La Seleçao n’a laissé aucune chance à l’Ouzbékistan (5-0), mardi 23 juin au stade de Houston lors de la deuxième journée de la phase de groupes. Le capitaine portugais Cristiano Ronaldo (41 ans) a ouvert le score dès la 6e minute puis inscrit un doublé juste avant la pause (39e). Ces deux nouvelles réalisations font de lui le premier joueur de l’histoire à marquer lors de six Coupes du monde.
Cristiano Ronaldo a tapé du poing sur la table contre le modeste Ouzbékistan pour écarter les critiques, mettre fin à une longue disette et s’installer à la table des géants de ce Mondial 2026. Ce glouton de records en a ajouté un nouveau à sa collection : il est devenu, à 41 ans et 138 jours, le premier joueur à marquer dans six éditions de la Coupe du monde.
La mégastar a repoussé le déclin que beaucoup lui ont promis, surtout après sa piètre prestation contre la République démocratique du Congo (1-1), en mettant les siens sur orbite d’un doublé supersonique (6e, 39e) dans un stade de Houston complètement acquis à sa cause. L’enceinte colorée de rouge et vert, remplie de maillots « Ronaldo » en tribunes, avait déjà chaudement applaudi l’avant-centre d’Al-Nassr à son entrée sur la pelouse.
C’est sous une tempête de cris, de joie et d’applaudissements que le héros de la Seleçao a fait sa célébration emblématique, saut en l’air, rotation et atterrissage les jambes écartées, les bras le long du corps, en criant son fameux « Siuuu ! » à l’unisson de ses supporters. Et il l’a fait plutôt deux fois qu’une, célébrant à la fois sa réussite et la fin d’une traversée du désert personnel dans un tournoi majeur. Il n’avait pas marqué lors de ses dix apparitions précédentes, Coupe du monde et Euro confondus.
Parmi ses 145 buts en 230 sélections, un record national, il en compte dix sur la plus grande scène du football international, répartis en 24 matchs sur les éditions 2006, 2010, 2014, 2018, 2022 et 2026. Avec son doublé, il a remis au goût du jour la phrase qu’il avait prononcée seize ans plus tôt, avant le Mondial en Afrique du Sud : « Les buts, c’est comme le ketchup : quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps », avait-il dit en citant Ruud Van Nistelrooy.
La richesse du banc portugais
« CR7 » a secoué la bouteille très fort d’entrée puisqu’il a ouvert le score après six minutes, d’une parfaite volée équilibrée à la reprise d’un centre de Joao Cancelo (6e, 1-0). Il a remis le couvert sur un caviar en profondeur de Bruno Fernandes, qu’il a exploité d’une balle croisée subtilement dosée (39e, 3-0). Ce festin de buts lui permet de s’inviter à la fête des attaquants vedettes, lancée en trombe par l’Argentin Lionel Messi, le Norvégien Erling Haaland, l’Anglais Harry Kane et le Français Kylian Mbappé.
Bien sûr, c’était contre une équipe d’Ouzbékistan novice en Coupe du monde, sans grande star si ce n’est Abdukodir Khusanov, le défenseur de Manchester City. La pression était devenue très lourde sur les épaules du quintuple Ballon d’Or et sur le reste de ses coéquipiers après une entame ratée dans le tournoi nord-américain. La Seleçao a parfois eu des problèmes, à Houston, et elle a même encaissé un magnifique missile tiré par Aziz Ganiev (29e), avant que l’arbitre n’invalide le but sur une faute préalable commise par un attaquant.
Globalement, elle a pourtant montré le potentiel dont elle regorge, dans la lignée de son trio parisien Joao Neves, Vitinha et Nuno Mendes. Ce dernier a d’ailleurs ajouté son nom au tableau d’affichage, d’un coup franc direct à ras de terre (17e, 2-0). Le quatrième but a été marqué contre son camp, après un coup de billard fait d’une déviation de Joao Félix, un rebond sur Khusanov et une main pas assez ferme du gardien (60e, 4-0). Le cinquième l’a été par un des entrants, le puissant ailier Rafael Leao (87e, 5-0), comme pour illustrer la très riche profondeur de banc du Portugal, un des favoris de la compétition.
Ronaldo et sa bande ne sont pas encore officiellement qualifiés pour les seizièmes de finale, mais ils s’en sont rapprochés énormément avant leur dernier match de groupe K, samedi contre la Colombie à Miami. L’Ouzbékistan affrontera la RD Congo à Atlanta, probablement juste pour l’honneur.
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