Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde contre les conséquences persistantes de la guerre au Moyen-Orient sur les économies africaines, déjà confrontées à de multiples défis liés à l’inflation, à l’endettement et à la sécurité alimentaire.
Lors d’un point de presse tenu à Washington, Zeine Zeidane, directeur du département Afrique du FMI, a estimé que le continent traverse actuellement une « passe difficile » en raison des perturbations provoquées par le conflit.
« Même s’il y a aujourd’hui un cessez-le-feu, nous savons que les perturbations mettront du temps à se résorber », a-t-il déclaré.
Selon le responsable du FMI, la reprise complète de la production et des exportations énergétiques dans les pays du Golfe pourrait nécessiter plusieurs mois, retardant ainsi le retour à la normale sur les marchés internationaux.
Une Afrique particulièrement exposée
L’Afrique figure parmi les régions les plus vulnérables aux chocs extérieurs liés à l’énergie. La hausse des prix du pétrole, du gaz et des engrais a fortement pesé sur les finances publiques et sur le coût de la vie dans de nombreux pays.
Plusieurs États africains ont notamment été confrontés à :
- des pénuries de carburant ;
- une hausse du coût des transports ;
- une augmentation des prix des produits alimentaires ;
- une pression accrue sur les réserves de change ;
- un renchérissement des importations agricoles et industrielles.
Les pays fortement dépendants des importations de produits énergétiques et d’intrants agricoles sont les plus exposés à ces turbulences.
Le FMI renforce son soutien financier
Face à cette situation, le FMI a annoncé son intention de renforcer son assistance à plusieurs pays africains.
L’institution prévoit notamment d’augmenter les volumes de financement accordés à :
- Gambie ;
- Éthiopie ;
- Burkina Faso.
Par ailleurs, un nouveau programme d’appui financier est actuellement à l’étude pour Malawi.
Des défis persistants pour le continent
Cette nouvelle alerte intervient alors que de nombreux pays africains tentent encore de consolider leur reprise économique après les chocs successifs provoqués par la pandémie de Covid-19, les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et les conséquences de la guerre en Ukraine.
Pour le FMI, le principal défi consiste désormais à préserver la stabilité macroéconomique tout en protégeant les populations les plus vulnérables contre la hausse du coût de la vie.
Dans plusieurs pays africains, les gouvernements sont appelés à trouver un équilibre délicat entre le soutien aux ménages, la maîtrise des déficits budgétaires et le maintien des investissements nécessaires à la croissance.
Alors que les tensions géopolitiques continuent d’influencer les marchés mondiaux de l’énergie et des matières premières, le FMI estime que la résilience économique du continent dépendra largement de sa capacité à diversifier ses sources d’approvisionnement, renforcer sa production locale et accélérer les réformes structurelles destinées à réduire sa vulnérabilité aux chocs extérieurs.
Par Pascal Kabeya
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