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À la Une

À la UnePolitique

RDC : Joseph Kabila lance le Front pour la refondation de la Nation à Goma

by admin9775 13 octobre 2026

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, prend la tête d’une nouvelle structure politico-militaire dénommée Front pour la refondation de la Nation (FRN), officiellement lancée lundi à Goma, dans l’est du pays. Cette nouvelle organisation réunit notamment des figures de l’AFC/M23 et affirme vouloir mettre fin à ce qu’elle qualifie de « tyrannie » du président Félix Tshisekedi.

La déclaration annonçant la création du mouvement a été lue par Claude Ibalanky. Joseph Kabila en assure la présidence, tandis que plusieurs responsables politiques et militaires occupent les principaux postes de direction.

Une direction réunissant des figures de l’AFC/M23

Selon la structure dirigeante annoncée, le FRN est organisé comme suit :

  • Joseph Kabila : président ;
  • Bertrand Bisimwa : vice-président ;
  • Corneille Nangaa : vice-président ;
  • Sultani Makenga : chef d’état-major, avec rang de vice-président ;
  • Freddy Kaniki : secrétaire général ;
  • Benjamin Mbonimpa : secrétaire général adjoint ;
  • Désiré Rukomera : secrétaire permanent du Collège des fondateurs.

Cette composition associe ainsi l’ancien chef de l’État à des responsables de l’AFC/M23, notamment Bertrand Bisimwa, Corneille Nangaa et Sultani Makenga.

Mettre fin à la « tyrannie » de Félix Tshisekedi

Dans sa déclaration fondatrice, le Front pour la refondation de la Nation affirme vouloir mettre fin à ce qu’il présente comme la « tyrannie » du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Cette annonce intervient dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires en RDC, particulièrement dans l’est du pays, où les affrontements impliquant l’AFC/M23 continuent de peser sur les efforts de paix.

La création du FRN ouvre ainsi une nouvelle séquence dans la confrontation entre les autorités de Kinshasa et les acteurs réunis autour de cette structure politico-militaire. Les orientations concrètes du mouvement et les actions qu’il entend mener restent à préciser.

Par Pascal Kabeya
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13 octobre 2026
À la UnePolitique

RDC : Jean-Pierre Bemba attaque Joseph Kabila et l’accuse d’avoir fragilisé la souveraineté nationale

by admin9775 13 octobre 2026

Le vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a vivement réagi à l’allocution de l’ancien président Joseph Kabila. Dans une déclaration au ton particulièrement offensif, il remet en cause la légitimité des deux mandats de son ancien rival, l’accuse d’avoir entretenu des divisions au sein de la population et l’associe aux violences ainsi qu’aux ingérences étrangères en République démocratique du Congo.

« Un imposteur et un usurpateur »

Jean-Pierre Bemba conteste ouvertement la légitimité électorale de Joseph Kabila, l’accusant d’avoir fraudé lors de l’élection présidentielle de 2006 et de ne pas avoir été élu par le peuple en 2011.

« Vous êtes et demeurez un imposteur et un usurpateur », affirme-t-il, reprochant à l’ancien chef de l’État une mémoire sélective sur ses dix-huit années au pouvoir. Il évoque notamment les massacres, le pillage des ressources nationales et l’impunité, estimant que cette période reste marquée par de profondes souffrances.

Ces accusations s’inscrivent dans une confrontation politique renouvelée entre les deux hommes, sur fond de débats autour du bilan des anciens dirigeants et de la crise sécuritaire dans l’est du pays.

Kabila accusé de proximité avec Kigali

Le responsable politique accuse également l’ancien président d’avoir maintenu la RDC sous influence rwandaise, notamment en laissant, selon lui, des personnes liées à Kigali occuper des postes importants au sein de l’État.

Il va plus loin en imputant à Joseph Kabila une responsabilité dans le soutien présumé au M23 et à l’AFDL, qu’il présente comme des facteurs de déstabilisation du pays. Il lui reproche également de n’avoir pas suffisamment condamné les agressions contre la RDC durant sa présidence.

Ces déclarations constituent les accusations formulées par Jean-Pierre Bemba à l’encontre de son prédécesseur et ravivent la controverse sur les responsabilités politiques dans les crises successives qu’a connues le pays.

Le tribalisme et l’unité nationale au cœur de la polémique

Jean-Pierre Bemba reproche par ailleurs à Joseph Kabila d’avoir contribué à exacerber les divisions communautaires. Il oppose à ces accusations l’image d’un Congo riche de sa diversité culturelle et ethnique, dont les populations ont longtemps partagé une identité nationale commune.

« Le Congo et ses 2 345 409 km² appartiennent à tous ses enfants », soutient-il, rejetant toute tentative de division des Congolais sur la base de leurs origines.

Dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes, il insiste sur la nécessité de préserver l’unité nationale et de défendre l’intégrité territoriale du pays.

Bemba défend le bilan de Félix Tshisekedi

Dans sa déclaration, Jean-Pierre Bemba oppose les critiques adressées à Joseph Kabila aux réalisations qu’il attribue au pouvoir actuel, dirigé par Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Il cite notamment la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité, l’augmentation du budget de l’État ainsi que des projets de construction et de réhabilitation d’infrastructures universitaires, routières, aéroportuaires, portuaires et ferroviaires.

Pour le vice-Premier ministre, ces réalisations illustrent une évolution du pays et la volonté de renforcer son autonomie face aux influences extérieures.

« Notre souveraineté ne se négocie pas »

Jean-Pierre Bemba conclut son intervention par un appel à la défense de la souveraineté congolaise, affirmant que l’avenir du pays ne doit être décidé ni à Kigali ni par d’autres puissances étrangères.

Il évoque également plusieurs personnalités congolaises mortes dans des circonstances violentes, parmi lesquelles Floribert Chebeya, Armand Tungulu, Luc Nkulula, Thérèse Déchade Kapangala et Rossy Mukendi Tshimanga, qu’il présente comme des victimes de la période qu’il qualifie de dictature.

Cette prise de position accentue la confrontation politique autour de Joseph Kabila, dont les récentes déclarations continuent de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise.

Par Marius Bopenga
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13 octobre 2026
À la UneSociété

RDC : succession Damseaux, un jugement contesté au cœur d’un nouveau bras de fer judiciaire

by admin9775 12 octobre 2026

L’affaire de la spoliation présumée des propriétés de la succession de l’homme d’affaires belge William Damseaux connaît un nouveau rebondissement judiciaire. Au centre du litige figure le jugement RC 113.383, daté du 13 décembre 2016, dont l’existence est contestée par la famille Damseaux, qui le considère comme un faux.

Établie en République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies, la famille dénonce une tentative de dépossession de ses biens immobiliers, couverts, selon elle, par des titres de propriété détenus depuis près de 80 ans.

En décembre 2025, elle aurait été déguerpie sur la base de ce jugement, qui aurait reconnu des droits immobiliers à Cécile Ngatshie, aujourd’hui décédée, sur les parcelles litigieuses.

Un jugement introuvable au greffe

Les vérifications effectuées au greffe du Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, lors d’une descente du Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe, auraient révélé que le jugement RC 113.383 ne figurait pas dans les registres sous cette référence pour les parties concernées. Un autre jugement portant le même numéro existerait, mais concernerait un litige différent.

Pour défendre ses droits, Jean-Claude Damseaux, fils de William Damseaux, a engagé une action pénale. Celle-ci a conduit à la condamnation d’Alexandra Assuncao Dos Santos à une peine de servitude pénale, ainsi qu’à la confiscation et à la destruction du document litigieux.

Le jugement RP 30.445 du Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe avait, selon les éléments communiqués, constaté l’utilisation d’un titre exécutoire présenté comme faux.

La réinstallation ordonnée, mais toujours attendue

Le ministère de la Justice s’est également saisi du dossier. Dans une lettre datée du 31 décembre 2025, le ministre d’État, ministre de la Justice, avait instruit l’Inspecteur général des services judiciaires de procéder à la réinstallation de la famille Damseaux.

Sept mois après cette instruction, la mesure n’aurait toujours pas été exécutée. La famille attribue ce blocage à des résistances et à l’influence présumée de certaines personnalités civiles et militaires, des accusations qui restent à établir.

Un acquittement contesté en appel

Dans un autre volet pénal, Jean-Claude Damseaux a poursuivi devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe Ngasia Mungy Lyta, qui se présente comme liquidateur de la succession Ngatshie. Il lui reproche d’avoir utilisé le jugement RC 113.383 dans plusieurs procédures.

Malgré les constatations attribuées à la descente du tribunal au TGI/Gombe concernant l’absence du jugement sous la référence invoquée, le prévenu a été acquitté au bénéfice du doute.

La partie Damseaux conteste cette décision, qu’elle juge « inique ». Le ministère public a, de son côté, interjeté appel.

La décision du TGI/Gombe très attendue

Au-delà du différend entre les deux successions, cette affaire remet en lumière les enjeux liés à la protection de la propriété immobilière et à la sécurité juridique des investissements en RDC. Selon les informations communiquées, les autorités belges suivent également ce dossier avec préoccupation.

Saisi en appel, le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe a pris l’affaire en délibéré. Sa décision est attendue pour clarifier les contestations autour du jugement RC 113.383 et déterminer les suites judiciaires du dossier.

Pour la succession Damseaux, l’enjeu est notamment d’obtenir l’exécution des mesures annoncées et de retrouver la jouissance de ses propriétés. L’issue de la procédure devra permettre de préciser les responsabilités éventuelles et les droits des parties au regard des décisions de justice.

Par Pascal Kabeya
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12 octobre 2026
À la UnePolitique

RDC : le Panel des facilitateurs de l’UA consulte Tshisekedi et poursuit sa mission de paix dans les Grands Lacs

by admin9775 12 octobre 2026

Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu, ce samedi 10 octobre, à la Cité de l’Union africaine, les membres du Panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA), au terme de deux jours de consultations à Kinshasa consacrées aux efforts de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs.

À l’issue de cette mission, l’ancienne présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde a salué la teneur des échanges, estimant qu’ils contribuent à la recherche d’une solution à un conflit qui perdure depuis de nombreuses années.

« C’était une mission fructueuse, surtout pour la substance que nous avons eue, dans le but de trouver une solution à un conflit sur le continent qui n’a que trop duré et qui est le plus coûteux dans tous les sens », a-t-elle déclaré.

Des consultations avec les autorités et la société civile

Durant son séjour dans la capitale congolaise, le Panel des facilitateurs a rencontré plusieurs acteurs, notamment des responsables officiels et des représentants de la société civile. Ces échanges s’inscrivent dans les efforts diplomatiques engagés pour favoriser une issue pacifique au conflit dans l’est de la RDC et contribuer à la stabilité régionale.

Une mission appelée à se poursuivre dans la région

Après Kinshasa, la délégation de l’Union africaine prévoit de se rendre en Ouganda et au Burundi, avant de poursuivre ses consultations dans l’est de la RDC, notamment à Beni, au Nord-Kivu, et à Bunia, en Ituri.

Cette tournée régionale doit permettre au Panel de poursuivre ses échanges avec les différents acteurs concernés par la crise sécuritaire et les initiatives de paix dans la région des Grands Lacs.

Par Marius Bopenga
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12 octobre 2026
À la UnePolitique

RDC : cartes Visa du Trésor, Jules Alingete contredit Jean-Claude Masangu et relance la polémique

by admin9775 11 octobre 2026

L’affaire des cartes Visa adossées au compte général du Trésor public prend une nouvelle tournure. Après les explications de l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, sur le fonctionnement de ce dispositif, l’ancien inspecteur général des finances Jules Alingete apporte une version nettement différente, évoquant des dépenses de luxe, des retraits en espèces et des cartes restées actives après le départ de leurs bénéficiaires.

Alingete met en avant les conclusions de l’audit

À l’origine de l’audit de la BCC couvrant la période 2010-2020, Jules Alingete conteste les explications de Jean-Claude Masangu, qui avait présenté ces cartes comme un moyen de faciliter les missions officielles des hautes autorités de l’État.

Selon les constats qu’il rapporte, des retraits d’espèces auraient été effectués à Kinshasa, tandis que certaines cartes auraient servi à régler des achats dans des supermarchés de la capitale et des commerces de luxe en Europe, notamment Weston et Louis Vuitton.

L’ancien patron de l’Inspection générale des finances (IGF) s’interroge également sur la présence présumée d’épouses et de maîtresses du gouverneur et du vice-gouverneur en fonction au moment de l’audit parmi les bénéficiaires du dispositif.

« À quel titre officiel » détenaient-elles ces cartes Visa ?, questionne-t-il, remettant ainsi en cause la justification de certaines attributions.

Plus de 5 millions de dollars de dépenses pour certains bénéficiaires

Jules Alingete avance que certains détenteurs auraient dépensé plus de 5 millions de dollars en cinq ans, tandis que d’autres auraient engagé plus de 100 000 dollars en un seul mois.

« S’agissait-il toujours de frais de mission ? », s’interroge-t-il.

Selon l’ancien inspecteur général des finances, ces dépenses suscitent d’autant plus de questions que les bénéficiaires percevaient également des frais de mission versés par le Trésor public par l’intermédiaire des comptables publics.

Il affirme par ailleurs que plus de 50 cartes Visa étaient encore opérationnelles en 2021, alors que certains de leurs détenteurs avaient quitté leurs fonctions depuis janvier 2019. Parmi les personnes citées figure Barnabé Kikaya, ancien collaborateur de Joseph Kabila.

Ces éléments, tels que rapportés par Alingete, soulèvent des interrogations sur le contrôle des dépenses, les conditions d’utilisation des cartes et les procédures prévues pour leur désactivation à la fin des fonctions officielles.

Les explications de Masangu restent au centre du débat

Invité du Space animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, Jean-Claude Masangu avait expliqué que le dispositif avait été instauré autour de 2002 afin de permettre aux responsables publics d’effectuer des déplacements officiels décidés parfois dans l’urgence.

Selon lui, les cartes, émises au nom de la BCC plutôt qu’à celui du gouvernement, devaient couvrir exclusivement les frais de transport, d’hébergement et de restauration. Il avait également évoqué des plafonds mensuels, dont un montant de 15 000 dollars pour certains bénéficiaires, ainsi que le retrait immédiat de la carte en cas d’utilisation abusive.

Le mécanisme aurait été étendu en 2003 à certains responsables de la formule politique « 1+4 », comprenant les quatre vice-présidents de la transition et leurs collaborateurs. Masangu avait précisé avoir restitué sa propre carte lors de son départ de la BCC en 2013.

L’ancien gouverneur n’avait toutefois pas indiqué le nombre total de cartes délivrées durant son mandat et avait déclaré ne pas être en mesure de commenter la période postérieure à 2013.

Des responsabilités à établir

Les révélations attribuées à Jules Alingete remettent ainsi au premier plan la question de la gestion des cartes bancaires financées par le Trésor public. Elles soulèvent notamment des interrogations sur l’identité des bénéficiaires, la nature des dépenses engagées et le maintien en activité de cartes après la cessation des fonctions de leurs titulaires.

Pour autant, les constats rapportés et les accusations formulées ne suffisent pas, à eux seuls, à établir la responsabilité pénale de chaque personne citée. Celle-ci doit être déterminée à partir des pièces de l’audit, des autorisations de dépenses et, le cas échéant, des conclusions d’une enquête judiciaire.

L’enjeu est désormais de déterminer qui a autorisé ces opérations, qui en a bénéficié et si les règles applicables aux dépenses publiques ont été respectées. Si des irrégularités ou des infractions sont établies, les responsabilités devront être engagées conformément à la loi.

Par Pascal Kabeya
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11 octobre 2026
À la UneTribunes

RDC : Doudou Fwamba répond à Joseph Kabila et oppose les bilans économiques de 2019 et 2026

by admin9775 11 octobre 2026

Au lendemain de la dernière allocution de l’ancien président Joseph Kabila, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a publié vendredi un long message sur le réseau social X pour défendre le bilan économique du président Félix Tshisekedi. Chiffres à l’appui, il a contesté les critiques de son prédécesseur sur la dette publique, les réserves de change, le budget de l’État et les politiques sociales.

La dette publique au cœur de la confrontation

Doudou Fwamba rejette l’idée selon laquelle l’endettement actuel constituerait un fardeau pour la République démocratique du Congo. Il soutient que la dette peut servir à financer les infrastructures et les priorités gouvernementales, à condition d’en préserver la soutenabilité.

Le ministre affirme que le niveau d’endettement congolais représente moins de 20 % du produit intérieur brut (PIB), contre une moyenne d’environ 60 % pour les pays d’Afrique subsaharienne, selon les chiffres qu’il avance.

Il dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « mauvaise foi politique » et reproche à Joseph Kabila de méconnaître les fondamentaux de la gestion économique et financière.

2019-2026 : deux bilans opposés

Pour étayer sa défense du pouvoir actuel, le ministre oppose les indicateurs économiques de 2019, dernière année de la présidence de Joseph Kabila, à ceux de 2026, sous Félix Tshisekedi.

Selon les données présentées par Doudou Fwamba, la RDC est passée d’un PIB nominal d’environ 50 milliards de dollars en 2019 à 120 milliards en 2026. Les réserves de change de la Banque centrale du Congo seraient, quant à elles, passées de 1,3 milliard à 8 milliards de dollars.

Le budget de l’État aurait également progressé de 4 milliards de dollars à 18 milliards sur la même période. Le ministre évoque par ailleurs une réduction du déficit du compte courant, de 3,2 % du PIB en 2019 à 1,3 % en 2024, ainsi qu’un accès retrouvé aux marchés financiers internationaux.

Il met enfin en avant les trois programmes formels conclus avec le Fonds monétaire international (FMI) sous l’actuel pouvoir, opposant cette situation à l’absence de programme avec l’institution durant la dernière période de la présidence Kabila.

« Entre ces deux périodes de gouvernance, aucune comparaison possible. C’est la nuit et le jour », tranche-t-il.

Le FMI et la question de la transparence

Doudou Fwamba attribue l’absence de programme du FMI sous Joseph Kabila à des problèmes de gouvernance et de transparence. Il affirme notamment que les autorités de l’époque avaient refusé de publier certains contrats conclus avec des entreprises publiques du secteur minier.

S’adressant directement à l’ancien président, qu’il désigne comme le « Sénateur à vie », le ministre critique également sa lecture de l’héritage économique laissé à Félix Tshisekedi.

Sur un ton plus polémique, il estime que Joseph Kabila semble nier les difficultés économiques et financières de la période durant laquelle il dirigeait le pays.

Le bilan social également invoqué

Le ministre des Finances étend sa comparaison aux politiques sociales. Il oppose la situation de 2019 à celle de 2026, en mettant notamment en avant la gratuité de l’enseignement primaire, la gratuité de la maternité et les dispositifs de couverture sanitaire destinés à certaines catégories professionnelles.

Il affirme également qu’aucune université moderne n’avait été construite durant les dix-huit années de pouvoir de Joseph Kabila, une déclaration qui relève de son argumentaire politique.

Kinshasa appelle à la paix

En conclusion de son message, Doudou Fwamba reprend l’appel au dialogue lancé par Félix Tshisekedi et exhorte les groupes armés à déposer les armes.

« Et même ceux qui portent les armes, déposez celles-ci, revenez à la raison, et engagez-vous sur le chemin de la paix », écrit-il.

Cette intervention prolonge ainsi la confrontation politique entre l’ancien président et le pouvoir actuel sur le terrain économique. Alors que Joseph Kabila critique la gouvernance de son successeur, le ministre des Finances oppose les indicateurs macroéconomiques et les politiques publiques que le gouvernement considère comme les principales réalisations depuis 2019.

Par Marius Bopenga
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11 octobre 2026
À la UneProvince

Ouganda : Thomas Lubanga rencontre une délégation congolaise à Kampala

by admin9775 11 octobre 2026

Le chef de la Convention pour la révolution populaire (CRP), Thomas Lubanga, a rencontré à Kampala une haute délégation congolaise conduite par le lieutenant-général Jacques Ychaligonza, en présence des gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Cette rencontre a été facilitée par le président ougandais Yoweri Museveni, selon les informations disponibles.

Des conclusions encore inconnues

À ce stade, aucune communication officielle n’a été publiée sur le contenu des échanges ni sur les éventuelles décisions prises lors de cette rencontre.

Les enjeux des discussions et leurs possibles répercussions sur la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo restent donc à préciser, dans l’attente d’éclaircissements des autorités concernées.

Par Pascal Kabeya
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11 octobre 2026
À la UnePolitique

RDC : le discours de Joseph Kabila, entre héritage de l’AFDL, ambiguïtés politiques et équation militaire

by admin9775 10 octobre 2026

Plus d’un an après sa précédente adresse à la nation, le 23 mai 2025, l’ancien président Joseph Kabila a repris la parole vendredi 9 octobre 2026 pour dresser un tableau sombre de la situation politique, sécuritaire et sociale en République démocratique du Congo. Sans citer directement Félix Tshisekedi, il a dénoncé ce qu’il considère comme un retour de la dictature, caractérisé notamment par le tribalisme, le népotisme, la discrimination et la gestion patrimoniale de l’État. Il a également critiqué la conduite de la guerre dans l’Est et annoncé de nouvelles initiatives pour, selon ses termes, « sauver la RDC ».

Au-delà de ce réquisitoire, cette sortie soulève plusieurs interrogations sur l’héritage politique de Joseph Kabila, les similitudes qu’il établit avec la fin du régime Mobutu et les perspectives d’un changement de pouvoir dans le contexte actuel du conflit à l’Est.

De Mobutu à Tshisekedi, le retour du discours sur la dictature

En évoquant une dictature vaincue le 17 mai 1997, Joseph Kabila fait référence à la chute de Mobutu Sese Seko, renversé par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), conduite par Laurent-Désiré Kabila, son père, avec le soutien de pays voisins, notamment le Rwanda.

Dans son allocution, l’ancien président a déclaré :

« Pire, vaincue le 17 mai 1997, la dictature était de retour – et ce, sous sa forme la plus détestable moralement, celle de la tyrannie. D’où, une gouvernance plus préoccupée par la survie du régime en place que par le bien du peuple, avec, pour traits caractéristiques : l’institutionnalisation du tribalisme et du népotisme ; la discrimination et la stigmatisation des minorités ; l’instrumentalisation de la puissance publique à des fins politiques… »

Cette référence historique établit un parallèle implicite entre la fin du régime Mobutu et la gouvernance actuelle. Elle pose toutefois une question fondamentale : les circonstances qui avaient conduit à la chute de Mobutu sont-elles comparables à celles de 2026 ?

En 1996-1997, une rébellion soutenue par des pays voisins avait progressivement pris le contrôle de territoires avant de renverser le régime en place. Aujourd’hui, la situation est différente, tant sur le plan diplomatique que militaire. Le conflit dans l’Est implique notamment l’AFC/M23, dont les relations avec le Rwanda sont au cœur des tensions régionales et des prises de position internationales.

La comparaison historique mérite donc d’être examinée sans présumer que les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Le bilan de Kabila face aux critiques adressées à Tshisekedi

En dénonçant le tribalisme, le népotisme et la gestion patrimoniale des biens publics, Joseph Kabila soulève des questions importantes de gouvernance. Mais la portée de son réquisitoire dépend aussi de sa capacité à expliquer ce qui, selon lui, distingue son projet politique de celui qu’il critique aujourd’hui.

L’ancien président a également établi un lien entre la gouvernance actuelle, la misère et la fragmentation de la cohésion nationale.

« Cette gouvernance irresponsable et surannée, la cohésion nationale a volé en éclats, tandis que la paix et le vivre ensemble ont de nouveau fait place à des conflits identitaires, à l’insécurité et à la guerre », a-t-il déploré.

Ces accusations appellent un examen fondé sur des faits et des éléments vérifiables. Elles invitent également à interroger le bilan de celui qui a dirigé le pays de 2001 à 2019.

Un ancien chef de l’État qui entend proposer une alternative ne peut se limiter à dresser le procès de son successeur. Il lui appartient aussi de présenter des propositions précises, d’expliquer les réformes qu’il souhaite engager et de répondre aux controverses associées à sa propre gouvernance.

La question est donc de savoir si Joseph Kabila entend construire une véritable alternative politique et institutionnelle ou s’il cherche avant tout à délégitimer le pouvoir actuel. Son annonce de prochaines initiatives ne permet pas encore de trancher.

AFC/M23 : la question du soutien présumé de Kabila

La nouvelle allocution prend une dimension particulière en raison des accusations portées contre Joseph Kabila au sujet de ses liens présumés avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le M23.

L’ancien président a notamment dénoncé le non-respect du cessez-le-feu convenu dans le cadre du processus de Doha et accusé les autorités congolaises de maintenir une collaboration avec plusieurs groupes armés.

« Le non-respect du cessez-le-feu signé à Doha et le maintien de cette collaboration avec le Maï-Maï, rebaptisé Wazalendo, les FDLR et plusieurs autres groupes armés étrangers », a-t-il déclaré.

Cette lecture du conflit est celle de Joseph Kabila. Elle ne permet pas, à elle seule, d’établir la responsabilité respective des parties dans les violations du cessez-le-feu.

Par ailleurs, les États-Unis ont sanctionné l’ancien président pour son soutien présumé à l’AFC/M23. Cette décision constitue un élément important du contexte politique actuel, mais elle ne prouve pas que son discours du 9 octobre constitue en lui-même la démonstration d’un soutien opérationnel à la rébellion.

Une interrogation demeure néanmoins : cette sortie vise-t-elle uniquement à dénoncer la gouvernance de Félix Tshisekedi ou s’inscrit-elle dans une stratégie plus large de recomposition de l’opposition, éventuellement articulée autour des acteurs armés ?

La réponse dépendra notamment du contenu des initiatives annoncées par l’ancien président et des actes que poseront les membres de son entourage politique.

Une rébellion confrontée à un environnement international différent

La comparaison avec l’AFDL fait apparaître une autre différence majeure : l’environnement diplomatique et juridique.

En février 2025, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la résolution 2773, condamnant les offensives du M23 et demandant au mouvement de cesser les hostilités et de se retirer des zones contrôlées. Le texte demande également aux Forces de défense rwandaises de cesser leur soutien au M23 et de se retirer du territoire congolais.

Cette position internationale distingue le contexte actuel de celui qui avait précédé la chute de Mobutu. Les acteurs du conflit font désormais l’objet de prises de position diplomatiques et de sanctions, tandis que les relations entre Kinshasa, Kigali et leurs partenaires restent déterminantes pour l’évolution de la crise.

Cela ne suffit pas à prédire l’issue du conflit. Une rébellion dépend de plusieurs facteurs, notamment ses capacités militaires, ses alliances, ses ressources, son acceptation par les populations et le coût diplomatique de ses opérations.

La question est donc de savoir si l’AFC/M23 peut transformer son contrôle de certaines zones en une véritable légitimité politique à l’échelle nationale.

Adhésion populaire : l’AFDL et l’AFC/M23 peuvent-elles être comparées ?

Une autre interrogation porte sur la capacité de l’AFC/M23 à mobiliser une adhésion populaire comparable à celle que l’AFDL avait pu susciter auprès de certains Congolais en 1996-1997.

Il serait toutefois réducteur de présenter l’avancée de l’AFDL comme le résultat d’une adhésion populaire uniforme. La coalition bénéficiait d’un soutien extérieur et sa progression militaire ne signifie pas que l’ensemble de la population partageait son projet.

Aujourd’hui, les accusations d’exactions contre les civils, de recrutements forcés et de violations des droits humains dans les zones affectées par le conflit constituent des obstacles majeurs à l’établissement d’une légitimité durable. Ces accusations doivent être examinées à partir de témoignages et d’enquêtes documentés, sans généraliser les responsabilités au-delà des faits établis.

La question centrale est de distinguer le contrôle militaire d’un territoire du soutien volontaire de ses habitants. Une organisation peut administrer une zone sans disposer d’une adhésion populaire majoritaire.

L’AFC/M23 dispose-t-elle ainsi d’une base politique suffisamment large pour transformer ses conquêtes militaires en projet national, ou son influence repose-t-elle principalement sur le contrôle armé et les soutiens extérieurs ? Une réponse rigoureuse nécessite des données fiables sur les perceptions des populations et sur les conditions de vie dans les zones concernées.

Patrick Muyaya : « Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos »

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a vivement réagi à l’allocution de Joseph Kabila vendredi 9 octobre, mettant en cause son bilan et ses positions politiques.

Dans un message publié sur X, il a écrit :

« Un homme du passé, nostalgique des méthodes antidémocratiques, fils-aîné du père, complice et auteur connu des crimes, condamné et sous sanctions américaines. Il n’a rien d’autre à offrir que le chaos. »

Patrick Muyaya a également réaffirmé l’engagement du gouvernement en faveur du dialogue, présenté comme une voie pour restaurer la paix et préserver l’intégrité territoriale de la RDC.

« Avec le peuple congolais, les hommes et les femmes épris de paix, nous restons fermement engagés à travers le processus du dialogue amorcé par le Président de la République pour restaurer la paix et l’intégrité territoriale », a-t-il ajouté.

Cette réaction traduit la volonté du pouvoir de contester la crédibilité politique de l’ancien président tout en présentant le dialogue comme une voie de sortie de crise.

Gaby Kuba : « Si Tshisekedi est le problème, Kabila n’est jamais la solution »

L’analyste politique Gaby Kuba a, lui aussi, critiqué la sortie de Joseph Kabila, en mettant en doute sa capacité à proposer une alternative au pouvoir actuel.

« Adresse à la nation : de quelle nation s’agit-il ? L’hôpital se moque de la charité. Si Tshisekedi est le problème, Kabila n’est jamais la solution », a-t-il déclaré.

Gaby Kuba a estimé que cette allocution devait être analysée au regard du parcours de l’ancien président et des responsabilités qu’il a exercées à la tête du pays.

Sa réaction résume une critique adressée à Joseph Kabila : dénoncer les faiblesses de la gouvernance actuelle ne suffit pas nécessairement à établir sa propre capacité à incarner une solution politique.

Seth Kikuni : « Un dernier avertissement » au pouvoir

La lecture de Seth Kikuni, membre de la plateforme Sauvons la RDC et allié politique de Joseph Kabila, est sensiblement différente. Il a présenté l’allocution comme un avertissement adressé au pouvoir de Félix Tshisekedi et annoncé de prochaines initiatives de sa plateforme.

« Ils doivent prendre ce discours comme un dernier avertissement. Et nous sommes sérieux dans ce que nous disons », a-t-il déclaré.

Interrogé sur l’éventualité d’un recours à la force pour provoquer un changement de régime, Seth Kikuni a affirmé que l’AFC/M23 avait « déjà pris les armes comme opposition armée pour combattre Félix Tshisekedi », tout en présentant Sauvons la RDC comme une plateforme qui « mène son combat ».

Il a également annoncé que la plateforme ferait connaître « dans les prochains jours » ses intentions pour, selon ses termes, « mettre fin à cette tyrannie ».

Ces déclarations donnent une dimension plus concrète aux interrogations soulevées par le discours de Joseph Kabila. Elles ne permettent cependant pas, à elles seules, de conclure que la plateforme prépare une action militaire ou qu’elle dispose des moyens nécessaires pour provoquer un changement de régime.

Peter Kazadi : Kabila pourrait prendre la tête d’une branche de la rébellion

De son côté, Peter Kazadi, cadre de l’UDPS, a affirmé que Joseph Kabila s’apprêterait à prendre la tête d’une branche de la rébellion.

Il a déclaré s’appuyer sur des « informations vérifiées », sans que les éléments permettant d’étayer cette affirmation soient détaillés dans les propos rapportés.

Cette déclaration doit donc être considérée comme une accusation politique qui nécessite des éléments de corroboration indépendants. Elle illustre néanmoins le niveau de suspicion qui entoure désormais les intentions de l’ancien président et ses rapports présumés avec les acteurs du conflit dans l’Est.

La confrontation entre les déclarations de Peter Kazadi, les avertissements de Seth Kikuni et les dénégations ou explications éventuelles de l’entourage de Joseph Kabila sera importante pour distinguer les faits établis des interprétations politiques.

Quel avenir pour le changement de régime annoncé ?

À ce stade, plusieurs scénarios demeurent possibles. Joseph Kabila peut chercher à structurer une opposition politique, à peser sur le dialogue national ou à fédérer des forces autour d’un projet de transition. La possibilité d’une stratégie de rupture plus radicale est également évoquée par certains de ses alliés, mais les intentions opérationnelles de l’ancien président restent à établir.

La réussite d’un éventuel projet de changement dépendrait de nombreux facteurs : l’adhésion populaire, les rapports de force militaires, les soutiens régionaux, les sanctions internationales, la cohésion des forces politiques et la capacité des institutions à répondre aux attentes de la population.

Il serait donc hasardeux de prédire l’issue d’une éventuelle insurrection. L’expérience historique rappelle que la chute d’un régime ne garantit pas automatiquement la démocratie, la stabilité ni la fin des conflits.

L’adresse de Joseph Kabila ouvre ainsi une nouvelle séquence politique, sans encore préciser la nature exacte de ses prochaines initiatives. Le pouvoir de Félix Tshisekedi devra répondre aux critiques sur la gouvernance, la cohésion nationale et la conduite de la guerre. L’ancien président, pour sa part, devra exposer ses propositions et clarifier les interrogations suscitées par ses rapports présumés avec les acteurs armés.

Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de savoir qui pourrait remplacer le pouvoir actuel, mais par quels moyens, avec quelle légitimité et pour quel projet de société. C’est à l’aune de ces critères, et non de la seule virulence des discours, que pourra être appréciée la portée réelle de cette nouvelle sortie de Joseph Kabila.

Par Marius Bopenga
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10 octobre 2026
À la UneBusiness News

Anne Juuko prend la tête de la Banque de développement d’Afrique de l’Est (EADB)

by admin9775 10 octobre 2026

La Banque de développement d’Afrique de l’Est (EADB) a nommé Anne Juuko directrice générale à compter du 2 octobre 2026. Elle succède à Benard P. Mono, directeur principal des finances et du Trésor, qui assurait l’intérim.

Anne Juuko rejoint l’EADB après avoir occupé le poste de responsable régionale des marchés mondiaux pour l’Afrique de l’Est chez Standard Bank Group. Elle a auparavant dirigé Stanbic Bank Uganda, dont elle a été la première Ougandaise à prendre la direction générale, après avoir été responsable de la banque d’entreprise et d’investissement de Standard Bank Namibia.

Elle a commencé sa carrière chez Citibank Uganda en 2001, puis travaillé chez Citibank Kenya. Elle a rejoint Stanbic Bank en 2012 et en a pris la direction générale en 2020. En 2024, elle est nommée responsable régionale des marchés mondiaux de Standard Bank pour l’Afrique de l’Est.

Son parcours couvre notamment les activités de taux, de change, de matières premières et de produits dérivés. Elle est diplômée en commerce de l’Université Makerere et titulaire d’un master en planification stratégique de la Heriot-Watt Business School.

La nomination intervient alors que la banque vient d’adopter une série de réformes visant à renforcer sa gouvernance et ses performances. En 2025, l’EADB a enregistré une hausse de 51 % de son bénéfice avant impôts et de 140 % de ses décaissements de prêts. Ses notes de crédit sont de « A » chez S&P Global et « Baa3 » chez Moody’s, avec des perspectives stables.

Par Amadjiguéne Ndoye

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10 octobre 2026
À la UnePolitique

RDC : Jean-Claude Masangu révèle les dessous des cartes bancaires des hautes autorités et défend son bilan à la BCC

by admin9775 10 octobre 2026

Après plusieurs années de silence, l’ancien gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu Mulongo, est revenu sur deux sujets majeurs de son passage à la tête de l’institution. Invité du Space live animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, il a expliqué le fonctionnement des cartes bancaires mises à la disposition de certaines hautes autorités pour leurs missions officielles, avant de défendre son bilan économique et monétaire.

Des cartes bancaires pour les missions officielles

Jean-Claude Masangu affirme que le dispositif avait été instauré pour permettre aux responsables publics d’effectuer leurs déplacements officiels sans être confrontés à des difficultés de prise en charge financière, notamment lorsque les missions étaient décidées dans l’urgence.

« On a instauré des cartes bancaires au nom de la Banque centrale du Congo et non pas au nom du gouvernement », a-t-il précisé. Selon lui, le choix de la BCC répondait à un souci de crédibilité institutionnelle.

Ces cartes servaient notamment à couvrir les frais de transport, d’hébergement et de restauration. L’ancien gouverneur insiste sur le fait qu’elles ne constituaient pas un moyen de paiement sans limites.

« Ce n’est pas pour acheter des cravates ou des chemises », a-t-il déclaré, soulignant que tout usage abusif devait entraîner la désactivation immédiate de la carte.

Les plafonds variaient selon les bénéficiaires. Masangu a notamment évoqué une limite de 15 000, sans préciser explicitement la devise dans les propos rapportés. Les dépenses étaient imputées au compte du Trésor après autorisation.

Un dispositif étendu sous la formule « 1+4 »

Mis en place autour de 2002, le système aurait été étendu en 2003 aux quatre vice-présidents et à certains de leurs collaborateurs, dans le cadre de la formule politique dite « 1+4 ». Le président de la République et le ministre des Finances figuraient également parmi les bénéficiaires.

Selon Jean-Claude Masangu, le dispositif était réservé aux responsables effectuant régulièrement des déplacements officiels. À la fin de leurs fonctions, les détenteurs devaient restituer leurs cartes, qui étaient ensuite bloquées et détruites.

L’ancien gouverneur affirme avoir lui-même rendu la sienne lors de son départ en 2013. Il n’a toutefois pas communiqué le nombre total de cartes délivrées durant son mandat, indiquant ne pas pouvoir se prononcer sur la période postérieure à son départ.

« Le Congo d’aujourd’hui est beaucoup plus solide »

Au cours de cette intervention, Jean-Claude Masangu a également défendu son appréciation de l’évolution de l’économie congolaise. Pour étayer son propos, il a préféré comparer la situation actuelle à celle de 1997, année de sa nomination à la tête de la BCC, plutôt qu’à celle de 2013, lorsqu’il a quitté ses fonctions.

« Le Congo d’aujourd’hui est beaucoup plus solide que le Congo que moi j’ai trouvé lorsque j’ai été nommé gouverneur de la Banque centrale en 1997 », a-t-il affirmé.

Il a notamment évoqué la maîtrise de l’inflation, qu’il situe aujourd’hui à 3,5 %, contre un taux de 611 % à l’époque qu’il décrit. Ces chiffres, avancés par l’ancien gouverneur, n’ont pas été accompagnés dans les propos rapportés de précisions sur les périodes exactes et les indicateurs utilisés.

Masangu a également mis en avant l’évolution du système bancaire, l’accroissement des réserves de change, qu’il estime désormais supérieures à 8 milliards de dollars, ainsi que la croissance du produit intérieur brut.

« Nous sommes passés d’une économie de 15 milliards de dollars de PIB. Aujourd’hui, on est à 120 milliards de dollars », a-t-il déclaré.

L’ancien responsable a par ailleurs rappelé l’allégement de la dette extérieure congolaise obtenu dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). En juillet 2010, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international avaient annoncé un allégement de 12,3 milliards de dollars pour la RDC.

Masangu revendique l’introduction du mobile money

Enfin, Jean-Claude Masangu a revendiqué un rôle déterminant dans l’introduction du mobile money en République démocratique du Congo, qu’il situe autour de 2010-2011, sous le pilotage de la Banque centrale.

« Je suis à l’origine de l’introduction du mobile money en RDC vers 2010-2011, sous le pilotage de la Banque centrale », a-t-il affirmé.

À travers cette intervention, l’ancien gouverneur est revenu sur certaines pratiques de gestion des missions officielles tout en présentant les indicateurs qu’il considère comme les principales avancées économiques et monétaires enregistrées depuis son arrivée à la tête de la BCC en 1997.

Par Pascal Kabeya
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