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À la Une

À la UneMonde

Émirats arabes unis: un proche allié de la France mis en cause pour ses interventions à l’étranger

by admin9775 22 décembre 2025
written by admin9775

Le président français Emmanuel Macron se rend en fin de semaine aux Émirats arabes unis, où la France dispose d’une base militaire permanente. La traditionnelle visite aux forces armées de la période des fêtes de fin d’année sera doublée d’une rencontre avec les autorités de cette monarchie du Golfe, partenaire stratégique de la France dans de nombreux domaines. Une proximité qui à ce jour ne semble pas troublée par l’implication des Émirats arabes unis dans plusieurs crises. Yémen, Soudan, Libye : dans ces pays déchirés par des conflits internes, les Émirats arabes unis ont choisi de peser en fournissant d’abondants moyens militaires.

La plainte a été rejetée en avril 2025 par la Cour internationale de justice, mais c’est bien de « complicité de génocide » que le Soudan a accusé les Émirats arabes unis (EAU), soutiens des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), en lutte contre l’armée régulière du Soudan. Dans ce conflit qui a fait des dizaines de milliers de morts, de nombreuses enquêtes documentent le flux de moyens militaires (armes, mercenaires, carburant) émiriens au bénéfice des FSR de Mohammed Hamdan Daglo, alias Hemedti. Le mois dernier, Amnesty International a accusé les paramilitaires soudanais de « crimes de guerre » lors de la prise de la ville d’El-Facher et dénoncé le « soutien » des Émirats arabes unis.

En Libye également, les Émirats arabes unis ont choisi un camp : celui du général Khalifa Haftar, opposé au gouvernement reconnu par la communauté internationale. C’est notamment à partir du territoire libyen que s’organise le flux d’armes fournies par les Émirats arabes unis à destination des FSR du Soudan.

Le soutien militaire des Émirats arabes unis, on le constate aussi au Yémen, en appui aux sécessionnistes du sud du pays. Ces derniers se sont récemment emparés de territoires, jusque-là contrôlés par le gouvernement officiel. Cette poussée sécessionniste aggrave la fragmentation d’un pays déjà divisé, puisqu’une autre rébellion, celle des Houthis, règne depuis des années sur de vastes territoires du Yémen, y compris Sanaa la capitale. 

« L’analyse des Émirats est qu’il faut soutenir des « hommes forts », souvent issus des rangs militaires, contre ce qui est perçu comme une menace islamiste », analyse Jean-Loup Samaan, chercheur associé à l’Institut Montaigne et spécialiste des pays du Golfe. Menace considérée comme « existentielle » par les Émirats arabes unis et leur dirigeant Mohammed ben Zayed, surnommé « MBZ ». Au Yémen, ce sont d’ailleurs des forces qualifiées d’« islamistes » que les forces sudistes soutenues par les Émirats arabes unis ont récemment fait reculer.

Cette vision idéologique anti-islamiste n’est pas la seule explication de l’interventionnisme émirien. Ainsi, les ressources naturelles du Soudan aiguisent les appétits de tous les États étrangers qui tentent de peser dans le conflit qui ravage ce pays. « Les questions économiques sont secondaires mais comptent aussi », estime Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’Ifri, qui mentionne les ressources en or du Soudan. Le chercheur rappelle aussi que l’accès à la mer Rouge est un objectif stratégique des Émirats arabes unis.

Mohammed ben Zayed dit « MBZ »

Les Émirats arabes unis sont une fédération de sept émirats, parmi lesquels Dubai et Abou Dhabi. C’est ce dernier qui porte la politique d’ingérence armée – non reconnue officiellement – des Émirats. Mohammed ben Zayed (MBZ) est à la fois l’émir d’Abou Dhabi et le président de la fédération. C’est à ce dirigeant, militaire de formation, que l’on attribue les choix stratégiques de son pays.

Le monarque a détesté les « Printemps arabes » de 2011, interprétés comme favorables aux islamistes, en particulier à la mouvance des Frères musulmans. Un dirigeant qui, depuis, ne cesse de soutenir un mouvement contre-révolutionnaire qui vise à faire reculer toute idée d’islam politique dans son environnement. Cette politique interventionniste des Émirats arabes unis reposant sur la force a valu au pays le surnom de « Sparte du Moyen-Orient » en référence à la cité grecque, puissance militaire de l’Antiquité.

Visite d’Emmanuel Macron

Mais l’interventionnisme massif des Émirats arabes unis dans des pays déchirés entre factions rivales ne fait aucunement obstacle aux excellentes relations entre ce pays et les Occidentaux. En ce mois de décembre 2025, Emmanuel Macron est ainsi attendu aux EAU pour y rendre visite aux forces armées déployées dans ce pays. Pas moins de 900 hommes y sont stationnés sur une base aérienne (Al Dhafra), dans le port d’Abou Dhabi, et dans un camp terrestre hébergeant le 5e Régiment de cuirassiers.

Le président français profitera de son déplacement auprès de ces troupes pour rencontrer les dirigeants des Émirats arabes unis (mais l’Élysée ne mentionne pas explicitement un entretien avec Mohammed ben Zayed). Emmanuel Macron se rend ainsi chez un partenaire stratégique de la France mais également chez un de ses gros clients, puisque les Émirats arabes unis ont été le premier acheteur d’armements français ces dix dernières années.

« Les Émirats sont un fournisseur d’énergie, mais pas seulement, note le chercheur Jean-Loup Samaan. C’est aussi un partenaire militaire. Et il y a une coopération éducative avec la Sorbonne-Abou Dhabi et une coopération culturelle avec le Louvre. » 

Une nouvelle coopération dans le domaine de l’intelligence artificielle promet d’être « très structurante », selon Jean-Loup Samaan, car « les Émirats sont l’un des principaux investisseurs au niveau mondial ». Pour le chercheur, « cela explique le silence ou la volonté de ne pas froisser les Émirats arabes unis » qui bénéficient effectivement de la plus grande bienveillance de leurs alliés occidentaux.

Restent des constats qui posent question, comme la présence de matériel militaire français équipant des blindés émiriens engagés dans la guerre au Soudan, un fait documenté par Amnesty International. « Le Soudan, c’est la plus grande guerre et la plus grande crise humanitaire actuellement en Afrique et les empreintes des Émiriens sont partout sur le champ de bataille », pointe le chercheur Thierry Vircoulon (Ifri) selon lequel « il y a matière à s’interroger sur les obligations de la France en matière de garanties de non-réexport » des équipements militaires made in France.

Divergences entre monarchies du Golfe

Comme l’Arabie saoudite ou le Qatar, les Émirats arabes unis ont su s’imposer comme alliés stratégiques incontournables pour les Occidentaux. Mais chacune de ces richissimes monarchies pétrolières joue sa partition. Ainsi les Émirats arabes unis (comme Bahreïn, autre monarchie arabe du Golfe) ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham, ce qui n’est pas le cas de l’Arabie saoudite ni du Qatar.

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar sont membres du Conseil de coopération du Golfe (avec le Koweït, Oman et Bahreïn) mais leurs différences éclatent parfois au grand jour. C’est le cas actuellement au Yémen, où le soutien des Émirats arabes unis aux séparatistes du Sud défie le gouvernement internationalement reconnu. Ce dernier est, lui, avant tout soutenu par l’Arabie saoudite.

On a même vu ces monarchies du Golfe s’opposer brutalement dans la période récente. Ainsi, en 2017, les Émirats arabes unis ont pris la tête d’un mouvement visant à isoler le Qatar, jugé trop favorable aux mouvements islamistes de la région.

RFI

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À la Une

Sommet d’Entebbe sur la RDC : Tshisekedi dénonce un « prétendu retrait » du M23, Rubio évoque des « leviers » américains

by admin9775 21 décembre 2025
written by admin9775

Les dirigeants de la région des Grands Lacs se sont réunis dimanche à Entebbe, en Ouganda, pour un sommet extraordinaire consacré à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le président congolais Félix Tshisekedi, intervenant par visioconférence, a vigoureusement contesté la réalité du retrait annoncé par le M23 de la ville d’Uvira, tandis que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a évoqué l’utilisation de nouveaux « leviers » de pression diplomatique.

Tshisekedi : « Un retrait ni effectif, ni vérifié »

Au sommet du Mécanisme de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), Félix Tshisekedi a balayé l’annonce du M23. « Le prétendu retrait de l’AFC/M23 d’Uvira ne correspond ni aux faits ni aux observations recueillies sur le terrain », a-t-il déclaré, affirmant que des éléments armés restaient présents dans la ville.

Il a défini les conditions d’un retrait crédible : « Un retrait annoncé, mais ni effectif, ni vérifié, ni suivi du rétablissement de l’autorité des forces régulières, ne saurait être considéré comme un retrait réel. La crédibilité de tout processus de paix repose sur des actes vérifiables ». Il a réitéré l’exigence centrale de Kinshasa : « le retrait effectif, complet et sans équivoque des troupes rwandaises de l’ensemble du territoire » congolais.

Rubio : Les accords non respectés, un levier pour Washington

Lors de sa conférence de presse de fin d’année, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a présenté une vision pragmatique de la diplomatie américaine. Concernant la RDC et le Rwanda, il a reconnu que les engagements signés (notamment les Accords de Washington) « ne sont pas respectés », mais y a vu une opportunité : « au moins ils existent. Nous pouvons demander des comptes et pousser au respect de ce qui a déjà été accepté ».

Cette posture confirme que Washington considère désormais ces accords violés comme une base légale pour exercer des pressions concrètes. Rubio a aussi révélé avoir sollicité des élus du Congrès, tant républicains que démocrates, pour qu’ils engagent des discussions directes avec les dirigeants concernés, soulignant un intérêt bipartisan soutenu pour le dossier.

Convergence des positions internationale et régionale

La position américaine, exigeant un retrait du M23 d’au moins 75 km d’Uvira, a été réaffirmée au Conseil de sécurité. Elle trouve un écho dans le scepticisme affiché par Tshisekedi à Entebbe. Le sommet, présidé par l’Ougandais Yoweri Museveni – dont le pays est militairement engagé en RDC contre les ADF – a réuni les membres de la CIRGL, l’Union africaine, l’UE, l’ONU et les États-Unis.

Une pression qui se structure, mais une issue incertaine

Cette journée illustre la structuration d’une pression multilatérale croissante, combinant diplomatie régionale (CIRGL), onusienne et américaine. Cependant, un fossé majeur persiste entre, d’une part, les exigences de retrait vérifiable et, d’autre part, la réalité d’une occupation militaire partielle et d’avancées rebelles ailleurs (comme à Fizi). La crédibilité des processus de paix (Washington, Doha) dépendra de la capacité à transformer ces déclarations en mécanismes contraignants de vérification et de sanction, capables de modifier les calculs de Kigali et du M23 sur le terrain.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

RDC : Les FARDC dénoncent un retrait « ni réel ni effectif » du M23 d’Uvira

by admin9775 21 décembre 2025
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La communication autour du retrait de la rébellion M23 de la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, est devenue un champ de bataille à part entière entre Kinshasa et Kigali. Dans un communiqué publié samedi 20 décembre au soir, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont catégoriquement rejeté l’annonce du retrait, la qualifiant de manœuvre médiatique destinée à « tromper l’opinion nationale et internationale ».

Une présence rebelle maintenue malgré les annonces

Contredisant les déclarations du M23 et les observations de certains témoins sur des mouvements de troupes, l’armée congolaise affirme que le retrait n’est « ni réel ni effectif ». Elle soutient que des combattants du mouvement rebelle, soutenu par le Rwanda, sont toujours présents dans « plusieurs quartiers stratégiques d’Uvira et de ses environs ».

Selon le communiqué des FARDC, cette présence s’accompagnerait même de nouvelles exactions contre les civils, bien que ces allégations n’aient pas été immédiatement vérifiées de manière indépendante.

Une manœuvre pour « alléger la pression internationale »

Cette version rejoint l’analyse rapportée par des sources militaires burundaises, alliées des FARDC dans ce conflit. Ces sources estiment que l’annonce du retrait par Kigali et le M23 serait avant tout une tentative stratégique visant à « alléger la pression internationale » croissante sur le Rwanda.

Cette pression s’est manifestée par les récentes condamnations au Conseil de sécurité de l’ONU, l’exigence américaine d’un retrait de 75 km, et les discussions sur de possibles sanctions commerciales. Présenter un retrait, même partiel ou symbolique, permettrait de donner des gages aux médiateurs et de diviser la communauté internationale.

Un test de crédibilité pour les médiations

Ce décalage entre les déclarations et la réalité perçue sur le terrain illustre la profonde méfiance qui paralyse tout processus de paix. Il place les médiateurs, notamment américains et qataris, devant un défi de taille : vérifier de manière incontestable les actions sur le terrain et distinguer les gestes cosmétiques d’un véritable désengagement.

Pour Kinshasa, l’enjeu est de maintenir la focalisation internationale sur ce qu’elle considère comme l’essentiel : le retrait complet et vérifiable des troupes rwandaises et du M23 de l’ensemble du territoire congolais occupé, bien au-delà du seul cas d’Uvira. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si le mouvement observé correspond à un réel repli ou à une simple rotation tactique.

Par Pascal Kabeya
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À la UneNouvelles nécrologiques

Une jeune militaire américaine d’origine congolaise tuée dans une fusillade sur une base navale

by admin9775 21 décembre 2025
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Une tragédie a frappé la diaspora congolaise aux États-Unis. Noely Makenda, une jeune militaire américaine de 21 ans d’origine congolaise, a été tuée par balle vendredi 19 décembre dans une fusillade survenue dans un logement de la base navale de Naval Air Station Jacksonville, à Orange Park en Floride.

Une dispute qui tourne au drame

Selon le shérif du comté de Clay, l’incident est survenu à la suite d’une violente dispute dans l’appartement que Noely Makenda partageait avec d’autres militaires. L’altercation aurait dégénéré en échange de coups de feu, avec plus de trente tirs recensés sur les lieux. Noely Makenda et une autre jeune femme de 20 ans, Jordyn Forrestier, également membre de l’U.S. Navy, ont succombé à leurs blessures.

Un suspect interpellé et inculpé

Les autorités ont rapidement interpellé un marin américain de 22 ans, présenté comme un proche de la victime. Il a été inculpé pour meurtre au second degré et placé en détention. Une enquête approfondie est en cours pour établir les circonstances exactes et les motivations de cet acte.

Une famille congolaise dévastée et confrontée à des obstacles

Noely Makenda était la fille de Fanny Makwika, une figure connue de la diaspora chrétienne congolaise. La famille, profondément bouleversée, fait face à une double épreuve. La mère de la victime, actuellement à l’étranger, rencontre de graves difficultés administratives et consulaires pour se rendre aux États-Unis afin de suivre l’enquête et prendre en charge les démarches funéraires.

Ce drame a suscité une vive émotion au sein de la communauté congolaise des États-Unis et en RDC, rappelant les drames qui touchent les familles de la diaspora souvent confrontées à l’éloignement lors de telles épreuves. Les prochaines étapes seront judiciaires, pour établir la vérité, et humaines, pour soutenir une famille meurtrie par une perte aussi soudaine qu’absurde.

Par Marius Bopenga
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À la UneProvince

Boma sous le choc d’un nouveau braquage spectaculaire à l’entrée Bralima

by admin9775 21 décembre 2025
written by admin9775

La ville portuaire de Boma a été le théâtre mercredi d’un braquage à main armée d’une particulière audace, en pleine journée et dans un lieu très fréquenté. Trois hommes à moto ont pris pour cible un changeur de monnaie et une cliente effectuant un retrait à l’entrée Bralima, semant la panique et déclenchant une course-poursuite avant d’être finalement interpellés.

Un braquage en pleine lumière qui tourne à la fusillade

Vers midi, les trois assaillants, armés de pistolets, ont braqué leurs victimes. Pour faciliter leur fuite, ils ont ouvert le feu en direction de la foule, provoquant un mouvement de panique généralisé. Sous le choc des détonations, des témoins ont décrit une scène de chaos avant qu’une réaction ne s’organise.

Une interpellation après une longue course-poursuite

Alertées, les forces de l’ordre ont immédiatement donné la chasse aux malfaiteurs, avec le renfort de motocyclistes civils. La poursuite s’est poursuivie jusqu’au quartier ITP/Nzadi, où les suspects, « à bout de forces », ont été finalement encerclés et arrêtés par un détachement mixte des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC).

Une saisie d’armes et du butin

Lors de leur interpellation, les forces de sécurité ont saisi une arme de type Kalachnikov (AK), un chargeur approvisionné et un sac contenant une importante somme d’argent, présentée comme le produit du braquage. Les trois individus ont été conduits à l’auditorat militaire de la garnison de Boma pour les premiers interrogatoires, avant d’être écroués à la prison urbaine de la ville.

Une inquiétante recrudescence en moins d’une semaine

Cet incident est le deuxième braquage recensé en l’espace d’une semaine au même endroit, un carrefour stratégique pour l’activité économique locale. La semaine précédente, un fait similaire avait déjà été signalé au même endroit, en soirée. Cette répétition ravive les inquiétudes sécuritaires des habitants et des commerçants de Boma.

À ce stade, les autorités locales n’ont pas encore annoncé de mesures spécifiques pour endiguer cette vague de criminalité violente. La pression est désormais sur les services de sécurité pour rassurer la population et sécuriser ce point névralgique de la ville, alors que l’impression d’impunité pourrait encourager de nouveaux passages à l’acte.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Le lieutenant-général Philémon Yav devant la Haute Cour militaire pour trahison

by admin9775 21 décembre 2025
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Le lieutenant-général Philémon Yav, ancien commandant de la 3ᵉ zone de défense dans l’Est de la République démocratique du Congo, a comparu ce vendredi 19 décembre devant la Haute Cour militaire. Ce haut gradé, qui avait précédemment commandé la 2ᵉ région militaire dans le Haut-Katanga, est poursuivi dans deux dossiers distincts pour des faits graves touchant à la sûreté de l’État.

Les accusations pesant sur l’ancien commandant de zone

L’officier général fait face à deux séries d’accusations :

  1. Dans une première affaire, il est poursuivi pour trahison et pour incitation des militaires à poser des actes contraires au devoir et à la discipline militaire.
  2. Dans une seconde affaire, il est co-prévenu avec Issa Shauri Chibogo pour trahison et participation à un mouvement insurrectionnel.

Ces charges, particulièrement graves dans le contexte actuel de conflit dans l’Est, suggèrent une implication présumée dans des activités sapant l’autorité de l’État ou en lien avec des groupes armés opposés aux Forces armées de la RDC (FARDC).

Un parcours interrompu par la justice

Le lieutenant-général Yav occupait le poste stratégique de commandant de la 3ᵉ zone de défense – couvrant des provinces en proie à l’instabilité – au moment de son arrestation. Avant cela, il avait été à la tête de la 2ᵉ région militaire basée à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, démontrant un parcours jusqu’alors marqué par des responsabilités opérationnelles majeures.

Sa comparution devant la Haute Cour militaire, juridiction d’exception, souligne la sensibilité des affaires et la volonté des autorités de juger rapidement des cas présumés de délits contre la sécurité intérieure de l’État, dans un climat sécuritaire extrêmement tendu.

Une justice militaire active dans un climat de crise

Ce procès s’inscrit dans une série de procédures judiciaires militaires visant des officiers supérieurs, à l’image du récent procès et de la condamnation à mort par contumace de l’ancien président Joseph Kabila. Il intervient alors que les FARDC sont engagées dans des combats intenses contre le M23 et d’autres groupes armés, et que des accusations de collusion ou de défaillance au sein de l’armée émergent régulièrement.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Occupation d’Uvira par le M23 : environ 100 militaires poursuivis à Kalemie pour abandon de poste

by admin9775 21 décembre 2025
written by admin9775

Une centaine des militaires et policiers ayant fui Uvira, lors de la prise de cette ville du Sud-Kivu par les forces rebelles de l’AFC/M23, sont en train d’être jugés à Kalemie. Les audiences foraines organisées par le tribunal militaire de garnison de Kalemie se tiennent au Camp Marin à Kalemie depuis vendredi 19 décembre.

Les prévenus sont poursuivis pour abandon de poste après la chute de la ville d’Uvira.

L’audience de ce vendredi a été consacrée à l’identification des prévenus. Sur les 124 prévenus (68 militaires et 56 policiers), 66 d’entre eux ont été identifiés. Et cette procédure va se poursuivre à l’audience de ce samedi, précise le président du tribunal militaire de garnison de Kalemie, le lieutenant-colonel Désiré Dionda Mukolee. 

Celui-ci indique que ce procès vise à sanctionner les éléments des forces de défense et de sécurité qui ont failli à leurs devoirs et ont violé les consignes en fuyant les forces rebelles de l’AFC/M23.

Selon lui, l’objectif est de rétablir l’ordre et la discipline au sein des forces armées et de la police. Le Lieutenant-colonel Désiré Dionda Mukole précise qu’il est question de ramener sur le rail les militaires qui se méconduisent.

Les militaires et les policiers qui sont affectés dans le Sud-Kivu doivent faire mouvement sur ordre de leur hiérarchie, fait remarquer le président du tribunal militaire de garnison de Kalemie. Le ministère public poursuit ces éléments pour n’avoir pas respecter le règlement et la discipline militaire et policière.  

Radio okapi

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À la UnePolitique

Le Conseil de sécurité proroge d’un an le mandat de la MONUSCO et condamne fermement le M23 et le Rwanda

by admin9775 21 décembre 2025
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Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité ce vendredi la résolution 2808, renouvelant pour un an, jusqu’au 20 décembre 2026, le mandat de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). Le texte condamne sévèrement l’offensive du M23, exige le retrait rwandais et entérine une pause dans le processus de retrait de la mission, face à l’aggravation de la crise.

Une condamnation sans ambiguïté de l’offensive du M23 et du soutien rwandais

La résolution « condamne fermement l’offensive en cours du M23 dans la province du Sud-Kivu » et l’exhorte à cesser immédiatement ses opérations et à les inverser. Elle exige également « que le Rwanda retire ses forces de l’Est de la RDC », une formulation directe qui fait écho aux rapports accablants des experts onusiens. Elle condamne par ailleurs tous les groupes armés et leurs violations des droits de l’homme.

Une pause dans le retrait et un mandat recentré sur la protection

La résolution acte une pause dans le désengagement annoncé de la MONUSCO, initié en 2024. Elle rappelle que le retrait reste conditionné à un « renforcement amélioré et simultané des capacités et de l’autorité de l’État », une condition jugée loin d’être remplie. L’effondrement de l’accès humanitaire, la reprise des combats et les déplacements massifs ont rendu « politiquement et sécuritairement impossible » une réduction significative de la présence onusienne.

Le mandat est recentré sur ses trois priorités fondamentales : la protection des civils, le soutien au désarmement et à la réintégration des combattants, et l’appui à la réforme du secteur de la sécurité. La zone d’opérations principale demeure le Nord-Kivu et l’Ituri, avec une autorisation pour des activités de surveillance liées au cessez-le-feu au Sud-Kivu.

Des garde-fous stricts pour l’appui aux FARDC

Le texte impose des conditions strictes à l’appui de la MONUSCO aux opérations conjointes avec les FARDC. Cet appui devra être conforme à la politique de diligence voulue en matière de droits de l’homme de l’ONU, sous peine de suspension. Cette clause répond aux critiques récurrentes sur les risques de complicité dans des violations commises par les forces gouvernementales ou leurs alliés.

Soutien aux processus diplomatiques et nécessité de communication

La résolution soutient les divers efforts de médiation (Luanda, Nairobi, Washington, Doha) tout en réaffirmant le rôle central de l’Union africaine. Elle autorise la MONUSCO à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent. Enfin, consciente des contestations populaires contre la mission, elle insiste sur l’importance d’une « communication stratégique dynamique » pour expliquer son mandat et contrer la désinformation.

Une mission perpétuelle face à une crise qui perdure

Avec près de 10 000 Casques bleus et 1 000 policiers encore déployés, la MONUSCO reste l’une des missions les plus robustes et exposées de l’ONU. Sa prorogation n’est pas un blanc-seing, mais le constat d’une crise qui résiste aux calendriers politiques. Elle traduit l’absence d’alternative crédible pour contenir la violence et protéger les civils, dans un conflit où les solutions diplomatiques peinent désespérément à rattraper la réalité militaire.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

En visite à Kinshasa, André Flahaut salue la coopération bilatérale RDC-Belgique

by admin9775 20 décembre 2025
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En séjours dans la capitale congolaise dans le cadre d’un projet avec la ville de Kinshasa, l’ancien ministre de la Défense, André Flahaut a salué, vendredi 19 décembre, la coopération bilatérale entre la République Démocratique du Congo et la Belgique.

Il s’est entretenu à huis clos avec le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita à Kinshasa.

Au sortir de cette audience, Cet ancien haut fonctionnaire belge s’est exprimé en ces termes :

« Je crois fermement comme ancien ministre de Défense belge, qu’il est important de s’inscrire dans un mouvement qui remet à l’ordre du jour, la solidarité entre le RDC et la Belgique, par le partage d’expérience ».

Il a par la même occasion salué l’accompagnement de Bruxelles dans le renforcement de capacités des Forces armées de la RDC.

La visite d’André Flahaut intervient quelques jours après la récente visite du ministre de la Defense et du Commerce extérieur belge, Theo Francken.

Pour sa toute première visite officielle en RDC, le ministre de la Défense belge avait réaffirmé le soutien de son pays face aux défis sécuritaires que traverse l’Est du Congo.

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À la UneEconomie

FMI : Décaissement de 445 millions de dollars pour la RDC, malgré la guerre à l’Est

by admin9775 20 décembre 2025
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Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un nouveau décaissement immédiat de 445 millions de dollars en faveur de la République démocratique du Congo, au titre de ses programmes d’appui. Cette décision du Conseil d’administration, annoncée vendredi, valide les progrès macroéconomiques du pays tout en notant l’impact négatif persistant du conflit dans l’Est.

Une économie jugée « résiliente »

L’institution de Bretton Woods souligne la résilience de l’économie congolaise face aux défis sécuritaires. Elle prévoit une croissance du PIB réel supérieure à 5% en 2025 et 2026, tirée principalement par le secteur extractif. Un autre indicateur positif est la forte baisse de l’inflation, passée de 11,7% fin 2024 à 2,2% en novembre 2025, attribuée à une politique monétaire restrictive et à l’appréciation du franc congolais.

Les performances et les réformes saluées

Le FMI note que tous les critères de performance quantitatifs ont été atteints, à l’exception d’un critère lié aux pratiques de change multiples – pour lequel les autorités ont obtenu une dérogation, la mesure ayant été abandonnée. La mise en œuvre des réformes structurelles est jugée « globalement satisfaisante ».

Un soutien financier conséquent

Ce décaissement combine :

  • Un versement au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), portant le total décaissé sous ce programme à 570,9 millions de Droits de Tirage Spéciaux (DTS).
  • Un premier versement au titre de la nouvelle Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), d’un montant de 133,25 millions de DTS.

Des mises en garde sur la guerre et les finances publiques

Malgré ce satisfecit économique, le FMI exprime une vive préoccupation concernant la situation sécuritaire dans l’Est. Il relève que le conflit « continue de peser lourdement sur les finances publiques et d’aggraver la crise humanitaire ». Il mentionne les récents accords de paix (Washington avec le Rwanda, Doha avec le M23) mais souligne implicitement que leur impact sur le terrain reste à démontrer.

L’institution appelle les autorités congolaises à :

  • Maintenir une discipline budgétaire rigoureuse.
  • Renforcer la coordination entre les politiques budgétaire et monétaire.
  • Accélérer les réformes structurelles.
  • Garantir des dépenses sociales suffisantes pour faire face à la crise humanitaire.

Conclusion : Une bouffée d’oxygène dans un contexte de tension

Ce décaissement constitue une bouffée d’oxygène financière importante pour Kinshasa, qui doit simultanément financer l’effort de guerre, gérer une crise humanitaire massive et poursuivre des investissements de développement. Il valide la gestion macroéconomique des derniers mois mais rappelle aussi que la durabilité des progrès reste étroitement liée à une résolution du conflit à l’Est, dont les récentes avancées du M23, comme la prise d’Uvira, montrent qu’elle est plus lointaine que jamais.

Par Pascal Kabeya
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20 décembre 2025 0 comments
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