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À la Une

À la UneNouvelles nécrologiques

Mort du réalisateur Frederick Wiseman, documentariste de la société américaine

by admin9775 17 février 2026
written by admin9775

Plus de 40 longs métrages à son actif, les hommages des plus grands festivals et de multiples récompenses dont un Lion d’or à Venise en 2014, un Oscar d’honneur en 2016, un Carrosse d’or en 2021, le réalisateur américain Frederick Wiseman est mort le 16 février à l’âge de 96 ans. Une grande rétrospective de son œuvre a été proposée au public en France en 2024-2025, pour voir ou revoir ses chroniques sur les États-Unis et ailleurs (la France notamment), ses institutions, mais surtout les gens qui y travaillent ou qui y vivent, brossant un portrait inédit de la société américaine en son cœur.  

Publié le : 17/02/2026 – 00:06

10 min Temps de lecture

Frederick Wiseman reçoit son prix sur scène lors de la cérémonie des Governors Awards 2016 au Dolby Ballroom, le 12 novembre 2016, à Los Angeles.
Frederick Wiseman reçoit son prix sur scène lors de la cérémonie des Governors Awards 2016 au Dolby Ballroom, le 12 novembre 2016, à Los Angeles. Chris Pizzello/Invision/AP – Chris Pizzello

Un, voir deux films par an, et de longs, voire très très longs métrages, de plusieurs heures. « Ce qui me fait avancer, disait Wiseman en recevant un Oscar d’honneur pour sa carrière, c’est le plaisir et le goût de l’aventure ». C’est un boulimique de travail qui, dès qu’il a fini un film, passe au suivant, raconte Marcel Ophuls (Positif, mai 2011). Wiseman dit de lui-même qu’il fuit après chaque film une dépression pos-partum en enchaînant les projets.

Il filme au jour le jour, promène sa caméra dans les travées d’une bibliothèque (ex-Libris), dans les cuisines d’un restaurant (Menus plaisirs : les Trois gros), dans les salles de répétition de danseurs (La danse), les coulisses de la Comédie française (La Comédie française ou l’Amour joué), une prison (Titicut Follies), sur les quais du canal de Panama (Canal Zone), un tribunal pour enfants (Juvenil Court), un quartier du Queens (In Jackson Heights), l’unité de soin intensifs du Beth Israel Hospital (Near death, six heures d’émotion en noir et blanc pendant lesquelles le spectateur ne peut que se mettre dans la peau des personnages), le non moins impressionnant Meat qui suit toute la chaîne de production de viande depuis les vertes prairies jusqu’au dépeçage à la chaîne des bêtes, etc, etc. Et il faut parfois avoir le cœur bien accroché, littéralement, pour certaines séquences comme l’opération à thorax ouvert dans Hospital…

Malgré la variété des lieux où il a posé son regard, l’unité de son travail est saisissante. Ce sont des heures de films qui, mis à bout, racontent le monde. De la même manière que Wiseman ne transige jamais sur la durée de ses films, il n’intervient ni n’apparaît à aucun moment : ni interview, ni commentaire ; au spectateur de tirer les enseignements de qu’il voit, ressent et comprend à travers les images et la bande son, de l’univers ou du microcosme qu’il lui est proposé de découvrir. « Ce n’est pas un hasard si mon cinéma écarte les commentaires pour donner toute sa place à l’image. J’essaye de donner suffisamment de renseignements au spectateur afin qu’il puisse, par lui-même, décider du sens. Mon point de vue au fond s’exprime par le montage, qui est pour moi une forme d’écriture, et la structure du film. Pas par les mots », explique Wiseman

« Le titre, dont le sens est on ne peut plus transparent, fait office de panneau indicateur… vous êtes ici », écrit Laura Fredducci dans son introduction à l’essai  « Frederick Wiseman, à l’écoute ». Et à partir de cet « ici », Wiseman propose par ses images et la construction de son récit, une mise en lumière de la complexité du monde et des interelations entre ses personnages, des déterminismes sociaux, une sorte d’enquête ethnographique documentaire. 

https://youtube.com/watch?v=ZoEViyKlIhc%3Fsi%3DPLcAPx9P5dVWARxm

Les relations sociales sont une mise en scène

C’est le documentaire Titicut Follies (1967) qui a fait connaître Frederick Wiseman auprès du public américain (cinéphile). Diplômé de Yale, ce natif de Boston est juriste de formation. C’est dans cette université qu’il rencontra celle qui fut son épouse pendant 65 ans, Zipporah Batshaw Wiseman, juriste et universitaire, décédée en 2021. Après de longues études de droit pour tenter d’échapper au service militaire, raconte Laura Fredducci, Wiseman est revenu filmer cette chronique de la prison psychiatrique de Bridgewater dans le Massachussetts, qu’il avait maintes fois visitée avec ses étudiants. « Avant de devenir documentariste, j’étais professeur de droit. J’amenais certains de mes étudiants dans cet asile pour leur montrer les effets réels de la justice. Quand j’ai décidé de devenir cinéaste, c’est le premier sujet auquel j’ai pensé. Personne n’avait montré ce qu’il se passait dans ces prisons. J’avais envie de regarder cela : les violences, les rapports de force et la brutalité. De le montrer. Le titre du film fait référence à une comédie musicale. Chaque année, les prisonniers montaient une représentation pour un spectacle de fin d’année, et c’était ‘Titicut Folies’. Ce qui m’amusait c’est que mon film était précisément structuré comme une pièce de théâtre, divisé en actes. Et chaque acte racontait les exactions des gardiens contre les prisonniers. Choisir ce titre fut une sorte de blague, mais très ironique », explique Frederick Wiseman.

L’acteur Leonardo DiCaprio raconte qu’il s’est inspiré du documentaire pour son rôle de marshal dans le thriller Shutter Island de Martin Scorsese. Le film fut censuré à sa sortie. Wiseman avait eu l’autorisation de tourner du directeur de l’établissement qui souhaitait profiter du film pour alerter sur la précarité du lieu et son manque de moyen, ce qui ne fut pas du goût du gouverneur républicain du Massachussetts de l’époque.

Une petite équipe pour se fondre dans le dispositif

Frederick Wiseman travaille avec une toute petite équipe : un caméraman, un assistant et lui au son. Pas de lumière artificielle, du son direct. Le réalisateur est à la perche, tout à la fois concentré sur ce qu’il voit et disponible pour saisir ce qui survient, donnant parfois des indications de cadrage à son caméraman « par de petits gestes », raconte Laura Fredducci. Il raconte avoir aperçu le jeune Vladimir discuter avec un médecin, dans la cour de la prison psychiatrique, s’être rapproché et avoir commencé à filmer sans savoir qu’il y aurait là une des fortes séquences de Titicut Follies. Et ceux qu’il filme ne semblent pas se soucier de la présence de ces trois personnes qui se fondent dans leur paysage au fil des longues – parfois douze heures – séquences de tournage. Les éventuels regards caméra seront coupés au montage. Wiseman raconte qu’il filme toujours avec l’accord  de ses personnages et qu’il n’intervient jamais dans leur quotidien. « Je ne demande jamais aux gens de faire quelque chose pour moi », explique-t-t-il. J’ai donné quelques uns de mes films à voir aux danseuses du Crazy Horse avant de commencer le film, pour qu’elles connaissent mon travail et elles m’ont donné leur accord, raconte-t-il.

« Croit-il encore à ce mythe, jouer la mouche sur le mur avec sa caméra ? Il a peut-être commencé à y croire il y a des années, mais plus maintenant. Et Wiseman n’est la mouche sur le mur de personne. Personne à mon avis n’oublie tout à fait qu’il est filmé, à moins de dormir à poing fermé ou d’être ans le coma », écrit Marcel Ophuls à propos de son ami. « La plupart des mouches que je connais ne sont pas du tout conscientes, et j’aime à penser que je suis consciente à au moins 2 % », rétorquait Wiseman dans une interview au Guardian.

Mais la présence d’une équipe de tournage n’altère qu’à la marge l’attitude des personnes filmées quand ladite équipe passe des heures avec elles, d’autant que Wiseman dit discuter beaucoup avec ses personnages, démystifier la caméra, expliquer son travail. Les personnes filmées ne jouent que le rôle de leur vie, et c’est déjà suffisant comme ça, selon Wiseman. Faire société, c’est déjà jouer un rôle et ce qu’on appelle vérité n’est qu’une construction sociale.

« Quand je choisis un sujet, je ne sais pas d’avance si c’est un bon sujet ou non, si j’aurais assez de matière, si ça sera intéressant… c’est l’aspect Las Vegas du processus, un pari, on peut gagner mais on ne sait jamais d’avance » raconte Wiseman, à propos de Crazy Horse (2011). On peut noter au passage que Wiseman se plaît à filmer les corps en action, en particulier ceux qui se préparent au spectacle : le ballet, la danse (La danse à l’Opéra de Paris et Ballet sur l’American Ballet Theater et même Crazy Horse), la boxe (Boxing Gym)… Ce sont des chorégraphies qui supposent beaucoup de travail et de discipline et qu’il rend sensibles dans La danse : ces gestes, ces mouvements répétés à l’infini, la concentration des danseurs, le peu d’échanges entre des acteurs tendus vers leur objectif, se préparant à la représentation, à la performance.

Des heures de tournage, de l’importance du montage

« Là où j’ai le plus appris du cinéma, c’est en faisant le montage », raconte Wiseman dans le même entretien.Il emmagasine beaucoup de pellicule : onze semaines au Crazy Horse ont produit 150 heures de films suivies par treize mois de montage…  Il passera autant de temps de salle de montage où, dès la fin du tournage, il visionne tous les rushes, soigneusement identifiés. Il attribue aux séquences des étoiles (« comme le guide Michelin »), une, deux ou trois et la moitié est écartée. Puis il commence un pré-montage des séquences qui peuvent être dans le film – qui peut durer 6 ou 7 mois – et après, une fois qu’il a « toutes les séquences candidates » qu’il commence à « jouer avec la structure ». « Pour le montage, j’essaie morceau par morceau » : pas de montage dans l’abstrait, il faut tester pour voir si les séquences fonctionnent les unes à côté des autres, « les idées viennent quand on met par exemple la séquence 32 à côté de la 57, ça suggère telle ou telle chose ! ». La dernière phase du montage est consacrée au rythme des séquences et entre les séquences : l’avant-dernière version du film est de 30 à 40 mn plus longue que la version finale. Et, cerise sur le gâteau, il revoit tous les rushes au cas où quelque chose lui aurait échappé ! Pourquoi encore le montage est-il important (qu’il soit en pellicule ou en numérique) ? Parce qu’avec l’expérience du montage, on sait de quels plans on aura besoin lors d’un prochain tournage…

« Wiseman aime la vie et les gens »

Un film a deux niveaux : un premier niveau « littéral » avec un cadre, des personnages et des situations, et un deuxième niveau, apporté au moment du montage qui lui confère une autre dimension, plus abstraite, qui interroge sur le pourquoi de l’action et des interactions.  « J’essaye de faire le montage de manière à ce que tout ce que l’on voit s’explique », sans gommer l’ambiguïté du réel.

Pour lui, le débat sur le rapport du documentaire réel, si cher aux Français se moque-t-il (gentiment, lui le parfait francophone et francophile) est un faux débat. « Il y a un aspect fictionnel dans tous les films, par le montage et partiellement par la structure.  Il est évident que ce sont tous des films de fiction, sauf qu’il n’y a pas de scénario ni d’intervention dans les événements ».

« Wiseman aime la vie et les gens… (alors que moi, je pense qu’on peut s’intéresser aux gens sans forcément les aimer). Dans tous les films de Wiseman, on n’a rien pigé du tout si on ne veut pas comprendre qu’il aime les gens », écrit joliment Marcel Ophuls. Interrogé en 2011 sur son travail, Wiseman, lui-même féru de cinéma, déclarait espérer avoir appris, au bout de presque 40 films alors, à faire un film documentaire. Il laisse de fait une œuvre monumentale, abondamment étudiée et commentée, qui fait date dans l’histoire du cinéma américain, et du cinéma tout court. Un œuvre aussi qui crée société tant elle décloisonne et donne à connaître les rouages de l’institution. Une œuvre à laquelle, si l’on osait le plagier, on attribuerait sans hésiter cinq étoiles…

RFI

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À la UnePolitique

Après la prise d’Uvira, les États-Unis haussent le ton contre Kigali

by admin9775 16 février 2026
written by admin9775

Dans un entretien accordé à France 24, le conseiller spécial des États-Unis pour l’Afrique, Massad Boulos, a qualifié de « violation grave » la prise de la ville d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, par le M23, qu’il affirme soutenu par le Rwanda.

Selon lui, cette offensive constitue une entorse majeure à l’Accord de Washington signé en 2025. « Nous espérons pouvoir faire confiance au président Paul Kagame », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que la confiance de Washington est désormais ébranlée.

Une escalade jugée inacceptable

Massad Boulos a indiqué que les États-Unis tiennent « le M23 et le Rwanda » pour responsables de cette escalade, même si les rebelles se sont partiellement retirés d’Uvira après une intervention diplomatique américaine, tout en conservant des positions aux alentours de la ville.

Il a rappelé que l’accord avait été conclu en présence de l’ancien président Donald Trump, engageant politiquement les trois chefs d’État concernés. Pour Washington, la violation d’un texte signé sous l’égide du président américain dépasse le simple incident diplomatique et constitue une rupture de confiance stratégique.

« Les États-Unis ne prendront pas cela à la légère », a averti le conseiller spécial, évoquant la possibilité de nouvelles sanctions. Il a rappelé que Washington avait déjà pris des mesures coercitives contre des individus et entités impliqués dans des circuits commerciaux illicites, ainsi que contre le général James Kabarebe. D’autres sanctions, y compris de niveau plus élevé, pourraient intervenir « dans un futur proche ».

Malgré les critiques américaines, Paul Kagame a affirmé ne pas se soucier d’éventuelles sanctions. « On a entendu ses déclarations… on verra », a réagi Massad Boulos, soulignant que Washington dispose d’outils supplémentaires pour faire pression.

Les États-Unis se sont dits « extrêmement déçus » par les violences, tout en rappelant que l’Accord de Washington ne constituait qu’un point de départ et que la paix dans la région reste « un processus » exigeant du temps et des engagements concrets sur le terrain.

Le Sahara occidental également au menu diplomatique

Au cours de l’entretien, Massad Boulos a également abordé la question du Sahara occidental, dossier traité par la diplomatie américaine en Afrique.

Les États-Unis ont récemment réuni à Madrid des représentants du Maroc, de la Mauritanie, de l’Algérie et du Front Polisario pour des discussions sur ce territoire disputé depuis un demi-siècle.

Le conseiller de Donald Trump a confirmé que Washington reconnaît le Sahara occidental comme territoire marocain, affirmant que « la position des États-Unis est très claire ». Il a néanmoins salué le rôle d’Alger, estimant que « l’Algérie apporte une aide précieuse », tout en soulignant qu’une solution durable devra être acceptée par l’ensemble des parties concernées.

L’évolution de la situation à Uvira, comme celle du dossier saharien, restera sous étroite surveillance de Washington dans les semaines à venir.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
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À la UnePolitique

Martin Fayulu commémore les martyrs de la démocratie et dénonce une attaque contre son cortège

by admin9775 16 février 2026
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Le président Martin Fayulu, accompagné des cadres et militants de la coalition Lamuka, a pris part ce lundi à une grande célébration eucharistique organisée à la paroisse Saint-Joseph de Matonge, en mémoire des martyrs de la démocratie.

La cérémonie a rendu hommage aux chrétiennes et chrétiens dont les vies ont été brutalement fauchées lors de la répression menée sous le régime de Mobutu Sese Seko en 1992, alors qu’ils participaient à une marche pacifique réclamant la réouverture de la Conférence nationale souveraine (CNS). Trente-quatre ans après ces événements tragiques, profondément ancrés dans la mémoire collective, l’opposant congolais a réaffirmé son attachement aux idéaux de justice et de démocratie.

Fayulu dénonce une attaque violente

À l’issue de la messe du 16 février, Martin Fayulu a toutefois dénoncé des actes de violence visant son cortège et le siège du parti ADDCONGO, formation dirigée par Prince Epenge.

« Inacceptable ! Aujourd’hui après la messe du 16 février à Saint-Joseph, les éléments de la “Force du Progrès” ont attaqué mon cortège et le siège de l’ADDCONGO de P. Epenge. Des membres de Lamuka ont été sauvagement blessés à la machette. La violence n’a pas sa place en politique », a-t-il déclaré.

Ces accusations interviennent dans un climat politique tendu, alors que la date du 16 février demeure symbolique pour de nombreux acteurs politiques et mouvements citoyens en République démocratique du Congo.

Aucune réaction officielle des personnes mises en cause n’était disponible dans l’immédiat.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Paie des fonctionnaires : le gouvernement brise les rumeurs et assure que tout est sous contrôle

by admin9775 16 février 2026
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Réunie à la Primature sous la présidence de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, la conjoncture économique a conclu que la situation reste maîtrisée et que le Gouvernement dispose des moyens pour honorer ses engagements.

La situation économique demeure maîtrisée et le processus de paiement des agents de l’État évolue normalement. C’est la principale conclusion de la réunion extraordinaire de la Conjoncture économique tenue à la Primature, sous la présidence de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka.

Ont pris part à cette séance de travail le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, le ministre du Budget, Adolphe Muzito, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, ainsi que le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso.

De nouvelles mécanisations à la base du paiement progressif

À l’issue de la réunion, le ministre des Finances a souligné que « la situation est sous contrôle » et que le Gouvernement dispose des moyens nécessaires pour honorer ses engagements.

Doudou Fwamba a expliqué que le paiement des salaires, entamé avant le 28 janvier, a connu un léger décalage lié aux réalités techniques du premier trimestre. « Tous les fonctionnaires savent qu’au mois de janvier, de nouvelles mécanisations et des mises à jour doivent être opérées. Ces ajustements, combinés à certaines contraintes sécuritaires, ont conduit l’État à adopter une stratégie de paiement progressif », a-t-il précisé.

Selon lui, contrairement aux rumeurs relayées ces derniers jours, les rémunérations des services prioritaires ont été versées avant le 28 janvier 2026. Il s’agit notamment des éléments des Forces armées, de la Police nationale congolaise ainsi que des enseignants pris en charge par la DINACOPE pour la ville-province de Kinshasa.

Clôture annoncée dans les 72 heures

Pour les autres catégories d’agents publics, le processus de paiement s’est poursuivi au-delà du 28 janvier en raison du glissement technique observé. Les médecins, a-t-il indiqué, ont déjà été payés la semaine précédente.

« Je pense que dans les 72 heures, nous allons clôturer les opérations de paie du mois passé », a affirmé le ministre des Finances, se voulant rassurant.

Les autorités assurent ainsi qu’il ne s’agit pas d’un problème structurel, mais d’un ajustement administratif et technique propre au début d’exercice budgétaire. Le Gouvernement entend intégrer ces paramètres pour améliorer la fluidité des prochaines opérations de paie et maintenir la stabilité macroéconomique du pays.

Par ailleurs, 59 millions USD ont été déboursés en 2025 pour le programme PDL-145 Territoires, qui reste prioritaire en 2026 sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Par Marius Bopenga
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À la UneSport

Lutte sénégalaise: Franc renverse Tapha Tine dans un combat éclair et poursuit son ascension

by admin9775 16 février 2026
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Franc, redoutable lutteur des Parcelles, a dominé son adversaire Tapha Tine lors d’un combat expéditif, ce dimanche à l’Arène nationale. Phénomène de la discipline qui n’en finit plus de monter, il décroche la 16e victoire de sa carrière en autant de combats et s’impose plus que jamais comme un prétendant majeur au titre de roi des arènes dans les années à venir.

Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter l’ascension irrésistible de Franc. Le lutteur des Parcelles Assainies n’a pas mis longtemps, ce dimanche au cœur de l’Arène nationale de Dakar, pour étaler tout son talent et renverser Tapha Tine en moins de deux minutes. Un nouveau succès retentissant face à un adversaire expérimenté et très redouté de la discipline.

Connu pour sa puissance mais aussi sa science tactique, Franc (33 ans, 130 kg) est resté fidèle à sa réputation lors de ce choc des géants, prouvant qu’il pouvait venir à bout de n’importe quel gabarit alors que s’avançait face à lui celui que l’on surnomme pourtant le « Géant du Baol ». Mais Tapha Tine (45 ans, 1,98m, 130 kg), comme tous les autres avant lui, n’a pas résisté longtemps face au lieutenant de Modou Lô, l’actuel roi des arènes.

Après un face-à-face électrique entre les deux hommes en début de combat, où la différence de taille était flagrante, le choc s’est ouvert sur un round d’observation pendant lequel les deux mastodontes ont pris le temps de se jauger et de faire monter le suspense dans l’arène. C’est Tapha Tine qui a tenté de lancer les hostilités en premier, avec une série de droites destinées à briser la garde de son adversaire du jour. Patient face aux assauts, Franc de son vrai nom Émile François Gomis, a laissé passer la tempête avant d’asséner son coup signature, une prise au flanc imparable, et de renverser la montagne dressée devant lui.

Une 16e victoire et une invincibilité préservée

Franc a ainsi ajouté à son palmarès déjà impressionnant un nouveau nom de taille ce dimanche, après avoir terrassé Bombardier, Ama Baldé ou encore l’ex-roi Eumeu Sène au cours des deux dernières années. Surtout, le lutteur des Parcelles a décroché une 16e victoire en 16 combats disputés depuis ses débuts dans la discipline et poursuit une série d’invincibilité remarquable.

« Franc, c’est le lutteur le plus complet de l’arène actuellement. Il commet très peu d’erreurs. Sa technique, c’est de passer par les flancs de son adversaire pour le neutraliser. Beaucoup savent comment Franc lutte, mais quand il enclenche, personne ne peut l’arrêter », avait analysé très justement Iba Kane, spécialiste de la lutte sénégalaise, pour RFI. Un constat qui s’est confirmé une fois de plus ce dimanche.

Protégé de la légende vivante de la lutte sénégalaise et actuel roi des arènes Modou Lô, le prétendant Franc fonce tout droit vers les sommets et apparaît comme inarrêtable à l’heure actuelle. À tel point que le choc entre le lieutenant et le roi ne semble maintenant plus qu’une question de temps.

RFI

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À la UneEconomie

RDC : la masse salariale de l’État menace l’équilibre des finances publiques

by admin9775 15 février 2026
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La soutenabilité budgétaire de la République démocratique du Congo fait face à une contrainte structurelle de plus en plus marquée : la progression rapide de la masse salariale de l’État. Dans sa deuxième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), le Fonds monétaire international (FMI) identifie cette dynamique comme l’un des principaux facteurs de risque pour l’équilibre des finances publiques à court et moyen terme.

Selon le rapport, la hausse des rémunérations en particulier dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice exerce une pression accrue sur l’exécution budgétaire. Cette évolution intervient dans un contexte déjà tendu, caractérisé par des dépenses sécuritaires élevées, liées notamment à la situation à l’Est du pays, et par des marges fiscales limitées.

Des dépenses courantes sous tension

Le document souligne que la masse salariale a connu une augmentation significative ces dernières années. Cette progression s’explique principalement par les ajustements salariaux consentis dans les secteurs sociaux, les recrutements et régularisations administratives, ainsi que la poursuite d’engagements pris antérieurement par les autorités.

En 2024 et 2025, ces facteurs ont engendré des pressions notables sur les dépenses courantes, dépassant les niveaux initialement programmés dans le cadre du programme soutenu par la FEC. Le FMI note que la masse salariale absorbe désormais une part croissante des ressources budgétaires, accentuant la rigidité des dépenses publiques.

Une capacité d’investissement réduite

Cette rigidité limite la capacité de l’État à financer d’autres priorités, notamment l’investissement public et certaines dépenses sociales protégées par le programme. Elle complique également l’ajustement budgétaire dans un environnement marqué par des besoins humanitaires élevés et une mobilisation des recettes encore jugée insuffisante pour compenser la hausse des charges récurrentes.

La montée de la masse salariale figure ainsi parmi les principaux facteurs expliquant les écarts budgétaires projetés pour 2025 et 2026. Pour 2025, le FMI indique que l’augmentation des rémunérations dans les secteurs sociaux et judiciaires a contribué à l’élargissement du déficit par rapport au cadrage initial. Pour 2026, la pression devrait se maintenir, s’ajoutant aux dépenses de sécurité et accentuant les tensions sur le cadre macro-budgétaire.

Dans ce contexte, la maîtrise des dépenses salariales apparaît comme un enjeu central pour préserver la stabilité macroéconomique et assurer la viabilité des finances publiques congolaises à moyen terme.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

L’Africa Museum refuse de transmettre ses archives géologiques sur la RDC à une société américaine

by admin9775 15 février 2026
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Le Africa Museum, officiellement Musée royal de l’Afrique centrale, basé à Tervuren, a rejeté la demande d’une société minière américaine souhaitant obtenir ses archives géologiques relatives à la République démocratique du Congo. L’information a été rapportée par la VRT et relayée par l’Agence congolaise de presse.

Selon le média public flamand, l’entreprise entendait utiliser des outils d’intelligence artificielle afin d’analyser ces documents historiques dans le but d’identifier de nouveaux gisements potentiels dans le sous-sol congolais. Le musée a toutefois refusé de céder ces fonds, invoquant la nécessité d’une numérisation conduite dans un cadre scientifique rigoureux.

Son directeur, Bart Ouvry, a précisé que les documents sollicités relèvent du domaine public et ne constituent pas des archives d’entreprise susceptibles d’être simplement transférées à un acteur privé.

Une numérisation encadrée et partenariale

Le projet de numérisation des archives est actuellement mené avec le soutien de l’Union européenne, en étroite collaboration avec les services géologiques congolais. Bart Ouvry a souligné l’importance du rôle des partenaires scientifiques dans l’exploitation future de ces données.

Les archives concernées comprennent notamment des rapports et des cartes produits par d’anciennes compagnies minières belges, dont les activités ont cessé à la fin des années 1960. Elles couvrent non seulement la RDC, mais aussi le Rwanda, le Burundi et d’autres territoires africains.

Selon la VRT, ces archives restent accessibles aux chercheurs et aux entreprises privées, mais uniquement sur autorisation du gouvernement congolais et dans le cadre de consultations ciblées.

Un contexte marqué par la ruée vers les minerais stratégiques

Cette décision intervient dans un contexte d’intérêt croissant pour les ressources stratégiques de la RDC, notamment le cobalt, le cuivre et le coltan, essentiels à la transition énergétique mondiale.

L’an dernier, rappelle l’Agence congolaise de presse, le gouvernement congolais a signé un accord avec KoBold Metals, société soutenue notamment par Jeff Bezos et Bill Gates. L’entreprise ambitionne de numériser d’anciens dossiers relatifs aux minerais du sous-sol congolais et d’identifier de nouveaux sites d’exploitation grâce à l’analyse de données et à l’intelligence artificielle.

Un musée entre mémoire et recherche

En tant que musée et centre de recherche, l’Africa Museum se présente comme un forum d’étude et de dialogue consacré aux sociétés et à l’environnement naturel de l’Afrique subsaharienne. Institution à la fois mémorielle et tournée vers l’avenir, il aborde l’héritage colonial tout en s’intéressant aux enjeux contemporains du continent.

Sa mission repose sur une gestion attentive de ses collections et sur le partage des connaissances à travers la recherche, les partenariats, les expositions et les activités éducatives. Soucieux d’accessibilité et d’inclusion, notamment à l’égard des diasporas africaines, le musée revendique une approche participative orientée vers la cocréation et la coopération scientifique durable.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Washington attend des mesures concrètes sur la démobilisation des FDLR

by admin9775 15 février 2026
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Les États-Unis attendent du Rwanda et du M23 qu’ils annoncent clairement les mesures prises en vue de la démobilisation des FDLR, a déclaré Chris Smith, président de la Sous-commission Afrique de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis.

Selon le congressman américain, les zones auparavant identifiées comme étant sous le contrôle des FDLR se trouvent désormais sous l’autorité du M23 et du Rwanda. Dans ce contexte, Washington estime qu’il revient aux acteurs actuellement présents sur le terrain de démontrer les actions concrètes entreprises pour neutraliser et démobiliser ces combattants.

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda, groupe armé actif dans l’est de la République démocratique du Congo, sont régulièrement accusées d’alimenter l’instabilité dans la région des Grands Lacs. La question de leur démobilisation demeure un point central dans les discussions diplomatiques et sécuritaires impliquant Kinshasa, Kigali et leurs partenaires internationaux.

L’élu républicain Chris Smith insiste sur l’application stricte des Accords de Washington et désigne la CENCO et l’ECC comme acteurs clés du dialogue national inclusif en RDC pour garantir la cohésion sociale et la stabilité,

La déclaration de Chris Smith s’inscrit dans un contexte de pressions accrues de la part de Washington pour une désescalade durable et des engagements vérifiables en faveur de la stabilité régionale.

Par Marius Bopenga
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Inondations: des crues record et «généralisées» dans l’ouest de la France

by admin9775 15 février 2026
written by admin9775

Ponts fermés, digues submergées et évacuations de quelques centaines d’habitants… Des villages en bord de Garonne se sont retrouvés samedi « totalement isolés » face à la montée des eaux, dans un contexte de crue « généralisée » et record en France selon Vigicrues. 

Après une succession d’intempéries cette semaine, dont la violente tempête Nils, la Gironde et le Lot-et-Garonne ont été maintenus ce week-end en vigilance rouge pour les crues, avec une dizaine de départements en vigilance orange sur une large frange ouest du pays, de l’Ille-et-Vilaine à l’Ariège, et environ 60 en vigilance jaune.

À cela s’ajoutent trois autres alertes météorologiques : une vigilance orange aux vents forts pour l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la principauté d’Andorre ; une vigilance orange neige-verglas dimanche pour une quinzaine de départements de la moitié nord du pays, notamment en région parisienne et dans les Hauts-de-France ; et une vigilance orange aux avalanches dans les Pyrénées dimanche.

Nous sommes dans une situation en France de crues majeures généralisées. Il est un peu trop tôt pour dire si oui ou non, c’est le changement climatique qui opère depuis un mois et demi sur cette recrudescence de perturbations.

Corentin Perrot, prévisionniste chez Météo FranceLucile Gimberg

Pour les cours d’eau en vigilance orange ou rouge, « des débordements importants et majeurs sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures », selon le service d’informations Vigicrues.

Une lente décrue s’amorce

À Bourdelles (90 habitants) près de La Réole, en Gironde, la Garonne est sortie de son lit, avec de l’eau à perte de vue, a constaté samedi un journaliste de l’AFP. « Il y a des villages qui sont totalement isolés », a déclaré l’adjudant-chef Olivier Konrad, adjoint à la Brigade nautique d’Arcachon, chargée de patrouiller et d’évacuer les habitants concernés, qui sont néanmoins rompus aux crues, notamment après celle de 2021.   

« Ils ont l’habitude. (…) Mais là, par rapport à hier (vendredi), l’eau a encore bien pris un bon mètre » de hauteur, a-t-il expliqué, avec 9,70 mètres mesurés samedi après-midi à La Réole. « Les niveaux d’eau ont atteint un plateau » sur la Garonne en Gironde, selon la préfecture, qui s’attend à un pic dimanche vers 6h00 du matin à La Réole. Les autorités ont fait état d’environ 80 personnes évacuées en Gironde.

Je suis devant ma fenêtre de mon bureau et là, je vois en fait un océan. Cette Garonne qui fait d’habitude 30 mètres… Là, on voit de l’eau à perte de vue. Des centaines d’hectares…

01:19

Témoignage du maire de La RéoleLucile Gimberg

En amont, dans le Lot-et-Garonne, des évacuations « préventives », liées à des « fragilités sur les digues », ont concerné samedi 590 personnes, selon la préfecture, portant le total des évacués à 1 500 dans le département. À Tonneins (Lot-et-Garonne), une crue de 9,58 mètres a été observée, supérieure à celle de 2021 (9,51 m) mais loin du record de 1930 (10,72 m), avant de refluer à 9,44 mètres vers 20h00 samedi, début de « décrues lentes » selon la préfecture.

Cette photographie aérienne montre la Garonne en crue inondant un quartier résidentiel de Tarn-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France, le 13 février 2026, après le passage de la tempête Nils.
Cette photographie aérienne montre la Garonne en crue inondant un quartier résidentiel de Tarn-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France, le 13 février 2026, après le passage de la tempête Nils. AFP – CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Un phénomène exceptionnel qui risque d’être de plus en plus fréquent

La situation est exceptionnelle dans son ampleur et sa durée, explique Jean-Marie Coulomb, adjoint opérationnel au service central de Vigilance des crues. « Le phénomène que l’on vit actuellement est exceptionnel. D’abord par rapport à l’étendue géographique jamais atteinte depuis la création de la vigilance crues en 2006, puisque, au plus fort de la crue, cela a touché 88 départements en France, donc 88 départements avec des cours d’eau qui débordent », indique-t-il.

« Et puis l’autre critère, c’est la durée de cette crue, puisque depuis mi-janvier, nous sommes avec des cours d’eau qui sont en vigilance orange ou plus sans discontinuer. Les sols sont complètement saturés, c’est-à-dire qu’ils ne sont plus en capacité d’absorber l’eau qui tombe sous les phénomènes pluvieux. Le record de 1959 est battu », poursuit Jean-Marie Coulomb. « Nous avons un taux d’humidité qui est le plus fort jamais atteint jusqu’à présent. Et par ailleurs, nous avons, puisqu’il pleut depuis un certain temps, des niveaux dans les cours d’eau qui sont très élevés. Ce qui signifie que, à la moindre pluie, à la moindre reprise de pluie, nous allons avoir à nouveau des débordements ou l’entretien des crues existantes qui sont déjà en cours. »

Nous, à ce stade, dans le réseau Vigicrues, toutes les équipes sont mobilisées, concentrées sur la gestion de l’épisode en cours. On peut constater aujourd’hui peut-être par endroits un certain nombre d’améliorations, mais globalement, l’épisode de crue n’est pas du tout fini…

Jean-Marie Coulomb, adjoint opérationnel de VigicruesLucile Gimberg

Toutefois, Jean-Marie Coulomb prévient que les épisodes de crue risquent d’être de plus en plus nombreux. « Les climatologues nous disent que nous allons avoir probablement des phénomènes extrêmes de plus en plus nombreux, que ce soit des épisodes de crues ou des épisodes de sécheresse. D’ailleurs, on constate effectivement, dans les crues les unes après les autres, que l’on a des durées plus longues, des intensités de crues plus importantes », déclare-t-il.

RFI

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À la UneEconomie

Projet de manganèse à Luozi : plus de 300 MW nécessaires, le défi énergétique au cœur des débats

by admin9775 15 février 2026
written by admin9775

Les besoins énergétiques du projet de manganèse porté par Asia Minerals Limited à Luozi, dans la province du Kongo Central, sont estimés à plus de 300 mégawatts (MW). L’annonce a été faite le 26 novembre lors du Forum Makutano, mettant en lumière l’ampleur des défis énergétiques liés à l’industrialisation du secteur minier en République démocratique du Congo.

Selon Felly Samuna, directeur général de Kerith Resources, partenaire local du groupe nippo-malaisien, la demande énergétique se répartirait entre 120 MW pour l’extraction minière et près de 200 MW destinés à la transformation locale du minerai. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir la valorisation des ressources sur le territoire national.

Le lancement de l’exploitation minière est envisagé dans un délai minimal de trois ans, à l’issue de la phase d’exploration. Toutefois, Felly Samuna a soulevé une question centrale : la capacité du pays à fournir une telle puissance électrique dans des conditions fiables et compétitives.

Le potentiel hydroélectrique du Kongo Central en avant

En réponse, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a indiqué que cette partie du Kongo Central dispose de sites hydroélectriques adaptés pour soutenir un projet d’une telle envergure. Il a notamment cité le site de Mpioka, situé sur la rivière Inkisi.

Pour sa part, Jean-Pierre Mukadi Kalombo, coordonnateur des projets au ministère de l’Énergie, a précisé que la capacité estimée du site de Mpioka avoisinerait les 6 000 MW. Une puissance qui pourrait non seulement alimenter Kinshasa, mais aussi répondre à la demande croissante du secteur minier. Des études de faisabilité sont attendues dès 2026 afin de préciser le potentiel technique et financier du projet.

Par ailleurs, Bob Mabiala Mvumbi, directeur général de l’Agence de développement et de promotion du projet Inga, a évoqué la possibilité pour l’investisseur de négocier un contrat d’achat d’électricité (CAE) dans le cadre du futur barrage Inga 3, dont la capacité est estimée entre 3 000 et 11 000 MW.

La question sensible des tarifs

Au-delà des capacités de production, la compétitivité des tarifs de l’électricité constitue un enjeu majeur pour la rentabilité du projet. Felly Samuna a ainsi rappelé que la fonderie malaise du groupe bénéficie d’un tarif préférentiel de 0,04 USD/kWh, s’interrogeant sur la possibilité d’obtenir des conditions similaires en RDC pour assurer la viabilité du traitement local du manganèse.

Le contexte tarifaire national demeure cependant tendu. La Société nationale d’électricité (SNEL) applique un tarif moyen de 0,17 USD/kWh, qu’elle considère déjà inférieur à ses coûts de production, plaidant pour une révision à la hausse. De leur côté, les opérateurs privés de mini-réseaux pratiquent des tarifs nettement plus élevés, oscillant entre 0,25 et 0,70 USD/kWh.

Entre ambitions industrielles, potentiel hydroélectrique et contraintes tarifaires, le projet de Luozi illustre les défis structurels auxquels la RDC doit faire face pour concilier transformation locale des ressources et compétitivité énergétique.

Le projet de manganèse à Luozi aligne les 5 axes de la diversification minière

En effet, signé au Forum économique RDC–Japon, ce partenariat stratégique entre la société congolaise Kerrith et le japonais AML marque le coup d’envoi d’un projet minier inédit à Luozi, dans le Kongo Central. À la clé : une diversification concrète du secteur minier national, bien au-delà des intentions politiques.

Parvenir à extraire plus que du cuivre ou du cobalt : c’est le pari que vient de réussir la RDC, avec l’officialisation, à Osaka, d’un accord minier novateur autour du manganèse. Un minerai jusque-là absent des radars congolais, et qui pourrait devenir l’un des leviers majeurs de l’économie du pays.

L’annonce, faite en marge du Forum économique RDC–Japon, place la localité de Luozi, nichée dans la paisible province du Kongo Central, au cœur d’un jeu d’acteurs internationaux stratégiques.

Plus qu’un projet, une vision

À moyen terme, 3 500 emplois directs devraient être créés, pour 17 000 bénéficiaires indirects. Deux millions de tonnes de manganèse sont attendues chaque année, pour un investissement initial de 200 millions de dollars. Et déjà, un accord de fourniture d’électricité avec la SNEL est en discussion, tout comme la réhabilitation des axes de transport fluvial et terrestre.

En clair, ce projet qui coche toutes les cinq cases de la vision stratégique des mines congolaises, prouve que la diversification n’est pas un slogan, mais une réalité qui se concrétise.

Par Pascal Kabeya
CONGO PUB Online

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