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À la Une

À la UneMusique & Culture

Industrie musicale : comment sont rémunérés les artistes africains à l’heure du streaming

by admin9775 3 février 2026
written by admin9775

La transformation digitale dans la sphère musicale a progressivement pris le meilleur sur les modes traditionnels d’écoute. Depuis quelques années, le streaming est devenu un élément majeur de l’économie musicale africaine.

L’industrie musicale a connu une profonde mutation digitale qui a impacté toute sa chaîne de valeur. La musique enregistrée constitue désormais le principal mode d’écoute, dépassant largement les formats physiques (CD, vinyles, etc.) et les téléchargements payants, soit près de 70 %, indique le « Global Music Report 2025 » de la Fédération internationale de l’industrie phonographique, qui dresse l’état du marché mondial de la musique enregistrée.

Cette transformation a rebattu les cartes dans la redistribution des redevances — ou royalties — aux artistes dont les œuvres sont streamées. « La numérisation, loin d’être une simple évolution technologique, constitue une mutation profonde des paradigmes économiques établis, créant de nouvelles sources de revenus pour les artistes… », explique ainsi le Camerounais Davy Lessouga, expert en transformation digitale des industries culturelles et en économie de la musique.

L’Afrique subsaharienne a connu en 2024 une croissance des revenus de la musique enregistrée, affichant une progression de 22,6 % pour un record de 110 millions USD, soit environ cinq fois la croissance mondiale (4,8 %), précise le rapport. Dans cette nouvelle ère, la rentabilité de la création artistique interroge, alors que l’écosystème reste très concurrentiel et que la fracture numérique défavorise certaines couches.

La rémunération des artistes dépend d’un ensemble de variables économiques, contractuelles, géographiques et techniques qui expliquent pourquoi certains gagnent nettement plus que d’autres sur les plateformes de streaming. La définition des normes en fonction de la plateforme, du profil de ses utilisateurs, du modèle économique et du pays de l’auditeur offre un meilleur aperçu de la situation.

Le modèle de calcul des royalties

Le modèle de calcul des royalties influence la façon dont les plateformes de streaming répartissent les revenus. Selon le blog de l’agrégateur de musique numérique Deliver My Tune, il existe le modèle « pro rata » qui favorise les artistes très populaires en captant une part importante des écoutes totales, et le modèle « user-centric » où chaque abonnement est réparti uniquement entre les artistes écoutés par cet abonné, ce qui théoriquement, rémunère mieux les artistes « niches ».

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La répartition des revenus selon la zone géographique

La localisation géographique des streams détermine de façon significative les revenus, comme l’explique la même source. Les régions à forte capacité de dépense (États-Unis, Europe occidentale et Scandinavie) génèrent des abonnements plus chers et plus de recettes publicitaires, et par conséquent des payouts plus élevés, contrairement aux marchés africains où les abonnements sont moins chers et dominés par le streaming gratuit.

L’artiste africain n’est ainsi pas logé à la même enseigne que celui européen ou américain. Dans une interview accordée à CIO Mag, Davy Lessouga a affirmé qu’« au Sénégal, seul pays francophone d’Afrique subsaharienne à bénéficier de la monétisation YouTube, plus de 10 millions de vues ont généré à peine 971 € pour le vidéogramme du titre ‘’Coup du marteau’’ (chanson à succès de la CAN 2023, Ndlr.) » de l’artiste ivoiro-sénégalo-camerounais Tam Sir, soit seulement 697 000 FCFA. Ces revenus sont bien plus élevés dans d’autres régions.

Plus d’abonnements payants génèrent logiquement plus de revenus par stream que des écoutes gratuites ou publicitaires — très fréquentes dans une Afrique où la fracture numérique constitue déjà un frein. Le revenu par stream sur Spotify dans la majorité des pays du continent est ainsi trois à quatre fois plus faible qu’en Europe ou aux USA comme en témoignent les données ci-dessous.

Revenus estimés pour 1 000 000 de streams Spotify en 2024 – 2025 (Estimations indicatives)

Région / PaysRevenu pour 1 000 000 streams (USD)
USA (Amérique du Nord)3526 $
Europe (France, Allemagne, Royaume-Uni)3000 $ – 4700 $
Afrique (ex. Afrique du Sud)1568 $
Afrique (autres pays)800 $ – 1450 $

Source : Howtospotify.com

Le type d’abonnement

Le type d’abonnement de l’auditeur est aussi un facteur déterminant. D’après le site web de la plateforme éducative sur la musique Guitar & Music Institute (GMI), le modèle Premium des plateformes de streaming, payant, élimine les publicités et booste les revenus tandis que le modèle Freemium, qui est la version gratuite, privilégie les publicités mais pénalise les artistes. Les artistes ciblant un public majoritairement premium peuvent obtenir une rémunération plus importante par stream.

Les royalties des artistes africains en fonction des plateformes

Toutes les plateformes de streaming ne traitent pas les auteurs de la même manière. Selon les données publiées sur le marché nigérian (l’un des plus dynamiques du continent africain) par la plateforme de distribution de musique numérique Viral Playlists Digital, des écarts plus ou moins considérables existent dans les programmes.

La rémunération sur Spotify est basse mais constitue un standard, tandis qu’Apple Music rémunère trois fois plus que ce montant de base. Amazon Music génère deux fois plus de redevances qu’Apple Music, soit environ six fois plus de droits d’auteur que Spotify, mais est moins utilisé sur le continent africain.

Rémunération des artistes nigérians pour 1000 streams

PlateformeRémunération au Nigeria
Spotify1,29 $
Apple Music3,91 $
Amazon Music7,49 $
Deezer5,07 $
Tidal5,14 $
YouTube Ads1,11 $
YouTube Music1,69 $
Facebook0,96 $
SoundCloud Go2,89 $

Source: Viral Playlists Digital

Il faut préciser que ce n’est pas la plateforme  qui rémunère directement l’artiste, mais plutôt les ayants-droit que sont les labels, les distributeurs et les éditeurs. Les artistes ne perçoivent ainsi pas la totalité de la somme affichée par les plateformes. Ce montant est souvent partagé avec les plateformes et les labels/distributeurs.

Le cas des artistes indépendants

Par ailleurs, tous les artistes ne sont pas sous contrat avec des maisons de distribution. Censés bénéficier de la quasi-intégralité de leurs revenus, les artistes indépendants ne sont pas toujours à l’abri de nouveaux accords de licence initiés par les diffuseurs numériques. « Les indépendants sont invités à signer des contrats avec Amazon basés sur des seuils qui ont un impact disproportionné sur leurs artistes et leurs revenus, certains signalant qu’environ 70 % ou plus de leur répertoire est démonétisé du jour au lendemain », critique Helen Smith, présidente exécutive d’Impala (Independent Music Companies Association).

Si Amazon Music affirme que de « nombreux » artistes et labels indépendants verront leurs redevances augmenter grâce à son nouveau système de versement, il n’en demeure pas moins que cette clause cache un piège. Inspiré de Spotify et Deezer, Amazon Music exclut ou réduit les royalties des morceaux sous un seuil d’écoute fixe, favorisant les artistes déjà populaires.

Ubrick F. Quenum

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À la UnePolitique

Accord de cessez-le-feu en RDC : signature à Doha d’un mécanisme de suivi, entre avancée procédurale et défis immenses

by admin9775 3 février 2026
written by admin9775

Un pas institutionnel important a été franchi dans le laborieux processus de paix à l’Est de la République démocratique du Congo. Le gouvernement congolais et la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) ont signé, ce lundi à Doha, le mandat officiel du mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu, issu de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Une signature sous l’égide du Qatar et des observateurs internationaux

La cérémonie de signature, organisée par la médiation qatarienne, s’est déroulée en présence d’acteurs régionaux et internationaux clés. Y assistaient notamment les États-Unis et l’Union africaine en qualité d’observateurs, ainsi que le Togo (médiateur désigné par l’UA), la MONUSCO et la CIRGL. Cette configuration souligne le caractère multilatéral de la tentative de résolution du conflit.

Cette signature s’inscrit dans la continuité de l’Accord-cadre de Doha pour la paix, signé le 15 novembre 2025. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement à respecter strictement le cessez-le-feu et à mettre en œuvre de bonne foi toutes les dispositions de l’accord.

Un mécanisme qui doit passer à l’action : la MONUSCO en première ligne

L’aspect opérationnel a été au cœur des discussions. Les participants ont insisté sur la nécessité de mesures concrètes pour renforcer la confiance. Une décision tangible a été actée : la MONUSCO a été chargée de dépêcher « dans les prochains jours » une première mission de surveillance à Uvira, une ville récemment disputée. Des canaux de communication directs ont été établis pour faciliter cette mission.

Le mandat signé définit ainsi le cadre dans lequel la MONUSCO et la CIRGL devront opérer pour vérifier sur le terrain le respect des engagements de cessez-le-feu et d’éloignement des lignes de front.

Un contexte toujours aussi volatile

Cette avancée diplomatique intervient dans un contexte toujours extrêmement tendu :

  • L’aveu rwandais : Elle fait suite à la récente reconnaissance par le Rwanda de sa « coordination sécuritaire » avec le M23, un aveu qui a complexifié la donne diplomatique.
  • La pression américaine : Elle survient après les exigences fermes de l’administration Trump pour l’application des accords de Washington.
  • Les crises humanitaires : Elle se produit alors que les populations civiles font face à une insécurité chronique et à des catastrophes comme l’effondrement meurtrier de la mine de Rubaya en territoire sous contrôle rebelle.

Un cadre, mais pas encore la paix

La signature de ce mandat est une étape procédurale nécessaire, mais elle reste insuffisante pour garantir la paix. Elle crée un cadre de dialogue et de vérification qui faisait cruellement défaut. Cependant, plusieurs écueils majeurs subsistent :

  1. La question du Rwanda : L’accord est signé entre Kinshasa et le M23, mais la clé du conflit reste le soutien rwandais. Aucun mécanisme ne peut être durable sans l’engagement vérifiable de Kigali à retirer son soutien et ses troupes.
  2. La crédibilité du cessez-le-feu : De multiples cessez-le-feu ont été violés par le passé. La mission rapide de la MONUSCO à Uvira sera un premier test crucial de la volonté réelle des parties, notamment du M23, de se désengager.
  3. Les autres groupes armés : Le conflit dans l’Est ne se limite pas au M23. L’absence des FDLR, des milices Wazalendo et d’autres groupes dans cet accord laisse un vaste champ à l’instabilité.

En somme, Doha a réussi à faire signer un document technique essentiel. La véritable réussite se mesurera maintenant sur le terrain à Uvira et dans le Kivu, par un arrêt effectif des combats et le début d’un désengagement vérifiable. La pression internationale, notamment américaine et africaine, devra rester maximale pour que cette signature ne reste pas une formalité de plus dans un conflit qui dure depuis trop longtemps.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

La RDC et les Émirats Arabes Unis renforcent leur coopération par la signature d’un accord de partenariat économique global

by admin9775 3 février 2026
written by admin9775

Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a eu des entretiens fructueux avec Son Altesse Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane au palais présidentiel de Qasr Al Watan d’Abou Dhabi. Ce déplacement aux Emirats arabes unis témoigne d’une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays et leur volonté de promouvoir des intérêts économiques partagés en investissant dans certains secteurs prioritaires. 

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‎Les deux chefs d’État ont assisté à la signature d’un Accord de Partenariat Économique Global (APEG) et de trois mémorandums d’entente (MOU). L’Accord de Partenariat Economique Global permet d’ouvrir le marché émirati à 6 000 produits d’origine congolaise et d’offrir des nouvelles opportunités aux entrepreneurs congolais grâce à la baisse des droits de douane, à la sécurisation des transactions et à la lutte contre la contrebande. Les flux d’investissement attendus pourraient passer de 5 milliards de dollars américains actuellement à 10 milliards de dollars d’ici 2030.

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‎Le mémorandum d’entente signé avec l’ONATRA concerne le projet du port en eaux profondes de Banana, initié par le chef de l’Etat en partenariat avec DP World, qui vise à doter la RDC d’une infrastructure maritime majeure à Moanda. Le port comprendra un quai de 600 mètres,  une zone de stockage de 30 hectares et environ 450 000 conteneurs  pour offrir un accès direct à la mer pour les grands navires. La coopération entre les deux pays dans le secteur minier repose sur des enjeux stratégiques de traçabilité et de sécurisation des chaines d’approvisionnement en minerais critiques adossées à des investissements coordonnés. 

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‎Aussi la RDC et les Emirats arabes unis ont-ils signé un Protocole d’accord en matière diplomatique sur le renforcement de la collaboration entre l’Académie diplomatique de la RDC et l’Académie diplomatique Anwar Gargash des Emirats arabes unis en vue de faciliter le partage de connaissances, la coordination des programmes de formation, de recherches et d’événements diplomatiques. 

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‎La force de cet Accord s’inscrit dans une trajectoire politique pensée et assumée par le chef de l’Etat : bâtir des partenariats équilibrés, fondés sur le respect mutuel et le partage équitable des bénéfices. Une trajectoire qui consiste à mieux produire, à mieux transformer et à mieux négocier la place de la RDC dans l’économie mondiale.

CELCOM PRES

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À la UneSport

Open d’Australie: Carlos Alcaraz bat Novak Djokovic en finale et rentre dans l’histoire du tennis

by admin9775 1 février 2026
written by admin9775

Le numéro un mondial, l’Espagnol Carlos Alcaraz, a remporté, dimanche 1er février, son premier Open d’Australie, son septième titre du Grand Chelem, en battant le Serbe Novak Djokovic (4e mondial) 2-6, 6-2, 6-3, 7-5 en finale à Melbourne. Le tennisman natif d’El Palmar en Murcie devient le plus jeune joueur de l’histoire à décrocher un titre dans chacun des quatre Majeurs

En remportant l’Open d’Australie face au Serbe Novak Djokovic, l’Espagnol Carlos Alcaraz, 22 ans et 272 jours, devient le plus jeune joueur de l’histoire à décrocher un titre dans chacun des quatre Majeurs. Il avait en effet déjà remporté deux fois chacun des trois autres tournois du Grand Chelem : Roland-Garros (2023, 2025), Wimbledon 2023, 2024), US Open (2022, 2025). Ce weekend à Melbourne, il a en outre privé Djokovic d’un 25e titre record du Grand Chelem.

Une finale très attendue

La finale tant attendue s’est jouée sous les yeux notamment de deux anciens vainqueurs, Marat Safin et Rafael Nadal, dont les mimiques ont rapidement laissé entendre qu’il soutenait son compatriote plutôt que son ancien rival. Avec cette victoire, Alcaraz poursuit une série digne de l’époque du « Big3 » Federer-Nadal-Djokovic : avec Sinner, ils ont désormais gagné tous les neuf titres du Grand Chelem depuis l’Open d’Australie 2024, soit cinq pour Alcaraz et quatre pour Sinner. Djokovic avait mis fin à la plus longue série (onze titres majeurs) remportés par les deux mêmes joueurs, Roger Federer et Rafael Nadal, en s’imposant à Melbourne en 2008.

Le Serbe, qui est le seul à avoir battu Sinner et Alcaraz dans un même tournoi (Masters en 2023), n’a pas réussi à le faire à Melbourne où il détient le record de 10 trophées. Il a perdu dimanche sa première finale à Melbourne, la troisième en Grand Chelem contre Alcaraz après Wimbledon 2023 et 2024. En jouant un tennis proche de la perfection, Djokovic (quatre fautes directes) a pourtant remporté la première manche en dominant nettement Alcaraz qui ne s’est pas procuré la moindre balle de break durant ce premier set. « Le premier set est l’un des meilleurs que j’aie joués depuis des années », a reconnu le Serbe après la rencontre.

Djokovic perd son jeu

Mais il n’a pas pu maintenir la perfection de son jeu. Alcaraz s’est immédiatement engouffré et a pris le match en main. Les deux sets suivants ont été à sens unique en sa faveur, Djokovic commettant de plus en plus de fautes directes (11 au 2e set, 14 au 3e). Le Serbe a expliqué avoir traversé un passage à vide physique décisif. « Il s’est passé quelque chose et j’ai perdu toute mon énergie en deux jeux », a-t-il confié, sans en préciser l’origine, assurant avoir senti un léger mieux seulement au milieu du quatrième set.

Le match s’est rééquilibré dans le quatrième set. Immédiatement en danger sur son service, Djokovic a sauvé six balles de break pour égaliser à 1-1. Tant bien que mal, il est arrivé à 4-4 et a eu une balle de break mais il l’a gâchée par une faute directe et Alcaraz a tenu sa mise en jeu pour mener 5-4 et mettre son adversaire dos au mur. Djokovic a tenu sous la pression et égalisé 5-5. De nouveau, il a servi pour ne pas perdre à 5-6. Mais cette fois, c’est Alcaraz qui a marqué le dernier point. « Je ne suis pas passé loin, mais il était écrit que ça ne se ferait pas », a déclaré Djokovic en conférence de presse.

Un champion hédoniste

Phénoménal, irrésistible, hédoniste : l’Espagnol Carlos Alcaraz, est un champion assoiffé de titres sur le court et de liberté en dehors. « J’ai envie de devenir le plus grand de l’histoire mais le plus important, c’est de m’amuser », résume-t-il dans un documentaire Netflix qui lui est consacré, allant jusqu’à avouer avec une franchise désarmante : « Je vais à Ibiza pour me mettre des mines ».

« On dit que j’aime beaucoup faire la fête… On en a beaucoup parlé, cela a fait beaucoup de bruit. Oui, j’aime m’amuser ! Qui n’aime pas s’amuser ? Chacun profite à sa manière et moi, personnellement, j’aime sortir, parce que j’ai 22 ans, et qui ne s’est pas amusé à 22 ans ? », disait encore en septembre 2025, Alcaraz, dans le quotidien El Pais, juste après son deuxième sacre à l’US Open, célébré au champagne.

De son côté, Novak Djokovic a indiqué vouloir rapidement tourner la page. « Après une défaite, on est toujours amer, mais en réalité je ne peux qu’être content de ce résultat », a-t-il assuré, expliquant que le meilleur moyen pour lui de gérer cette déception était de retrouver sa famille. « C’est la seule chose à laquelle je pense en ce moment ».

RFI

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À la UnePolitique

Discours du Président Tshisekedi au Corps diplomatique : un plaidoyer pour l’ordre international et une feuille de route pour 2026

by admin9775 1 février 2026
written by admin9775

À l’occasion de la traditionnelle cérémonie de vœux au Corps diplomatique, le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi a prononcé un discours d’orientation majeur, mêlant un plaidoyer ferme pour le multilatéralisme face à l’agression rwandaise et l’annonce d’initiatives internes, dont un dialogue national, pour consolider le front intérieur.

Condamnation de l’agression rwandaise et appel à l’action

Le chef de l’État est revenu avec force sur la crise à l’Est, qualifiée de « guerre d’agression rwandaise injuste ». Il a estimé que la récente reconnaissance par Kigali de son soutien au M23 constituait un « tournant majeur » qui « réduit l’espace du déni, clarifie les responsabilités et oblige chacun à passer des exhortations aux mécanismes d’exécution ».

Il a listé les engagements non-négociables pour la paix :

  • Arrêt immédiat de tout soutien aux groupes armés.
  • Retrait des forces étrangères du territoire congolais.
  • Restauration effective de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

Tshisekedi a réaffirmé sa confiance dans les processus de Doha et de Washington, ainsi que dans la médiation de l’Union Africaine, tout en soulignant que le temps des paroles était révolu au profit de l’exécution des résolutions internationales.

La souveraineté, principe intangible

Le Président a posé un principe fondamental pour la diplomatie congolaise : « La souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale des États ne sont pas des principes à géométrie variable ; elles constituent le socle d’un ordre international juste ». Cette déclaration vise à contester toute tentative de justifier l’ingérence rwandaise par des arguments sécuritaires.

Annonce d’un dialogue national « apaisé et inclusif »

Face aux défis, le Président a annoncé sa volonté d’organiser un « dialogue entre Congolais ». Il l’a décrit comme devant être « apaisé, inclusif, résolument républicain », avec pour objectif de « consolider la cohésion nationale ». Il a précisé que ce dialogue :

  • Ne remettrait pas en cause les institutions issues du suffrage universel.
  • Se tiendrait sur le sol congolais, conduit par les institutions de la République.
  • Ne pourrait servir à « relativiser une agression » ou à « diluer des responsabilités établies », préservant ainsi la question sécuritaire comme une affaire d’État face à l’extérieur.

Une vision économique régionale transformatrice

Tshisekedi a présenté une ambition économique tournée vers la transformation locale et l’intégration régionale tangible. Il a rejeté les « logiques d’extraction brute » pour promouvoir la traçabilité, les chaînes de valeur régionales et des partenariats équitables. Il a cité en exemples les projets structurants : le Corridor de Lobito, le Couloir vert Kivu-Kinshasa et le Grand Inga.

Les quatre priorités de l’année 2026

Le chef de l’État a défini 2026 comme une année décisive autour de quatre axes :

  1. La sécurisation durable de l’Est et la restauration de l’autorité de l’État.
  2. L’accélération de la gouvernance.
  3. La transformation de l’économie.
  4. La consolidation de l’unité nationale.

Une stratégie à deux niveaux

Ce discours esquisse une stratégie de fermeté à l’extérieur et d’ouverture mesurée à l’intérieur.

  • À l’international : Il durcit le ton en invoquant le droit international et en exigeant des actes, capitalisant sur l’aveu rwandais pour isoler diplomatiquement Kigali.
  • Sur le plan national : L’annonce d’un dialogue vise à resserrer les rangs dans la classe politique et la société civile, potentiellement divisées, pour présenter un front uni face à l’agression. C’est une manœuvre pour renforcer la légitimité et la stabilité internes, conditions nécessaires pour mener une résistance prolongée.

Le Président Tshisekedi place ainsi 2026 sous le signe d’une double exigence : la défense intransigeante de la souveraineté et la recherche de l’unité nationale, tout en poursuivant une vision économique ambitieuse. La réalisation de cet agenda dépendra de sa capacité à traduire ces principes en actions concrètes sur tous les fronts.

Par Pascal Kabeya
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À la UneProvince

Rubaya : plus de 200 morts dans l’effondrement d’une mine de coltan sous contrôle du M23

by admin9775 1 février 2026
written by admin9775

Une catastrophe minière d’une ampleur effroyable a frappé ce jeudi le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Au moins 226 personnes ont péri dans l’effondrement de puits d’extraction artisanale de coltan à la mine de Rubaya. Le drame, survenu en pleine saison des pluies, met en lumière les conditions de travail mortelles et l’exploitation incontrôlée des ressources dans une zone sous contrôle rebelle.

Un bilan humain dramatique et encore provisoire

Le glissement de terrain a enseveli des centaines de creuseurs artisanaux alors qu’ils se trouvaient dans les galeries souterraines. Parmi les victimes figurent des mineurs adultes, des enfants et des commerçantes. Le bilan, déjà lourd, pourrait encore s’alournir selon les sources locales, les opérations de secours se poursuivant dans des conditions extrêmement difficiles. Des survivants grièvement blessés ont été transférés vers Goma pour des soins.

L’indignation face à l’exploitation des enfants

Une séquence vidéo diffusée sur les réseaux sociaux a provoqué une vague d’indignation. On y voit Bahati Musanga Erasto, présenté comme le gouverneur de la province du Nord-Kivu nommé par l’AFC/M23, s’étonner lors d’une visite sur place de la présence d’un enfant de deux ans parmi les creuseurs rescapés. « Oui, un creuseur de deux ans ? » s’interroge-t-il, avant de s’inquiéter de l’état des vêtements des survivants plutôt que des causes structurelles de la tragédie.

Ces images illustrent de façon criante le travail des enfants et l’absence totale de normes de sécurité qui règnent sur ces sites, soulignant la responsabilité des autorités de fait dans la gestion catastrophique de cette activité.

Une mine stratégique sous contrôle rebelle

Le drame se produit dans un contexte géopolitique hautement sensible. La zone minière de Rubaya, l’une des plus riches en coltan au monde avec une production estimée à près de 120 tonnes par mois, est sous le contrôle du mouvement rebelle AFC/M23 depuis avril 2024. Selon les rapports des Nations Unies, cette production est majoritairement exportée illégalement vers le Rwanda voisin, alimentant ainsi les finances du groupe armé et les tensions régionales.

Une tragédie annoncée dans un secteur non régulé

Cette catastrophe n’est malheureusement pas un cas isolé. Les effondrements sont fréquents dans les mines artisanales de l’Est de la RDC en raison de :

  • L’excavation non réglementée et sans soutènement.
  • L’absence totale d’infrastructures de sécurité et de mécanismes de protection des travailleurs.
  • L’impact de la saison des pluies sur des sols déjà fragilisés.
    En juin dernier, un éboulement similaire sur un site voisin à Bibatama avait fait au moins 17 morts.

Des responsabilités multiples et une urgence humanitaire

Cette tragédie pose des questions accablantes :

  1. Responsabilité du M23 : En tant qu’autorité contrôlant la zone depuis près de deux ans, le mouvement rebelle est directement responsable de la sécurité des populations et de la régulation des activités économiques sur son territoire. La fermeture temporaire décrétée après la catastrophe apparaît comme un geste trop tardif.
  2. Complicité des circuits internationaux : Les défenseurs des droits humains dénoncent un système d’exploitation soutenu par des circuits commerciaux internationaux qui ferment les yeux sur les conditions d’extraction pour s’approvisionner en minerais stratégiques.
  3. Urgence humanitaire et protection : Outre les secours, une intervention urgente est nécessaire pour protéger les enfants et les travailleurs de l’exploitation et sécuriser les sites.

Ce drame est un rappel sinistre du coût humain exorbitant de l’exploitation illégale des ressources dans l’Est de la RDC. Il met en lumière l’impératif de traçabilité des minerais et de responsabilisation de tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, des creuseurs aux consommateurs finaux, tant que persiste un conflit où le contrôle des mines finance la guerre et l’insécurité.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneSport

Slimane Rahou, nouvel entraîneur principal du TP Mazembe

by admin9775 31 janvier 2026
written by admin9775

Slimane Rahou, technicien franco-algérien de 51 ans, a officiellement pris les rênes du TP Mazembe ce vendredi 30 janvier 2026. Il signe un contrat jusqu’à la fin de la saison 2025-2026, succédant à Lamine Mamadou Ndiaye après la victoire 2-1 contre Sanga Balende.

Remise-reprise et ambitions

Dans un communiqué rendu publique vendredi 30 janvier sur son site officiel, la direction des Corbeaux du TP Mazembe a salué « ce nouvel architecte du jeu mazembien, reconnu pour ses qualités humaines et techniques à faire émerger les meilleurs potentiels ».

La remise-reprise s’est déroulée en début d’après-midi à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, lors d’une réunion avec le staff technique et les capitaines. Un accord amiable a été trouvé avec le Sénégalais, Ndiaye, précise le club dans son communiqué.

Leader du groupe A de la Ligue nationale du football, (Linafoot) avec 42 points, le TP Mazembe mise sur Rahou pour maintenir sa dynamique et viser les titres. Le club espère un renouveau tactique avec ce coach réputé pour faire émerger les talents.

Radio okapi

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À la UneAfrique

Est de la RDC: après Félix Tshisekedi, les facilitateurs de l’UA s’entretiennent avec Paul Kagame

by admin9775 31 janvier 2026
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La tournée diplomatique du panel de médiation de l’Union africaine (UA) sur la crise dans l’Est de la RDC se poursuit. Après avoir rencontré le président congolais Félix Tshisekedi à Kinshasa jeudi, les anciens chefs d’État ont été reçus vendredi 30 janvier par le président rwandais Paul Kagame à Kigali.

Deux réunions distinctes ont structuré cette étape clé :

  1. Un entretien en tête-à-tête entre Paul Kagame et le président togolais Faure Gnassingbé, désigné médiateur principal de l’UA pour ce conflit.
  2. Une rencontre élargie incluant également quatre des cinq membres du panel de facilitation : l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, l’ancienne cheffe de l’État centrafricaine Catherine Samba-Panza, l’ex-présidente éthiopienne Sahle-Work Zewde et le président botswanais Mokgweetsi Masisi.

Des discussions centrées sur la sécurité et la coordination des efforts

Selon un communiqué de la présidence rwandaise, les échanges ont porté sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, l’état d’avancement des engagements diplomatiques pris (notamment ceux des Accords de Washington) et les moyens de renforcer la coordination des efforts régionaux et continentaux.

Cette visite à Kigali, qui intervient moins de 24 heures après celle à Kinshasa, illustre la volonté des médiateurs africains d’écouter les deux parties en conflit dans un délai très rapproché, afin de maintenir un équilibre et une dynamique de dialogue.

Poursuite de la mission

À l’issue de cette étape, le président Faure Gnassingbé doit poursuivre « les consultations en vue de parvenir à une solution africaine à ce conflit », selon un communiqué togolais. Cette formulation réaffirme l’ambition de l’UA de faire prévaloir une médiation continentale, dans un dossier où les initiatives extra-africaines (américaine, qatarie) ont jusqu’ici dominé sans succès durable.

L’UA tente de reprendre la main sur un dossier critique

Cette séquence diplomatique intense montre la tentative de l’Union africaine de repositionner son leadership sur le dossier congolais, face à l’impasse des autres processus. En déployant un panel de haut niveau et en maintenant un contact direct et simultané avec Kinshasa et Kigali, l’UA cherche à :

  • Relancer un dialogue direct entre les deux capitales.
  • Proposer un cadre alternatif ou complémentaire aux initiatives américaine et qatarie.
  • Rassurer sur sa capacité à gérer ses propres crises.

La crédibilité de cette nouvelle médiation dépendra de sa capacité à obtenir des gestes concrets de désescalade de la part du Rwanda et du M23, et à convaincre Kinshasa que cette voie peut être plus efficace que celles qui ont précédé.

Par Pascal Kabeya
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À la UneEconomie

Cobalt : face aux quotas en RDC, Glencore veut prioriser la production de cuivre en 2026

by admin9775 30 janvier 2026
written by admin9775

Malgré la levée en octobre 2025 de l’embargo imposé sur les exportations de cobalt en RDC à partir de février, Glencore n’a pu expédier aucune tonne avant la fin de l’année. Le volume de cobalt produit dans le pays en 2025 dépasse par ailleurs les quotas d’exportation qui lui sont alloués pour 2026.

Glencore a publié jeudi 29 janvier ses prévisions de production de cuivre pour 2026, sans en donner pour le cobalt. Le groupe suisse souligne qu’il « existe actuellement trop d’incertitudes pour fournir des prévisions fiables », et précise que la production de cuivre en RDC sera prioritaire par rapport à celle de cobalt, pour lequel des quotas d’exportations sont en place.

Glencore a produit 33 500 tonnes de cobalt en RDC l’année dernière, en baisse de 5 % par rapport à 2024, mais l’essentiel de cette production n’a pas pu être exporté, à cause d’un embargo imposé fin février 2025 sur les exportations congolaises de ce métal stratégique pour l’industrie des véhicules électriques. Décidé par les autorités pour faire face à un marché excédentaire qui tirait les prix du cobalt vers le bas, cet embargo a été remplacé en octobre dernier par des quotas d’exportations alloués aux producteurs.

Mais la reprise effective des exportations n’a pu avoir lieu avant fin 2025, en raison de la complexité du processus d’autorisation. Alors que le report de quotas non utilisés est en principe impossible, les autorités congolaises ont donc accordé une exception pour permettre aux producteurs d’exporter les quotas de fin 2025 jusqu’au 31 mars 2026. Pour l’année entière, Glencore indique pouvoir exporter 22 800 tonnes de cobalt, y compris l’allocation non utilisée en 2025, contre 18 800 tonnes prévues pour 2027. Des chiffres bien inférieurs à la production cumulée des deux mines congolaises (KCC et Mutanda) de la compagnie en 2025.

Marché du cuivre porteur

Sans augmentation des quotas d’exportation dans les prochains mois, Glencore a annoncé vouloir stocker l’excédent produit en RDC, afin de le vendre lorsque les circonstances le permettront. Alors que 99 % du cobalt extrait dans le monde est un sous-produit du cuivre ou du nickel, les mines congolaises ne font pas exception. Mais si l’exportation du cobalt fait l’objet de restrictions en RDC, ce n’est pas le cas du cuivre, dont les prix sur les marchés mondiaux sont par ailleurs en hausse.

Sur la bourse des métaux de Londres, le prix du cuivre pour livraison dans trois mois a inscrit un nouveau sommet jeudi, à 14 527 dollars la tonne, rapporte Reuters. Après une hausse de plus de 40 % l’année dernière, le métal rouge a déjà établi de nouveaux records de prix en 2026, ce qui pourrait lui permettre de prendre de vitesse les prévisions de certains analystes.

Selon Goldman Sachs, le prix du cuivre pourrait en effet atteindre 15 000 dollars la tonne d’ici 2035, en raison d’une demande supérieure à l’offre à partir de 2029. La consommation du métal rouge devrait en effet augmenter à cause des investissements dans les réseaux électriques et les infrastructures énergétiques à l’échelle mondiale, du fait notamment de l’intelligence artificielle. A en croire Neil Welsh, analyste chez Britannia Global Markets, ces facteurs soutiennent déjà la hausse actuelle des prix du métal rouge, car les investisseurs anticipent « une augmentation des dépenses mondiales dans les centres de données, la robotique et les infrastructures énergétiques ».

Alors que Glencore indique vouloir prioriser la production du cuivre plutôt que celle du cobalt, « lorsque cela sera commercialement judicieux », le contexte actuel conforte cette stratégie. Les mines congolaises de la compagnie ont livré 247 800 tonnes de cuivre en 2025, un volume en hausse de 10 % en glissement annuel et qui représente 29 % de sa production totale. Le groupe suisse n’a pas encore présenté de prévisions détaillées pour 2026, mais indique vouloir produire jusqu’à 870 000 tonnes sur l’ensemble de ses mines dans le monde, contre 851 600 tonnes en 2025. Reste à voir si la priorité annoncée pour le cuivre en RDC se traduira par une augmentation des volumes extraits dans le pays.

Emiliano Tossou

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À la UneSociété

La RDC et le Rwanda s’affrontent pour le contrôle de la Francophonie

by admin9775 30 janvier 2026
written by admin9775

La rivalité entre la République démocratique du Congo et le Rwanda est sur le point de prendre une nouvelle dimension : la bataille pour la direction de l’espace francophone. Lors de son Conseil des ministres, le gouvernement congolais a officiellement annoncé sa décision de présenter un candidat au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), lors du Sommet prévu au Cambodge en novembre 2026.

Cette candidature, dont le nom sera dévoilé avant le dépôt officiel en juin 2026, vise explicitement à contrer une éventuelle réélection de la secrétaire générale sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Kigali a en effet déjà fait savoir qu’il soutiendrait sa reconduction pour un troisième mandat. La décision de Kinshasa transforme ainsi une élection administrative en un bras de fer diplomatique de haut vol entre les deux pays ennemis.

Une candidature pour « assumer son leadership »

Le ministre délégué chargé de la Francophonie, Crispin Mbadu Phanzu, a présenté cette candidature comme une étape naturelle pour permettre à la RDC « d’assumer pleinement son leadership au sein de cette organisation ». Avec sa population francophone massive (la plus importante au monde après la France), son poids géographique et son potentiel économique, la RDC estime légitimement devoir jouer un rôle de premier plan dans les instances francophones.

Cette démarche s’inscrit dans une logique plus large de réaffirmation de la souveraineté et de l’influence diplomatique congolaise, après son élection comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour 2025-2026.

Une bataille pour le récit et l’influence

La bataille s’annonce serrée et nécessitera pour Kinshasa une campagne intense de lobbying auprès des chefs d’État francophones, notamment en Afrique, en Europe et au Canada. Le choix du candidat congolais – qui devra être une personnalité consensuelle, expérimentée et de stature internationale – sera donc déterminant. Cette annonce marque le début d’une course de deux ans où la diplomatie congolaise devra prouver qu’elle peut convertir son poids démographique et moral en influence politique concrète.

Par Marius Bopenga
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