En séjour aux États-Unis, où il a assisté au match entre la RDC et le Portugal soldé par un nul (1-1), le chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a poursuivi sa tournée auprès de la diaspora congolaise. Ce mercredi 17 juin à Houston, dans l’État du Texas, il a accusé les ennemis de la RDC d’avoir assassiné un patriote et leader congolais, Mzee Laurent-Désiré Kabila, avant de placer Joseph Kabila à la tête du pays afin de pouvoir le manipuler.
« Les ennemis étaient entrés, nous étions distraits. Ils ont même écarté un fils du pays, Laurent-Désiré Kabila, et ils ont placé leur chien, Joseph Kabila, qu’ils pouvaient dresser à leur guise », a déclaré Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise à Houston.
Cette déclaration a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique. Certains rappellent que Joseph Kabila avait hérité d’un pays profondément marqué par les guerres, avec plusieurs territoires sous contrôle des rébellions. Ses partisans soulignent qu’il a contribué à la réunification du territoire national, organisé les premières élections pluralistes depuis l’indépendance, favorisé une alternance politiques pacifique et adopté le Code minier congolais.
L’ancien gouverneur du Lualaba et ancien ministre Richard Muyej Mangez Mans a vivement réagi aux déclarations du président de la République, Félix Tshisekedi, tenues à Houston, aux États-Unis, au cours desquelles ce dernier a publiquement qualifié son prédécesseur, Joseph Kabila, de « chien ».
Dans un message publié sur son compte X, l’ancien responsable Gouverneur du Lualaba a exprimé son indignation, estimant que de tels propos sont incompatibles avec la dignité de la fonction présidentielle.
« C’est avec un profond regret que j’ai pris connaissance des déclarations offensantes tenues par le Président de la République à l’égard de son prédécesseur, dont chacun garde en mémoire la transition pacifique et exemplaire. Qu’une telle sortie survienne en pleine célébration d’un succès sportif national — un moment qui devrait sceller notre unité — heurte la conscience collective et fragilise les repères moraux de notre jeunesse », a-t-il déclaré.
Selon Richard Muyej, le chef de l’État, en tant que première autorité du pays, se doit d’adopter un discours rassembleur et exemplaire.
« Le chef de l’État se situe au premier rang de la sphère de référence pour les générations futures ; la dignité de sa fonction exige une parole qui rassemble, inspire et éduque, plutôt qu’elle ne divise », a-t-il ajouté.
L’ancien gouverneur estime par ailleurs que cet épisode dépasse le cadre d’un simple dérapage verbal et s’inscrit dans une tendance plus large.
« Force est de constater, avec une profonde inquiétude, que ce positionnement n’est plus un incident isolé, mais tend à devenir une constante de gouvernance », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et l’opposition, sur fond de débats autour des réformes institutionnelles et de la préparation des prochaines échéances politiques.
À ce stade, la présidence de la République n’a pas officiellement réagi aux propos de Richard Muyej.
Par Pascal Kabeya
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