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Category:

Economie

À la UneEconomie

Gécamines–Glencore : un accord stratégique sur fond de recomposition mondiale du cuivre

by admin9775 21 février 2026
written by admin9775

Le nouvel accord conclu entre Gécamines et Glencore ouvre l’accès à un package complet de baux et de titres miniers à long terme. La finalisation de l’opération reste toutefois conditionnée à l’enregistrement officiel des baux miniers dans les prochains mois.

L’entente prévoit également l’extension des capacités de stockage des résidus et des dépôts, ce qui devrait permettre de prolonger la durée de vie de la mine exploitée par Kamoto Copper Company (KCC). Les deux partenaires se sont en outre accordés sur l’optimisation de la récupération des réserves dans les zones KOV et T17.

Malgré cet élargissement du partenariat, Gécamines conserve les droits sur les minerais extraits sur le site de KCC, préservant ainsi ses intérêts stratégiques dans l’exploitation.

Un accord conclu après l’échec des discussions avec Rio Tinto

Cet accord intervient dans un contexte particulier pour Glencore. Début février, le groupe suisse et son concurrent anglo-australien Rio Tinto ont mis un terme à leurs négociations en vue d’une fusion totale ou partielle de leurs activités. Une opération qui aurait pu donner naissance à un géant minier valorisé à près de 260 milliards de dollars.

Les discussions ont achoppé sur la gouvernance de la future entité. Rio Tinto est resté ferme sur sa volonté de conserver à la fois la présidence et la direction générale, une exigence que Glencore a refusée.

À la Bourse, l’action du groupe suisse a chuté de 7 % après l’annonce de cet échec, alors que de nombreux analystes voyaient dans cette fusion un moyen de mieux valoriser les actifs de Glencore dans le cuivre, dont les prix connaissent une forte progression, malgré la hausse des coûts d’extraction.

Le cuivre, métal stratégique de la transition

Fin janvier 2026, les cours mondiaux du cuivre ont atteint la barre symbolique de 14 527,50 dollars la tonne, en hausse de 41,7 %. Ce métal est devenu central pour les équipements liés à la transition énergétique, à la défense et aux centres de données, notamment avec l’essor des investissements dans l’intelligence artificielle.

Dès décembre 2025, Glencore avait annoncé des projets majeurs dans le secteur du cuivre. Basée dans le canton de Zoug, en Suisse, la multinationale s’est engagée à doubler sa production en dix ans pour atteindre 1,6 million de tonnes par an d’ici 2035. En 2013 déjà, elle avait profondément modifié la hiérarchie mondiale du cuivre en absorbant Xstrata.

Parmi ses projets figure notamment la relance du site d’Alumbrera, en Argentine. Pour financer cette ambition, le groupe aurait structuré un montage de plus de 23 milliards de dollars d’investissements, selon des analystes de marché.

En parallèle, Glencore a mené, en octobre 2025, des discussions avec Orion CMC, filiale d’Orion Resource Partners, en collaboration avec le gouvernement américain, afin de participer à l’approvisionnement des États-Unis en matériaux critiques sous la présidence de Donald Trump.

Un secteur minier en pleine recomposition

Dans le même temps, le groupe anglo-américain Anglo American serait en passe d’obtenir le feu vert de l’Union européenne pour fusionner avec le canadien Teck Resources, une opération susceptible d’accentuer la pression concurrentielle sur les autres majors du secteur.

À la différence de certains de ses concurrents, Glencore continue de défendre ses activités dans le charbon, un positionnement qui suscite des réticences chez une partie des investisseurs, de plus en plus réticents à intégrer des actifs liés aux énergies fossiles dans leurs portefeuilles.

Dans ce contexte de recomposition mondiale du secteur minier, l’accord avec Gécamines apparaît pour Glencore comme un levier stratégique majeur pour consolider sa position dans le cuivre, métal clé des mutations industrielles et technologiques en cours.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé annule des contrats de Kibali Gold Mine pour non-conformité

by admin9775 20 février 2026
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L’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP) a ordonné l’annulation immédiate de contrats jugés irréguliers conclus entre Kibali Gold Mine et les sociétés KMS, Boart Longyear ainsi que la centrale d’achat TAI Services.

Selon l’ARSP, ces entreprises ne remplissent pas les conditions d’éligibilité pour exercer des activités de sous-traitance dans le secteur privé, au regard de la réglementation en vigueur en République démocratique du Congo.

La décision fait suite à un contrôle de conformité mené en novembre 2025. À l’issue de cette mission, le régulateur a constaté des irrégularités justifiant la résiliation des contrats concernés.

Toutefois, dans un souci de continuité des opérations minières, l’ARSP a invité Kibali Gold Mine à ouvrir des discussions en vue d’organiser une période de transition. Cette phase transitoire devrait permettre le lancement de nouveaux appels d’offres conformes aux procédures légales.

Cette mesure s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui entend promouvoir un meilleur accès des PME congolaises aux marchés de la sous-traitance. L’objectif affiché est de favoriser l’émergence d’une véritable classe moyenne congolaise et de renforcer l’ancrage local des retombées économiques du secteur minier.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Inspection Générale des Finances accélère sa digitalisation pour un contrôle systémique des finances publiques

by admin9775 19 février 2026
written by admin9775

L’Inspection Générale des Finances (IGF) poursuit la mise en place de son nouveau mode de contrôle intelligent des flux financiers en République démocratique du Congo. Le week-end dernier, l’Inspecteur Général des Finances, chef de service, Christophe Bitasimwa, a présidé une importante séance de travail réunissant la direction de l’institution, les Inspecteurs généraux et les Inspecteurs des finances.

Cette rencontre a permis à la commission chargée de finaliser le Plan stratégique triennal de présenter le Plan Directeur de Digitalisation de l’IGF, fruit des travaux préparatoires tenus à Mbuela Lodge, dans la province du Kongo Central. Au cœur des échanges, ce plan de digitalisation est présenté comme le nouveau socle du travail de l’IGF à travers l’instauration d’un contrôle systémique.

Ce nouveau mode de contrôle ne se limite plus à des vérifications isolées. Il vise une analyse globale des systèmes de gestion financière, avec une approche intégrée permettant d’anticiper les risques, de prévenir les irrégularités et d’améliorer la performance de la dépense publique.

La vision affichée est claire : positionner l’IGF comme une institution d’intervention intelligente, capable d’accompagner la transformation de la gouvernance financière de l’État et de mieux servir l’intérêt général.

La digitalisation comme levier stratégique

La seconde partie de la présentation a été consacrée à la transformation numérique et à la maîtrise de l’information. Prenant la parole, Christophe Bitasimwa a insisté sur le rôle central de la digitalisation dans la modernisation de l’institution. Selon lui, la numérisation constitue un levier déterminant pour renforcer l’efficacité, la transparence et la réactivité du contrôle des finances publiques.

Il a invité les Inspecteurs des finances à s’approprier pleinement cette nouvelle dynamique, estimant que la digitalisation fera de l’IGF un moteur de transformation de la gouvernance publique.

Un cadre renforcé et une ambition institutionnelle affirmée

À travers ce plan stratégique, l’IGF entend consolider son cadre légal et renforcer son positionnement institutionnel. Le contrôle systémique est présenté comme une « patrouille financière » modernisée, mieux structurée et davantage orientée vers la prévention et la performance.

La séance s’est conclue par un échange interactif au cours duquel les Inspecteurs ont obtenu des précisions sur les modalités pratiques de mise en œuvre du contrôle systémique et du Plan Directeur de Digitalisation, marquant une nouvelle étape dans la réforme de l’IGF.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

RDC : la masse salariale de l’État menace l’équilibre des finances publiques

by admin9775 15 février 2026
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La soutenabilité budgétaire de la République démocratique du Congo fait face à une contrainte structurelle de plus en plus marquée : la progression rapide de la masse salariale de l’État. Dans sa deuxième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international (FMI) identifie cette dynamique comme l’un des principaux facteurs de risque pour l’équilibre des finances publiques à court et moyen terme.

Selon le rapport, la hausse des rémunérations en particulier dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice exerce une pression accrue sur l’exécution budgétaire. Cette évolution intervient dans un contexte déjà tendu, caractérisé par des dépenses sécuritaires élevées, liées notamment à la situation à l’Est du pays, et par des marges fiscales limitées.

Des dépenses courantes sous tension

Le document souligne que la masse salariale a connu une augmentation significative ces dernières années. Cette progression s’explique principalement par les ajustements salariaux consentis dans les secteurs sociaux, les recrutements et régularisations administratives, ainsi que la poursuite d’engagements pris antérieurement par les autorités.

En 2024 et 2025, ces facteurs ont engendré des pressions notables sur les dépenses courantes, dépassant les niveaux initialement programmés dans le cadre du programme soutenu par la FEC. Le FMI note que la masse salariale absorbe désormais une part croissante des ressources budgétaires, accentuant la rigidité des dépenses publiques.

Une capacité d’investissement réduite

Cette rigidité limite la capacité de l’État à financer d’autres priorités, notamment l’investissement public et certaines dépenses sociales protégées par le programme. Elle complique également l’ajustement budgétaire dans un environnement marqué par des besoins humanitaires élevés et une mobilisation des recettes encore jugée insuffisante pour compenser la hausse des charges récurrentes.

La montée de la masse salariale figure ainsi parmi les principaux facteurs expliquant les écarts budgétaires projetés pour 2025 et 2026. Pour 2025, le FMI indique que l’augmentation des rémunérations dans les secteurs sociaux et judiciaires a contribué à l’élargissement du déficit par rapport au cadrage initial. Pour 2026, la pression devrait se maintenir, s’ajoutant aux dépenses de sécurité et accentuant les tensions sur le cadre macro-budgétaire.

Dans ce contexte, la maîtrise des dépenses salariales apparaît comme un enjeu central pour préserver la stabilité macroéconomique et assurer la viabilité des finances publiques congolaises à moyen terme.

Par Marius Bopenga
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L’Africa Museum refuse de transmettre ses archives géologiques sur la RDC à une société américaine

by admin9775 15 février 2026
written by admin9775

Le Africa Museum, officiellement Musée royal de l’Afrique centrale, basé à Tervuren, a rejeté la demande d’une société minière américaine souhaitant obtenir ses archives géologiques relatives à la République démocratique du Congo. L’information a été rapportée par la VRT et relayée par l’Agence congolaise de presse.

Selon le média public flamand, l’entreprise entendait utiliser des outils d’intelligence artificielle afin d’analyser ces documents historiques dans le but d’identifier de nouveaux gisements potentiels dans le sous-sol congolais. Le musée a toutefois refusé de céder ces fonds, invoquant la nécessité d’une numérisation conduite dans un cadre scientifique rigoureux.

Son directeur, Bart Ouvry, a précisé que les documents sollicités relèvent du domaine public et ne constituent pas des archives d’entreprise susceptibles d’être simplement transférées à un acteur privé.

Une numérisation encadrée et partenariale

Le projet de numérisation des archives est actuellement mené avec le soutien de l’Union européenne, en étroite collaboration avec les services géologiques congolais. Bart Ouvry a souligné l’importance du rôle des partenaires scientifiques dans l’exploitation future de ces données.

Les archives concernées comprennent notamment des rapports et des cartes produits par d’anciennes compagnies minières belges, dont les activités ont cessé à la fin des années 1960. Elles couvrent non seulement la RDC, mais aussi le Rwanda, le Burundi et d’autres territoires africains.

Selon la VRT, ces archives restent accessibles aux chercheurs et aux entreprises privées, mais uniquement sur autorisation du gouvernement congolais et dans le cadre de consultations ciblées.

Un contexte marqué par la ruée vers les minerais stratégiques

Cette décision intervient dans un contexte d’intérêt croissant pour les ressources stratégiques de la RDC, notamment le cobalt, le cuivre et le coltan, essentiels à la transition énergétique mondiale.

L’an dernier, rappelle l’Agence congolaise de presse, le gouvernement congolais a signé un accord avec KoBold Metals, société soutenue notamment par Jeff Bezos et Bill Gates. L’entreprise ambitionne de numériser d’anciens dossiers relatifs aux minerais du sous-sol congolais et d’identifier de nouveaux sites d’exploitation grâce à l’analyse de données et à l’intelligence artificielle.

Un musée entre mémoire et recherche

En tant que musée et centre de recherche, l’Africa Museum se présente comme un forum d’étude et de dialogue consacré aux sociétés et à l’environnement naturel de l’Afrique subsaharienne. Institution à la fois mémorielle et tournée vers l’avenir, il aborde l’héritage colonial tout en s’intéressant aux enjeux contemporains du continent.

Sa mission repose sur une gestion attentive de ses collections et sur le partage des connaissances à travers la recherche, les partenariats, les expositions et les activités éducatives. Soucieux d’accessibilité et d’inclusion, notamment à l’égard des diasporas africaines, le musée revendique une approche participative orientée vers la cocréation et la coopération scientifique durable.

Par Pascal Kabeya
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Projet de manganèse à Luozi : plus de 300 MW nécessaires, le défi énergétique au cœur des débats

by admin9775 15 février 2026
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Les besoins énergétiques du projet de manganèse porté par Asia Minerals Limited à Luozi, dans la province du Kongo Central, sont estimés à plus de 300 mégawatts (MW). L’annonce a été faite le 26 novembre lors du Forum Makutano, mettant en lumière l’ampleur des défis énergétiques liés à l’industrialisation du secteur minier en République démocratique du Congo.

Selon Felly Samuna, directeur général de Kerith Resources, partenaire local du groupe nippo-malaisien, la demande énergétique se répartirait entre 120 MW pour l’extraction minière et près de 200 MW destinés à la transformation locale du minerai. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir la valorisation des ressources sur le territoire national.

Le lancement de l’exploitation minière est envisagé dans un délai minimal de trois ans, à l’issue de la phase d’exploration. Toutefois, Felly Samuna a soulevé une question centrale : la capacité du pays à fournir une telle puissance électrique dans des conditions fiables et compétitives.

Le potentiel hydroélectrique du Kongo Central en avant

En réponse, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a indiqué que cette partie du Kongo Central dispose de sites hydroélectriques adaptés pour soutenir un projet d’une telle envergure. Il a notamment cité le site de Mpioka, situé sur la rivière Inkisi.

Pour sa part, Jean-Pierre Mukadi Kalombo, coordonnateur des projets au ministère de l’Énergie, a précisé que la capacité estimée du site de Mpioka avoisinerait les 6 000 MW. Une puissance qui pourrait non seulement alimenter Kinshasa, mais aussi répondre à la demande croissante du secteur minier. Des études de faisabilité sont attendues dès 2026 afin de préciser le potentiel technique et financier du projet.

Par ailleurs, Bob Mabiala Mvumbi, directeur général de l’Agence de développement et de promotion du projet Inga, a évoqué la possibilité pour l’investisseur de négocier un contrat d’achat d’électricité (CAE) dans le cadre du futur barrage Inga 3, dont la capacité est estimée entre 3 000 et 11 000 MW.

La question sensible des tarifs

Au-delà des capacités de production, la compétitivité des tarifs de l’électricité constitue un enjeu majeur pour la rentabilité du projet. Felly Samuna a ainsi rappelé que la fonderie malaise du groupe bénéficie d’un tarif préférentiel de 0,04 USD/kWh, s’interrogeant sur la possibilité d’obtenir des conditions similaires en RDC pour assurer la viabilité du traitement local du manganèse.

Le contexte tarifaire national demeure cependant tendu. La Société nationale d’électricité (SNEL) applique un tarif moyen de 0,17 USD/kWh, qu’elle considère déjà inférieur à ses coûts de production, plaidant pour une révision à la hausse. De leur côté, les opérateurs privés de mini-réseaux pratiquent des tarifs nettement plus élevés, oscillant entre 0,25 et 0,70 USD/kWh.

Entre ambitions industrielles, potentiel hydroélectrique et contraintes tarifaires, le projet de Luozi illustre les défis structurels auxquels la RDC doit faire face pour concilier transformation locale des ressources et compétitivité énergétique.

Le projet de manganèse à Luozi aligne les 5 axes de la diversification minière

En effet, signé au Forum économique RDC–Japon, ce partenariat stratégique entre la société congolaise Kerrith et le japonais AML marque le coup d’envoi d’un projet minier inédit à Luozi, dans le Kongo Central. À la clé : une diversification concrète du secteur minier national, bien au-delà des intentions politiques.

Parvenir à extraire plus que du cuivre ou du cobalt : c’est le pari que vient de réussir la RDC, avec l’officialisation, à Osaka, d’un accord minier novateur autour du manganèse. Un minerai jusque-là absent des radars congolais, et qui pourrait devenir l’un des leviers majeurs de l’économie du pays.

L’annonce, faite en marge du Forum économique RDC–Japon, place la localité de Luozi, nichée dans la paisible province du Kongo Central, au cœur d’un jeu d’acteurs internationaux stratégiques.

Plus qu’un projet, une vision

À moyen terme, 3 500 emplois directs devraient être créés, pour 17 000 bénéficiaires indirects. Deux millions de tonnes de manganèse sont attendues chaque année, pour un investissement initial de 200 millions de dollars. Et déjà, un accord de fourniture d’électricité avec la SNEL est en discussion, tout comme la réhabilitation des axes de transport fluvial et terrestre.

En clair, ce projet qui coche toutes les cinq cases de la vision stratégique des mines congolaises, prouve que la diversification n’est pas un slogan, mais une réalité qui se concrétise.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

RDC-États-Unis : le ministre des Mines rassure sur la préservation des intérêts congolais

by admin9775 14 février 2026
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En marge du Mining Indaba au Cap, le ministre congolais des Mines Louis Watum Kabamba a répondu aux inquiétudes sur l’accord minier signé avec Washington en décembre.

Entre affirmation de souveraineté et pragmatisme diplomatique, le ministre congolais des Mines Louis Watum Kabamba a livré au Mining Indaba une clarification très attendue sur l’accord de partenariat stratégique signé en décembre avec Washington.

« La RDC n’a rien bradé du tout. La RDC n’a rien vendu du tout », a-t-il martelé devant la presse, répondant aux inquiétudes grandissantes au sein de l’opinion congolaise sur une possible cession à bas prix des ressources stratégiques du pays. Une mise au point ferme, à la hauteur des enjeux : la RDC concentre environ 70 % des réserves mondiales de cobalt, ainsi que d’immenses gisements de lithium, coltan et cuivre – des minerais essentiels à la transition énergétique et technologique mondiale.

L’accord, signé le 4 décembre à Washington en marge d’une médiation américaine entre Kinshasa et Kigali, institue un « droit de première offre » au bénéfice des entreprises américaines sur certains minerais critiques commercialisés par la RDC. Mais, insiste le ministre, il ne s’agit que d’un cadre préliminaire. « Cela peut devenir un bon projet majeur. Cela peut aussi devenir un projet qui ne les intéresse pas. Nous continuerons, parce qu’il y a beaucoup d’autres partenaires. »

Depuis la signature, Kinshasa évolue sur une ligne de crête. D’un côté, rassurer des populations traumatisées par des décennies d’exploitation prédatrice. De l’autre, ménager la Chine, premier investisseur minier dans le pays, présente via des géants comme CMOC et Zijin Mining. Interrogé sur cette rivalité sino-américaine, Louis Watum Kabamba a éludé : « La rivalité entre la Chine et les États-Unis – nous ne nous y intéressons pas. Nous devons jouer notre propre jeu. »

Des annonces aux actes.

Fin janvier, Kinshasa a transmis à Washington une liste de projets miniers susceptibles d’entrer dans le cadre du partenariat. Un comité de pilotage bilatéral examinera ces propositions dans les semaines à venir. Mais le ministre a posé une condition claire : le gouvernement congolais entend associer étroitement la société civile à ces discussions. « Nous avons une responsabilité devant nos populations. Que chacun comprenne qu’on n’a pas que des droits, on a des obligations. »

Alors que moins de 10 % du potentiel minier congolais est aujourd’hui exploité, l’enjeu dépasse la simple négociation commerciale. Il engage la capacité de l’État à transformer ses richesses souterraines en développement concret, visible, partagé. Le message du Cap est clair : Kinshasa veut des partenaires, pas des patrons.

Par Marius Bopenga
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RDC : 22 millions de dollars récupérés, le début d’une révolution silencieuse dans la gestion pétrolière ?

by admin9775 13 février 2026
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Pendant des années, les Pertes et Manques à Gagner ont été une boîte noire. Un mécanisme conçu pour éviter les pénuries d’essence, devenu un robinet ouvert sur le budget de l’État sans compteur fiable. Chaque trimestre, des milliards sortaient. Personne ne savait exactement où ils allaient.

Mardi, le ministère de l’Économie a communiqué un chiffre inédit de 22 millions de dollars de « gain » pour l’État au titre du quatrième trimestre 2025. Autrement dit, après calculs et vérifications, la balance penche cette fois en faveur du Trésor public.

Comment expliquer ce retournement ?

D’abord, par une refonte du process. Les PMAG ne sont plus certifiés dans l’urgence et l’opacité. Une cellule technique associe désormais les directions administratives, les opérateurs pétroliers et les auditeurs indépendants. Chaque donnée – prix d’achat, fret, assurance, marges – est tracée, vérifiée, contestable.

Ensuite, par une évolution des relations État-opérateurs. La logique de confrontation cède progressivement la place à une approche plus contractuelle. En échange de la transparence sur leurs coûts, les importateurs obtiennent une visibilité sur leurs compensations. Moins d’aléas, moins de contentieux.

Reste un défi majeur : la zone Est, où l’approvisionnement pétrolier est perturbé par l’insécurité et les contraintes logistiques. Les PMAG y sont plus difficiles à calculer, plus sensibles politiquement. Si la méthode éprouvée à l’Ouest peut y être transposée, l’État disposerait alors d’un outil de régulation enfin fiable sur l’ensemble du territoire.

Par Marius Bopenga
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Corridor de Lobito : la RDC, la Zambie et l’Angola lancent une réunion de coordination à Luanda

by admin9775 5 février 2026
written by admin9775

La République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et l’Angola tiennent depuis ce jeudi 5 février à Luanda, capitale angolaise, une réunion inaugurale de coordination, en partenariat avec la Banque mondiale, sur la mise en œuvre du projet stratégique du corridor de Lobito. Cette rencontre de deux jours réunit les ministres des Transports, des Finances et du Commerce extérieur des trois pays, avec pour objectif d’aligner les politiques, coordonner les investissements et mobiliser les partenaires publics et privés.

Présenté comme un levier de croissance économique, de commerce intra-africain et de création d’emplois, le corridor de Lobito relie l’Afrique australe et centrale aux marchés mondiaux. Donnant le coup d’envoi de cette réunion, le président angolais João Lourenço a appelé les États et les partenaires financiers au pragmatisme pour accélérer sa mise en œuvre.

La RDC mise sur une approche globale

Le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a affirmé que la RDC privilégie une approche intégrée du corridor, combinant transports, logistique, énergie, commerce et développement industriel. La première phase prioritaire concerne le tronçon Dilolo-Kolwezi-Tenge.

« Nous avons différentes phases que nous sommes en train d’aborder. La priorité a été de stabiliser la route entre Dilolo et Kolwezi. Bien sûr, c’est un vieux rail que nous réhabilitons avec l’appui du secteur privé. Nous avons obtenu un financement de 110 millions de dollars pour intervenir sur 80 kilomètres de ce tronçon », a-t-il expliqué.

Un levier de développement pour les populations

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur l’appropriation du corridor par les pays concernés et sur la nécessité d’en faire un véritable levier de développement.

« Le corridor de Lobito était souvent perçu comme un projet porté par d’autres. Je suis heureux que désormais les acteurs concernés – Angola, RDC, Zambie – se mettent ensemble avec les partenaires pour réfléchir à ses impacts sur nos populations. Si nous continuons à le considérer uniquement comme une infrastructure de transport, les populations resteront dans l’état où le corridor les a trouvées », a-t-il déclaré.

Réformes pour améliorer le climat des affaires

De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rappelé que la RDC mène des réformes pour consolider l’amélioration du climat des affaires, condition essentielle pour attirer les investissements et garantir la réussite du projet.

Radio okapi

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Le ministre Paluku dénonce une « stratégie économique » rwandaise basée sur la destruction du capital humain et le pillage des ressources

by admin9775 5 février 2026
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Lors d’une journée nationale de mémoire pour les victimes de l’Est, le ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une analyse percutante des motivations économiques qu’il attribue à l’agression rwandaise en RDC. Devant un parterre d’autorités dont la Première ministre Judith Suminwa, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a développé la thèse d’une guerre visant à anéantir le capital humain congolais pour mieux piller les minerais.

Une stratégie en deux temps : détruire pour mieux régner

L’intervention du ministre, intitulée « Conséquences économiques de la guerre et de l’occupation », a pointé un double objectif stratégique attribué à Kigali :

  1. La destruction du capital humain : Julien Paluku a souligné que les 7 millions de personnes déplacées – une population équivalente à celle du Congo-Brazzaville, du Lesotho et du Botswana réunis – représentent une annihilation délibérée d’un « facteur de production ». Selon lui, affaiblir la capacité productive locale crée un marché captif pour les biens rwandais. « Le Rwanda compte environ 10 millions d’habitants et son marché le plus sûr est la RDC. Il s’agit donc de détruire la capacité productive locale afin de trouver plus facilement des débouchés », a-t-il expliqué.
  2. Le pillage systématique des ressources : Le ministre a présenté des chiffres saisissants pour étayer sa thèse. Il a affirmé que les revenus miniers du Rwanda sont passés de 70 millions de dollars en 2007 à près de 2 milliards de dollars en 2025, une explosion qu’il impute directement au pillage des ressources congolaises. « Les véritables « FDLR » poursuivis par Kigali en RDC sont en réalité les minerais et autres ressources naturelles congolaises », a-t-il lancé.

L’or du Sud-Kivu, nouvel enjeu de la conquête

Paluku a relié l’extension récente des combats vers le Sud-Kivu à la mise en place par Kinshasa de la société Congo Gold Trading. Cette joint-venture avec un partenaire émirati aurait fait passer la production d’or déclarée de quelques kilos par an à 800 kilos par mois, soit près de 10 tonnes annuelles, représentant une valeur d’environ 2 milliards de dollars. « Le Rwanda a donc rapidement compris qu’il fallait attaquer le Sud-Kivu pour poursuivre ce deuxième FDLR, qui s’appelle l’or », a-t-il asséné.

Pour le ministre, cette réalité est si écrasante que Kigali aurait cessé de publier les statistiques de sa Banque centrale depuis mai 2025 pour éviter les questions. « On ne peut pas passer de 70 millions à 2 milliards de dollars comme si les ressources s’étaient multipliées dans le sol », a-t-il ironisé.

Contexte : Une journée de mémoire pour maintenir la pression

Cette analyse a été livrée lors d’une commémoration officielle, un an après la chute de Goma aux mains du M23. Axée sur le thème « Résistance, Résilience et Unité », cette journée visait à ancrer le conflit dans la mémoire nationale et à maintenir l’attention diplomatique. La présence de la Première ministre Judith Suminwa et de membres du gouvernement soulignait la volonté de l’exécutif de porter ce récit sur la scène internationale.

Analyse : Un discours offensif pour une bataille narrative

La déclaration de Julien Paluku va au-delà du constat. Elle constitue une arme rhétorique et diplomatique agressive, visant à :

  • Déplacer le récit du cadre strictement sécuritaire vers une dénonciation économique systématique.
  • Légitimer la résistance en présentant la guerre comme une lutte pour la survie économique et démographique de la nation.
  • Appeler à des sanctions économiques ciblées contre le Rwanda en documentant, selon les termes de Kinshasa, un pillage à grande échelle.

Ce discours place l’argument des « minerais du sang » au centre de la controverse, défiant la communauté internationale de fermer les yeux sur ce qui est décrit comme une prédation économique déguisée en conflit ethnique ou sécuritaire.

Conclusion : De la mémoire à l’action

Si la journée n’a pas débouché sur des annonces politiques immédiates, le discours de Julien Paluku en a été le pivot stratégique. Il révèle la volonté de Kinshasa de judiciariser et d’économiser le conflit à l’international, en accumulant des chiffres-chocs pour nourrir des rapports d’experts et des résolutions onusiennes. La question demeure de savoir si cette bataille narrative, aussi percutante soit-elle, parviendra à se traduire en mesures concrètes de pression sur Kigali et en une sécurisation effective des zones minières, ou si elle restera un chapitre de plus dans la longue litanie des dénonciations congolaises.

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