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À la Une

À la UneProvince

RDC : Kinshasa paie des primes aux soldats et miliciens engagés contre le M23

by admin9775 12 février 2026
written by admin9775

Le gouvernement congolais a débuté cette semaine le versement de primes d’encouragement aux forces loyalistes engagées contre la rébellion du M23 dans le sud du Sud-Kivu, a appris l’AFP de source ministérielle.

Des montants différenciés, un accueil favorable

Les montants versés diffèrent selon les catégories de combattants. Un militaire rencontré au « point zéro » a déclaré avoir perçu 325 dollars, une première en quatorze ans de carrière. « Depuis que je suis dans l’armée, c’est la première fois que je touche cette prime. Félix Tshisekedi est un vrai patriote », a-t-il témoigné.

Du côté des Wazalendo, ces supplétifs issus des groupes d’autodéfense communautaires, la prime s’élève à 125 dollars. « Ils ne choisissent pas. J’ai reçu le même montant que les compagnons FARDC », a affirmé Faustin Mugugu, membre d’une milice locale. « Avec ce paiement, je vais pouvoir répondre à des besoins importants. »

Une logistique pensée pour l’équité et la traçabilité

Afin d’éviter les détournements et les intermédiaires, souvent dénoncés par le passé, les équipes de paiement ont été subdivisées en six groupes. Chaque bénéficiaire est identifié et perçoit son dû directement, selon la même source ministérielle.

Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu. Les rebelles du M23, soutenus selon l’ONU et plusieurs puissances occidentales par Kigali (ce que le Rwanda dément), ont étendu leurs opérations vers le Sud-Kivu après avoir contrôlé de larges portions du Nord-Kivu. La ville d’Uvira, brièvement tombée en décembre, avait été reprise grâce à une mobilisation accrue des forces loyalistes et de leurs supplétifs.

Cette initiative vise à soutenir le moral des troupes alors que les affrontements se poursuivent dans l’est de la RDC. Les opérations de paiement, subdivisées en six groupes, doivent couvrir l’ensemble des combattants engagés sur les différents axes du front sud.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

États-Unis: les opérations anti-immigration vont «prendre fin» à Minneapolis, annonce Tom Homan

by admin9775 12 février 2026
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L’émissaire de Donald Trump à Minneapolis, Tom Homan, a annoncé ce jeudi 12 février la fin des opérations de la police de l’immigration dans cette ville du nord des États-Unis. « J’ai proposé, et le président Trump a accepté, de mettre fin à cette opération », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. « Une réduction significative des effectifs policiers est déjà en cours cette semaine et se poursuivra la semaine prochaine », a-t-il ajouté.

Tom Homan, le Monsieur immigration de la Maison Blanche, s’est exprimé lors d’une conférence de presse et a confirmé la fin des opérations d’expulsions de migrants en cours dans l’État américain du Minnesota. Plusieurs milliers d’agents de la police de l’immigration avaient été déployés depuis décembre dans la ville de Minneapolis. De nombreuses arrestations, détentions et expulsions ont eu lieu. Et deux citoyens américains, Renee Good, le 7 janvier et Alex Pretti, le 24 janvier, sont morts, suscitant une indignation nationale. Ces opérations avaient également déclenché des manifestations de masse.

L’émissaire de Donald Trump à Minneapolis Tom Homan, a dit avoir proposé au président américain « que cette opération prenne fin ». « Une réduction significative des effectifs policiers est déjà en cours cette semaine et se poursuivra la semaine prochaine », a-t-il ajouté. Il a évoqué la possibilité d’un déploiement des agents ailleurs, sans donner plus de précisions : « La semaine prochaine, nous allons redéployer les agents ici présents, qui retourneront dans leurs commissariats d’origine ou dans d’autres régions du pays où leur présence est nécessaire. Mais nous continuerons à faire appliquer la loi sur l’immigration », a-t-il déclaré.

Tom Homan a précisé qu’il allait rester à Minneapolis « un peu plus longtemps » pour superviser la fin de l’opération. « Un petit nombre de personnel restera sur place pendant un certain temps pour finaliser l’opération et transférer le commandement et le contrôle au bureau local, ainsi que pour s’assurer que l’activité des agitateurs continue de diminuer », a-t-il ajouté.

Il y a une semaine, Tom Homan avait déjà annoncé le retrait immédiat de 700 policiers de l’immigration.

Les démocrates de l’opposition demandent de vastes réformes du fonctionnement de ICE, notamment la fin des patrouilles volantes, l’interdiction pour les agents de dissimuler leur visage, et l’obligation d’obtenir un mandat judiciaire avant l’arrestation d’un migrant.

RFI

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12 février 2026 0 comments
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À la UneAfrique

Diplomatie : la RDC réélue avec un score écrasant au Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine

by admin9775 12 février 2026
written by admin9775

La République démocratique du Congo a obtenu un second mandat consécutif au sein du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, a annoncé mercredi le ministère congolais des Affaires étrangères. L’élection s’est tenue à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine, dans le cadre du renouvellement partiel de l’instance décisionnelle.

Un plébiscite continental

Sur les 48 États membres en droit de vote, 44 ont accordé leur suffrage à la candidature congolaise. Ce score, proche de l’unanimité, traduit un niveau de confiance élevé des partenaires africains envers la diplomatie de Kinshasa et son expertise dans les questions sécuritaires.

Cette réélection intervient alors que le mandat actuel de la RDC au CPS, entamé le 1er avril 2024, arrive à échéance. Elle assure à Kinshasa une continuité stratégique au sein de cet organe, véritable colonne vertébrale de l’architecture de paix et de sécurité africaine.

Un organe clé dans la gouvernance sécuritaire du continent

Le Conseil de paix et de sécurité constitue l’organe décisionnel permanent de l’Union africaine pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Instance de délibération et d’action, il est habilité à autoriser le déploiement de missions de soutien à la paix et à imposer des sanctions en cas de changements anticonstitutionnels de gouvernement.

La RDC a déjà assumé la présidence tournante du CPS à deux reprises depuis son entrée en fonction : en novembre 2024 et en janvier 2026. Ces périodes ont permis à Kinshasa d’orienter les débats et de peser sur les décisions relatives aux foyers de tension sur le continent, notamment dans la région des Grands Lacs.

Analyse : Une reconnaissance stratégique en période de crise

Cette réélection intervient dans un contexte particulièrement délicat pour la RDC, confrontée à une guerre d’agression présumée dans sa partie Est et à l’activité persistante de groupes armés, dont l’AFC/M23 soutenu par Kigali selon plusieurs rapports onusiens.

Ce scrutin apparaît ainsi comme une validation multilatérale du rôle que Kinshasa entend jouer dans la résolution des crises, non seulement sur son territoire mais à l’échelle continentale. Il confère à la diplomatie congolaise une légitimité renforcée pour porter ses dossiers sensibles – notamment la dénonciation du pillage de ses ressources et l’appel à des sanctions ciblées dans les enceintes panafricaines.

Le timing est également significatif. Cette réélection survient alors que l’Union africaine, par la voix de son président en exercice et du commissaire à la Paix et à la Sécurité, multiplie les initiatives de médiation dans la crise entre la RDC et le Rwanda. Siéger au CPS offre à Kinshasa une tribune permanente pour influencer le narratif et maintenir la pression diplomatique.

Cette réélection confirme que, malgré les critiques internes sur la gestion sécuritaire et politique du pays, la diplomatie institutionnelle congolaise conserve une crédibilité solide auprès de ses pairs africains. Elle offre au président Félix Tshisekedi et à son gouvernement un capital diplomatique précieux à un moment où le pays cherche à internationaliser davantage la résolution de la crise à l’Est et à diversifier ses partenariats stratégiques hors du cadre strictement occidental.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

RDC: 31 ans après sa mort, la légende de la Sape Stervos Niarcos est toujours célébrée à Kinshasa

by admin9775 11 février 2026
written by admin9775

Ce mardi 10 février, quelques dizaines de sapeurs se sont recueillis sur la tombe du « pape de la Sape », l’artiste-musicien Adrien Mombele N’gantshie, alias Stervos Niarcos, mort il y a 31 ans jour pour jour. Sa chanson Religion ya Kitendi, sortie en 1989, a érigé la recherche vestimentaire en véritable sens de la vie.

Chapeau haut de forme et parapluie à plumes à la main, un sapeur prend la pose, juché sur un muret le long d’un boulevard au cœur de Kinshasa. Les sapeurs de la capitale congolaise ont commémoré, ce mardi 10 février 2026, la mémoire de leur idole. Depuis 31 ans, chaque année, des sapeurs de toutes tendances se retrouvent au cimetière de la Gombe, à Kinshasa, où il repose, pour célébrer la mémoire de celui qui est devenu une figure mythique de la Sape. « C’est le père de tous les sapeurs au Congo, et même dans le monde », explique Djika Ziana, sapeur kinois, en exhibant fièrement sa veste et son sac en cuir à effet peau de crocodile. Plus qu’une mode, la Sape est « un art », estime Mathy Kass Adbe Chou, l’une des rares femmes sapeuses présentes ce mardi.

Elle est venue de Brazzaville, la capitale jumelle située de l’autre côté du fleuve Congo. « Il y a des codes : il faut être bien propre, parfumé, porter des tenues de luxe et respecter les couleurs, trois maximum », détaille cette femme de 48 ans, vêtue d’une salopette noire d’une marque japonaise et coiffée de lunettes de soleil de créateur. « C’est important de bien s’habiller pour se faire remarquer, être invité partout et se voir proposer du travail », défend une autre sapeuse venue rendre hommage à Niarcos.

Deux sapeurs  de Brazzaville (de gauche à droite) et un Sapeur  de Kinshasa (au centre) rendent hommage à Stervos Niarcos, le 10 février 2013, à l'occasion du 18e anniversaire de sa mort, au cimetière de Gombe à Kinshasa. Niarcos   le fondateur de la religion « Kitendi », qui signifie « vêtements » en lingala.
Deux sapeurs de Brazzaville (de gauche à droite) et un Sapeur de Kinshasa (au centre) rendent hommage à Stervos Niarcos, le 10 février 2013, à l’occasion du 18e anniversaire de sa mort, au cimetière de Gombe à Kinshasa. Niarcos le fondateur de la religion « Kitendi », qui signifie « vêtements » en lingala. AFP – JUNIOR D. KANNAH

Icône de la mode et de la culture congolaise, Stervos Niarcos s’est illustré dans les années 1980 à une période où la Sape – un mouvement d’identité vestimentaire né à l’époque coloniale à Brazzaville lorsque des jeunes ont commencé à adopter et détourner les vêtements portés par les colons – et la musique participaient à l’émergence d’une esthétique commune. Reconnu pour son style vestimentaire affirmé, il a durablement influencé les codes de l’élégance et marqué l’imaginaire collectif.

Né le 31 mai 1952 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) dans une famille où son père était ministre, c’est très jeune qu’il découvre l’Europe et se passionne pour les vêtements de luxe, adoptant dès l’adolescence un train de vie exceptionnel. Installé à Paris à partir de 1977, il ne retourne que rarement à Kinshasa, une distance qui contribue à nourrir la légende autour de son personnage, entre faste, mode et nuits parisiennes. Il y fait la connaissance de grandes figures de la musique congolaise de l’époque, comme Papa Wemba, Bozi Boziana, Antoine Evoloko ou encore Kester Emeneya, et développe ses talents de chanteur.

Une carrière d’auteur-compositeur

Auteur-compositeur, ses chansons sont interprétées par Bozi Boziana ou Papa Wemba, avec qui il sort l’album Champs-Élysées en 1984. Stervos Niarcos demeure une figure majeure de la mode et de la culture congolaise des années 1980, période durant laquelle la Sape et la musique façonnent une esthétique commune et influente.

L'artiste-musicien, Adrien Mombele N’gantshie,  alias « Strervos Niarcos » et père de la Sape.
L’artiste-musicien, Adrien Mombele N’gantshie, alias « Strervos Niarcos » et père de la Sape. © Americano productions

Pourtant, en République démocratique du Congo, l’un des pays les plus pauvres au monde, où 85% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, dépenser des fortunes en vêtements griffés peut sembler extravagant. Mais pour certains, comme cette femme venue rendre hommage à Stervos Niarcos, « être sapeur, c’est d’abord aimer la dignité ».

Stervos Niarcos a également connu des démêlés judiciaires en France. Emprisonné au centre pénitentiaire de Fresnes dans une affaire de stupéfiants, c’est là qu’il tombe malade, avant de mourir le 10 février 1995 à l’hôpital de la Salpêtrière.

Des sapeurs appartenant à un groupe affilié à Papa Griffe, un leader du mouvement, déambulent sur l'avenue de la Démocratie le 10 février 2016 à Kinshasa, en RDC. Le mot « sapeur » vient de SAPE, acronyme français de Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes
Des sapeurs appartenant à un groupe affilié à Papa Griffe, un leader du mouvement, déambulent sur l’avenue de la Démocratie le 10 février 2016 à Kinshasa, en RDC. Le mot « sapeur » vient de SAPE, acronyme français de Société des Ambianceurs et Personnes Élégantes Getty Images – Per-Anders Pettersson
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À la UneMonde

Canada: neuf morts dans une fusillade dans et autour d’un collège-lycée de l’ouest du pays

by admin9775 11 février 2026
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Le drame s’est produit à Tumbler Ridge, une localité de 2 300 habitants située dans la province de la Colombie-Britannique, à un peu plus de 1000 kilomètres au nord-est de Vancouver. Le tireur présumé a lui aussi été retrouvé mort, apparemment des suites d’une blessure qu’il se serait infligée.

Des tirs dans un collège-lycée et dans une résidence située à proximité ont fait neuf morts, mardi 10 février, dans une région isolée de l’ouest du Canada, a indiqué la police, qui a précisé que l’auteur des coups de feu avait été retrouvé mort. Cette attaque s’est déroulée à Tumbler Ridge, une petite ville de 2 300 habitants au pied des montagnes Rocheuses, dans la province de Colombie-Britannique.

Au total, 27 personnes ont été blessées, dont deux grièvement et 25 autres plus légèrement, a indiqué la Gendarmerie royale du Canada dans un communiqué. Selon plusieurs médias canadiens, l’auteur des tirs était une femme, mais dans l’immédiat la police, qui a donné une conférence de presse en fin de journée, a refusé de divulguer le moindre détail sur l’identité du suspect.

Les tueries sont rares au Canada, mais il s’agit de la seconde en Colombie-Britannique en moins d’un an. En avril 2025, onze personnes avaient été tuées à Vancouver par un homme qui avait foncé avec son camion dans une foule qui célébrait un festival culturel philippin.

D’après les premières déclarations policières, la première alerte reçue en début d’après-midi concernait un tireur actif à l’école secondaire de Tumbler Ridge. Arrivées sur les lieux, les forces de l’ordre ont découvert, en fouillant l’établissement, six personnes qui avaient été abattues, sans compter le suspect. Une septième personne blessée par balle à l’école est décédée durant son transport à l’hôpital. Par la suite, la police « a identifié un second lieu présumé lié à l’incident, où deux autres victimes ont été retrouvées mortes dans une résidence », selon un communiqué. Quant au suspect, il serait mort après « une blessure qu’il se serait infligée ».

Le premier ministre Mark Carney « bouleversé »

Dans un message publié sur X, le Premier ministre Mark Carney s’est dit « bouleversé » par cette « terrible fusillade ». « Je me joins aux Canadiennes et aux Canadiens pour exprimer ma sympathie à ceux dont la vie a été bouleversée à jamais aujourd’hui, et pour saluer le courage et l’altruisme des premiers intervenants qui ont risqué leur vie pour protéger leurs concitoyens », a-t-il ajouté.

« C’est une chose dont on pense qu’elle n’arrivera jamais », a pour sa part déclaré sur la chaîne publique CBC Shelley Quist, une habitante de Tumbler Ridge et mère d’un élève de l’école. « Je ne vais pas le quitter des yeux pendant un moment maintenant », a-t-elle ajouté à propos de son fils Darian, qui est sain et sauf.

La municipalité de la ville a expliqué dans un communiqué, qu’« aucun mot ne pouvait exprimer la douleur que notre communauté ressent ce soir ». « C’était une situation évoluant rapidement et de manière dynamique, et la coopération rapide de l’école, des premiers intervenants et des habitants a joué un rôle crucial dans notre intervention », a déclaré Ken Floyd, un responsable de la police qui décrit comme « épouvantable » la scène que les forces de l’ordre ont trouvé à leur arrivée dans l’école. « Cette journée a été incroyablement difficile et éprouvante sur le plan émotionnel pour notre communauté », a-t-il ajouté.

Dans l’après-midi, la fusillade a forcé le confinement des résidents de Tumbler Ridge et des environs. La ville est connue pour son tourisme de plein air, avec la proximité des montagnes et un parc géologique. En fin d’après-midi, la police « a mis fin à l’alerte d’urgence à Tumbler Ridge. [Elle] ne pense pas qu’il y ait des suspects en fuite ni de menace pour le public », a déclaré sur X la ministre de la Sécurité publique de la province.

RFI

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À la Une

Erik Prince déploie des contractors américains sur la ligne de front en RDC pour sécuriser Uvira

by admin9775 11 février 2026
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Erik Prince, fondateur de l’ancienne société militaire privée Blackwater et proche de l’ancien président américain Donald Trump, a déployé une équipe de sécurité privée en soutien direct aux forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) lors des récentes opérations visant à reprendre et sécuriser la ville stratégique d’Uvira, au Sud-Kivu. C’est ce que révèlent à Reuters quatre sources haut placées ayant connaissance de cette mission.

Cette implication constitue la première intervention connue des contractors liés à Prince sur la ligne de front du conflit congolais, marquant une évolution significative de son mandat initial, centré sur la sécurisation des revenus miniers.

Un déploiement tactique en appui aux FARDC

Selon ces sources, qui ont requis l’anonymat en raison de la sensibilité des informations, l’équipe de Prince a été déployée à la demande expresse du gouvernement congolais fin décembre 2023 ou début janvier 2024. Son rôle principal était de fournir un soutien par drones (renseignement, surveillance, acquisition d’objectifs) aux forces spéciales congolaises engagées contre les rebelles de l’AFC/M23, qui avaient brièvement pris le contrôle de cette ville frontalière clé avec le Burundi en décembre.

Une des sources, un haut responsable sécuritaire congolais, a justifié cette décision par la nécessité de « mobiliser toutes les ressources possibles » pour reprendre Uvira, dont la chute avait porté un coup sévère aux négociations de paix. L’équipe de Prince s’est depuis retirée de la zone pour se recentrer sur sa mission principale : la création d’une « police fiscale » destinée à améliorer la collecte des recettes minières. Cependant, une autre source a indiqué qu’elle pouvait être redéployée à tout moment sur demande de Kinshasa.

Le cadre d’un « accord minerais contre sécurité »

Le déploiement s’inscrit, selon le responsable congolais, dans le cadre plus large d’un partenariat stratégique discuté entre Washington et Kinshasa, souvent résumé par l’expression « minerais contre sécurité ». Les États-Unis, désireux de sécuriser l’accès aux minerais critiques essentiels à leur transition énergétique (cobalt, cuivre, lithium), ont proposé un soutien renforcé à la RDC pour stabiliser l’Est du pays.

Bien que le département d’État américain ait déclaré ne détenir aucun contrat avec Erik Prince ou ses sociétés, l’opération d’Uvira est intervenue peu après des appels publics de Washington exigeant le retrait du M23. La présence de contractors américains, même privés, est vue comme un facteur de dissuasion potentiel contre le M23 et son soutien rwandais présumé.

Coordination avec des conseillers israéliens

Une cinquième source a révélé que les contractors de Prince ont opéré en coordination avec des instructeurs militaires israéliens présents en RDC. Ces derniers ont pour mandat la formation de deux bataillons de forces spéciales congolaises. Cette collaboration triangulaire (RDC – contractors américains – instructeurs israéliens) suggère une coordination tactique avancée, bien que les raisons de l’implication israélienne restent officiellement non clarifiées. L’ambassade d’Israël à Luanda et le ministère israélien des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux demandes de commentaire.

Un conflit qui s’internationalise et se complexifie

Cette révélation illustre la complexification et l’internationalisation croissante du conflit à l’Est de la RDC. Elle survient dans un contexte où :

  • Les combats ont repris avec intensité depuis début 2023.
  • Un accord de paix américain entre la RDC et le Rwanda, signé en juin 2023, exclut le M23 et peine à produire des effets concrets.
  • La communauté internationale accuse toujours le Rwanda de soutenir la rébellion, ce que Kigali continue de nier.

L’implication directe, même temporaire, d’un acteur privé aussi controversé qu’Erik Prince sur le champ de bataille congolais pose des questions majeures sur l’opacité des alliances, l’évolution du mandat des contractors et la nature réelle des contreparties dans le partenariat entre la RDC et ses alliés occidentaux. Elle risque également d’ajouter une nouvelle couche de tension dans une région déjà extrêmement volatile.

Aucune des parties directement concernées – la présidence congolaise, les FARDC, ni le porte-parole d’Erik Prince – n’a répondu aux sollicitations pour commenter ces informations.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

États-Unis: vifs échanges au Congrès sur les violences et les opérations des agences chargées de l’immigration

by admin9775 10 février 2026
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Une audition sous haute tension s’est tenue au Congrès américain mardi 10 février, opposant élus démocrates et responsables d’agences fédérales sur les violences liées aux opérations migratoires et la stratégie menée depuis le retour de Donald Trump au pouvoir.

Les chefs de trois agences chargées du contrôle de l’immigration aux tats-Unis ont défendu mardi au Congrès leur bilan depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, lors d’échanges parfois virulents avec des élus démocrates qui ont condamné les politiques répressives du président républicain.

En ouverture de l’audition, l’élu démocrate Bennie Thompson a dénoncé la violence des agents fédéraux déployés dans le pays. Il a cité la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, tués à Minneapolis, ainsi que d’autres personnes blessées ailleurs, comme Marimar Martinez à Chicago. Tous auraient été, selon lui, « faussement accusés » de troubles à l’ordre public.

Les démocrates accusent, les agences se défendent

Bennie Thompson a mis en cause l’attitude de l’administration Trump dans le traitement de ces affaires. « Une fois encore, l’administration Trump a tenté de rejeter la responsabilité sur Mme Martinez, la victime », a-t-il souligné. Il a rappelé que les procureurs avaient finalement abandonné les poursuites contre elle, « lorsqu’il est apparu clairement que les preuves contredisaient les faux témoignages des gardes-frontières ».

Face aux élus, les responsables des trois agences chargées du contrôle de l’immigration n’ont présenté aucune excuse, préférant défendre leur bilan.

Le chef de la police aux frontières (CBP), Rodney Scott, a affirmé que son agence avait œuvré à un changement radical de politique. « Au cours de l’année écoulée, le CBP s’est employé à reconstruire une frontière qui avait été délibérément détruite », a-t-il déclaré, accusant les politiques d’ouverture menées sous l’administration Biden d’avoir affaibli le contrôle frontalier. Il a évoqué une frontière devenue, selon lui, « une ligne géographique floue », exploitée par des nations hostiles et des cartels.

Selon les responsables auditionnés, les entrées illégales n’auraient jamais été aussi basses depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Le chef par intérim de la police de l’immigration (ICE), Todd Lyons, a de son côté affirmé que 475 000 expulsions avaient été réalisées en 2025. « Le président nous a chargés d’effectuer des expulsions en masse, et nous accomplissons cette mission », a-t-il déclaré.

Des accusations croisées et un climat explosif

Les échanges ont rapidement dégénéré en affrontement politique. Les démocrates ont multiplié les critiques contre des méthodes jugées répressives, voire illégales du président républicain. Un élu démocrate de New York a ainsi établi un parallèle entre certaines pratiques fédérales et celles de polices secrètes de régimes fascistes. À l’inverse, un élu républicain du Texas a dénoncé le manque de soutien des villes dirigées par les démocrates à des forces fédérales confrontées, selon lui, à des menaces de mort.

Au cœur des débats figurent les vastes opérations menées ces dernières semaines dans plusieurs villes, notamment à Minneapolis, où des milliers d’agents fédéraux ont procédé à des descentes pour interpeller des personnes en situation irrégulière. Ces opérations ont provoqué de fortes tensions locales et des manifestations d’habitants opposés à leur présence.

La mort par balle, à moins de trois semaines d’intervalle, de Renee Good et d’Alex Pretti, tous deux âgés de 37 ans, lors d’interventions d’agents fédéraux, a suscité une vague d’émotion à travers le pays et ravivé les appels démocrates à une réforme en profondeur des pratiques de l’ICE.

RFI

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À la UneSociété

L’affaire Malanga entre dans sa phase judiciaire décisive aux États-Unis : des enquêteurs du FBI à Kinshasa avant le procès de mars

by admin9775 10 février 2026
written by admin9775

L’impression d’impunité est dissipée. Alors que des images d’un Marcel Malanga menant une vie paisible aux États-Unis avaient pu susciter l’incompréhension en République démocratique du Congo, l’affaire du coup d’État avorté du 19 mai 2024 entre dans une phase judiciaire rigoureuse sous l’égide de la justice fédérale américaine. La présence à Kinshasa, depuis quelques jours, de deux agents spéciaux du Federal Bureau of Investigation (FBI) en est la preuve tangible.

Ces enquêteurs, dépêchés depuis le bureau régional de Nairobi, mènent un complément d’investigations dans la capitale congolaise. Leur mission : finaliser la préparation du procès prévu en mars 2025 devant un tribunal fédéral du district de l’Utah. Ils ont auditionné, selon des sources judiciaires, l’ensemble des acteurs congolais de la procédure – magistrats, enquêteurs, avocats – se penchant sur le déroulement de l’instruction locale et l’évaluation des dommages.

Cette collaboration judiciaire binationale signale une volonté de coordination entre Washington et Kinshasa pour juger les ressortissants américains impliqués dans cette tentative de renversement violent du gouvernement.

Dans le box des accusés à Salt Lake City figureront quatre citoyens américains, précédemment condamnés à mort puis graciés en RDC avant leur extradition :

  • Marcel Malanga, 22 ans, fils du meneur présumé.
  • Tyler Thompson, 22 ans.
  • Benjamin Zalman-Polun, 37 ans.
  • Joseph Peter Moesser, 67 ans.

Ils devront répondre d’accusations fédérales graves, notamment de complot en vue de fournir un soutien matériel à une entreprise terroriste, de complot pour utiliser des armes de destruction massive, et de complot visant à tuer ou enlever des personnes à l’étranger. Ces qualifications pénales confèrent au procès une dimension qui dépasse le cadre d’un simple fait divers criminel, le hissant au rang d’affaire de sécurité nationale et de terrorisme transnational.

Une attaque symbolique mais révélatrice

Dans la nuit du 19 mai 2024, un commando d’une vingtaine d’hommes armés, arborant le drapeau du Zaïre, avait attaqué successivement l’hôtel Pullman (où le président Félix Tshisekedi était attendu), la résidence du vice-Premier ministre Vital Kamerhe, et brièvement investi le Palais de la Nation. L’assaut, revendiqué sur les réseaux sociaux par des membres de la diaspora, avait fait trois morts (deux policiers et un assaillant) avant d’être neutralisé par l’armée congolaise.

Le chef présumé du commando, Christian Malanga Musumari (41 ans), ancien militaire et homme d’affaires américano-congolais, fondateur du mouvement « Nouveau Zaïre », avait été tué lors des affrontements. Son parcours politique et ses connexions avec d’anciens rebelles avaient alimenté les interrogations sur les motivations et d’éventuels soutiens plus larges – des questions qui, en l’absence du principal accusé, pourraient rester en partie sans réponse.

Un double enjeu de justice et de souveraineté

Ce procès américain revêt une importance stratégique à plusieurs niveaux :

  1. Pour les États-Unis : Il s’agit d’affirmer leur juridiction sur leurs ressortissants impliqués dans des activités terroristes à l’étranger et d’envoyer un message dissuasif. Le sérieux des charges vise à éviter toute perception de clémence.
  2. Pour la RDC : La coopération active du FBI valide la version des autorités congolaises sur la gravité des événements. Elle permet à Kinshasa de présenter l’issue judiciaire comme le fruit d’un partenariat d’égal à égal avec une grande puissance, renforçant sa crédibilité dans la lutte contre les menaces à sa stabilité.
  3. Pour la mémoire des faits : Le procès fédéral, réputé pour son formalisme et son exigence probatoire, devrait établir une version judiciairement certifiée des événements, contrant les récits alternatifs ou les théories du complot.

Une étape, mais pas la fin de l’enquête ?

Si le procès de mars se concentrera sur les actions matérielles des accusés, il ne clôturera pas nécessairement toutes les zones d’ombre. Les questions persistantes sur le financement, le recrutement et les éventuels complicités internes ou externes au sein de l’appareil d’État congolais pourraient continuer à alimenter les spéculations. La justice militaire congolaise, de son côté, a déjà rendu ses verdicts pour les autres co-accusés.

La présence du FBI à Kinshasa, quelques semaines seulement avant l’ouverture des débats, démontre que ce dossier reste une priorité de coopération. Elle sonne aussi comme un avertissement : l’image d’une normalité retrouvée pour les principaux suspects n’était qu’une illusion d’optique. Le chemin menant à la salle d’audience du tribunal fédéral de l’Utah est désormais ouvert.

Par Marius Bopenga
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Kinsuka Power : Un projet énergétique de 900 MW et 2,8 milliards USD, porté par un partenariat historique en RDC

by admin9775 10 février 2026
written by admin9775

Le projet de centrale hydroélectrique Kinsuka Power, d’une capacité de 900 mégawatts, franchit une étape majeure grâce à un partenariat stratégique alliant vision entrepreneuriale locale et savoir-faire industriel historique. Le Groupe Forrest International, un acteur centenaire en République démocratique du Congo, rejoint officiellement l’initiative portée par Yves Kasongo à travers sa société Great Lakes Energy (GLE).

Selon un communiqué du consortium, ce projet est le fruit d’une « démarche rigoureuse et de long terme » initiée par M. Kasongo. Pour en concrétiser la vision, la joint-venture Kinsuka Power s’est associée au Groupe Forrest International, présidé par George Arthur Forrest. C’est la filiale énergétique du groupe, Congo Energy, dirigée par Spyros Giourgas, qui apportera son expertise opérationnelle et industrielle.

Un projet structurant, validé et écologiquement viable

Soucieux du respect des normes environnementales, les promoteurs ont confié les études de préfaisabilité à la société d’ingénierie internationale Tractebel. Ces études, validées par les autorités compétentes, ont confirmé la faisabilité technique, économique et environnementale du projet.

Avec un investissement estimé à 2,8 milliards de dollars américains et une durée de réalisation prévue sur cinq ans, Kinsuka Power se positionne comme une infrastructure stratégique. Elle vise à renforcer à long terme l’approvisionnement en électricité de Kinshasa et à soutenir le développement économique national. Une ligne de transport d’électricité vers le sud du pays est notamment prévue pour accompagner les activités minières. Sa capacité de production annuelle moyenne est estimée à 7 450 GWh, un apport significatif au mix énergétique national.

L’apport d’un partenaire historique

La participation du Groupe Forrest International, fondé en 1922, confère au projet une assise industrielle et une connaissance profonde du terrain congolais. Ce groupe familial, actif dans les secteurs des infrastructures, de l’industrie, de l’énergie, de l’agroalimentaire et de la santé, inscrit ainsi Kinsuka Power dans la continuité de son engagement séculaire aux côtés du développement de la RDC.

Ce partenariat marque une étape décisive vers la concrétisation d’une infrastructure énergétique majeure, présentée par ses promoteurs comme étant « conforme aux meilleurs standards internationaux, au service exclusif de l’intérêt national ».

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Kongo Central : Le gouverneur Bilolo entendu par la justice dans une enquête sur un détournement présumé

by admin9775 10 février 2026
written by admin9775

Le gouverneur de la province du Kongo Central, Grâce Nkuanga Bilolo, s’est présenté ce lundi au parquet général près la Cour de cassation, où il a été entendu dans le cadre d’une enquête judiciaire pour un présumé détournement de deniers publics dont le montant, très controversé, oscille entre un et cinquante millions de dollars américains.

Selon son avocat, Me Espoir Saisi, l’audition s’est déroulée dans un « climat apaisé ». Il a immédiatement déclaré à la presse que « toutes les rumeurs de détournement ont été balayées » et que son client était rentré chez lui « en citoyen libre ». Cependant, les sources judiciaires et l’avocat général ont tenu à préciser que l’enquête reste ouverte et qu’aucune décision définitive, telle qu’un non-lieu ou des poursuites, n’a encore été prise par l’autorité judiciaire.

Une affaire aux montants divergents

L’affaire trouve son origine dans une mission de contrôle ordonnée par la Présidence de la République et conduite par l’Inspection générale des finances (IGF) à partir du 15 août 2025. L’audit portait sur la gestion de la redevance pétrolière et des recettes des péages de la province.

Le rapport des enquêteurs de l’IGF a fait état d’un détournement présumé dépassant le million de dollars. Cependant, des voix au sein de la société civile provinciale, comme Joseph Mabanga, président de la cohésion des notables du Kongo Central, affirment que les sommes en jeu seraient bien plus importantes, pouvant avoisiner les 50 millions de dollars, créant ainsi une forte divergence sur l’ampleur réelle du préjudice.

Une procédure autorisée par l’Assemblée provinciale

La procédure judiciaire avait franchi une étape cruciale le 28 janvier dernier, lorsque le Bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central a autorisé l’ouverture d’une instruction judiciaire contre le gouverneur. Cette décision faisait suite à un réquisitoire du Procureur général daté du 23 janvier, sollicitant formellement cette autorisation de poursuites, nécessaire en vertu de l’immunité relative dont bénéficie un gouverneur en exercice.

La remise en liberté de M. Bilolo à l’issue de sa première audition formelle marque une nouvelle phase procédurale, mais ne présume pas de l’issue finale. Les déclarations de son avocat et le silence maintenu du parquet général laissent l’épée de Damoclès judiciaire suspendue. Ce dossier est observé comme un test de la capacité du système judiciaire congolais à traiter des affaires de haute implication politico-financière, entre affirmations d’innocence et pesanteur des soupçons.

Par Marius Bopenga
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