Le secrétaire général de l’UDPS et président intérimaire du parti, Augustin Kabuya, a créé la polémique ce week-end en s’en prenant à la fois à l’ancien président Joseph Kabila et au secrétaire général de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, Donatien Nshole.
Lors de son meeting politique habituel devant les militants de l’UDPS, Augustin Kabuya a franchi un nouveau palier dans ses accusations contre Joseph Kabila, en l’accusant directement d’être impliqué dans l’assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, tué le 16 janvier 2001 au Palais de Marbre à Kinshasa.
« Comment on peut accéder au pouvoir par un coup d’État sans en être impliqué ? Ce n’est un secret pour personne : c’est Kabila qui a tué Laurent-Désiré Kabila », a déclaré Augustin Kabuya devant les militants de son parti.
Cette déclaration intervient dans un climat politique déjà tendu, marqué par les controverses suscitées par les propos du président Félix Tshisekedi à Houston, après le match entre la RDC et le Portugal lors de la Coupe du monde 2026.
Tentative de justification des propos de Félix Tshisekedi
Augustin Kabuya a également tenté d’expliquer les propos du chef de l’État, qui avait qualifié Joseph Kabila de « chien », une déclaration qui a provoqué de nombreuses réactions dans la classe politique congolaise.
Selon lui, ces propos auraient été sortis de leur contexte et visaient à illustrer ce qu’il considère comme une relation de dépendance de l’ancien président envers le Rwanda.
Dans son argumentation, le dirigeant de l’UDPS a établi un parallèle avec les attaques verbales dont seraient régulièrement victimes les militants de son parti.
Cette polémique a rapidement suscité des réactions de la part des proches de Joseph Kabila ainsi que de l’opposition. Du côté de l’Alliance Fleuve Congo/M23, Corneille Nangaa a dénoncé un discours « irresponsable » et « va-t-en-guerre », estimant que ces déclarations risquaient d’alimenter davantage les tensions politiques alors que des initiatives de dialogue sont évoquées dans plusieurs cercles.
Nouvelle charge contre la CENCO
Au cours du même rassemblement, Augustin Kabuya s’est également attaqué à Mgr Donatien Nshole après la prise de position de la CENCO contre toute révision ou modification de la Constitution.
Le responsable de l’UDPS a contesté la légitimité du secrétaire général de la CENCO à s’exprimer au nom du peuple congolais dans ce débat.
Selon lui, l’Église catholique a le droit d’exprimer son opinion, mais ne peut prétendre parler au nom de l’ensemble des Congolais.
Dans un ton particulièrement critique, Kabuya a déclaré avoir changé d’avis sur Mgr Nshole, tout en affirmant que les réserves exprimées par l’épiscopat catholique n’empêcheront pas son camp politique de poursuivre le projet de réforme constitutionnelle.
Un bras de fer qui s’intensifie
Cette nouvelle sortie du secrétaire général de l’UDPS illustre l’escalade des tensions autour du débat constitutionnel en RDC. Alors que la CENCO considère qu’il n’existe « ni nécessité, ni opportunité, ni urgence » de modifier la Constitution actuelle, la majorité présidentielle continue de défendre la possibilité d’une réforme institutionnelle via le référendum récemment autorisé par le Parlement.
Les déclarations d’Augustin Kabuya risquent ainsi d’accentuer davantage les crispations entre le pouvoir, l’opposition et l’Église catholique, dans un contexte politique déjà marqué par les manifestations du 12 juin, les discussions sur la révision constitutionnelle et les tensions persistantes autour de l’avenir institutionnel du pays.
Il convient toutefois de souligner que les accusations portées contre Joseph Kabila concernant l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila relèvent de déclarations politiques. À ce jour, aucune décision judiciaire définitive n’a établi la responsabilité personnelle de l’ancien président dans cet assassinat.
Par Marius Bopenga
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