La République démocratique du Congo a annoncé, jeudi 3 septembre 2026, sa décision de transférer son ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem. Une décision à forte portée diplomatique qui rapproche Kinshasa de la position défendue par Israël et d’un groupe encore restreint de pays ayant établi leur représentation diplomatique dans la ville.
L’annonce intervient deux jours après la rencontre, le 1er septembre à Jérusalem, entre le président congolais Félix Tshisekedi et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. À l’issue de leurs échanges, les deux dirigeants ont également annoncé leur intention de renforcer leur présence diplomatique respective, avec notamment l’ouverture prochaine d’une ambassade israélienne résidente à Kinshasa.
Dans une déclaration conjointe, les deux pays ont réaffirmé leur volonté de « renforcer les relations diplomatiques » et de consolider leurs liens d’amitié et de coopération.
Un transfert sans calendrier précis
Aucune date précise n’a encore été communiquée pour le déplacement de l’ambassade congolaise de Tel-Aviv vers Jérusalem.
Cette décision intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Israël considère Jérusalem comme sa capitale, tandis que le statut de la ville demeure au cœur du conflit israélo-palestinien. La communauté internationale ne reconnaît pas largement l’annexion par Israël de Jérusalem-Est et la plupart des États maintiennent donc leurs ambassades à Tel-Aviv.
La décision congolaise place ainsi Kinshasa parmi le nombre limité de pays ayant choisi d’établir leur ambassade à Jérusalem.
Les États-Unis avaient franchi cette étape en mai 2018 sous la présidence de Donald Trump. Le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay, les Fidji et le Somaliland ont également établi leur représentation diplomatique dans la ville.
Agriculture, eau et sécurité au cœur du rapprochement
Au-delà de la question du siège de l’ambassade, Kinshasa cherche à approfondir sa coopération avec Israël dans plusieurs secteurs stratégiques.
L’agriculture, la gestion de l’eau, la sécurité, la santé, les infrastructures et les nouvelles technologies figurent parmi les domaines susceptibles de bénéficier de ce rapprochement.
Pour Israël, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale constitue un enjeu diplomatique majeur. Pour la RDC, le renforcement des relations avec l’État hébreu répond également à la volonté d’attirer des investissements et de bénéficier de son expertise technologique, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de la gestion des ressources en eau.
En parallèle, Israël prévoit l’ouverture prochaine d’une ambassade résidente à Kinshasa, ce qui pourrait donner une nouvelle dimension aux relations bilatérales entre les deux pays.
Un choix diplomatique aux implications régionales
Le transfert annoncé de l’ambassade congolaise intervient alors que Kinshasa entend donner une nouvelle impulsion à ses relations avec Israël.
La décision constitue toutefois un choix diplomatique sensible au regard du statut international de Jérusalem et pourrait être observée avec attention par les partenaires africains et internationaux de la RDC.
Pour Kinshasa, l’enjeu sera désormais de transformer ce rapprochement politique en résultats concrets dans les secteurs prioritaires de coopération, tout en assumant les implications diplomatiques de l’installation de son ambassade à Jérusalem.
Par Pascal Kabeya
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