La trêve, déjà fragile, n’aura pas tenu. Depuis le retrait d’une unité des Forces rwandaises de défense (RDF) de leur position de Kanyaru le 16 février, le rapport de force dans le territoire de Masisi a basculé. Les Wazalendo, ces milices d’autodéfense proches de Kinshasa, ont immédiatement exploité le vide laissé par les troupes rwandaises pour reprendre plusieurs villages aux rebelles du M23.
La présence RDF aux côtés du M23 est documentée par plusieurs rapports onusiens, ont-elles évacué cette position stratégique ? Les hypothèses divergent : réorganisation tactique face à la pression des Wazalendo, signal diplomatique en direction de la médiation angolaise, ou simple rotation de troupes. Quoi qu’il en soit, le retrait a créé un déséquilibre que les forces loyalistes ont immédiatement exploité, récupérant armes et munitions.
Dans le même temps, l’AFC/M23 a intensifié sa guerre médiatique. Ses communiqués, de plus en plus nombreux, dénoncent un « silence coupable » de la communauté internationale face à des « massacres de civils » (particulièrement Banyamulenge). Une stratégie classique de victimisation qui vise à maintenir une pression diplomatique sur Kinshasa et à justifier, par avance, d’éventuelles représailles.
L’extension des combats au territoire de Kabare (Sud-Kivu) confirme que le conflit n’est pas circonscrit au Nord-Kivu. Kavumu, localité stratégique, est désormais paralysée par les échanges de tirs. La population, prise en étau, subit une nouvelle fois les conséquences d’une guerre qui n’en finit pas de s’étendre.
Kinshasa accuse le M23 de « saboter » les accords. La rébellion, elle, dénonce les offensives des FARDC et de leurs supplétifs. Dans les faits, le cessez-le-feu n’a jamais vraiment été respecté, chaque camp l’utilisant comme un temps de réorganisation avant la prochaine offensive. La dynamique actuelle, favorable aux Wazalendo, pourrait inciter Kinshasa à durcir sa posture plutôt qu’à rechercher une issue négociée.
Par Marius Bopenga
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