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Monde

À la UneMonde

Assassinat de Charlie Kirk: le gouverneur de l’Utah dévoile l’identité du suspect arrêté

by admin9775 12 septembre 2025
written by admin9775

Spencer Cox, le gouverneur de l’État de l’Utah, a indiqué lors d’une conférence de presse, ce vendredi 12 septembre, que le suspect de l’assassinat de Charlie Kirk avait été identifié comme Tyler Robinson. Un peu plus tôt, le président américain Donald Trump avait annoncé son arrestation lors d’une interview sur la chaîne de télévision Fox News.

« Nous l’avons », a déclaré le gouverneur de l’Utah lors d’une conférence de presse. Spencer Cox a confirmé, vendredi 12 septembre, l’arrestation du meurtrier présumé du militant conservateur américain Charlie Kirk, l’identifiant comme Tyler Robinson. 

Jeudi soir, a-t-il précisé, « un membre de la famille » du suspect a joint un ami de la famille, lequel a ensuite contacté les autorités pour les informer que « Robinson leur avait avoué ou laissé entendre son implication » dans l’assassinat.

Une arrestation annoncée par Donald Trump

Plus tôt dans la journée, le président américain Donald Trump avait annoncé sur le plateau de la chaîne de télévision Fox News à New York : « Je pense, avec un haut degré de certitude, que nous l’avons en détention », ajoutant que « quelqu’un de très proche de lui l’a(vait) dénoncé ». Il a notamment expliqué que le père du suspect lui-même ainsi qu’un pasteur avaient joué un rôle dans cette arrestation.

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Charlie Kirk, 31 ans, a été assassiné par balle mercredi 11 septembre lors d’une réunion publique en plein air dans une université de l’Utah, dans l’ouest des États-Unis.

RFI

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À la UneMonde

États-Unis: l’influenceur Charlie Kirk, figure de proue des jeunes pro-Trump, tué par balle

by admin9775 11 septembre 2025
written by admin9775

Grièvement blessé par balle lors d’une réunion publique mercredi 10 septembre, l’influenceur conservateur Charlie Kirk, voix majeure de la jeunesse pro-Trump aux États-Unis, a succombé à ses blessures. Sa mort a été confirmée par Donald Trump.

« Le grand et même légendaire Charlie Kirk est mort », a annoncé Donald Trump sur son réseau Truth Social, après que cet influenceur conservateur a été touché par balle lors d’une réunion publique. « Personne ne comprenait mieux (…) la jeunesse des États-Unis d’Amérique que Charlie. TOUS l’aimaient et l’admiraient, surtout moi, et maintenant, il n’est plus parmi nous », a écrit le président américain.

Les drapeaux vont également être mis en berne aux États-Unis en hommage à l’influenceur. « J’ordonne que tous les drapeaux américains à travers les États-Unis soient mis en berne jusqu’à dimanche soir à 18h » (22h TU), a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Le directeur du FBI, Kash Patel, a déclaré dans la soirée que le meurtrier présumé de Charlie Kirk avait été arrêté et était en détention avant d’annoncer, quelques heures plus tard, que ce dernier avait « été relâchée après un interrogatoire ». « Notre enquête se poursuit », a-t-il ajouté dans la soirée.

Friand de joutes oratoires avec les étudiants, le podcasteur de 31 ans participait à un événement sur le campus de la Utah Valley University, dans l’ouest du pays, lorsqu’il a été pris pour cible, selon l’université. Vers midi heure locale, « un coup de feu a été tiré sur Charlie Kirk, conférencier invité. Il a été touché et évacué des lieux par ses gardes du corps. La police du campus mène l’enquête, un suspect a été placé en détention », a écrit l’université sur X. Des vidéos montrent Charlie Kirk, s’effondrant sur sa chaise, apparemment grièvement touché au cou, et des cris de panique se faisant entendre dans le public. 

Donald Trump accuse les discours de la « gauche radicale »

Charlie Kirk avait été un rouage important de la dernière campagne électorale de Donald Trump. Le président américain a accusé les discours de la « gauche radicale » d’avoir contribué au meurtre par balle de Charlie Kirk, le qualifiant de « martyr de la vérité et de la liberté ».

« Depuis des années, la gauche radicale compare des Américains formidables comme Charlie aux nazis et aux pires criminels et meurtriers de masse du monde. Ce genre de rhétorique est directement responsable du terrorisme que nous connaissons aujourd’hui dans notre pays, et cela doit cesser immédiatement », a accusé le président américain dans une vidéo publiée sur son réseau Truth Social. « Mon administration retrouvera tous ceux qui ont contribué à cette atrocité et à toute autre violence politique, y compris les organisations qui les financent et les soutiennent », a-t-il lancé.

« La violence politique n’a pas de place en Amérique », a estimé de son côté l’ancienne vice-présidente Kamala Harris, rejointe en ce sens par de nombreuses autres figures du Parti démocrate, du gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, au sénateur Bernie Sanders. L’ancien président Joe Biden a déploré la mort de l’influenceur conservateur, affirmant que ce type de violence devait « cesser maintenant ». « Il n’y aucune place dans notre pays pour ce type de violence. Elle doit cesser maintenant », a déclaré l’ancien président démocrate sur X, qui a dit prier avec son épouse Jill pour la famille et les proches de Charlie Kirk. Le gouverneur de l’Utah a dénoncé de son côté un « assassinat politique ».

Un tir pendant une conférence en public

L’ancien parlementaire de l’Utah Jason Chaffetz, qui était sur place, a expliqué à Fox News que Charlie Kirk répondait à des questions du public quand il a été touché.

« La première question était sur la religion. Il a parlé pendant environ 15-20 minutes. La deuxième question, de manière intéressante, portait sur les tireurs transgenres, les tireurs qui font de multiples victimes, et pendant sa réponse, le tir a éclaté », a raconté l’homme politique, visiblement secoué. « À ce moment-là, je regardais Charlie, je ne peux pas dire que j’ai vu du sang, que je l’ai vu se faire tirer dessus, mais dès que le tir a eu lieu, il est tombé en arrière », a-t-il ajouté.

« Plein de gens ont commencé à crier, et tout le monde a commencé à courir », a-t-il continué.

À la tête du plus gros groupe de jeunes conservateurs aux États-Unis

Originaire de la banlieue de Chicago, Charlie Kirk a abandonné ses études pour se dévouer au militantisme. Il est à la tête d’un mouvement de jeunesse : Turning Point USA. Cofondée en 2012 par l’influenceur, alors âgé de 18 ans, cette association est devenue en une décennie le plus gros groupe de jeunes conservateurs aux États-Unis. Elle comprend une armée de militants enthousiastes, dont certains avaient été envoyés en bus à Washington à la manifestation du 6 janvier 2021 qui avait débouché sur l’invasion du Capitole.

À Cumming en Géorgie, dans le sud-est des États-Unis, une trentaine de personnes se sont rassemblées en son honneur a pu constater notre envoyé spécial sur place Edward Maille. Assises dans les locaux du parti républicain local, plusieurs d’entre elles prennent la parole pour rendre hommage l’influenceur, certains citent des versets de la bible.

« Je suis dévastée, c’est encore de la violence, de la haine contre quelqu’un qui a des idées différentes… c’est juste tellement triste », affirme Vicki Tarver a du mal à retenir ses larmes. Pour Cynthia Brown c’est un jour dévastateur pour le pays. « Il a inspiré de nombreux jeunes républicains, ainsi que ma génération, à ne pas avoir honte de sa foi, de ne pas avoir honte de parler de Jésus, de défendre notre pays et se battre pour la liberté ». 

Blake McClellan, le président du parti républicain local raconte lui s’être engagé en politique grâce à Charlie Kirk. « Charlie nous donnait une leçon civique pour pouvoir avoir des discussions et il cassait cette barrière qui nous empêchaient de parler entre nous. Il nous montrait que nous pouvions être en désaccord et toujours se parler », assure-t-il. 

Fort de 6,9 millions d’abonnés sur Instagram et 3,8 millions sur YouTube, l’influence de Charlie Kirk a largement servi Donald Trump pour séduire les jeunes hommes américains en promouvant une conception ultra-traditionnelle de la famille.

Le mouvement MAGA érige Charlie Kirk en «martyr de la vérité et de la liberté» après son assassinat

Les grands noms du mouvement MAGA (Make America Great Again) inspiré par Donald Trump ont qualifié, mercredi 10 septembre, Charlie Kirk de « martyr » tombé pour la défense des valeurs conservatrices et chrétiennes, après la mort par balle du jeune influenceur. Donald Trump a lui accusé la « gauche radicale » d’avoir contribué à son meurtre.

Donald Trump a accusé les discours de la « gauche radicale » d’avoir contribué au meurtre par balle mercredi d’un de ses fidèles alliés politiques, l’influenceur Charlie Kirk, le qualifiant de « martyr de la vérité et de la liberté ».

Le podcasteur conservateur, porte-drapeau de la jeunesse pro-Trump, a été tué lors d’une réunion publique dans une université de l’Utah (ouest). Les recherches sont toujours en cours pour trouver le tireur, dont les motivations restent pour l’heure inconnues.

« Depuis des années, la gauche radicale compare des Américains formidables comme Charlie aux nazis et aux pires criminels et meurtriers de masse du monde. Ce genre de rhétorique est directement responsable du terrorisme que nous connaissons aujourd’hui dans notre pays, et cela doit cesser immédiatement », a accusé le président américain dans une vidéo publiée sur son réseau Truth Social. « Mon administration retrouvera tous ceux qui ont contribué à cette atrocité et à toute autre violence politique, y compris les organisations qui les financent et les soutiennent », a-t-il lancé. 

« Charlie Kirk est tombé au front »

 Avant lui, plusieurs figures trumpistes avaient qualifié Charlie Kirk de « martyr » tombé pour la défense des valeurs conservatrices et chrétiennes. « Le mouvement lancé par Charlie Kirk ne cessera jamais », a déclaré Jack Posobiec, un autre influenceur d’extrême droite, dans un échange avec Steve Bannon, figure de la mouvance ultraconservatrice. « Nous devons avoir une volonté d’acier. Charlie Kirk est tombé au front », a dit ce dernier sur Real America’s Voice, une chaîne sur laquelle le jeune podcasteur conservateur animait une émission.

« Une mèche a été allumée en Amérique et je pense que la droite américaine, surtout les jeunes, n’acceptera pas » la mort de l’une de ses voix les plus célèbres, a déclaré Matt Boyle, représentant du site d’informations Breitbart News, là aussi lors d’un échange avec Steve Bannon. « Charlie Kirk est un martyr américain », a écrit sur X Benny Johnson, un autre podcasteur très suivi par les trumpistes.

Même terminologie de la part de Kevin Roberts, président de Heritage Foundation, un cercle de réflexions dont les idées ont été abondamment reprises par le président américain. « Son martyr doit être un tournant pour notre pays », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse, reprenant le nom du mouvement de mobilisation de la jeunesse animé par Charlie Kirk, « Turning Point » (le tournant).

Condamnation unanime des démocrates

Les plus virulents n’ont pas attendu de connaître les premiers éléments de l’enquête pour désigner la « gauche » comme responsable. Et ce même si de nombreux responsables démocrates ont, très rapidement et sans ambiguïté, condamné l’attaque. « La gauche n’a pas réussi à l’emporter dans les débats, alors, ils l’ont tué », a réagi Clay Travis, un animateur et commentateur qui relaie les idées trumpistes. « La gauche est le parti du meurtre », a lancé Elon Musk sur X.

Du côté du parti démocrate, la condamnation de l’assassinat et des violences politiques ont pourtant a pourtant été unanime.  L’ancienne candidate démocrate malheureuse à l’élection de 2024, Kamala Harris, a estimé que « la violence politique n’a(vait) pas de place en Amérique ». L’ancien président Joe Biden a aussi appelé à ce que ce type de violence « cesse immédiatement », à l’unisson d’autres figures de la gauche : Barack Obama, Bernie Sanders ou encore le gouverneur de Californie Gavin Newsom. La figure progressiste Alexandria Ocasio-Cortez a, elle, redouté que la mort de Charlie Kirk ne déclenche une vague de « chaos et de violence politique ».

RFI

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À la UneMonde

Après François Bayrou, les scénarios d’une France dans l’impasse

by admin9775 9 septembre 2025
written by admin9775

La chute du gouvernement Bayrou, officialisée par l’échec prévisible du vote de confiance, marque un nouveau tournant dans la crise politique qui secoue la France depuis plus d’un an. Quatre Premiers ministres en 20 mois : jamais la Vème République n’avait connu pareille valse à Matignon. Mais la chute de François Bayrou n’est pas seulement un épisode de plus dans la chronique du désordre : elle ouvre une période d’incertitude extrême.

Depuis les élections législatives anticipées de 2024, le Parlement français est divisé en blocs presque irréconciliables. Aucun ne parvient à imposer une majorité stable, et les tentatives de compromis restent lettre morte. « L’équation politique à résoudre est quasi insoluble », résume le politologue Olivier Rouquan sur RFI, pointant la fragmentation et la polarisation inédite de la représentation nationale.

Matignon, le casse-tête du « mouton à cinq pattes »

Dans ce contexte, la nomination d’un nouveau Premier ministre relève du défi impossible. Ni la droite, ni la gauche ne semblent en mesure de construire un socle suffisamment large. Reste l’option de la société civile, mais c’est aussi un pari dangereux : quelqu’un sans base politique solide risque de se retrouver isolé. « On évoque un profil technique, à l’italienne, mais la configuration française est différente. Même un technicien devra manœuvrer dans une Assemblée très fragmentée et polarisée. Rien ne dit qu’il y parviendra mieux qu’un politique expérimenté », analyse Olivier Rouquan.

Le président pourrait-il s’en remettre à un fidèle de son camp ? Des noms circulent comme Sébastien Lecornu ou Catherine Vautrin. Malgré l’échec de Michel Barnier puis de François Bayrou, Emmanuel Macron retentera-t-il l’expérience ? Peut-être, s’il n’est toujours pas prêt au compromis sur sa politique économique et qu’il reste convaincu que le bloc central est le plus à même de trouver une majorité. Mais quoi qu’il arrive, la manœuvre n’offrirait aucune garantie de stabilité : « Les partis qui pourraient aider à maintenir un gouvernement minoritaire sont eux-mêmes divisés », souligne le politologue.

La tentation d’un gouvernement d’ouverture à gauche, défendue par le PS d’Olivier Faure qui se dit « prêt » à succéder à Bayrou, reste fragile. « Quel est l’intérêt réel du Parti socialiste aujourd’hui d’entrer dans cette galère ? Les prochaines élections ne sont plus si éloignées et même si le budget est moins sévère, ce ne sera pas un budget d’abondance », rappelle Olivier Rouquan. Le chercheur voit dans cette stratégie une posture de communication plus qu’une solution crédible. « L’hypothèse du parti socialiste comme centre de gravité d’un gouvernement, me semble faible », ajoute-t-il, tout en nuançant : « il y a beaucoup de surprises ces derniers temps. »

Dissolution ou intérim : l’impasse des urnes

L’alternative d’une dissolution de l’Assemblée, réclamée par le Rassemblement national (RN) et soutenue par une majorité de Français selon les sondages, apparaît tout aussi risquée. Les projections donnent le RN en tête, mais sans majorité absolue, ce qui ne ferait qu’entretenir la paralysie. Emmanuel Macron y semble opposé, d’autant que des élections anticipées profiteraient aux oppositions. « Si législatives il y a, il est probable que le centre soit encore plus affaibli, remplaçant la crise par une autre crise », avertit l’historien Andrew W. M. Smith, interrogé par France 24.

Quant au scénario de transition avec un gouvernement expédiant les affaires courantes, il n’est pas plus attrayant. Un intérim prolongé ne ferait que prolonger l’incertitude, accentuer la défiance et l’atonie politique, tandis que les oppositions surenchérissent dans la critique d’Emmanuel Macron. Jean-Luc Mélenchon va jusqu’à réclamer la démission du président et l’organisation d’une présidentielle anticipée. Si le chef de l’État a jusqu’ici refusé tout compromis, « il se retrouve seul et il va être contraint à une clarification, une explication de son point de vue », constate Olivier Rouquan.

La rue, nouvelle arbitre de la crise ?

Cette impasse n’est pas qu’une question d’arithmétique parlementaire : elle traduit une rupture profonde entre la société et ses représentants. Le discrédit qui frappe l’exécutif est massif : selon une enquête Verian pour Le Figaro Magazine, seuls 15 % des Français font confiance à Emmanuel Macron pour sortir de la crise, un score historiquement bas. Le rejet du plan d’austérité de François Bayrou – gel des prestations, suppression de jours fériés – n’a fait que cristalliser la défiance, tandis que la perspective d’un nouveau gouvernement minoritaire suscite surtout le scepticisme.

À la crise institutionnelle s’ajoute la menace d’un embrasement social. Le mouvement « Bloquons tout » appelle à une paralysie du pays à partir du 10 septembre, tandis que les syndicats annoncent une journée de grève et de manifestation le 18. Des mobilisations dont l’ampleur reste incertaine, mais qui inquiète le pouvoir. « Beaucoup de Français ne sont pas sereins dans ce qu’ils vivent, il y a de la méfiance. Cela crée un cocktail qui ajoute de l’incertitude et peut avoir un écho direct sur l’Assemblée », prévient le politologue.

La sociologue Marion Carrel évoque même au Guardian un « climat de pré-révolution », nourri par la montée des inégalités, la dégradation des services publics et la conviction que « les petites gens ne sont pas écoutés ». Le risque d’une contagion du malaise social à la sphère politique est d’autant plus élevé que les partis traditionnels peinent à incarner une alternative crédible. Alors que vient s’ajouter à cela la perspective d’une crispation des marchés financiers devant une telle instabilité.

L’ombre du RN

Face à ce vide, le Rassemblement national avance ses pions, profitant du discrédit des partis de gouvernement et d’un contexte économique anxiogène. « Le RN a un programme, une vision du monde ; la question est de savoir quelle contre-proposition les autres forces politiques sont capables d’opposer », insiste la politologue Niagale Bagayoko. Tant que la gauche n’assume pas « le courage de repenser la question fiscale et le rôle de l’État », le RN pourra prospérer sur le sentiment d’abandon d’une partie du pays.

Car au-delà du casting gouvernemental, c’est la capacité du système politique français à se réinventer qui est en jeu. La situation actuelle met en lumière l’urgence d’une culture du compromis, d’un renouvellement du pacte social et de la restauration de la confiance démocratique. « Tant qu’il n’y aura pas une vraie réflexion programmatique pour changer de logiciel, on restera dans ce type de crise », conclut Niagale Bagayoko. La chute de François Bayrou confirme la crise institutionnelle profonde que traverse le pays, un régime sans majorité et sous tension sociale.

RFI

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États-Unis: Harvard obtient en justice l’annulation du gel de ses financements décidé par l’administration Trump

by admin9775 5 septembre 2025
written by admin9775

C’est une victoire judiciaire pour la prestigieuse université américaine d’Harvard. Ce mercredi 3 septembre, Allison Burroughs, une juge fédérale de Boston, a ordonné l’annulation du gel de ses financements imposé par l’administration Trump qui accusait – entre autre – l’établissement de ne pas avoir suffisamment protégé ses étudiants juifs.

« Le tribunal annule et écarte » les décisions prises par l’administration Trump à l’encontre de la prestigieuse université d’Harvard au printemps dernier, les estimant constitutifs d’une « violation du premier amendement » de la Constitution, a déclaré la juge fédérale de Boston, Allison Burroughs, dans son ordonnance.

Depuis son retour à Maison Blanche en janvier dernier, Donald Trump accuse la doyenne des universités américaines de servir de vivier à l’idéologie « woke », un terme souvent détourné par les conservateurs pour qualifier de manière péjorative des idées progressistes. Le président américain l’accuse également de ne pas avoir protégé suffisamment ses étudiants juifs ou israéliens lors de manifestations sur le campus pour réclamer un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

En représailles, son gouvernement a retiré à Harvard un peu plus de 2,6 milliards de dollars en subventions fédérales, y compris dans le domaine de la santé, et a révoqué sa certification SEVIS, principal système par lequel les étudiants étrangers sont autorisés à étudier aux États-Unis.

L’assaut contre Harvard, un « écran de fumée pour mener une attaque ciblée et idéologiquement motivée »

Saisie d’un recours par l’université, la juge note dans sa décision que « l’antisémitisme, comme d’autres formes de discriminations ou de préjugés, est intolérable. Et il est clair, de l’aveu même de Harvard, que l’université a été en proie à l’antisémitisme ces dernières années et aurait pu (et dû) mieux traiter ce problème ». Mais en « réalité, il existe peu de lien entre les domaines de recherche affectés par les gels de subventions et l’antisémitisme », poursuit le texte.

Allison Burroughs accuse en outre l’administration Trump d’avoir « utilisé l’antisémitisme comme un écran de fumée pour mener une attaque ciblée et idéologiquement motivée contre les universités les plus prestigieuses du pays ». Cette décision judiciaire est encore susceptible d’appel.

Harvard assure avoir pris des mesures pour le bien-être et la sécurité de ses étudiants et personnels juifs ou israéliens

La bataille judiciaire entre l’université établie près de Boston (Massachusetts) sert aussi de test pour d’autres institutions d’enseignement supérieur qui se trouvent dans la ligne de mire du gouvernement Trump, comme par exemple Columbia, à New York. Au moment où s’ouvrait une première audience à Boston, Donald Trump avait accusé la juge Allison Burroughs d’être une opposante notoire et Harvard d’être « antisémite, antichrétienne et anti-Amérique ».

L’université, qui compte parmi les plus prestigieuses du monde, affirme de son côté avoir pris des mesures pour s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés sur le campus, tout en soutenant que des mesures du gouvernement fédéral « menaçaient » les libertés d’expression et académique.

En sus du gel des subventions qui frappe Harvard, le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé fin juillet l’ouverture d’une enquête pour savoir si l’université se conformait à « toutes les réglementations » en matière d’échanges avec des universités étrangères. « Le peuple américain est en droit d’attendre de ses universités qu’elles veillent à la sécurité nationale, qu’elles respectent la loi et qu’elles offrent un environnement sûr à tous les étudiants », a-t-il affirmé dans un communiqué.

AFP

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À la UneMonde

Portugal: au moins 15 morts dans l’accident du funiculaire de la Gloria à Lisbonne

by admin9775 4 septembre 2025
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Le célèbre funiculaire de la Gloria, dans l’un des quartiers les plus touristiques de Lisbonne, a déraillé ce mercredi 3 septembre 2025, faisant de nombreuses victimes. Annoncé par le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa sur le site de la présidence, l’accident a fait au moins 15 morts et 18 blessés selon les secours.

D’après des médias locaux citant les services d’urgence, le wagon du célèbre funiculaire de la Gloria, qui relie la place du Rossio aux quartiers du Bairro Alto et du Principe Real, a déraillé. Les images diffusées en boucle sur les télévisions locales montrent l’important dispositif monté par les pompiers, la police et le service d’urgences médicales au milieu de la rue très inclinée où se trouvait le véhicule, tombé sur le flanc et très endommagé.

Cet ascenseur, d’une capacité d’une quarantaine de passagers, est un moyen de transport très apprécié des nombreux touristes qui visitent la capitale portugaise.

Le funiculaire « a percuté un bâtiment avec une force brutale » selon un témoin

L’accident s’est produit à 18h05 heure locale (17h05 TU) près de l’avenue de la Liberté. Les pompiers sont rapidement intervenus pour secourir les personnes prises dans ce déraillement. Selon les témoignages recueillis par les médias locaux, le funiculaire aurait été détruit après avoir percuté un bâtiment.

Un premier bilan d’au moins trois morts a été donné par le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa. Plus tard dans la soirée, Tiago Augusto, responsable du service d’urgences médicales (Inem), a indiqué dans la soirée que l’accident a fait au moins 15 morts et 18 blessés, dont cinq dans un état grave. Toutes les victimes ont pu être dégagées des gravats et des étrangers figurent parmi les victimes, a-t-il ajouté. Il n’était toutefois pas en mesure de préciser leur nationalité.

Un témoin de l’accident a déclaré à la chaîne SIC qu’elle avait vu le transport descendre « à toute vitesse » sur la pente abrupte où il circule quotidiennement avant de heurter un immeuble. « Il a percuté un bâtiment avec une force brutale et s’est effondré comme une boîte en carton, il n’avait aucun frein », a raconté cette femme.

Journée de deuil national jeudi, enquête ouverte

L’entreprise publique de transports en commun de Lisbonne Carris, opérateur du funiculaire, a assuré avoir respecté « tous les protocoles d’entretien ». « Tout a été scrupuleusement respecté », a souligné le président du conseil d’administration de Carris, Pedro Bogas, qui s’est rendu sur les lieux de l’accident, avant de reconnaître que l’entretien de ces véhicules était assuré par un prestataire externe depuis 14 ans. La société a indiqué avoir ouvert une enquête, conjointement avec les autorités, pour déterminer les circonstances du drame. La loi portugaise indique que dans pareil cas, « le ministère public va ouvrir une enquête », a ajouté le parquet général de la République auprès de l’agence Lusa.

Le maire de Lisbonne, Carlos Moedas, a évoqué « une tragédie sans précédent ». Le gouvernement portugais a annoncé une journée de deuil national jeudi 4 septembre. « Un tragique accident de l’ascenseur de la Gloria (…) a provoqué la perte irréparable de vies humaines, qui a endeuillé leurs familles et consterné le pays », précise le texte du décret fourni à l’agence Lusa par le cabinet du Premier ministre Luis Montenegro.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a elle aussi présenté ses condoléances aux familles des victimes, en portugais, sur le réseau social X, assurant avoir appris « avec tristesse » l’accident. Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa a quant à lui dit déplorer « profondément » l’accident.

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À la UneMonde

États-Unis: Trump veut déployer la Garde nationale à Chicago, un élu démocrate lui répond vivement

by admin9775 3 septembre 2025
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Après Los Angeles et Washington, Donald Trump s’en prend à un autre bastion démocrate : Chicago, capitale de l’Illlinois. « Nous allons intervenir » dans cette ville, a affirmé le président américain Donald Trump mardi 2 septembre, sans préciser quand il comptait y déployer des forces de l’ordre fédérales, comme c’est le cas depuis mi-août dans la capitale américaine. « Chicago ne veut pas de troupes dans ses rues », lui a répondu peu après dans un plaidoyer rageur le gouverneur démocrate de l’Illinois Jay Bee Pritzker. 

Après Los Angeles et Washington, « je me dis que la prochaine étape devrait être Chicago » annonçait déjà le président américain le 25 août 2025. « Car comme vous le savez tous, Chicago est actuellement un champ de bataille et les démocrates ne le reconnaissent pas ». 

« Trou à rats », « CAPITALE MONDIALE DU MEURTRE », « ville la plus dangereuse au monde, de loin » : Donald Trump rivalise de qualificatifs pour décrire ce qu’est, à ses yeux, la mégapole du nord des États-Unis, et y justifier l’envoi prochain de militaires réservistes de la Garde nationale. Quand ? Ça reste un point d’interrogation. 

Une décision qui « n’a rien à voir avec l’insécurité »

« Aux habitants de Chicago et de l’Illinois, je vais parler franchement », répond le gouverneur démocrate de l’Illinois Jay Bee Pritzker en costume sombre devant les caméras. « Nous avons des raisons de penser que l’administration Trump a déjà mobilisé la Garde nationale du Texas afin qu’elle se déploie dans l’Illinois. Et nous savons que le plan de Trump consiste à utiliser n’importe quelle excuse pour déployer des militaires en armes dans les rues de Chicago ». 

Une décision qui « n’a rien à voir avec l’insécurité », martèle JB Pritzker. Pour Donald Trump « il s’agit de tester son pouvoir et de créer du spectacle politique pour dissimuler sa corruption », attaque M. Pritzker. « Les chiffres sont avec moi, reprend-il, en quatre ans, le taux d’homicide a baissé de 50% à Chicago. Les braquages -34%, les cambriolages -21%, les vols de voitures –26% ». 

« Fabriquer des crises »

Comme son homologue Wes Moore, à la tête du Maryland (est), où se trouve Baltimore, le gouverneur de l’Illinois JB Pritzker accuse Donald Trump de « fabriquer des crises » pour justifier l’envoi de forces fédérales dans des États démocrates. « Trump n’a aucune idée de quoi il parle, aucune urgence ne nécessite l’envoi de troupes, s’insurge-t-il. Et il insulte la population de Chicago en comparant notre ville à un enfer ». 

Le plaidoyer de JB Pritzker aura duré douze minutes. Douze minutes dans lesquelles il se dit « prêt à combattre en justice » tout déploiement militaire et en appelant ses habitants à faire entendre leurs voix pacifiquement. 

Le gouverneur Pritzker, qui a déjà traité Donald Trump de « dictateur », le soupçonne même de chercher, par la multiplication de ce type d’intervention, à remettre en cause la tenue en novembre 2026 des élections législatives de mi-mandat.

Vincent Souriau

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La Russie lance à nouveau une vaste attaque sur l’Ukraine avec plus de 500 drones et missiles

by admin9775 3 septembre 2025
written by admin9775

La Russie a lancé dans la nuit de ce 3 septembre une vaste attaque avec 526 drones et missiles principalement sur l’ouest de l’Ukraine. Des explosions ont été entendues au-dessus Kiev. Plusieurs blessés sont signalés, et des milliers de foyers sont privés d’électricité. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a demandé dans le même temps, la reconnaissance « internationale » des régions ukrainiennes annexées.   

Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 septembre, la Russie a mené une offensive aérienne de grande ampleur sur le territoire ukrainien. Quatre employés ferroviaires ont été blessés. Et des dégâts considérables ont été constatés sur les infrastructures essentielles du pays. 

Dégâts dans neuf régions ukrainiennes

Le système d’alerte aérien a fonctionné pendant plusieurs heures consécutives sur l’ensemble du territoire ukrainien. Les déflagrations ont résonné dans 9 des 24 régions du pays, touchant un large corridor géographique s’étendant de la capitale Kiev jusqu’aux territoires occidentaux de Lviv et de Volhynie. Quatre cheminots ont été blessés dans la région de Kirovograd (centre), selon la compagnie de chemins de fer ukrainiens. Dans la région de Tcherniguiv (nord), 30 000 personnes sont privées d’électricité après un bombardement sur des « infrastructures civiles », a déclaré le chef de l’administration militaire, Viatcheslav Tchaus.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé « l’impunité » affichée par son homologue russe Vladimir Poutine : « Ces frappes sont clairement une démonstration russe. Poutine montre son impunité. Et cela exige sans aucun doute une réponse de la part du monde », a-t-il déclaré.  Le dirigeant ukrainien a appelé ses alliés à faire pression sur « l’économie de guerre » de Moscou, avant de s’entretenir dans la journée avec des responsables des pays baltes et nordiques au Danemark. Le cabinet de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a précisé vouloir discuter d’un soutien supplémentaire à l’Ukraine : « Les chefs d’État et de gouvernement y discuteront de la manière dont les pays nordiques et baltes peuvent assurer un soutien supplémentaire à l’Ukraine, que ce soit sur le front ou à la table des négociations ».

La Russie campe sur ses positions

Dans une interview publiée sur le site du ministère russe des Affaires étrangères ce mercredi 3 septembre, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a indiqué que le souhait de la Russie que Kiev cède les quatre régions ukrainiennes dont elle revendique l’annexion depuis septembre 2022. « Pour que la paix soit durable, les nouvelles réalités territoriales qui sont apparues (…) doivent être reconnues et formalisées conformément à la loi internationale », a-t-il affirmé. 

Son homologue ukrainien, Andrïi Sybiga, a très vite réagi :  « Une nouvelle série de vieux ultimatums. La Russie n’a pas changé ses objectifs brutaux et ne montre pas la moindre disposition à des négociations significatives» , a-t-il déclaré sur ses réseaux sociaux. « Cela prouve que l’appétit de l’agresseur ne fait que grandir quand il n’est pas soumis à la pression et à la force. Il est plutôt temps de frapper la machine de guerre russe avec de nouvelles sanctions sévères », estime-t-il.

Un timing symbolique

Cette escalade militaire a eu lieu alors que le président russe Vladimir Poutine est à Pékin pour commémorer la victoire sur l’Allemagne nazie et que le ministre britannique de la Défense, John Healey, est en visite à Kiev.

RFI

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À la UneMonde

Afghanistan: le bilan du séisme qui a secoué l’est du pays continue de s’alourdir

by admin9775 2 septembre 2025
written by admin9775

Le bilan ne cesse de s’alourdir après le séisme qui a frappé l’est de l’Afghanistan dans la nuit du dimanche 31 août au lundi 1ᵉʳ septembre. D’une magnitude de 6, la secousse principale a été suivie d’au moins cinq répliques ressenties à des centaines de kilomètres. Des milliers de maisons ont été détruites, tandis que les routes endommagées ou bloquées compliquent l’acheminement de l’aide. Ce 2 septembre, les opérations de sauvetage se poursuivent pour tenter de retrouver des survivants sous les décombres.

En Afghanistan, les habitations en pierre ou en terre battue n’ont pas résisté aux secousses ni aux glissements de terrain provoqués par le séisme qui s’est produit dans la nuit du dimanche 3 août au lundi 1er septembre. Par endroits, des villages entiers ont été ensevelis. Si l’aide a continué d’arriver à pied ou par hélicoptère au cours de la nuit du lundi 1er au mardi 2 septembre, les ONG présentes sur place tirent le signal d’alarme : faute de moyens, impossible de mettre à l’abri tous les sinistrés. 

De nombreux survivants ont passé les dernières heures à enterrer leurs proches. Encore provisoire, le bilan humain reste quant à lui très incertain : selon le Croissant-Rouge, 1 124 personnes ont perdu la vie et plus de 3 200 ont été blessées dans la catastrophe, tandis que les chiffres officiels font état de plus de 1400 morts et 3 100 blessés, selon le porte-parole de l’Autorité de gestion des catastrophes qui les a communiqués à l’AFP. 

La quasi-totalité des victimes a été recensée dans la province de Kounar, précise Mohammed Hamad, qui avertit que le nombre de victimes pourrait encore s’alourdir, alors que les recherches se poursuivent dans les villages montagneux réduits à des tas de décombres. 

Aggraver une situation déjà catastrophique

Les survivants, quant à eux, ne se trouvent toujours pas en sécurité. « Sans tente, sans abri temporaire, comment peut-on leur apporter de la nourriture et une vraie aide médicale ? », s’interroge ainsi Abdullah, membre de l’association Qamar Foundation, au micro de notre journaliste du service international de RFI, Nicolas Rocca.

Celui-ci énumère les besoins urgents – abris, nourriture, soins – mais s’inquiète aussi des conséquences à long terme d’un tel séisme qui risque d’aggraver une situation économique et humanitaire déjà extrêmement précaire en Afghanistan. « Tout a été détruit, dont les plantations agricoles, ce qui risque d’aggraver durablement les problèmes de subsistance de la population », alerte-t-il.

Alors que l’ONU a débloqué cinq millions de dollars de son fonds d’urgence, les Talibans, eux, appellent à une aide internationale. 

Un hélicoptère militaire transporte des blessés du tremblement de terre qui a fait de nombreuses victimes et détruit plusieurs villages en Afghanistan à Mazar Dara, dans la province de Kunar, lundi 1er septembre 2025.
Un hélicoptère militaire transporte des blessés du tremblement de terre qui a fait de nombreuses victimes et détruit plusieurs villages en Afghanistan à Mazar Dara, dans la province de Kunar, lundi 1er septembre 2025. © Wahidullah Kakar / AP
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À la UneMonde

Thaïlande : La Première ministre Paetongtarn Shinawatra destituée par la Cour constitutionnelle

by admin9775 31 août 2025
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La Cour constitutionnelle thaïlandaise a destitué vendredi la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, jugée inéligible pour avoir enfreint les règles d’éthique lors d’un appel téléphonique controversé avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen. Cette décision plonge le royaume dans une nouvelle période d’incertitude politique.

Par six voix contre trois, la Cour a estimé que Mme Paetongtarn, devenue en août 2024 la plus jeune Première ministre de l’histoire thaïlandaise, « ne possède pas les qualifications et présente des caractéristiques interdites » au regard de la Constitution, mettant ainsi fin à un mandat qui n’aura duré qu’un an.

Au cœur de l’affaire, un enregistrement audio divulgué d’une conversation datant du 15 juin, en pleine escalade des tensions frontalières avec le Cambodge. On y entend la dirigeante thaïlandaise appeler Hun Sen « oncle » et sembler critiquer les actions de sa propre armée, après la mort d’un soldat cambodgien. Elle déclare notamment : « Si vous voulez quelque chose, dites-le-moi simplement et je m’en occuperai ».

Le tribunal a considéré que ces propos, dont l’authenticité a été confirmée par les deux parties, démontraient un « manque d’honnêteté et d’intégrité » et constituaient une « violation grave des obligations éthiques ».

Quelques semaines après cet échange, les deux pays se sont engagés dans un conflit de cinq jours qui a fait au moins 38 morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Lors d’une conférence de presse tenue après le verdict, Mme Paetongtarn a présenté ses excuses aux Thaïlandais « qui auraient pu être contrariés par cette affaire », tout en affirmé que ses remarques visaient à désamorcer les tensions. « En tant que Thaïlandaise, j’aime ma nation, ma religion et le roi », a-t-elle déclaré.

Une tradition familiale contrariée

Cette décision s’inscrit dans une longue série de renversements judiciaires de gouvernements thaïlandais. Paetongtarn Shinawatra est la troisième membre de sa famille à être démise de ses fonctions de Première ministre :

  • Son père, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d’État en 2006
  • Sa tante, Yingluck Shinawatra, destituée en 2014 avant un coup d’État militaire
  • Son oncle, Somchai Wongsawat, contraint à la démission par la justice en 2008

Elle avait elle-même accédé au pouvoir après la destitution surprise de son prédécesseur Srettha Thavisin par la même Cour constitutionnelle l’année dernière.

Quelle suite politique ?

La destitution de Mme Paetongtarn entraîne la dissolution de son gouvernement. Les ministres resteront en poste par intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau Premier ministre par le Parlement.

Le parti Pheu Thai, au pouvoir, doit désormais proposer un nouveau candidat, probablement l’ancien ministre de la Justice Chaikasem Nitisiri. Cependant, son élection n’est pas assurée, le parti ayant perdu le soutien du Bhumjaithai, dont le leader Anutin Charnvirakul a quitté la coalition après la divulgation de l’appel controversé.

Si le Pheu Thai échoue à faire élire un nouveau Premier ministre, le pays pourrait se diriger vers des élections anticipées, dans un contexte où la popularité du parti est en déclin.

Certains analystes estiment que l’establishment thaïlandais pourrait malgré tout continuer à soutenir le Pheu Thai, considéré comme un rempart contre le parti progressiste Move Forward, perçu comme une menace plus grande pour le statu quo.

Cette décision de justice rappelle la fragilité chronique de la démocratie thaïlandaise, où les coups d’État militaires et les interventions judiciaires ont régulièrement mis fin à des mandats électoraux au cours des deux dernières décennies.

Par Pascal Kabeya
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États-Unis : Une cour d’appel juge illégaux la plupart des droits de douane de Trump

by admin9775 30 août 2025
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Une cour d’appel fédérale américaine a statué vendredi que la majorité des droits de douane imposés par l’ancien président Donald Trump étaient illégaux, remettant en question l’utilisation de ces prélèvements comme outil clé de sa politique économique internationale.

Le tribunal a autorisé le maintien temporaire des tarifs jusqu’au 14 octobre pour permettre à l’administration Trump de former un recours devant la Cour suprême.

Dans une décision rendue à une majorité de 7 juges contre 4, la Cour d’appel du circuit fédéral de Washington a estimé que les droits de douane dits « réciproques », instaurés en avril dans le cadre de la guerre commerciale de Trump, ainsi que ceux imposés en février contre la Chine, le Canada et le Mexique, excédaient les pouvoirs présidentiaux.

Les juges ont notamment souligné que la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale (IEEPA), invoquée par Trump pour justifier ces mesures, ne conférait pas au président le pouvoir d’imposer unilatéralement des tarifs. « Il semble peu probable que le Congrès ait eu l’intention d’accorder au président une autorité illimitée en la matière », peut-on lire dans l’arrêt.

Donald Trump a vivement réagi sur Truth Social, qualifiant la décision de « très partisane » et avertissant qu’une abolition des tarifs serait « un désastre total pour le pays ». Il s’est toutefois dit confiant dans un revirement de la Cour suprême.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions juridiques plus larges autour de la politique économique de Trump, qui inclut également une bataille pour révoquer la gouverneure de la Réserve fédérale, Lisa Cook, remettant en cause l’indépendance de l’institution.

Les analystes soulignent que l’administration Trump anticipait probablement ce revers et préparait déjà des alternatives légales pour maintenir ses tarifs, notamment via d’autres bases juridiques.

La Cour suprême, à majorité conservatrice, aura ainsi le dernier mot dans ce qui s’annonce comme une épreuve de force historique sur l’étendue des pouvoirs économiques du président américain.

Par Pascal Kabeya
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