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Société

À la UneSociété

Arrestation de Feruzi Kalume Nyembwe, coordonnateur de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila

by admin9775 22 janvier 2026
written by admin9775

Feruzi Kalume Nyembwe, coordonnateur de la Fondation Mzee Laurent-Désiré Kabila, a été interpellé dans la nuit de mercredi à jeudi par les forces de sécurité congolaises. Selon des informations recueillies auprès de sa famille, les agents seraient arrivés à son domicile aux alentours d’une heure du matin pour procéder à son arrestation.

« Ils sont arrivés à une heure du matin pour l’enlever et s’en aller avec lui. Aux alentours de trois heures du matin, deux jeeps sont revenues pour prendre ses médicaments », a rapporté un membre de sa famille, sous couvert d’anonymat, exprimant une vive inquiétude quant aux conditions de cette interpellation et à son état de santé.

Une figure liée à l’héritage politique de Laurent-Désiré Kabila

Feruzi Kalume Nyembwe est connu pour son rôle au sein de la Fondation dédiée à la mémoire de l’ancien Président Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel chef de l’État, Félix Tshisekedi. Il est également présenté comme le fils de Didier Kazadi Nyembwe, un compagnon de lutte de « Mzee » Kabila. Originaire du grand Kasaï, sa famille souligne son attachement à la figure de l’ancien dirigeant.

À l’heure actuelle, les motifs précis de cette arrestation n’ont pas été officiellement communiqués par les autorités. Aucun organe de sécurité ou porte-parole gouvernemental n’a encore fait de déclaration publique pour confirmer les faits ou en expliquer les raisons.

L’attente d’éclaircissements officiels

Cette interpellation, réalisée en pleine nuit, suscite des interrogations et l’attente d’une clarification des autorités. La famille et les proches de M. Nyembwe réclament des informations sur le lieu où il est détenu, les charges retenues contre lui, et s’assurent qu’il a bien accès à ses médicaments et aux soins nécessaires.

L’événement rappelle l’importance de la transparence et du respect des procédures légales dans toute opération des forces de l’ordre, garanties fondamentales de l’État de droit. La communauté attend désormais une communication officielle des autorités compétentes pour éclaircir les circonstances et les motifs de cette arrestation.

Par Marius Bopenga
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22 janvier 2026 0 comments
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À la UneSociété

L’opposant et activiste Nathanaël Onokomba transféré à la prison militaire de Ndolo sous de graves accusations

by admin9775 14 janvier 2026
written by admin9775

L’opposant et activiste politique Nathanaël Onokomba a été transféré ce mardi à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa. Son dossier, initialement instruit par le Conseil national de cyberdéfense, a été transmis au parquet militaire, qui retient contre lui une série d’accusations d’une extrême gravité, liées à la sécurité nationale.

Le transfert, opéré discrètement, marque une escalade dans le traitement judiciaire de cette figure bien connue de l’opposition. Selon les informations officielles, Nathanaël Onokomba est poursuivi pour :

  • Incitation ou provocation à la commission d’actes terroristes.
  • Apologie d’actes terroristes.
  • Diffusion de fausses informations par voie électronique (cybercriminalité).
  • Négation, minimisation, justification ou approbation de crimes internationaux, y compris des violences sexuelles.
  • Apologie ou propagande portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, une infraction prévue à l’article 206 du Code pénal militaire relatif au terrorisme et aux crimes contre l’humanité.

Un contexte de tensions sécuritaires et politiques

Ces poursuites surviennent dans un climat politique et sécuritaire particulièrement tendu, notamment avec la crise persistante dans l’Est de la RDC où la question de la sécurité nationale est au cœur du débat public. Les autorités semblent ainsi vouloir envoyer un signal fort contre toute parole jugée susceptible de saper l’effort de guerre ou la cohésion nationale.

L’inquiétude de la société civile et de l’opposition

Du côté de la société civile et des milieux de l’opposition, l’affaire suscite une vive inquiétude et de vives critiques. Les soutiens de l’activiste dénoncent une « instrumentalisation de la justice » à des fins politiques, visant selon eux à « réduire au silence une voix critique » du pouvoir en place. Ils pointent un « resserrement progressif de l’espace civique et politique », marqué par des arrestations de figures jugées dérangeantes.

À ce stade, aucune date de procès n’a été officiellement communiquée. Nathanaël Onokomba reste détenu en attente de la suite de la procédure judiciaire militaire.

Cette affaire cristallise les tensions entre, d’une part, la logique sécuritaire d’un État en conflit qui invoque la protection de l’intérêt national et, d’autre part, les défenseurs des libertés fondamentales qui y voient un dangereux précédent pour la liberté d’expression et l’indépendance de la justice en République Démocratique du Congo. Elle place les autorités judiciaires et politiques devant un test de crédibilité majeur.

Par Pascal Kabeya
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14 janvier 2026 0 comments
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À la UneSociété

FARDC : Le lieutenant-colonel Mak Hazukay nommé porte-parole par intérim après la suspension du général Ekenge

by admin9775 9 janvier 2026
written by admin9775

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont opéré un changement à la tête de leur communication. Le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba a été désigné, à titre intérimaire, commandant du Service de communication et d’information des FARDC (SCIFA), devenant de fait le nouveau porte-parole de l’institution militaire.

Cette nomination fait suite à la suspension du général-major Sylvain Ekenge, l’ancien porte-parole, mise à l’écart à la suite de déclarations controversées. Le général Ekenge avait tenu des propos jugés discriminatoires envers des femmes de la communauté tutsie lors d’une émission sur la Télévision nationale (RTNC), provoquant une vive polémique et une réaction rapide de la hiérarchie militaire.

Une mission de confiance dans un contexte sensible

La décision de confier l’intérim au lieutenant-colonel Hazukay est « effective jusqu’à nouvel ordre ». Elle vise à assurer la continuité du service dans un environnement sécuritaire particulièrement complexe, surtout dans l’Est du pays où les opérations militaires contre les groupes armés, dont le M23 soutenu par le Rwanda, font l’objet d’une attention nationale et internationale constante.

Le nouveau responsable hérite d’un poste à haute responsabilité. Sa mission sera de restaurer la crédibilité et la retenue du discours militaire, en veillant à une communication responsable, précise et conforme aux valeurs républicaines et à la cohésion nationale.

Un signal fort pour l’unité nationale

Cette transition rapide au sein du SCIFA envoie un signal fort de la part du commandement des FARDC. Elle démontre la volonté de l’institution de se démarquer de tout propos susceptible d’attiser les divisions ethniques ou communautaires, dans un pays où la préservation de l’unité nationale est un impératif stratégique face aux menaces sécuritaires.

Le lieutenant-colonel Hazukay, dont le profil opérationnel et communicationnel est moins médiatisé que celui de son prédécesseur, devra naviguer entre la nécessité de transmettre l’information sur les opérations en cours et l’obligation de maintenir un langage apaisant et rassembleur. Son intérim sera scruté comme un test de la capacité de l’armée à conduire une communication à la fois ferme sur le plan sécuritaire et irréprochable sur le plan éthique.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Assassinat du professeur Abatha de l’UNIKIN

by admin9775 9 janvier 2026
written by admin9775

Des bandits armés ont abattu, jeudi 8 janvier, le professeur Mathieu Abatha Diabar, à la suite d’une incursion nocturne dans son domicile situé au Plateau des Professeurs, dans la commune de Lemba, à Kinshasa.

Selon des témoins, le drame s’est produit vers 1 heure du matin.

Les mêmes sources rapportent que ces malfrats ont tiré à bout portant sur Mathieu Abatha Diabar, qui était professeur au département des Lettres et Civilisation française de la Faculté des Lettres à l’Université de Kinshasda (UNIKIN).

Il a ensuite succombé à ses blessures.

« Nous avons été visités par des criminels qui sont entrés chez un professeur. Ils ont tiré, et le professeur a reçu plusieurs balles avant de succomber à ses blessures. Il y a un policier qui a été arrêté. Il semblerait qu’il était présent la nuit où ces malfrats opéraient », a déclaré le bourgmestre de la commune de Lemba, Jean Poba.

Il indique que la police est descendue sur le terrain pour enquêter et établir les responsabilités.

Cette autorité municipale estime que le policier interpellé aurait pu fournir des informations sur les mobiles de cet incident.

« Nous nous réservons de dire quoi que ce soit sans preuves, parce que le policier interpellé aurait peut-être pu nous dire quelque chose, mais malheureusement nous n’avons pas pu obtenir les informations correctement. Nous attendons que la justice fasse son travail pour nous éclairer à ce sujet », a conclu Jean Poba.

Radio okapi

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À la UneSociété

Assainissement à Kinshasa : Le gouverneur Bumba pose les bases d’une collaboration stratégique avec la société libanaise Averda

by admin9775 8 janvier 2026
written by admin9775

Le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, a engagé ce mardi une étape décisive dans la lutte contre l’insalubrité qui mine la capitale. Il a présidé à l’Hôtel de ville une séance de travail stratégique consacrée à l’assainissement, marquée par la présence d’un acteur clé : la société libanaise Averda, spécialiste de la gestion des déchets présente dans plus de quatorze pays africains.

Cette réunion de haut niveau a rassemblé les membres du gouvernement provincial, les responsables des régies publiques du secteur, la RASKIN et la REGEDEK, ainsi que les représentants d’Averda. L’objectif était de jeter les bases d’une future collaboration et de définir les modalités pratiques pour renforcer durablement l’assainissement urbain.

Une initiative alignée sur la vision « Kinshasa Ezo Bonga »

Le gouverneur Bumba inscrit cette démarche dans le cadre de son programme phare, « Kinshasa Ezo Bonga », lui-même en phase avec la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo. L’ambition est sans équivoque : éradiquer l’insalubrité chronique, assainir l’environnement et améliorer radicalement les conditions de vie des près de 15 millions d’habitants de la capitale.

Averda engagée à accompagner Kinshasa

À l’issue des travaux, M. Nicolas Achkar, directeur du développement d’Averda, a exprimé l’engagement total de son entreprise. Forte d’une expérience panafricaine, Averda s’est dite prête à mettre son expertise au service de Kinshasa pour répondre aux attentes pressantes de la population en matière de collecte et de traitement des déchets.

Passage à l’action immédiat

Conformément aux résolutions adoptées, le passage à l’acte est programmé sans délai. La société Averda débutera dès ce mercredi l’actualisation de ses données sur l’assainissement à Kinshasa. Ces travaux préparatoires, s’appuyant sur des études préexistantes, doivent permettre un lancement effectif des opérations sur le terrain dans les prochaines semaines, selon les directives de l’autorité urbaine.

Cette initiative représente un espoir concret pour une population longtemps confrontée à la gestion anarchique des déchets. Elle témoigne de la volonté du gouvernement provincial de faire de l’assainissement un pilier du développement urbain et du bien-être des Kinois. La réussite de ce partenariat public-privé serait un tournant historique pour la propreté et la salubrité de la capitale congolaise.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le Ministère des Mines lève partiellement la suspension dans la filière cuivre-cobalt au Lualaba

by admin9775 8 janvier 2026
written by admin9775

Le Ministère des Mines a annoncé une levée partielle et temporaire de la suspension des activités de traitement et de commercialisation des minerais artisanaux dans la filière cupro-cobaltifère, spécifiquement pour la province du Lualaba. Cette décision intervient après l’évaluation d’une commission de contrôle et reste soumise à des conditions strictes de mise en conformité.

La suspension initiale, décrétée par arrêté ministériel, visait à assainir le secteur. Une commission de contrôle de conformité, composée de sous-commissions administrative et juridique, technique, et traçabilité et conformité, a mené des travaux sur le terrain. Le ministère indique que ces travaux se sont déroulés dans un climat « calme et serein », avec la participation des autorités provinciales, des coopératives, des négociants et de la société civile.

Des violations généralisées constatées

Les conclusions préliminaires de la commission sont sans appel : « une violation par toutes les entités de traitement du Code et du Règlement miniers » a été constatée. Face à ce bilan, le ministre Louis Kabamba Watum a opté pour une approche corrective plutôt que punitive immédiate.

Une reprise strictement encadrée et conditionnelle

La levée de la suspension est donc partielle, momentanée et limitée géographiquement au Lualaba. Les entités de traitement concernées sont autorisées à recevoir temporairement des minerais issus de sites artisanaux légaux ou tolérés, sous l’encadrement des services provinciaux des mines.

Cependant, cette autorisation est conditionnelle. Chaque entité recevra sous 72 heures une notification individuelle détaillant les manquements à corriger (administratifs, techniques, de traçabilité) et les pénalités financières applicables en vertu de la loi minière. « Le maintien ou la levée définitive de la suspension restera conditionné par la régularisation effective », précise le communiqué.

Le cas particulier de Luilu Resources

Une entreprise fait l’objet d’un traitement distinct : Luilu Resources. Celle-ci « n’a fourni aucun document probant » lors du contrôle et ne bénéficie donc pas de la levée partielle. Elle est sommée de se représenter devant la commission à Lubumbashi dans un délai de trois jours, sous peine de « sanctions aggravées ».

Cette démarche s’inscrit dans la feuille de route de la Commission nationale de lutte contre la fraude minière. L’objectif affiché est d’assainir la chaîne d’approvisionnement, garantir la transparence et respecter les standards internationaux comme les principes de diligence raisonnable de l’OCDE et le Manuel national de traçabilité.

Cette décision marque une phase d’application de la réglementation, combinant une reprise contrôlée de l’activité économique avec une pression ferme pour une mise en conformité rapide du secteur.

Par Pascal Numbi, correspondant à Lubumbashi
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À la UneSociété

Procès du général Yav : Le parquet militaire demande le rejet de la demande de relaxation et la poursuite de l’instruction

by admin9775 7 janvier 2026
written by admin9775

L’audience du procès du général Philémon Yav, ancien commandant de la 3e zone de défense couvrant l’Est de la RDC, s’est tenue dans un climat de tension juridique mardi 6 janvier à la Haute Cour militaire de Kinshasa. Le débat s’est focalisé sur une demande de la défense visant à obtenir sa relaxation pour raisons de santé et en raison de la durée de sa détention préventive, une requête que le parquet général militaire a demandé à la cour de rejeter.

Le lieutenant-général magistrat Lucien René Likulia, chef du parquet général militaire, a plaidé pour que la Haute Cour rejette les arguments des avocats de la défense et ordonne la poursuite de l’instruction. Il a estimé que les conseils du général Yav n’avaient pas suffisamment détaillé les faits à l’origine des poursuites. « Avant de soumettre le mémoire unique à la Haute Cour militaire, les avocats auraient dû expliquer amplement les faits pour lesquels le prévenu est attrait devant la justice », a-t-il déclaré.

Il a conclu son réquisitoire en demandant à la cour de déclarer les moyens de la défense « non fondés, les rejeter et poursuivre l’instruction ».

La défense dénonce une détention préventive « inacceptable » de plus de trois ans

Face à cette position du parquet, la défense a défendu avec fermeté la requête en relaxation. Maître Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif des avocats du général Yav, a dénoncé avec vigueur la longueur de la détention préventive de son client, arrêté le 19 septembre 2022.

« Le parquet général militaire a violé la loi en gardant en détention notre client pendant plus de trois ans. C’est inacceptable, monsieur le premier président », a-t-il lancé à la barre. Il a demandé à la Haute Cour militaire « d’ordonner la mainlevée de la détention », arguant que cette prolongation sans jugement définitif portait atteinte aux droits fondamentaux de l’accusé et que sa situation devait être réexaminée à la lumière des principes de la justice.

Des accusations graves au cœur du procès

Le général Philémon Yav Irung, qui commandait les opérations militaires dans cinq provinces de l’Est (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Maniema, Tshopo) au moment de son arrestation, est poursuivi pour des charges graves : trahison, incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline, et participation à une insurrection. Ces accusations sont au centre d’un procès qui revêt une haute importance symbolique pour l’armée et la justice militaire congolaises.

Après avoir entendu les parties, la Haute Cour militaire a décidé de prendre la demande en délibéré. La juridiction a annoncé que sa décision sera rendue le 20 janvier prochain. En attendant ce verdict, le lieutenant-général Philémon Yav demeure en détention, tandis que l’opinion publique et les milieux judiciaires suivent de près l’évolution de ce dossier sensible.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Le rappel du capitaine Mualushayi, porte-parole militaire, suscite l’indignation des communautés de Kwamouth

by admin9775 7 janvier 2026
written by admin9775

Le rappel à Kinshasa du capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole des opérations militaires « Ngemba » dans la région de Kwamouth (Maï-Ndombe), a déclenché une vive polémique et une inquiétude palpable parmi les communautés locales. Ce rappel intervient une semaine après sa dernière sortie médiatique retentissante, où l’officier avait publiquement dénoncé l’implication d’acteurs politiques dans le soutien à la milice Mobondo.

Lors de cette intervention fin décembre, le capitaine Mualushayi avait alerté sur le haut degré d’organisation de la milice Mobondo, désormais considérée comme un groupe rebelle par l’armée. Il avait évoqué une structure hiérarchisée, la possession de cartes de soldat par les miliciens, et même le rebaptissement de villages occupés dans le territoire de Kwamouth, des révélations qui avaient mis en lumière la dimension politico-militaire du conflit.

Une réaction communautaire immédiate : « Non à l’arrestation de la voix de la vérité »

La nouvelle de son rappel a enflammé les réseaux sociaux et provoqué la colère des représentants des victimes du conflit sur le plateau de Batéké. Ils dénoncent un « plan visant à étouffer toutes les vérités révélées par l’armée ».

Parmi les voix les plus fermes, celle du chef coutumier de Kwamouth, Stany Libie, est sans équivoque : « Nous disons non à toute tentative d’arrestation du capitaine Anthony Mualushayi. Nous sommes derrière l’armée, nous soutenons tout ce que l’armée fait pour la paix. » Pour lui, la cible devrait être ailleurs : « Il faudrait plutôt mettre la main sur tous ceux qui seront cités dans le rapport annoncé par l’armée, plutôt que de faire taire la voix de la vérité. »

Dans un plaidoyer chargé d’émotion, le chef Libie interpelle directement les plus hautes autorités : « Nous demandons au Chef de l’État de soutenir les FARDC pour qu’elles réussissent leur mission de rétablir la paix. » Et de dénoncer une logique perverse : « Je pense que ce sont les commanditaires des Mobondo qui doivent être interpellés plutôt que celui qui dénonce. Je ne sais pas si nous sommes dans un pays de deux poids, deux mesures. Quelqu’un soutient le mal, et l’autre dénonce, on arrête celui qui dénonce. »

Entre devoir de réserve et devoir de vérité

Ce cas soulève une question centrale sur la communication militaire dans un contexte de conflit complexe, où des intérêts politiques locaux semblent se mêler aux dynamiques sécuritaires. Le rappel du capitaine Mualushayi, présenté par l’institution militaire comme une décision administrative de routine ou une nécessité opérationnelle, est perçu par les populations affectées et leurs leaders comme une sanction visant à museler une parole jugée trop franche.

L’armée, par la voix de ce même porte-parole, avait pourtant réaffirmé sa « détermination à remplir loyalement sa mission de restaurer la paix ». Le silence qui entoure désormais les raisons exactes de son rappel nourrit les spéculations et pourrait fragiliser la confiance entre une partie de la population et l’institution chargée de la protéger.

L’affaire dépasse le simple cadre d’une mutation pour toucher à la transparence dans la gestion du conflit des Mobondo et au droit des populations à connaître les véritables commanditaires de la violence qui les frappe. L’appel des chefs coutumiers à protéger le dénonciateur plutôt qu’à le sanctionner résonne comme un test pour les autorités congolaises, entre respect de la chaîne de commandement et exigence de justice.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

La RDC commémore les Martyrs de l’Indépendance le lundi 5 janvier 2026, un report conforme à la loi

by admin9775 4 janvier 2026
written by admin9775

En République Démocratique du Congo, la commémoration annuelle des Martyrs de l’Indépendance, date hautement symbolique du 4 janvier, fera cette année l’objet d’une observation décalée. En effet, le gouvernement a officiellement annoncé que le jour férié sera exceptionnellement observé le lundi 5 janvier 2026. Cette décision administrative, prise conformément à la législation nationale, vise à garantir à l’ensemble des Congolais un jour de repos effectif, le 4 janvier tombant un dimanche, jour habituellement non ouvrable.

Une note circulaire du ministère de l’Emploi et du Travail, diffusée ce vendredi et signée par le ministre Ferdinand Massamba wa Massamba, vient formaliser ce report à l’échelle nationale. Elle s’applique sans distinction aux administrations publiques, aux entreprises du secteur privé ainsi qu’aux établissements scolaires. Le communoire précise que cette mesure fait suite à un premier avis publié dès le 19 décembre 2025, afin d’assurer une large information auprès des employeurs et des travailleurs et de permettre une organisation harmonieuse.

« La Journée des Martyrs de l’Indépendance constitue un moment solennel de recueillement et de mémoire en hommage aux héros nationaux morts pour l’accession de notre pays à la souveraineté nationale », peut-on lire dans le document officiel. Le gouvernement rappelle ainsi le sens profond de cette commémoration, qui transcende le simple jour chômé pour incarner un pilier de la mémoire collective congolaise.

Un moment de mémoire préservé

Si la date administrative du congé se déplace, la portée historique et symbolique du 4 janvier demeure intacte. Chaque année, cette journée est marquée par des cérémonies officielles et des prises de parole rappelant le sacrifice de celles et ceux qui se sont engagés pour la libération du pays du joug colonial. En décalant le jour férié au lundi, les autorités entendent offrir à la population l’opportunité de se consacrer pleinement à ce devoir de mémoire, sans conflit avec les activités dominicales habituelles.

Une mesure saluée pour sa clarté

Cette annonce, anticipée et clairement communiquée, est généralement bien accueillie par les acteurs économiques et la société civile, car elle permet une planification sereine. Elle évite toute ambiguïté sur le respect du repos des travailleurs et garantit l’application uniforme du droit du travail sur l’ensemble du territoire.

Le communoire du ministère conclut en invitant « tous les Congolais et Congolaises à profiter de cette journée de congé pour honorer dignement la mémoire de nos martyrs, méditer sur le prix de la liberté et réaffirmer notre attachement commun aux idéaux d’indépendance, de souveraineté et de développement national. »

Ainsi, ce lundi 5 janvier 2026, la RDC vivra au ralenti pour mieux se souvenir, perpétuant le lien entre le passé sacrificiel et les aspirations présentes de la nation.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

La mémoire des martyrs de 1959 : une histoire incomplète et un hommage en quête d’identités

by admin9775 4 janvier 2026
written by admin9775

La République démocratique du Congo commémore ce vendredi le 66e anniversaire des émeutes du 4 janvier 1959, événement fondateur qui précipita la fin du Congo belge et ouvrit la voie à l’indépendance nationale. Pourtant, derrière les cérémonies officielles se cache une amnésie troublante : l’identité des 47 à 300 martyrs congolais tués lors de cette répression coloniale reste inconnue, leurs tombes effacées du paysage urbain.

Le tournant historique

Ce jour-là à Léopoldville (actuelle Kinshasa), un meeting de l’ABAKO (Alliance des Bakongo), dirigé par Joseph Kasa-Vubu, devait permettre aux leaders congolais de restituer les travaux du congrès panafricain d’Accra. Interdit par les autorités coloniales, le rassemblement se transforme en soulèvement lorsque Kasa-Vubu lance à la foule : « Le meeting n’aura pas lieu, mais gardez foi en l’indépendance ».

Le slogan « Vive l’indépendance ! » embrase la ville. Pendant trois jours, des émeutes sans précédent secouent la capitale coloniale, avec incendies de commerces, destructions de véhicules et affrontements avec les forces de l’ordre. « Personne ne s’attendait à une telle explosion », témoigne le journaliste Mwissa Camus, alors présent.

Une répression aux bilans controversés

Le bilan officiel belge fait état de 49 morts, mais l’ABAKO et plusieurs historiens évoquent plusieurs centaines de victimes. « Le nombre réel pourrait se situer entre 100 et 300 », estime l’historien Léon de Saint-Moulin. Pour lui, ces événements constituent « un tournant décisif » qui obligea le pouvoir colonial à « prendre conscience que l’aspiration à l’indépendance était profonde et largement partagée ».

La tension était exacerbée par un contexte sportif particulier : la défaite le même jour du club congolais AS Vita Club face à Mikado, équipe liée à la compagnie aérienne belge Sabena, avait mis les supporters en effervescence avant qu’ils ne rejoignent les militants de l’ABAKO.

La disparition des traces mémorielles

Soixante-six ans plus tard, l’identité des victimes reste un mystère. Selon l’écrivain et chercheur Marcel Yabili, « aucune recherche officielle n’a permis d’identifier leurs noms ou leurs tombes ». Enterrés initialement au cimetière des Noirs dans la commune de Ngiri-Ngiri, leurs sépultures ont été rasées et remplacées par un bâtiment, effaçant ainsi tout lieu de mémoire physique.

Cette absence de traces tangibles interroge sur la manière dont la jeune nation a construit son récit mémoriel. « Nous célébrons des martyrs sans visage, sans nom, sans sépulture », constate un historien congolais sous couvert d’anonymat. « C’est le paradoxe d’une commémoration nationale fondée sur une mémoire incomplète. »

L’héritage d’un soulèvement fondateur

Les événements de janvier 1959 marquent cependant un point de non-retour. Moins de dix-huit mois plus tard, le 30 juin 1960, le Congo accédait à l’indépendance, avec Joseph Kasa-Vubu comme premier président.

Aujourd’hui, la Journée des martyrs de l’indépendance s’inscrit dans un contexte national particulier où les questions de souveraineté et de résistance face aux ingérences étrangères résonnent avec acuité. Les commémorations officielles célèbrent « ceux qui ont offert leur vie pour la liberté de la nation », selon les termes du programme gouvernemental.

Pourtant, derrière l’hommage officiel persiste un vide mémoriel que certains chercheurs et acteurs de la société civile tentent de combler. Des initiatives citoyennes se multiplient pour recueillir les derniers témoignages et reconstituer les événements dans leur complexité.

« L’histoire ne doit pas seulement être commémorée, elle doit être connue dans sa vérité », plaide Marcel Yabili. « Ces hommes et ces femmes méritent plus qu’une mention anonyme dans nos livres d’histoire. Ils méritent un nom, une histoire, une reconnaissance. »

Alors que la RDC continue de se construire comme nation, la quête d’identité de ses premiers martyrs symbolise peut-être une quête plus large : celle d’une mémoire nationale assumée, complète et partagée, fondement nécessaire pour affronter les défis du présent et construire l’avenir.

Par Pascal Kabeya
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