Maison Blanche restait ouverte, il a répondu: « Le président Trump a dit clairement et constamment que la porte était ouverte tant que Zelensky est prêt à parler sérieusement de paix ». Mais « on ne peut pas venir dans le Bureau ovale ou ailleurs et refuser de discuter ne serait-ce que des détails d’un accord de paix », a-t-il dit, en rappelant que Russes et Ukrainiens devront faire des concessions.

Le vice-président américain s’en est encore pris aux Européens les appelant à être « réalistes », plaidant le fait que « cette guerre ne peut pas durer indéfiniment ».

RFI via CONGO PUB Onlinr

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À la UneAfrique

Le Canada dénonce les atrocités en RDC et impose des sanctions contre le Rwanda

by admin9775 4 mars 2025
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Ottawa annonce des mesures économiques et diplomatiques tout en allouant 15 millions de dollars d’aide humanitaire pour les victimes du conflit.

Le gouvernement canadien a condamné ce lundi les atrocités généralisées commises dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), y compris les attaques contre les civils, les personnes déplacées, les humanitaires et les soldats de la paix. Dans un communiqué officiel, Ottawa a également exprimé sa « profonde » préoccupation face aux violences sexuelles systématiques infligées aux femmes et aux filles dans le cadre du conflit. En réponse, le Canada a annoncé des sanctions contre le Rwanda, qu’il accuse de violer la souveraineté de la RDC, tout en débloquant une aide humanitaire de 15 millions de dollars pour les populations affectées.

L’est de la RDC est en proie à un conflit prolongé marqué par des violences intercommunautaires, des activités de groupes armés et des tensions régionales. Le Rwanda est accusé par plusieurs rapports internationaux de soutenir des milices actives dans la région, ce qui alimente les tensions et exacerbe la crise humanitaire. Les civils, en particulier les femmes et les enfants, sont les premières victimes de ces violences, avec des rapports faisant état de massacres, de déplacements forcés et de violences sexuelles généralisées.

La décision :

Le Canada a annoncé une série de mesures en réponse à la situation :

  1. Sanctions contre le Rwanda :
    • Suspension des licences d’exportation de marchandises et de technologies contrôlées vers le Rwanda.
    • Arrêt des nouvelles activités commerciales de gouvernement à gouvernement avec le Rwanda.
    • Révision de la participation canadienne aux événements internationaux organisés au Rwanda.
    • Suspension du soutien aux missions commerciales impliquant le secteur privé rwandais.
  2. Aide humanitaire :
    • Octroi de 15 millions de dollars américains pour soutenir les populations touchées par la crise dans l’est de la RDC.
  3. Diplomatie :
    • Convocation du haut-commissaire du Rwanda au Canada pour l’informer des mesures prises.
    • Soutien renouvelé à la Cour pénale internationale (CPI), qui enquête sur les crimes commis dans la région.

Motivation :

Le gouvernement canadien a justifié ces mesures par la nécessité de répondre aux violations flagrantes des droits humains et du droit international humanitaire. Les atrocités commises dans l’est de la RDC, notamment les violences sexuelles systématiques et les attaques contre les civils, ont été qualifiées d’« odieuses » et de « contraires aux obligations internationales ».

Ottawa a également souligné que les actions du Rwanda dans la région constituent une violation manifeste de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC. Les sanctions visent à exercer une pression diplomatique et économique pour inciter le Rwanda à cesser son implication dans le conflit.

En parallèle, l’aide humanitaire de 15 millions de dollars témoigne de l’engagement du Canada à soutenir les populations vulnérables et à répondre aux besoins urgents des victimes du conflit.

Réactions :

  • Communauté internationale : Le Canada a salué les efforts de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), de la Communauté de l’Afrique orientale (EAC) et de l’Union africaine (UA) pour trouver une solution pacifique au conflit.
  • Rwanda : Aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée, mais la convocation du haut-commissaire rwandais laisse présager des tensions diplomatiques.
  • ONG et défenseurs des droits humains : Les organisations humanitaires ont accueilli favorablement l’aide canadienne, tout en appelant à une action internationale plus robuste pour protéger les civils.

Perspectives :

Le Canada a exhorté toutes les parties prenantes à honorer leurs engagements dans le cadre des processus de paix de Luanda et de Nairobi. Ottawa a également appelé à une collaboration régionale pour répondre aux causes profondes du conflit, notamment la gestion des ressources naturelles et les tensions intercommunautaires.

Les mesures annoncées pourraient influencer d’autres pays à renforcer leur position contre les violations des droits humains en RDC, tout en incitant le Rwanda à revoir son rôle dans la région.

Face à une crise humanitaire et sécuritaire complexe, le Canada a choisi de combiner sanctions diplomatiques et soutien humanitaire pour répondre aux besoins immédiats tout en exerçant une pression sur les acteurs responsables. Cette décision reflète l’engagement d’Ottawa à défendre les droits humains et à soutenir les efforts internationaux pour la paix et la justice.

MN

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À la UneProvince

Bukavu sous tension : affrontements entre Wazalendo et rebelles du M23 plongent la ville dans la peur

by admin9775 3 mars 2025
written by admin9775

Ce lundi 3 mars, la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, a été le théâtre de violents affrontements entre les combattants Wazalendo et les rebelles du M23. Dès l’aube, de fortes détonations ont retenti dans plusieurs quartiers, plongeant la ville dans une atmosphère de peur et de prudence. Les habitants, confinés chez eux, ont vécu des heures d’angoisse avant qu’un calme précaire ne s’installe en fin de matinée.

Une matinée sous le signe de la peur

Les premiers coups de feu ont été entendus aux alentours de 6 heures du matin, selon des témoignages recueillis sur place. « Nous avons entendu des tirs, mais il est difficile de savoir exactement ce qui se passe », raconte un habitant de la commune de Kadutu, l’une des zones les plus touchées. Les combats ont opposé les Wazalendo, des miliciens Mai-Mai, aux rebelles du M23 positionnés sur la colline de Karhale, qui surplombe la partie ouest de la ville.

Les Wazalendo, dont l’incursion en ville a été signalée tôt dans la matinée, ont lancé un assaut sur une position du M23 avant de se replier après plusieurs heures d’affrontements. Bien qu’un calme relatif soit revenu vers 11 heures, les rues de Bukavu sont restées désertes pendant une grande partie de la journée, les habitants préférant rester à l’abri chez eux.

Une ville paralysée

Les activités économiques et sociales ont été fortement perturbées. Les marchés, bien qu’ouverts, ont connu une fréquentation très faible, loin de leur animation habituelle. Les parents, pris de panique, ont préféré garder leurs enfants à la maison, et les écoles sont restées vides. La circulation, timide, a repris progressivement, mais l’atmosphère reste tendue.

« Nous vivons dans la peur constante. Chaque détonation nous rappelle que la guerre n’est jamais loin », confie une mère de famille résidant dans le quartier de Kadutu.

Un bilan encore incertain

À la fin de la matinée, le bilan de ces affrontements restait inconnu. Aucune information officielle n’a été communiquée sur d’éventuelles victimes ou dégâts matériels. Le nouveau maire de la ville, désigné par la rébellion, a appelé la population à vaquer à ses occupations, tentant de rassurer les habitants. Cependant, beaucoup restent sceptiques face à ce discours, craignant une reprise des violences.

Contexte sécuritaire volatile

Ces événements s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà très fragile dans la région du Sud-Kivu. Le M23, un groupe rebelle réapparu en 2021, continue de semer la terreur dans plusieurs zones de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Les Wazalendo, quant à eux, sont des milices locales souvent présentées comme des « défenseurs des communautés », mais leur rôle et leurs actions restent controversés.

La population civile, prise en étau entre ces différents groupes armés, paie le prix fort de ces conflits. Les déplacements massifs, les violences et les perturbations économiques sont devenus le quotidien de milliers de familles.

Appel à l’action

Face à cette situation, les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme appellent à une intervention urgente des autorités nationales et de la communauté internationale. « Il est temps de mettre fin à l’impunité et de protéger les civils », déclare un activiste local.

En attendant, les habitants de Bukavu espèrent que ce calme précaire ne sera pas de courte durée et que des solutions durables seront trouvées pour mettre fin à cette spirale de violence.


Alors que Bukavu tente de retrouver un semblant de normalité, les cicatrices de cette journée rappellent une fois de plus l’urgence de rétablir la paix et la sécurité dans la région. La population, résiliente mais épuisée, continue d’espérer des jours meilleurs.

Ce papier de presse contextualise les événements survenus à Bukavu en les intégrant dans une analyse plus large de la situation sécuritaire dans le Sud-Kivu. Il met en lumière les conséquences humaines et sociales de ces affrontements, tout en appelant à une action urgente pour protéger les civils.

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À la UneProvince

Goma sous tension : arrestations et enlèvements en série par les rebelles du M23

by admin9775 3 mars 2025
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La ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu, est plongée dans un climat de peur et d’incertitude alors que les cas d’arrestations et d’enlèvements perpétrés par les rebelles du M23 se multiplient. Ces actes, ciblant principalement les jeunes et les hommes adultes, suscitent une vive inquiétude parmi la population, déjà éprouvée par des années de conflits et d’instabilité.

Ces dernières semaines, de nombreux avis de recherche ont circulé sur les réseaux sociaux, lancés par des familles désespérées à la recherche de leurs proches disparus. Certaines de ces personnes ont été interpellées par les forces d’occupation, tandis que d’autres ont été enlevées par des individus non identifiés, ajoutant à la confusion et à l’angoisse générale.

Selon des sources locales, les rebelles du M23 conduisent les personnes arrêtées vers des centres de détention, notamment ceux de l’Agence nationale des renseignements (ANR). Ces cachots, connus pour leurs conditions inhumaines, sont devenus le symbole de la répression exercée par le groupe armé. Chaque jour, des messages de dénonciation et des appels à l’aide inondent les réseaux sociaux, reflétant le désarroi des familles et leur quête désespérée de réponses.

Des cas emblématiques qui illustrent la terreur

Parmi les incidents récents, l’enlèvement d’une fillette de six ans dans le quartier de Kyeshero, à l’ouest de Goma, le 1er mars, a particulièrement choqué la population. Le même jour, Ruphin Djombe, un jeune homme bien connu dans la ville, a été interpellé à son domicile près du marché Alanine lors d’une perquisition menée par les rebelles. Bien qu’il ait été relâché dans la soirée, son arrestation arbitraire a ravivé les craintes d’une répression généralisée.

Un autre cas marquant est celui d’un pasteur de l’église CBCA Katoy, enlevé de chez lui par des hommes armés du M23 et emmené vers une destination inconnue. Sa famille, comme celle d’Innocent Chasinga Authentic, disparu depuis le 25 février, vit dans l’angoisse de ne pas savoir ce qu’il est advenu de leur proche.

La situation s’est encore aggravée avec la mort tragique d’une personne sourde et muette, abattue par balle par un rebelle dans la ville volcanique le 27 février. L’association AEDESONOKI a vivement dénoncé cette exécution, soulignant que la victime, en raison de son handicap, n’avait aucune chance de se défendre ou de comprendre ce qui lui arrivait.

Une psychose grandissante

Ces incidents, loin d’être isolés, s’inscrivent dans un contexte plus large de violence et d’impunité qui frappe la région. Pour les habitants de Goma, chaque journée apporte son lot de nouvelles inquiétantes, renforçant un sentiment d’insécurité et d’abandon. Les acteurs locaux dénoncent une population « sacrifiée », prise en étau entre les différents groupes armés et les autorités dépassées par la situation.

La multiplication des arrestations et des enlèvements, couplée à l’absence de réaction efficace des autorités, alimente une psychose collective. Les familles, désemparées, continuent de se tourner vers les réseaux sociaux et les organisations locales pour faire entendre leur voix, espérant que la pression internationale pourra mettre un terme à ces exactions.

Dans ce climat de terreur, la population de Goma attend désespérément une issue à cette crise, tout en craignant que le pire soit encore à venir.

MN

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À la UnePolitique

Crise sécuritaire en RDC : Adolphe Muzito prône l’union nationale et une économie de guerre face au M23

by admin9775 3 mars 2025
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Dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), le président Félix Tshisekedi a récemment exprimé sa volonté de tendre la main à l’opposition pour construire une union nationale. Parmi les premières réponses à cette initiative, celle d’Adolphe Muzito, ancien Premier ministre et candidat malheureux à la présidentielle de 2023, se distingue par son soutien sans condition. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Muzito a réaffirmé sa disponibilité à collaborer avec le gouvernement pour faire face à ce qu’il qualifie d’« ennemi commun » : le Rwanda, accusé de soutenir la rébellion du M23.

Un appel à l’union sacrée

Adolphe Muzito, connu pour son pragmatisme et son refus du radicalisme, se positionne en faveur d’une union nationale, malgré les réticences de nombreux membres de l’opposition. Pour lui, la priorité absolue est de faire face à la crise sécuritaire qui frappe les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où le M23 a pris le contrôle de territoires stratégiques, dont les villes de Goma et Bukavu. Il estime que cette union doit dépasser les clivages politiques et idéologiques pour se concentrer sur la défense de la nation.

Muzito propose une approche en trois volets pour résoudre la crise : diplomatique, militaire et socio-économique. Sur le plan diplomatique, il salue les avancées récentes, notamment la reconnaissance internationale de l’agression rwandaise. Cependant, il insiste sur la nécessité de sanctions plus fermes contre Kigali. Sur le terrain militaire, il appelle à une reconquête des territoires occupés et à une stratégie de défense robuste pour prévenir de futures attaques.

Une économie de guerre pour financer la défense

L’ancien Premier ministre plaide également pour la mise en place d’une « économie de guerre ». Selon lui, la RDC doit augmenter ses ressources propres pour financer l’effort de guerre tout en poursuivant le développement du pays. Il propose d’augmenter la pression fiscale, actuellement autour de 10 à 12 %, pour atteindre 25 %, ce qui permettrait de doubler le budget de l’État. Cette mesure, bien que potentiellement impopulaire, serait selon lui nécessaire pour renforcer les capacités de défense et de reconstruction du pays.

Muzito souligne également l’importance de mobiliser des ressources extérieures, notamment via des partenariats internationaux et des emprunts sur les marchés financiers. Il rappelle que la RDC, avec un faible niveau d’endettement, dispose d’une marge de manœuvre importante pour financer sa reconstruction et sa défense.

Les divisions de l’opposition

Alors que Muzito se range derrière Tshisekedi, une grande partie de l’opposition reste sceptique face à l’initiative d’union nationale. Certains leaders politiques critiquent la gestion de la crise sécuritaire par le président et rejettent sa main tendue. Muzito, quant à lui, estime que cette posture est contre-productive. Pour lui, l’union sacrée doit se construire avant tout dans l’unité du peuple, plutôt que dans les querelles de positionnement politique.

La question du dialogue avec le M23

Sur la question épineuse du dialogue avec le M23, Muzito adopte une position nuancée. Tout en soutenant les efforts diplomatiques de Tshisekedi, il ne rejette pas l’idée d’écouter les revendications du groupe rebelle dans le cadre du processus de Nairobi. Cependant, il insiste sur la nécessité de traiter le M23 en fonction du rapport de force sur le terrain, sans céder à des concessions qui pourraient affaiblir la position de la RDC.

Un regard critique sur le passé et l’avenir

Muzito ne manque pas de rappeler que la crise sécuritaire en RDC ne date pas d’hier. Il reconnaît les efforts de Tshisekedi pour augmenter le budget de la défense, tout en soulignant les limites imposées par des ressources financières insuffisantes. Il propose la création d’un fonds souverain financé par les minerais stratégiques du pays, une idée qui pourrait selon lui renforcer la capacité de l’État à financer la guerre et la reconstruction.

Enfin, Muzito aborde la question des réformes constitutionnelles, un débat qui a été relégué au second plan par la crise sécuritaire. Il estime que ces réformes restent nécessaires, notamment pour repenser la forme de l’État et le régime politique. Pour lui, la guerre ne doit pas empêcher la RDC de se projeter dans l’avenir et de préparer les bases d’une stabilité durable.

Adolphe Muzito incarne une voix modérée au sein de l’opposition congolaise, prônant l’union nationale et une approche pragmatique pour résoudre la crise sécuritaire. Son soutien à Félix Tshisekedi, bien que critiqué par certains de ses pairs, reflète une volonté de prioriser l’intérêt national face à une menace commune. Cependant, son appel à une économie de guerre et à des réformes structurelles soulève des questions sur les sacrifices que la population congolaise devra consentir pour sortir de cette crise. Dans un contexte marqué par des divisions politiques profondes et une instabilité régionale persistante, la voie de l’union nationale reste semée d’embûches, mais elle apparaît pour Muzito comme la seule option viable pour sauver la nation.

MN

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