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Category:

À la Une

À la UneAfrique

Soutien de Diomaye Faye à Macky Sall pour la direction de l’ONU: «Il construit une grande coalition politique»

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

Le Sénégal soutient officiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Elle n’avait pas été soumise par son pays, mais par le Burundi, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine. L’annonce intervient 3 jours après la visite de Macky Sall à Dakar, la première depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2024. Il avait alors été reçu par son successeur Bassirou Diomaye Faye. Une visite, sur fond de rivalité entre l’actuel chef de l’État et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Pour en parler, notre invité ce matin : Papa Fara Diallo, maitre de conférences en sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

RFI : Comment expliquer le soutien de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies ?

Papa Fara Diallo : C’était prévisible, parce que la première fois que le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est prononcé sur cette candidature, il avait posé sur la table des problèmes d’égo. C’est-à-dire qu’il n’est pas venu lui parler directement de cette candidature alors qu’il est le chef de l’État du Sénégal. Et que si sa candidature n’est pas portée par le Sénégal, cela risque un peu d’entacher cette candidature. Il avait dit qu’il avait appris l’information venant d’autres chefs d’État. Il s’attendait à ce que le président Macky Sall vienne directement lui parler de cette candidature pour espérer son soutien. C’est la raison pour laquelle il n’avait pas soutenu cette candidature au niveau du sommet de l’Union africaine.

C’est donc la visite à Dakar de Macky Sall qui a permis ce soutien ?

Oui, c’était d’abord pour satisfaire cette demande du président de la République. Mais l’autre chose qui a facilité cette visite, c’est que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est dans la logique de construire une grande coalition autour d’une majorité présidentielle. Et il est en train de ratisser large, c’est-à-dire de recruter des militants, des maires de l’APR – dont le président Macky Sall reste toujours le président du parti – mais aussi au niveau du PDS, le Parti démocratique sénégalais. En témoigne sa rencontre très récemment avec M. Karim Wade au Qatar.

Bassirou Diomaye Faye a donc à gagner, en retour, des soutiens politiques pour ce nouveau parti, dont il va d’ailleurs annoncer normalement le nom dans les prochains jours ?

Oui, le 25 juillet. Depuis la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye est dans une stratégie en trois mouvements : le débauchage des responsables du parti Pastef dont il a revendiqué la paternité de la structuration en tant que secrétaire général et responsable du mouvement des cadres, la constitution d’une large coalition autour de sa personne et du parti politique qu’il va mettre en place, et la « dé-sonkorisation » de l’administration publique et du gouvernement.

Ce soutien à la candidature de Macky Sall, c’est aussi un pas de plus dans la rupture avec Ousmane Sonko ?

Oui, clairement, parce qu’il y a deux éléments. Le premier, c’est la justice pour les victimes de la répression entre 2021 et 2024, quand le président Macky Sall était au pouvoir. Le parti Pastef lui-même avait été dissous. Le président de la République et Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, ont été mis en prison. Et le président Bassirou Diomaye Faye disait, dans un de ses discours, qu’il ne peut y avoir de pardon sans justice. L’autre élément, c’est la dette cachée et le déficit budgétaire. Quand ils sont arrivés au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye avait dit : « On a trouvé le pays au quatrième sous-sol. » Ousmane Sonko, aussi, avait confirmé cela. Et donc, voir que Macky Sall, on lui a déroulé le tapis rouge au palais de la République, c’est quelque chose que le parti Pastef digère très mal. Et par conséquent, Ousmane Sonko digère très mal cela.

Pour la base de ses électeurs, ce positionnement, ce soutien apporté à Macky Sall, peut-il être vu comme une trahison, pour certains ?

Oui, clairement. En posant ce genre d’acte, il est en train de mettre de l’eau dans le moulin de ces critiques. Et donc de renforcer la critique du parti Pastef à l’égard d’un président de la République qui avait pris des engagements qu’il est en train de fouler aux pieds à cause de considérations électoralistes. C’est quelque chose que l’opposition, notamment le parti Pastef, va utiliser.

Est-ce que vous pensez que l’Alliance pour la République (APR) peut apporter son soutien à Bassirou Diomaye Faye et son nouveau parti ? Ou est-ce qu’ils seront davantage dans une position d’observation ?

Une neutralité bienveillante de l’APR, mais aussi, probablement, un soutien formel. Parce qu’effectivement, le président Macky Sall reste toujours le chef du parti APR.  Sa visite au palais de la République peut donc se comprendre comme étant un soutien tacite. Mais on ne sait pas. D’ici les prochaines élections locales, le président de la République va demander un avis au Conseil constitutionnel pour le couplage des élections locales et législatives en 2027. Parce qu’il y a de fortes chances que l’Assemblée nationale soit dissoute au début du mois de décembre, il voudrait avoir le soutien explicite de l’APR. Le président Bassirou Diomaye Faye cherche à construire une large majorité présidentielle et pour cela, il a besoin des soutiens de partis qui ont exercé des mandats présidentiels.

Pour Macky Sall, est-ce que ce soutien de Bassirou Diomaye Faye, c’est une victoire ? Est-ce que cela peut marquer un tournant dans sa campagne pour le secrétariat général des Nations unies ?

Oui, c’est un soutien qui est de taille. Mais je ne pense pas que cela soit un soutien qui va fondamentalement changer la donne. L’Union africaine n’a pas soutenu officiellement la candidature du président Macky Sall. Le président Bassirou Diomaye Faye, aussi, a attendu trop longtemps. Mais dans tous les cas, le président Macky Sall avait besoin d’avoir le soutien de son pays où il a été président pendant 12 ans. Cela peut avoir une influence. Mais l’influence, pour moi, ne sera pas une influence décisive.

RFI

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À la UneBusiness News

La souveraineté numérique africaine ne se décrète pas, elle se construit PME par PME, compétence par compétence

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

À l’heure où l’Afrique cherche sa place dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, la question de la souveraineté numérique ne peut se limiter aux déclarations politiques ou aux grands sommets internationaux. Pour Kuate Joël Parfait, ingénieur, entrepreneur et auteur, cette souveraineté se joue d’abord sur le terrain, dans les PME, les compétences locales et les usages concrets de la technologie. À rebours des approches purement institutionnelles, cette tribune défend une vision pragmatique : c’est par la formation, l’investissement productif et l’appropriation de l’IA par les petites entreprises que l’Afrique pourra devenir un acteur à part entière du numérique.


Dans un atelier de couture de Douala, une gérante de douze salariés utilise l’intelligence artificielle pour rédiger ses factures et suivre sa trésorerie. Elle ne le formule pas ainsi, mais elle vient de poser un acte de souveraineté numérique plus concret que bien des déclarations officielles.

C’est à ce niveau que je situe le débat.

Ces dernières semaines, deux coalitions mondiales se sont formées autour de la gouvernance de l’intelligence artificielle, l’une portée depuis Pékin, l’autre depuis Washington. Une dizaine de pays africains ont rejoint la première. Aucun, à ce jour, ne figure dans la seconde. Ce positionnement compte. Il ne suffit pas.

Une charte signée à Shanghai ne change rien, à elle seule, à la réalité d’une PME qui n’a ni les compétences, ni les outils, ni la confiance nécessaires pour utiliser l’intelligence artificielle dans son activité quotidienne. La souveraineté qui se négocie dans les sommets a besoin d’une souveraineté qui se construit à Douala, à Cotonou, à Abidjan. Sans la seconde, la première reste un exercice diplomatique.

Je le constate depuis sept ans, en formant plus de six cents organisations entre l’Europe et l’Afrique francophone. Le chantier réel ne se joue pas dans les sommets. Il se joue sur trois angles morts, qu’on cite souvent séparément et qu’on ne traite presque jamais ensemble.

Former, pas équiper

On parle beaucoup d’infrastructures : câbles sous-marins, centres de données, calcul souverain. Tout cela est nécessaire. Mais un centre de données sans compétences locales pour l’exploiter reste une coquille vide.

D’ici 2030, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne exigeront des compétences numériques. Cela suppose de former ou de requalifier près de 650 millions de personnes, selon la Société financière internationale. Dans le même temps, 12 millions de jeunes Africains entrent chaque année sur le marché du travail, pour environ 3 millions d’emplois formels créés, selon les projections reprises par la Brookings Institution.

L’écart ne touche pas que les jeunes diplômés. Il touche les dirigeants de PME de quarante ou cinquante ans qui n’ont jamais eu accès à une formation IA pensée pour leur secteur. Ce sont pourtant eux qui décident, chaque jour, d’adopter un outil ou de le laisser de côté. La formation qui change quelque chose n’est pas celle des grandes écoles. C’est celle qui atteint le commerçant, l’artisan, la gérante d’atelier.

La diaspora : un capital, pas qu’un cœur

On parle souvent de la diaspora en termes de fierté ou de nostalgie. Rarement en termes de capital d’investissement.

Les transferts de la diaspora vers l’Afrique dépassent aujourd’hui 100 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale. Ce montant dépasse l’aide publique au développement et rivalise avec les investissements étrangers directs vers le continent. C’est le premier flux financier externe du continent, et le moins orienté vers l’investissement productif.

Une part infime de cette somme finance aujourd’hui l’équipement numérique ou la formation à l’IA des PME familiales que cette diaspora soutient déjà, souvent au quotidien. Le potentiel est immense. Le vrai chantier consiste à transformer un geste de solidarité familiale en levier d’investissement technologique structuré : obligations diaspora, fonds dédiés, accompagnement de proximité.

L’IA dans le tissu, pas dans le discours

Selon la Banque africaine de développement, les PME forment près de 90 % de l’économie africaine et portent plus de la moitié de l’emploi du continent. Ce sont elles, la vraie économie. Pas les licornes qui font la une, aussi importantes soient-elles pour l’image du continent.

L’écart d’adoption de l’IA reste pourtant immense. Selon Microsoft, l’usage de l’IA générative atteint en moyenne 27 % dans les pays du Nord, contre 15 % dans les pays du Sud, la majorité des pays africains restant sous la barre des 10 %. Ce n’est pas un problème d’appétence. C’est un problème d’accès, de langue, de coût et de confiance.

Une PME n’a pas besoin d’un grand modèle de langage souverain pour commencer. Elle a besoin d’un outil dans sa langue, à son échelle, et de quelqu’un pour lui montrer le gain de temps réel sur sa comptabilité, ses relances clients, sa gestion de stock. C’est à ce niveau que j’ai vu, formation après formation, la bascule se produire. Pas dans un discours sur la transformation numérique. Dans un tableau qui, soudain, se remplit tout seul.

J’ai consacré un chapitre de mon livre, L’Afrique et l’Intelligence Artificielle, à cette conviction : le continent n’a pas besoin d’importer une doctrine de l’IA. Il a besoin de produire la sienne, PME par PME, secteur par secteur.

Le choix qui reste à faire

La souveraineté numérique n’est pas un état qu’on atteint par déclaration. C’est une accumulation : une compétence acquise, une PME formée, une diaspora réorientée vers l’investissement plutôt que vers la seule consommation, ligne après ligne, transaction après transaction.

Les blocs géopolitiques écriront les grandes règles du jeu mondial. Ils ne formeront pas la gérante de l’atelier de Douala. Ce travail-là revient à d’autres acteurs : les formateurs, les diasporas, les institutions locales, les PME elles-mêmes.

C’est PME par PME que l’Afrique deviendra actrice de l’intelligence artificielle, ou spectatrice. Ce choix ne se fait pas dans une salle de sommet. Il se fait chaque jour, dans chaque entreprise du continent.


* Kuate Joël Parfait est ingénieur, entrepreneur, consultant en intelligence artificielle et big data, formateur certifié et auteur. Basé à Bruxelles, il dirige Digital House Company, ainsi que l’incubateur CAURIS DIGITAL à Yaoundé. En sept ans, il a formé plus de six cents organisations en Belgique, en appui d’organismes institutionnels, sur l’intelligence artificielle, la transformation numérique et la conformité réglementaire.

Titulaire d’un Mastère en architecture logicielle et big data, Il est l’auteur de « L’Afrique et l’Intelligence Artificielle : Vers un avenir durable et innovant » (2024), et intervient régulièrement comme conférencier international sur les enjeux de souveraineté numérique et d’intelligence artificielle appliquée, entre l’Europe, le Canada et l’Afrique francophone.

Kuate Joël Parfait

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À la UneCulture

Francophonie :  la candidate mauritanienne Dr Coumba Bâ met le cap sur l’Asie

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

À quelques mois du Sommet de la Francophonie de Phnom Penh, la campagne portée par la Mauritanie au poste de Secrétaire général franchit un nouveau cap. Après des auditions largement remarquées auprès des États et gouvernements membres, la candidature de Dr Coumba Bâ semble entrer dans une nouvelle phase, plus offensive mais toujours méthodique, marquée par une forte présence diplomatique, bien au-delà du continent africain.

La tournée effectuée ces derniers jours au Cambodge, au Vietnam et au Laos ne relevait pas d’une simple séquence protocolaire. Elle répondait à une logique politique précise qu’est celle de rappeler que l’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie ne saurait être réduite à une confrontation de blocs ou à une lecture strictement régionale. Elle concerne l’ensemble de la communauté francophone.

Cette démarche trouve un écho particulier en Asie du Sud-Est, où la Francophonie conserve un ancrage historique souvent sous-estimé. Le Cambodge, le Vietnam et le Laos demeurent parmi les piliers de l’espace francophone asiatique et accueillent aujourd’hui un débat qui dépasse largement les seuls équilibres africains.

La visite de la délégation mauritanienne s’inscrit également dans une histoire plus ancienne. Les relations entre la Mauritanie et les pays d’Indochine remontent aux premières décennies qui ont suivi les indépendances. Elles se sont construites autour d’une même conception des relations internationales, nourrie par les principes du dialogue, de la souveraineté des États, du respect mutuel et de la doctrine du non-alignement qui a profondément marqué la diplomatie du Sud. Cette mémoire commune continue aujourd’hui de constituer un socle favorable au dialogue politique.

Une Francophonie bâtie sur la culture des résultats 

Dans chacune des capitales visitées, le message porté par Dr Coumba Bâ est demeuré constant. La candidate mauritanienne défend une vision d’une Francophonie davantage tournée vers les résultats, la solidarité entre États, la circulation des connaissances, la jeunesse, les talents, l’innovation et les opportunités économiques, tout en renforçant les liens entre l’Afrique et l’Asie. Cette approche, déjà développée lors des auditions, a été adaptée aux priorités propres à chaque interlocuteur sans jamais perdre sa cohérence.

Au Cambodge, futur pays hôte du Sommet de la Francophonie, l’accent a notamment été mis sur une Francophonie plus solidaire, capable d’accompagner concrètement les États lorsqu’ils traversent des périodes de tension, mais également sur la nécessité de mieux valoriser le patrimoine culturel des pays membres à l’ère numérique et de donner un contenu plus tangible à la Francophonie économique.

Au Vietnam, les échanges ont davantage porté sur la capacité de la Francophonie à devenir un véritable réseau d’intelligence collective, favorisant la mobilité des talents, les coopérations universitaires, les partenariats scientifiques et l’innovation technologique. Le Vietnam, dont la transformation économique est largement reconnue, apparaît dans cette vision comme l’un des futurs moteurs de la Francophonie asiatique.

Au Laos enfin, pays dont l’attachement à la Francophonie demeure constant depuis plusieurs décennies, la délégation mauritanienne a souligné que l’Asie francophone ne devait plus être considérée comme une périphérie de l’organisation mais comme l’un de ses principaux espaces d’avenir. Là encore, le message repose sur une idée simple : une organisation internationale se juge autant à sa capacité d’agir qu’à la force de ses principes.

Au-delà du contenu des échanges, c’est sans doute l’évolution du climat politique qui retient désormais l’attention de nombreux observateurs. Plusieurs interlocuteurs rencontrés au cours de cette tournée ont laissé apparaître un intérêt marqué pour une candidature susceptible de préserver l’unité de la famille francophone dans un contexte international particulièrement sensible.

L’enjeu dépasse en effet la seule désignation du prochain Secrétaire général. Beaucoup, surtout les pays de l’Asie,souhaitent que le Sommet de Phnom Penh demeure un moment de rassemblement pour la Francophonie et non le théâtre d’une confrontation durable entre différents blocs d’influence. Dans cette perspective, les qualités traditionnellement associées à la diplomatie mauritanienne(équilibre, dialogue, modération et capacité à entretenir des relations de confiance avec des partenaires aux sensibilités diverses) trouvent aujourd’hui une résonance particulière.

Une diplomatie de proximité fondée sur l’écoute

La campagne mauritanienne semble d’ailleurs avoir pris acte de cette évolution. Loin d’une logique de polarisation, elle privilégie une diplomatie de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue politique et la recherche de convergences. Cette méthode, patiemment construite depuis les premières auditions, apparaît aujourd’hui comme l’une des principales forces de la candidature.

L’impression générale qui s’est dégagée de cette tournée asiatique est celle d’une campagne qui continue de gagner en densité. Après avoir suscité une attention favorable lors des auditions, la candidature de Dr Coumba Bâ franchit une nouvelle étape en démontrant sa capacité à fédérer des interlocuteurs appartenant à des espaces géographiques, historiques et politiques très différents.

À mesure que l’échéance de Phnom Penh approche, un mouvement semble ainsi se dessiner. Plus qu’une candidature portée par un seul pays ou par une seule région, la proposition mauritanienne apparaît progressivement comme celle d’une Francophonie qui chercherait moins à arbitrer des rapports de force qu’à recréer les conditions du dialogue, de la confiance et du rassemblement.

Dans une organisation qui s’apprête à ouvrir un nouveau cycle de son histoire, cette capacité à bâtir des passerelles pourrait bien constituer l’un des critères déterminants du choix qui sera finalement posé par les États et gouvernements membres.

Albert Savana

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À la UnePolitique

Yannick Tshisola critique la C64 après le report de la marche du 22 juillet

by admin9775 21 juillet 2026
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Le report de la marche prévue le 22 juillet par la Coalition Article 64 (C64) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Cette fois, c’est Yannick Tshisola, cadre de l’AFC/M23, qui s’est exprimé à travers une publication sur les réseaux sociaux.

Dans un message présenté comme son « avis personnel », Yannick Tshisola a remis en cause la capacité de mobilisation de la coalition de l’opposition, qu’il estime largement dépendante de son principal leader, Martin Fayulu.

Selon lui, la décision de reporter la manifestation confirmerait l’existence d’un accord politique entre Martin Fayulu et le président Félix Tshisekedi.

« La C64 dépend entièrement de Martin Fayulu pour mobiliser la ville de Kinshasa. Or, Martin Fayulu est signataire d’un accord confidentiel avec Félix Tshisekedi dans le cadre du « camp de la patrie ». Donc, la C64… C’est ce qu’il fallait démontrer ! », a-t-il écrit.

À ce stade, aucun élément public ne permet de confirmer l’existence d’un tel accord confidentiel entre Martin Fayulu et le chef de l’État. Cette affirmation relève des déclarations de Yannick Tshisola et n’a pas été corroborée par des preuves rendues publiques.

Ces propos interviennent au lendemain de l’annonce du report de la marche du 22 juillet par les cinq principaux dirigeants de la Coalition C64 — Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga — qui ont indiqué avoir répondu favorablement à l’appel de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un dialogue national inclusif.

Dans leur communiqué, les responsables de la coalition ont toutefois précisé que ce report ne constituait pas un abandon de leurs revendications. Ils ont accordé au pouvoir un délai jusqu’au 15 août pour convoquer officiellement le dialogue annoncé par le président de la République et enregistrer des avancées concrètes, faute de quoi ils se réservent le droit de reprendre leurs actions citoyennes.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

Au Royaume-Uni, Andy Burnham dévoile un gouvernement pour tourner la page Starmer

by admin9775 21 juillet 2026
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John Healey aux Finances, Ed Miliband aux Affaires étrangères, Wes Streeting à la Défense… Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a dévoilé lundi son gouvernement, écartant plusieurs proches de son prédécesseur Keir Starmer.

Le travailliste Andy Burnham, officiellement devenu Premier ministre britannique lundi 20 juillet, a dévoilé un gouvernement écartant plusieurs fidèles de son prédécesseur Keir Starmer, et promis d’annoncer dès mardi des mesures sociales destinées à lutter contre le coût de la vie.

À 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l’Angleterre) jusqu’au mois dernier a succédé au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour aux législatives. 

Après sa rencontre avec le roi Charles III et en parallèle d’appels avec plusieurs dirigeants étrangers, dont Donald Trump, Andy Burnham a peu à peu révélé les membres de son gouvernement dans l’après-midi, puis jusque tard dans la soirée, à mesure de leur arrivée au 10, Downing Street. 

Première surprise : l’ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances. Une lourde tâche dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Ed Miliband devient chef de la diplomatie britannique

Ed Miliband, ministre de l’Énergie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l’immigration, est elle maintenue à l’Intérieur.

Le ministère de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d’investissement sur dix ans pour moderniser l’armée britannique. La figure de l’aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

D’autres fidèles de Starmer comme Rachel Reeves ou le ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy ont eux été écartés.

Très vite après sa prise de fonction, Andy Burnham a échangé au téléphone avec Donald Trump et l’a assuré de son engagement pour la « défense et la sécurité » du Royaume-Uni et ses alliés, selon Downing Street.

Une « très bonne conversation » avec Donald Trump

Le président américain a affirmé sur son réseau Truth Social avoir eu une « très bonne conversation »: « Le Premier ministre a un énorme travail devant lui, mais il sera capable de l’accomplir et, bien sûr, les États-Unis d’Amérique seront là pour l’aider.

Le nouveau dirigeant travailliste a aussi parlé avec Volodymyr Zelensky, lui faisant part de son « engagement résolu » auprès du peuple ukrainien, ou encore avec Emmanuel Macron, à qui il a dit « se réjouir de renforcer la solide relation entre le Royaume-Uni et la France ».

Andy Burnham, élu chef du Labour vendredi après avoir été plébiscité par les députés travaillistes, est officiellement devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016.

Lors de sa première allocution devant Downing Street, il a dit vouloir engager « les changements les plus profonds de ces quarante dernières années » au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa « stabilité » et « redonner de l’espoir ».

S’exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une « nouvelle économie » dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l’État.

Un « N°10 du Nord » à Manchester. 

Il a promis des mesures rapides pour aider les Britanniques à « faire face au coût de la vie », dont certaines seront dévoilées mardi, et a érigé en priorité de « mettre fin au sans-abrisme », après s’être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe.

Impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales, Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin. « Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu’il y a deux ans », a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant Downing Street, se disant « fier » du travail accompli, avant d’aller présenter officiellement sa démission au roi.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé « le roi du Nord », pour stopper l’ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Ce dernier a appelé à organiser dès maintenant ces élections, estimant qu’Andy Burnham ne « devrait pas être autorisé » à agir « sans mandat », tandis que la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a déploré qu’il « prenne ses fonctions sans avoir défini de plan clair ».

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l’agglomération de Manchester, dont il était maire depuis 2017. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un « N°10 du Nord » à Manchester. 

AFP

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À la UneEconomie

RDC : le cobalt et le cuivre en hausse, l’or et l’argent en recul sur les marchés internationaux

by admin9775 21 juillet 2026
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Les mercuriales des produits miniers d’exportation pour la période du 20 au 25 juillet 2026 présentent une évolution contrastée sur les marchés internationaux. Si plusieurs métaux stratégiques enregistrent une progression de leurs cours, les métaux précieux, eux, affichent une baisse.

Parmi les principales hausses, le cobalt poursuit sa progression, passant de 55 618 à 55 628 USD la tonne. Le cuivre enregistre également une hausse significative, son cours évoluant de 13 241,05 à 13 460,45 USD la tonne.

L’étain confirme lui aussi cette tendance positive en passant de 52 405 à 53 296 USD la tonne. D’autres minerais stratégiques, notamment le germanium, le zinc, le nickel ainsi que les lingots d’aluminium, affichent également des performances en hausse au cours de cette période.

En revanche, les métaux précieux connaissent un repli. Le prix de l’argent recule de 2 à 1,94 USD le gramme, tandis que celui de l’or passe de 134,30 à 132,13 USD le gramme. Le concentré de niobium suit également cette tendance baissière, son cours diminuant légèrement de 5 966,24 à 5 954,04 USD la tonne.

Ces fluctuations illustrent la volatilité des marchés internationaux des matières premières, dont dépend largement l’économie minière de la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur dans l’approvisionnement en minerais stratégiques destinés à la transition énergétique.

Félix Tshisekedi réaffirme sa volonté d’assainir le secteur minier

Dans ce contexte, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réitéré sa détermination à renforcer la gouvernance du secteur minier en interdisant strictement toute occupation ou invasion des sites d’exploitation par des militaires ou des membres des forces de sécurité en dehors des missions légalement autorisées.

Le Chef de l’État estime que ces pratiques alimentent les circuits illicites d’exploitation, affaiblissent les mécanismes de contrôle de l’État et portent atteinte à l’image de la République démocratique du Congo auprès des investisseurs.

À travers cette mesure, le gouvernement entend consolider les réformes engagées dans le secteur extractif, renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles et améliorer l’attractivité du pays auprès des partenaires et investisseurs internationaux.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Report de la marche du 22 juillet : des voix critiques s’élèvent au sein de l’opposition contre la Coalition C64

by admin9775 21 juillet 2026
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Le report de la marche pacifique initialement prévue le 22 juillet par la Coalition Article 64 (C64) continue de susciter des réactions au sein de l’opposition congolaise. Alors que la plateforme a accepté de reporter sa mobilisation à la demande de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), plusieurs acteurs politiques remettent désormais en question son fonctionnement et sa stratégie.

Interrogé ce lundi 20 juillet par Actu30.cd, Maître Laurent Onyemba, cadre du parti Ensemble pour la République, a estimé que la Coalition C64 est confrontée à des divergences internes qui compromettent sa cohésion.

« Il est temps de dissoudre la C64. Plusieurs agendas ne peuvent se concilier », a-t-il déclaré.

Selon lui, les différences d’approche entre les composantes de la coalition rendent difficile la poursuite d’une action commune. Il a annoncé son intention de proposer, au sein de son parti, un nouveau schéma politique qu’il juge plus adapté au contexte actuel.

Laurent Onyemba a également invité les citoyens à prendre leurs distances avec la plateforme, estimant que le report de la manifestation marque un tournant dans la dynamique de la coalition.

Des critiques similaires ont été formulées par l’opposant José Makila, qui a publiquement mis en cause la crédibilité de la C64 à la suite de cette décision.

Dans une déclaration, il a estimé que le report de la marche constitue « une profonde désillusion » pour les partisans qui attendaient une démonstration de force de l’opposition face au pouvoir.

« Le report de la manifestation du 22 juillet est une profonde désillusion pour tous ceux qui croyaient à une opposition prête à assumer le rapport de force. À l’heure de vérité, la C64 recule. Ce choix ne peut qu’alimenter le doute sur sa capacité à incarner une véritable alternative », a-t-il affirmé.

José Makila a ajouté qu’après avoir accordé « le bénéfice du doute » à la coalition, il considère désormais que le Mouvement Sauvons la RDC constitue, selon lui, la principale force d’opposition au régime en place.

Ces prises de position interviennent quelques heures après l’annonce du report de la marche du 22 juillet. Dans un communiqué conjoint, les cinq principaux dirigeants de la Coalition C64 Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga ont indiqué avoir répondu favorablement à l’appel de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un dialogue national inclusif.

La plateforme a toutefois précisé que ce report ne constitue pas un abandon de ses revendications. Elle a accordé au pouvoir un délai courant jusqu’au 15 août pour convoquer officiellement le dialogue annoncé par le président de la République et enregistrer des avancées concrètes. À défaut, la coalition affirme qu’elle se réserve le droit de relancer ses actions citoyennes.

Par Marius Bopenga
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Partenariat RDC–États-Unis : Washington réaffirme sa coopération avec Kinshasa sur les enjeux sanitaires et sécuritaires

by admin9775 21 juillet 2026
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Les États-Unis ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération avec la République démocratique du Congo, notamment dans la lutte contre les épidémies d’Ebola, les efforts de stabilisation régionale, en particulier au Soudan, ainsi que sur d’autres dossiers d’intérêt commun.

Dans ce cadre, les autorités américaines ont salué le rôle joué par la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, en remerciant la RDC pour son partenariat ainsi que pour son leadership à la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies durant le mois en cours.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Washington et Kinshasa, marqué par une coopération accrue sur les questions de sécurité, de paix et de santé publique.

Sur les réseaux sociaux et dans certains cercles d’analyse, plusieurs observateurs estiment que les États-Unis manifestent une volonté de renforcer leur partenariat stratégique avec la RDC et d’accroître leur implication dans la région des Grands Lacs. Selon ces analyses, Washington considère désormais Kinshasa comme un acteur de plus en plus important dans les équilibres régionaux.

Par ailleurs, certains commentateurs saluent le rôle joué par l’administration du président Donald Trump dans le soutien apporté à la République démocratique du Congo face à la crise sécuritaire dans l’est du pays, estimant que les préoccupations de Kinshasa bénéficient aujourd’hui d’une plus grande attention sur la scène internationale.

D’autres analystes soutiennent toutefois que la stabilité durable de la région des Grands Lacs demeure étroitement liée à l’évolution des relations entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Ils considèrent que la résolution des tensions persistantes entre les deux pays constituera un élément déterminant pour le retour de la paix dans la région.

Ces différentes appréciations relèvent cependant d’analyses et de prises de position d’observateurs et ne constituent pas des positions officielles des gouvernements concernés.

Par Pascal Kabeya
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Loi de programmation militaire 2027-2030 : Guy Kabombo plaide pour un renforcement des capacités des FARDC devant le Parlement

by admin9775 21 juillet 2026
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Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens Combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a présenté, ce lundi, devant les commissions Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale et du Sénat, un état des lieux de l’appareil de défense de la République démocratique du Congo, dans le cadre de l’examen du projet de loi de programmation militaire couvrant la période 2027-2030.

Réunis au Palais du Peuple, les parlementaires ont été édifiés sur les principaux défis auxquels sont confrontées les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Dans son exposé, le ministre de la Défense a souligné que cette démarche vise à permettre aux élus de mieux appréhender les réalités du terrain afin de prendre des décisions adaptées aux exigences de la réforme du secteur de la défense.

Guy Kabombo a insisté sur la nécessité d’investir durablement dans la modernisation de l’armée congolaise. Selon lui, une force armée confrontée à des insuffisances en matière de formation, d’équipements, d’infrastructures et de logistique ne peut répondre efficacement aux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté, notamment dans sa partie orientale.

Entouré de plusieurs officiers généraux et supérieurs, ainsi que des responsables des écoles militaires et des principales structures des FARDC, le vice-Premier ministre a présenté les difficultés qui freinent les efforts de redynamisation, de professionnalisation et de modernisation de l’armée. Il a rappelé que ces réformes s’inscrivent dans la vision du Président de la République et Commandant suprême des FARDC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait du renforcement de l’outil de défense une priorité nationale.

Au terme de cette séance de travail, les responsables militaires ont lancé un plaidoyer en faveur d’un financement conséquent de la future loi de programmation militaire 2027-2030. Ils estiment que l’allocation de ressources substantielles est indispensable pour améliorer les capacités opérationnelles des FARDC, renforcer leur autonomie stratégique, moderniser leurs équipements et consolider leur montée en puissance face aux menaces sécuritaires qui pèsent sur la République démocratique du Congo.

L’examen de cette future loi de programmation militaire constitue une étape importante dans la réforme du secteur de la défense. Le texte devrait définir, pour les quatre prochaines années, les priorités budgétaires, les objectifs de modernisation des Forces armées ainsi que les investissements nécessaires pour renforcer durablement les capacités de défense et de protection de l’intégrité territoriale de la RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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RDC-Rwanda : pour Jean-François Le Drian, Paul Kagame a « définitivement décongolisé » le M23

by admin9775 21 juillet 2026
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Le président rwandais Paul Kagame a, selon l’analyste français Jean-François Le Drian, établi un lien explicite entre le sort du mouvement AFC/M23 et celui du Rwanda, faisant de cette rébellion une question de sécurité nationale pour Kigali.

S’exprimant vendredi dernier devant les cadres du Front patriotique rwandais (FPR), dans un contexte marqué par une intensification des pressions internationales sur le Rwanda en raison de la crise dans l’est de la République démocratique du Congo, Paul Kagame a déclaré :

« Quand ils ont dit qu’ils allaient faire disparaître le M23, ils voulaient dire même le Rwanda : nous allons vous faire disparaître. »

Pour Jean-François Le Drian, spécialiste de la géopolitique de la région des Grands Lacs, cette déclaration constitue un tournant majeur dans le discours officiel de Kigali.

Selon lui, le chef de l’État rwandais ne présente plus le M23 comme un simple mouvement rebelle congolais, mais comme un enjeu directement lié à l’existence même du Rwanda.

« Pire, formellement et définitivement, il vient de décongoliser ce mouvement, en faisant de son sort une question existentielle pour le Rwanda lui-même », analyse-t-il.

L’analyste estime que cette prise de position revient à assumer publiquement une proximité politique et stratégique entre Kigali et le M23.

« C’est une façon de justifier un soutien, officiellement nié mais largement documenté par les Nations unies et plusieurs observateurs internationaux, en le transformant en question de survie nationale », poursuit-il.

Jean-François Le Drian conclut que les propos de Paul Kagame renforcent l’idée selon laquelle le M23 ne peut plus être présenté comme un mouvement exclusivement congolais.

« En définitive, aux yeux de Kagame, la fusion entre le M23 et le Rwanda est totale et indissociable. Ces quelques minutes de discours ont eu un effet puissant et révélateur. Elles ont officiellement acté ce que beaucoup savaient déjà : le M23 n’a jamais été un mouvement d’aspiration congolaise », affirme-t-il.

Depuis plusieurs années, les relations entre Kigali et le M23 demeurent au cœur de la crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Les Nations unies, ainsi que plusieurs partenaires internationaux, accusent le Rwanda d’apporter un soutien militaire et logistique au mouvement rebelle, accusations que Kigali continue de rejeter.

Le président Paul Kagame soutient néanmoins que les préoccupations sécuritaires du Rwanda sont liées à la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’est de la RDC et affirme agir pour protéger la sécurité de son pays ainsi que les populations congolaises rwandophones.

Alors que les pressions diplomatiques se sont intensifiées ces derniers mois, avec notamment des sanctions et diverses mesures restrictives prises par certains partenaires internationaux, Paul Kagame a reconnu que ces décisions commençaient à produire des effets sur le Rwanda.

Sur le terrain, le conflit dans l’est de la RDC continue d’alimenter une grave crise humanitaire, provoquant le déplacement de centaines de milliers de civils et accentuant les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali.

Par Pascal Kabeya
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