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À la Une

À la UneSociété

Alerte majeure en RDC : 16 milliards de mots de passe exposés, l’ARPTC appelle à la vigilance

by admin9775 13 juillet 2025
written by admin9775

L’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC) a lancé une alerte urgente ce jeudi 11 juillet 2025 concernant une fuite de données massive initialement révélée par le média spécialisé Cybernews le 20 juin dernier. Cette faille, dont l’ampleur a été confirmée par la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) en France, représente une grave menace pour la sécurité numérique des internautes congolais et mondiaux.

Une situation alarmante
Les investigations de l’ARPTC ont établi que plus de 16 milliards d’identifiants et mots de passe circulent actuellement sur des plateformes illicites. Cette exposition sans précédent des données sensibles rend les utilisateurs vulnérables à diverses cyberattaques, notamment le piratage de comptes, l’usurpation d’identité et les fraudes financières.

Mesures de protection recommandées
L’ARPTC exhorte tous les utilisateurs, particuliers comme professionnels, à prendre sans délai les précautions suivantes :

  1. Modifier immédiatement tous les mots de passe, particulièrement ceux associés aux services bancaires et aux comptes sensibles
  2. Utiliser des mots de passe uniques pour chaque plateforme
  3. Créer des combinaisons complexes intégrant majuscules, minuscules, chiffres et caractères spéciaux
  4. Activer systématiquement la double authentification lorsque disponible
  5. Recourir à des gestionnaires de mots de passe certifiés pour un stockage sécurisé

Un enjeu de sécurité nationale
Christian Katende, président de l’ARPTC, a souligné l’importance d’une mobilisation collective : « La cybersécurité est notre responsabilité partagée. Si le numérique offre d’immenses opportunités de développement, sa pérennité dépend de pratiques individuelles et collectives rigoureuses. »

Cet incident rappelle l’urgence d’adopter des comportements numériques responsables. L’ARPTC reste mobilisée pour accompagner les citoyens et entreprises dans la sécurisation de leurs données, pilier essentiel de la transformation digitale du pays.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneMonde

Crash d’Air India: «Il n’y avait absolument aucune raison logique» de couper les moteurs

by admin9775 13 juillet 2025
written by admin9775

En Inde, on en sait un peu plus sur les raisons du crash de l’avion de ligne d’Air India, survenu le mois dernier. 260 personnes ont péri après que le Boeing 787 Dreamliner s’est écrasé juste après son décollage de l’aéroport d’Ahmedabad, le 12 juin dernier. Le rapport préliminaire de cet accident vient d’être rendu public, et après l’analyse des boîtes noires, il envisage la possibilité d’une erreur humaine, car les interrupteurs des deux moteurs semblent avoir été abaissés, ce qui a coupé leur alimentation. Une situation qui serait extrêmement rare et étonnante, analyse Xavier Tytelman, consultant en aéronautique.

RFI : Quelles sont vos premières réactions à la lecture des conclusions de ce rapport ?

Xavier Tytelman : Ce rapport confirme d’abord ce que les premières vidéos nous ont suggéré : il y a bien eu une coupure des deux moteurs, et cela n’a pas été entraîné par des oiseaux par exemple. Il nous indique plutôt que les « switch » d’alimentation des moteurs, les interrupteurs, étaient en position coupée, c’est-à-dire que physiquement, ils avaient été désactivés dans le cockpit par l’un des deux pilotes. C’est vraiment étonnant, mais c’est ce que je comprends de ces conclusions préliminaires, car il faut savoir que ce système d’alimentation ne possède pas de moyen de sauter de manière automatique.

Pourquoi un pilote couperait-il lui-même les moteurs de l’avion ?

Soyons clairs, il n’y avait absolument aucune raison logique de le faire. Il n’y avait aucune panne ni moteur en feu qui rendrait nécessaire de couper un moteur. Nous sommes alors au décollage avec une poussée normale, et tout va bien. Le relevé des boîtes noires nous indique en fait qu’un des pilotes dit à l’autre : « C’est toi qui a coupé le moteur ? » Et le deuxième pilote répond, « mais non, j’ai rien fait ». Ils relancent donc les réacteurs, mais à l’altitude où ils étaient, ils n’ont pas eu le temps de reprendre de la puissance. Ils ont essayé de planer du mieux qu’ils ont pu, mais ils n’ont pas réussi à redécoller

Est-ce que cet interrupteur d’alimentation des moteurs peut être désactivé par erreur ?

Non, c’est impossible. Il faut d’abord savoir que ce n’est pas comme un bouton de lumière, sur lequel on pourrait appuyer par erreur, ou comme si on pouvait accrocher son pull par inadvertance pour déclencher cela. Non, il faut forcément réaliser une procédure, c’est-à-dire tirer le contrôle avant de changer la position. Et cela, c’est nécessairement quelqu’un qui le fait avec sa main. Et je n’imagine pas qu’ils puissent simplement se tromper de bouton et couper les moteurs plutôt que de rentrer les trains d’atterrissage par exemple. Ce n’est vraiment pas du tout le même endroit dans le cockpit.

Dans le passé, il est déjà arrivé qu’un pilote, qui venait d’être atteint d’un accident vasculaire cérébral (AVC) de quelques secondes pendant le décollage, ait fait cette action. Et cela a effectivement coupé les moteurs. Cela n’est arrivé qu’une seule fois dans l’histoire, mais cela reste quelque chose d’envisageable.

Peut-on envisager qu’un pilote ait voulu se suicider ?

S’il y avait un suicide, on aurait plutôt entendu une affirmation telle que « c’est toi qui a coupé ? Oui, c’est moi qui ai coupé, » puis il aurait poussé les manettes vers le bas pour aller au tapis. Donc, si on part sur l’idée que c’est une action dans le cockpit qui a entraîné le crash, à mon avis, c’est une erreur involontaire qui aurait été provoquée par l’un des deux pilotes, potentiellement après une perte de conscience de quelques secondes. C’est pour cela qu’il y a des suivis médicaux très approfondis sur les pilotes. Encore une fois, pour l’instant, nous nous basons sur des suppositions qui seront peut-être fausses, mais les premiers éléments contenus dans le rapport nous orientent vers cette option.

Est-ce que ce rapport est complètement fiable ?

Le rapport préliminaire est techniquement infaillible. C’est l’analyse des boîtes noires, la retranscription des images et l’analyse des échanges radios. Cela a été réalisé par les inspecteurs indiens, en collaboration avec des représentants des États-Unis et du producteur du moteur. Donc, il n’y a aucun doute. Il y a d’ailleurs très peu de pays sur lesquels il y a des doutes et des suspicions de non-respect des procédures. C’est notamment l’Égypte qui a essayé de mentir plusieurs fois sur des accidents. Mais là, pour l’Inde, étant donné qu’ils ont eux-mêmes demandé la coopération internationale, il n’y a pas de doute sur la fiabilité des informations qu’ils ont diffusées.

Quand pourra-t-on avoir des éléments plus définitifs sur les causes de l’arrêt des moteurs ?

Cela va être long et peut prendre un an pour avoir les conclusions. Mais si c’est un problème technique, c’est-à-dire que si c’est lié à Boeing ou au fabricant du moteur, il y aura très rapidement des exigences de modification. Mais à l’inverse, s’il n’y a pas tout de suite une information dans ce sens, cela viendra plutôt confirmer qu’on est sur un facteur humain.

RFI

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13 juillet 2025 0 comments
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À la UnePolitique

Accord de paix RDC-Rwanda : des forces politiques congolaises dénoncent un texte « partiel » et prônent un « dialogue interne »

by admin9775 12 juillet 2025
written by admin9775

Plusieurs acteurs politiques et sociaux congolais ont exprimé, vendredi, leurs réserves sur l’accord de paix signé le 27 juin 2025 à Washington entre la RDC et le Rwanda, le qualifiant d’ »insuffisant » pour résoudre durablement la crise. Dans une déclaration commune, ils appellent à un « dialogue sincère entre Congolais » pour traiter les causes internes du conflit.

Un accord jugé « réducteur »
Bien qu’ils saluent la médiation américaine, les signataires estiment que le texte signé par les ministres des Affaires étrangères des deux pays « minimise la complexité de la crise ». Selon eux, il la réduit à « un simple différend bilatéral », occultant le rôle d’ »autres acteurs régionaux » pourtant impliqués. Une approche qui, selon la déclaration, « ne garantira ni paix durable ni stabilité, ni en RDC ni dans la région ».

Les racines internes de la crise
Les forces politiques pointent du doigt les dérives du régime en place : « recul démocratique, exercice du pouvoir dictatorial, violations constitutionnelles, répression des opposants, tribalisme et corruption ». Elles avertissent : « Sans une réponse à ces maux, la paix restera un mirage. »

Le plaidoyer pour un dialogue « inclusif et sans tabou »
Insistant sur la nécessité d’un cadre de discussion purement congolais, les signataires soutiennent l’initiative des Églises (CENCO/ECC), qu’ils présentent comme le seul forum capable d’aborder « sans restrictions » les sujets sensibles pour rétablir « l’État de droit et la cohésion nationale ».

Mise en garde contre les « manœuvres du pouvoir »
La déclaration dénonce les tentatives présumées de Kinshasa de « saboter » le dialogue en imposant des conditions « contraires à son indépendance et à son inclusivité ». Elle rejette catégoriquement un « Gouvernement d’Union Nationale factice », perçu comme une manœuvre pour « préserver les intérêts du régime ».

Un avertissement sans équivoque
Concluant par une alerte sévère, les signataires accusent le pouvoir de « stigmatisation et d’exclusion » et le préviennent : « L’histoire jugera sans pitié ceux qui étouffent les solutions. »

Parmi les figures apposant leur signature figurent Olivier Kamitatu (Ensemble pour la République), Franck Diongo (MRC), Seth Kikuni (PISTE), ainsi que des représentants du FCC, d’Envol et d’organisations de la société civile comme Filimbi.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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12 juillet 2025 0 comments
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À la UneSociété

ARSP : Le DG Miguel Kashal auditionné par le CNS, mais jamais arrêté – Une désinformation dénoncée

by admin9775 12 juillet 2025
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Le Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le Secteur Privé (ARSP), Miguel Kashal Katemb, a été auditionné mercredi par le Conseil national de sécurité (CNS) dans le cadre d’un dossier non encore rendu public. Contrairement à certaines informations relayées sur les réseaux sociaux et par une presse à sensation, il n’a jamais été placé en état d’arrestation et est rentré chez lui librement dans la soirée du jeudi.

Une confusion volontaire entre audition et arrestation

Certains médias et comptes en ligne ont affirmé à tort que Kashal avait été « arrêté », alimentant des spéculations sur une éventuelle mise en cause judiciaire. Or, le CNS n’est pas une institution judiciaire et ne dispose ni de cachot ni de pouvoir d’incarcération.

« Le problème, c’est la qualité du journalisme dans ce pays. On confond des petites choses : être auditionné ne vaut pas être arrêté, surtout par un service qui n’a aucune compétence pénale », déplore une source proche du dossier.

Un journalisme sensationnaliste et dangereux

Cette désinformation illustre un phénomène récurrent en RDC : la recherche du buzz au détriment de la rigueur.

  • Certains médias transforment une simple convocation administrative en scandale judiciaire.
  • Lorsque l’intéressé est libéré sans poursuite, les mêmes acteurs crient à la « justice malade », alors qu’il s’agissait simplement d’une audition normale.
  • Cette pratique diffamatoire expose les journalistes à des plaintes en calomnie, avant qu’ils ne se présentent ensuite comme des « victimes de la répression ».

Miguel Kashal de retour à ses fonctions

Après cette séance de travail au CNS, le DG de l’ARSP a repris ses activités sans contrainte. Les raisons de son audition restent floues, mais aucune charge judiciaire n’a été retenue contre lui à ce stade.

Une mise au point nécessaire pour rétablir les faits et rappeler l’importance d’un journalisme responsable.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

LAMUKA dénonce avec véhémence le projet d’autonomie des Kivu par le M23 : « Une folie et une trahison »

by admin9775 12 juillet 2025
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Le porte-parole de la coalition LAMUKA, Prince Epenge, a vivement condamné ce vendredi la revendication du mouvement rebelle M23/AFC de gérer les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu comme une entité autonome pendant huit ans, qualifiant cette proposition de « dangereuse, antinationale et prélude à la balkanisation de la RDC ».

« Une folie et une insulte à Lumumba »

Dans une déclaration incendiaire, Epenge a fustigé cette exigence, l’assimilant à une « entreprise de démembrement planifié » du Congo :

*« La revendication de l’AFC/M23 est une folie, une insulte au combat de Patrice Lumumba et un pas décisif vers la balkanisation. Nous préférons la fin du monde plutôt que d’assister à l’émiettement de notre pays »*, a-t-il lancé, sous les applaudissements de militants de l’opposition.

Corneille Nangaa dans le viseur : « Vendre son âme au diable »

Sans détour, Epenge a également pris pour cible Corneille Nangaa, ancien président de la CENI et figure de proue de l’AFC/M23, l’accusant de trahison :

« Dites à Nangaa qu’il est possible de combattre une dictature sans vendre son âme et ses terres au diable », a-t-il asséné, en référence aux allégations de collaboration entre le M23 et le Rwanda, soutien présumé de la rébellion.

Einstein et Tshisekedi : Un appel à un sursaut national

Empruntant les mots du physicien Albert Einstein, le porte-parole de LAMUKA a souligné la nécessité d’une prise de conscience collective pour résoudre la crise :

« Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré. Si Félix Tshisekedi n’est pas une solution, Nangaa et ses créateurs ne le seront jamais », a-t-il conclu, dans une critique implicite à la fois du pouvoir en place et des rebelles.

Une proposition qui divise la classe politique

La suggestion du M23 d’administrer les deux Kivu de manière autonome dans le cadre d’un processus de paix controversé a provoqué un tollé général au sein de la classe politique congolaise.

  • Le gouvernement y voit une manœuvre sécessionniste, rappelant que la Constitution ne permet pas une telle autonomie.
  • L’opposition, bien que critique envers Tshisekedi, se montre unanime dans son rejet de ce qu’elle considère comme une ingérence étrangère déguisée.

Vers une escalade des tensions ?

Alors que les négociations entre Kinshasa et le M23 restent dans l’impasse, cette nouvelle revendication risque d’envenimer davantage la situation. Les observateurs craignent une reprise des combats si aucune solution diplomatique n’est trouvée, d’autant que le Rwanda continue d’être accusé de soutenir la rébellion.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Moti Kahana, le millionnaire juif qui livre des secrets d’État au président congolais

by admin9775 12 juillet 2025
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L’homme d’affaires israélo-américain Moti Kahana, figure aussi controversée que mystérieuse, refait surface dans une affaire politico-diplomatique impliquant le président congolais Félix Tshisekedi. Selon des informations exclusives rapportées par Reuters Africa, c’est lui qui aurait remis en janvier 2025 une enveloppe confidentielle à Tshisekedi, contenant les noms de trois personnes accusées d’avoir fomenté un coup d’État.

Qui est Moti Kahana ? Un « sauveur » aux méthodes troubles

Âgé de 48 ans, Kahana se présente comme un « self-made-man » spécialisé dans l’évacuation de Juifs menacés, notamment vers Israël, depuis des zones de conflit (Syrie, Ukraine, Yémen). Issu d’une famille juive roumaine partiellement exterminée pendant la Shoah, il se décrit comme un « protecteur des persécutés ».

Pourtant, ses détracteurs le dépeignent comme un opportuniste, mêlant business et espionnage. Il a notamment été accusé d’avoir monnayé des informations sensibles à des gouvernements ou milices, sous couvert d’actions humanitaires.

Une enveloppe explosive pour Tshisekedi

D’après les sources de Reuters, Kahana aurait rencontré le président congolais début 2025 pour lui transmettre un dossier identifiant trois conspirateurs présumés. Si les noms restent inconnus, cette révélation survient dans un contexte tendu :

  • Tshisekedi, réélu en décembre 2023, fait face à des rumeurs récurrentes de complots.
  • Des alliés de l’ex-président Joseph Kabila sont régulièrement pointés du doigt par le pouvoir.
  • La RDC reste un terrain d’influence pour les puissances étrangères et les mercenaires.

Kahana, un intermédiaire de l’ombre

Comment Kahana a-t-il obtenu ces informations ? Ses connexions avec les services de renseignements israéliens (Mossad) et certaines milices africaines alimentent les spéculations. Certains y voient une manipulation visant à déstabiliser Kinshasa, d’autres un jeu géopolitique lié aux ressources congolaises (cobalt, cuivre).

Interrogé par RFI, un conseiller de la présidence congolaise a botté en touche : « Nous ne commentons pas les allégations impliquant des tiers dans des affaires de sécurité nationale. »

Une affaire à suivre

Si l’implication de Kahana se confirme, elle pourrait relancer le débat sur l’ingérence étrangère en RDC. Reste une question : pourquoi cet homme, sans lien officiel avec la diplomatie, joue-t-il les messagers secrets ?

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneAfrique

Sénégal : Crise ouverte entre Sonko et Diomaye Faye après un discours incendiaire

by admin9775 12 juillet 2025
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Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a rompu le silence jeudi 10 juillet lors d’une réunion du Parti africain pour les libertés du peuple (Pastef), lançant une charge virulente contre ses adversaires politiques… et, pour la première fois, contre le président Bassirou Diomaye Faye lui-même.

« Problème d’autorité » : Sonko vise directement Diomaye Faye

Dans un discours au ton inhabituellement agressif, Sonko a dénoncé un « problème d’autorité », voire une « absence d’autorité » au sommet de l’État. Des mots perçus comme une attaque directe contre le président, accusé de ne pas le soutenir face aux critiques médiatiques et politiques.

« On ne peut tolérer qu’un homme, père de famille et chef d’institution, soit traîné quotidiennement dans la boue sous couvert de liberté d’expression », a-t-il lancé, exigeant que le président « s’y oppose fermement ». Plus surprenant encore, il a interpellé Diomaye Faye : « Qu’il prenne ses responsabilités, sinon qu’il me laisse faire ».

Un tandem en crise ?

Cette sortie publique, rare dans l’histoire politique sénégalaise où le Premier ministre est traditionnellement soumis à l’autorité présidentielle, a immédiatement fait l’effet d’une bombe. Le journal L’Enquête titre sur un « divorce en live », tandis que les analystes évoquent des « divergences majeures ».

Pour le politologue Moussa Diaw, cette crise était prévisible : « Tout se passe comme si le chef du gouvernement était le mentor du chef de l’État. Or, constitutionnellement, c’est l’inverse. » En effet, c’est Sonko qui, empêché par ses démêlés judiciaires, avait propulsé Diomaye Faye à la présidentielle. Une dynamique qui complique aujourd’hui leur relation.

Un risque pour la stabilité institutionnelle ?

Certains experts s’inquiètent des conséquences de cette crise. Demba Gueye, enseignant en sciences politiques, met en garde : « Ce discours est dangereux. Il fragilise l’institution présidentielle dans un régime où le chef de l’État est censé incarner l’autorité suprême. »

Du côté de la présidence, on minimise l’incident, évoquant une simple « frustration » de Sonko. Mais l’opposition, elle, presse Diomaye Faye de réagir : « Va-t-il démettre son Premier ministre pour affirmer son autorité ? », s’interroge un cadre de l’ex-PDS.

Et maintenant ?

Alors que Sonko affirme ne « pas vouloir démissionner », la balle est dans le camp du président. Ce dernier devra trancher : apaiser les tensions ou activer l’article 55 de la Constitution, qui lui permet de révoquer son chef de gouvernement.

Une chose est sûre : cette crise ouverte marque un tournant dans le mandat de Diomaye Faye, dont la légitimité est désormais publiquement contestée… par son propre bras droit.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfrique

Kagame reçoit Uhuru Kenyatta pour discuter de la crise dans l’Est de la RDC : Entre dialogue et suspicions

by admin9775 12 juillet 2025
written by admin9775

Le président rwandais Paul Kagame a reçu ce vendredi l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l’un des facilitateurs désignés par la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour le processus de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les deux dirigeants ont tenu un tête-à-tête à Kigali, officiellement axé sur « les efforts en cours pour une paix durable en RDC et l’analyse des causes profondes du conflit ». Cependant, cette rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, alimentant les spéculations sur d’éventuelles manœuvres politiques derrière les apparences diplomatiques.

Un dialogue sous haute surveillance

Alors que la rébellion du M23, soutenue selon plusieurs rapports internationaux par Kigali, continue de contrôler des zones clés du Nord-Kivu, cette discussion entre Kagame et Kenyatta suscite des interrogations. Les autorités congolaises et une partie de l’opinion publique y voient une « conspiration » après les récentes pressions américaines sur Kinshasa pour un dialogue avec les rebelles.

Uhuru Kenyatta, en tant que médiateur régional, est censé œuvrer pour une solution inclusive. Pourtant, sa rencontre avec Kagame, sans la présence des représentants congolais, laisse planer le doute sur une possible approche unilatérale qui ignorerait les préoccupations de la RDC.

Washington dans l’équation ?

Cette rencontre fait suite aux récentes déclarations des États-Unis, qui ont exhorté Kinshasa à « engager un dialogue direct avec le M23 », une position perçue comme un soutien indirect aux rebelles. Le timing de ces discussions alimente ainsi les craintes d’une coordination entre Kigali, certains acteurs régionaux et les puissances occidentales pour imposer une solution favorable au M23.

La RDC en alerte

Le gouvernement congolais, qui réclame depuis des mois le retrait inconditionnel du M23 et la fin du soutien rwandais aux rebelles, observe avec méfiance ces développements. Pour Kinshasa, toute négociation doit passer par un cadre légitime, excluant les groupes armés et respectant la souveraineté congolaise.

Alors que les pourparlers se multiplient en coulisses, la question reste entière : s’agit-il d’une réelle volonté de paix ou d’une manœuvre pour légitimer l’agenda du M23 et ses soutiens ?

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneMonde

Washington annonce des sanctions contre plusieurs dirigeants cubains, dont le président Miguel Diaz-Canel

by admin9775 12 juillet 2025
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Quatre ans exactement après des manifestations anti-gouvernementales inédites à Cuba, les États-Unis ont annoncé vendredi 11 juillet des sanctions contre plusieurs dirigeants de l’île communiste. Le président Miguel Diaz-Canel et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense, notamment, sont visés par des restrictions de visas pour entrer sur le sol américain.

Quatre ans tout juste après les manifestations historiques qui ont secoué Cuba, Les États-Unis ont annoncé des sanctions inédites contre plusieurs dirigeants cubains, dont le président Miguel Diaz-Canel, vendredi 11 juillet, faisant monter d’un cran la pression sur l’île communiste. Ce dernier est sanctionné « pour son rôle dans la brutalité exercée par le régime à l’encontre du peuple » cubain, a indiqué le secrétaire d’État Marco Rubio sur son compte X, précisant que Miguel Diaz-Canel faisait désormais l’objet d’une restriction de visa pour entrer sur le territoire américain.

Deux ministres – celui de la Défense – Alvaro Lopez Miera, et celui de l’Intérieur – Lazaro Alberto Alvarez Casas – sont également sanctionnés, ainsi que de « nombreux responsables judiciaires et pénitentiaires cubains impliqués dans la détention injuste et la torture des manifestants de juillet 2021 » pour « leur implication dans des violations flagrantes des droits humains », précise par ailleurs le Département d’État dans un communiqué. Enfin, celui-ci a aussi ajouté un hôtel d’État de 42 étages récemment inauguré à La Havane sur la liste des lieux interdits aux Américains « pour éviter que les dollars américains financent la répression du régime cubain ».

Politique de pression maximale

Les États-Unis « peuvent imposer des sanctions migratoires contre des dirigeants révolutionnaires et maintenir une guerre économique prolongée et sans merci contre Cuba, mais ils n’ont pas la capacité de faire plier la volonté de ce peuple ou de ses dirigeants », a réagi le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, là encore sur X.

Les 11 et 12 juillet 2021, des milliers de Cubains étaient descendus dans les rues de l’île pour réclamer plus de liberté et de meilleures conditions de vie. Ces manifestations antigouvernementales, d’une ampleur jamais vue depuis la révolution castriste de 1959, avait fait un mort, des dizaines de blessés et des centaines de personnes avaient été arrêtées. Le même jour, Miguel Diaz-Canel, au pouvoir depuis 2019, avait lancé à la télévision un « ordre de combattre » à tous les Cubains soutenant le gouvernement pour qu’ils sortent dans la rue s’opposer aux manifestants.

Washington a toujours condamné la répression du gouvernement cubain à l’égard des manifestants, dont plusieurs centaines ont été condamnés, parfois jusqu’à 25 ans de prison. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier dernier a tendu encore davantage les relations entre les deux pays. Fin juin, le président américain a par exemple signé un « mémorandum » destiné à renforcer sa politique de pression maximale sur l’île communiste, sous embargo économique depuis 1962, le Département d’Etat affirmant ce vendredi « prendre des mesures pour mettre en oeuvre » cette politique.

Selon les États-Unis, 700 personnes sont toujours emprisonnées pour leur participation aux manifestations de juillet 2021 à Cuba. Les organisations de défense des droits humains estiment, quant à elles, que leur nombre se situe entre 360 et 420. Parmi la centaine de manifestants condamnés, certains ont été libérés ces derniers mois après avoir purgé leur peine. D’autres ont été remis en liberté dans le cadre d’un accord négocié sous les auspices du Vatican après le retrait, en janvier, de l’île de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme par l’ex-président Joe Biden. Une décision révoquée par la suite par Donald Trump…

RFI

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À la UnePolitique

Le Gouvernement congolais dénonce la réouverture unilatérale des frontières par l’Ouganda dans les zones sous contrôle du M23

by admin9775 12 juillet 2025
written by admin9775

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a vivement réagi ce vendredi à la décision de l’Ouganda de rouvrir, depuis le 10 juillet, plusieurs postes-frontières avec l’Est de la RDC, notamment celui de Bunagana, une localité stratégique toujours sous contrôle du mouvement rebelle M23/AFC.

Cette annonce a été faite lors du Conseil des ministres hebdomadaire tenu à Kinshasa, où l’exécutif national a exprimé sa profonde inquiétude face à cette initiative qualifiée de « mesure unilatérale ». En effet, le poste-frontière terrestre de Bunagana, situé entre le district ougandais de Kisoro et le territoire congolais de Rutshuru (Nord-Kivu), a été rouvert sans la présence des autorités congolaises, alors que la zone reste occupée par les rebelles depuis juin 2022.

Une décision contestée et des risques financiers pour le M23

Le gouvernement congolais a mandaté la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, pour exiger des explications claires auprès des autorités ougandaises. Cette réouverture soulève en effet des craintes quant à un possible financement indirect des activités du M23.

Selon un rapport du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC (décembre 2022), les taxes imposées par les rebelles à Bunagana et Kitagoma constituaient une source importante de revenus pour leurs opérations militaires. Par exemple, en octobre 2022, près de 500 piétons traversaient quotidiennement la frontière en payant environ 7 000 shillings ougandais (1,80 USD), générant près de 27 000 USD par mois pour le M23. Des prélèvements supplémentaires sur le bétail (7 USD par tête) et l’accès aux terres agricoles (3 USD) étaient également en vigueur.

Une violation des mesures congolaises

Dès le 20 juin 2022, Constant Ndima, alors gouverneur militaire du Nord-Kivu, avait interdit toute importation ou exportation via Bunagana, avertissant que toute marchandise transitant par ce poste serait considérée comme une fraude et une collaboration avec l’ennemi.

Les autorités provinciales redoutent aujourd’hui que cette réouverture unilatérale ne permette aux rebelles de renflouer leurs caisses, compromettant ainsi les efforts de stabilisation de la région. La RDC exige donc une coordination bilatérale pour toute décision concernant ses frontières, rappelant que la souveraineté et la sécurité nationale ne sauraient être négociées.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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