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À la Une

À la UneMonde

Inondations: des crues record et «généralisées» dans l’ouest de la France

by admin9775 15 février 2026
written by admin9775

Ponts fermés, digues submergées et évacuations de quelques centaines d’habitants… Des villages en bord de Garonne se sont retrouvés samedi « totalement isolés » face à la montée des eaux, dans un contexte de crue « généralisée » et record en France selon Vigicrues. 

Après une succession d’intempéries cette semaine, dont la violente tempête Nils, la Gironde et le Lot-et-Garonne ont été maintenus ce week-end en vigilance rouge pour les crues, avec une dizaine de départements en vigilance orange sur une large frange ouest du pays, de l’Ille-et-Vilaine à l’Ariège, et environ 60 en vigilance jaune.

À cela s’ajoutent trois autres alertes météorologiques : une vigilance orange aux vents forts pour l’Aude, les Pyrénées-Orientales et la principauté d’Andorre ; une vigilance orange neige-verglas dimanche pour une quinzaine de départements de la moitié nord du pays, notamment en région parisienne et dans les Hauts-de-France ; et une vigilance orange aux avalanches dans les Pyrénées dimanche.

Nous sommes dans une situation en France de crues majeures généralisées. Il est un peu trop tôt pour dire si oui ou non, c’est le changement climatique qui opère depuis un mois et demi sur cette recrudescence de perturbations.

Corentin Perrot, prévisionniste chez Météo FranceLucile Gimberg

Pour les cours d’eau en vigilance orange ou rouge, « des débordements importants et majeurs sont en cours ou attendus dans les prochaines 24 heures », selon le service d’informations Vigicrues.

Une lente décrue s’amorce

À Bourdelles (90 habitants) près de La Réole, en Gironde, la Garonne est sortie de son lit, avec de l’eau à perte de vue, a constaté samedi un journaliste de l’AFP. « Il y a des villages qui sont totalement isolés », a déclaré l’adjudant-chef Olivier Konrad, adjoint à la Brigade nautique d’Arcachon, chargée de patrouiller et d’évacuer les habitants concernés, qui sont néanmoins rompus aux crues, notamment après celle de 2021.   

« Ils ont l’habitude. (…) Mais là, par rapport à hier (vendredi), l’eau a encore bien pris un bon mètre » de hauteur, a-t-il expliqué, avec 9,70 mètres mesurés samedi après-midi à La Réole. « Les niveaux d’eau ont atteint un plateau » sur la Garonne en Gironde, selon la préfecture, qui s’attend à un pic dimanche vers 6h00 du matin à La Réole. Les autorités ont fait état d’environ 80 personnes évacuées en Gironde.

Je suis devant ma fenêtre de mon bureau et là, je vois en fait un océan. Cette Garonne qui fait d’habitude 30 mètres… Là, on voit de l’eau à perte de vue. Des centaines d’hectares…

01:19

Témoignage du maire de La RéoleLucile Gimberg

En amont, dans le Lot-et-Garonne, des évacuations « préventives », liées à des « fragilités sur les digues », ont concerné samedi 590 personnes, selon la préfecture, portant le total des évacués à 1 500 dans le département. À Tonneins (Lot-et-Garonne), une crue de 9,58 mètres a été observée, supérieure à celle de 2021 (9,51 m) mais loin du record de 1930 (10,72 m), avant de refluer à 9,44 mètres vers 20h00 samedi, début de « décrues lentes » selon la préfecture.

Cette photographie aérienne montre la Garonne en crue inondant un quartier résidentiel de Tarn-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France, le 13 février 2026, après le passage de la tempête Nils.
Cette photographie aérienne montre la Garonne en crue inondant un quartier résidentiel de Tarn-et-Garonne, dans le sud-ouest de la France, le 13 février 2026, après le passage de la tempête Nils. AFP – CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Un phénomène exceptionnel qui risque d’être de plus en plus fréquent

La situation est exceptionnelle dans son ampleur et sa durée, explique Jean-Marie Coulomb, adjoint opérationnel au service central de Vigilance des crues. « Le phénomène que l’on vit actuellement est exceptionnel. D’abord par rapport à l’étendue géographique jamais atteinte depuis la création de la vigilance crues en 2006, puisque, au plus fort de la crue, cela a touché 88 départements en France, donc 88 départements avec des cours d’eau qui débordent », indique-t-il.

« Et puis l’autre critère, c’est la durée de cette crue, puisque depuis mi-janvier, nous sommes avec des cours d’eau qui sont en vigilance orange ou plus sans discontinuer. Les sols sont complètement saturés, c’est-à-dire qu’ils ne sont plus en capacité d’absorber l’eau qui tombe sous les phénomènes pluvieux. Le record de 1959 est battu », poursuit Jean-Marie Coulomb. « Nous avons un taux d’humidité qui est le plus fort jamais atteint jusqu’à présent. Et par ailleurs, nous avons, puisqu’il pleut depuis un certain temps, des niveaux dans les cours d’eau qui sont très élevés. Ce qui signifie que, à la moindre pluie, à la moindre reprise de pluie, nous allons avoir à nouveau des débordements ou l’entretien des crues existantes qui sont déjà en cours. »

Nous, à ce stade, dans le réseau Vigicrues, toutes les équipes sont mobilisées, concentrées sur la gestion de l’épisode en cours. On peut constater aujourd’hui peut-être par endroits un certain nombre d’améliorations, mais globalement, l’épisode de crue n’est pas du tout fini…

Jean-Marie Coulomb, adjoint opérationnel de VigicruesLucile Gimberg

Toutefois, Jean-Marie Coulomb prévient que les épisodes de crue risquent d’être de plus en plus nombreux. « Les climatologues nous disent que nous allons avoir probablement des phénomènes extrêmes de plus en plus nombreux, que ce soit des épisodes de crues ou des épisodes de sécheresse. D’ailleurs, on constate effectivement, dans les crues les unes après les autres, que l’on a des durées plus longues, des intensités de crues plus importantes », déclare-t-il.

RFI

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À la UneEconomie

Projet de manganèse à Luozi : plus de 300 MW nécessaires, le défi énergétique au cœur des débats

by admin9775 15 février 2026
written by admin9775

Les besoins énergétiques du projet de manganèse porté par Asia Minerals Limited à Luozi, dans la province du Kongo Central, sont estimés à plus de 300 mégawatts (MW). L’annonce a été faite le 26 novembre lors du Forum Makutano, mettant en lumière l’ampleur des défis énergétiques liés à l’industrialisation du secteur minier en République démocratique du Congo.

Selon Felly Samuna, directeur général de Kerith Resources, partenaire local du groupe nippo-malaisien, la demande énergétique se répartirait entre 120 MW pour l’extraction minière et près de 200 MW destinés à la transformation locale du minerai. Cette approche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale visant à promouvoir la valorisation des ressources sur le territoire national.

Le lancement de l’exploitation minière est envisagé dans un délai minimal de trois ans, à l’issue de la phase d’exploration. Toutefois, Felly Samuna a soulevé une question centrale : la capacité du pays à fournir une telle puissance électrique dans des conditions fiables et compétitives.

Le potentiel hydroélectrique du Kongo Central en avant

En réponse, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Molendo Sakombi, a indiqué que cette partie du Kongo Central dispose de sites hydroélectriques adaptés pour soutenir un projet d’une telle envergure. Il a notamment cité le site de Mpioka, situé sur la rivière Inkisi.

Pour sa part, Jean-Pierre Mukadi Kalombo, coordonnateur des projets au ministère de l’Énergie, a précisé que la capacité estimée du site de Mpioka avoisinerait les 6 000 MW. Une puissance qui pourrait non seulement alimenter Kinshasa, mais aussi répondre à la demande croissante du secteur minier. Des études de faisabilité sont attendues dès 2026 afin de préciser le potentiel technique et financier du projet.

Par ailleurs, Bob Mabiala Mvumbi, directeur général de l’Agence de développement et de promotion du projet Inga, a évoqué la possibilité pour l’investisseur de négocier un contrat d’achat d’électricité (CAE) dans le cadre du futur barrage Inga 3, dont la capacité est estimée entre 3 000 et 11 000 MW.

La question sensible des tarifs

Au-delà des capacités de production, la compétitivité des tarifs de l’électricité constitue un enjeu majeur pour la rentabilité du projet. Felly Samuna a ainsi rappelé que la fonderie malaise du groupe bénéficie d’un tarif préférentiel de 0,04 USD/kWh, s’interrogeant sur la possibilité d’obtenir des conditions similaires en RDC pour assurer la viabilité du traitement local du manganèse.

Le contexte tarifaire national demeure cependant tendu. La Société nationale d’électricité (SNEL) applique un tarif moyen de 0,17 USD/kWh, qu’elle considère déjà inférieur à ses coûts de production, plaidant pour une révision à la hausse. De leur côté, les opérateurs privés de mini-réseaux pratiquent des tarifs nettement plus élevés, oscillant entre 0,25 et 0,70 USD/kWh.

Entre ambitions industrielles, potentiel hydroélectrique et contraintes tarifaires, le projet de Luozi illustre les défis structurels auxquels la RDC doit faire face pour concilier transformation locale des ressources et compétitivité énergétique.

Le projet de manganèse à Luozi aligne les 5 axes de la diversification minière

En effet, signé au Forum économique RDC–Japon, ce partenariat stratégique entre la société congolaise Kerrith et le japonais AML marque le coup d’envoi d’un projet minier inédit à Luozi, dans le Kongo Central. À la clé : une diversification concrète du secteur minier national, bien au-delà des intentions politiques.

Parvenir à extraire plus que du cuivre ou du cobalt : c’est le pari que vient de réussir la RDC, avec l’officialisation, à Osaka, d’un accord minier novateur autour du manganèse. Un minerai jusque-là absent des radars congolais, et qui pourrait devenir l’un des leviers majeurs de l’économie du pays.

L’annonce, faite en marge du Forum économique RDC–Japon, place la localité de Luozi, nichée dans la paisible province du Kongo Central, au cœur d’un jeu d’acteurs internationaux stratégiques.

Plus qu’un projet, une vision

À moyen terme, 3 500 emplois directs devraient être créés, pour 17 000 bénéficiaires indirects. Deux millions de tonnes de manganèse sont attendues chaque année, pour un investissement initial de 200 millions de dollars. Et déjà, un accord de fourniture d’électricité avec la SNEL est en discussion, tout comme la réhabilitation des axes de transport fluvial et terrestre.

En clair, ce projet qui coche toutes les cinq cases de la vision stratégique des mines congolaises, prouve que la diversification n’est pas un slogan, mais une réalité qui se concrétise.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Union africaine : Évariste Ndayishimiye prend les rênes à Addis-Abeba sous le signe de la paix et du développement durable

by admin9775 15 février 2026
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La 39ᵉ Assemblée générale des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine s’est ouverte ce samedi 14 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, en présence de plusieurs dirigeants du continent, dont le Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Ce sommet continental a été marqué par une transition majeure à la tête de l’organisation. Le président angolais João Manuel Gonçalves Lourenço a officiellement transmis la présidence tournante de l’UA à son homologue burundais, Évariste Ndayishimiye, pour un mandat d’un an, courant jusqu’en février 2027.

Un passage de témoin hautement symbolique

La cérémonie de passation, empreinte de solennité, a constitué l’un des moments forts de cette 39ᵉ session, qui réunit les chefs d’État africains autour des défis majeurs du continent : paix et sécurité, intégration économique, gouvernance et développement durable.

Dans son allocution d’adieu, João Lourenço a salué la solidarité entre États membres et encouragé son successeur à poursuivre la dynamique des « solutions africaines aux problèmes africains ». Il a également assuré le président burundais du soutien constant de l’Angola dans l’exercice de son mandat, traduisant une volonté de continuité et de coopération renforcée au sein de l’organisation.

Un appel pressant à la paix et au respect des principes fondateurs

Prenant la parole en qualité de nouveau président en exercice, Évariste Ndayishimiye a insisté sur l’urgence de consolider la paix sur le continent, dans un contexte marqué par la recrudescence des ingérences extérieures, parfois sous forme de guerres par procuration et de captation illicite des ressources naturelles, notamment dans la région des Grands Lacs.

Il a appelé les États membres à demeurer fidèles aux principes consacrés par l’Acte constitutif de l’Union africaine : respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, rejet du recours à la force pour modifier les frontières ou les équilibres politiques, et défense de la dignité humaine.

Le thème retenu cette année — « Garantir un approvisionnement durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 » — met également en lumière l’importance des enjeux liés au développement durable et au bien-être des populations africaines.

L’Angola en première ligne sur le dossier congolais

Cette transition intervient alors que l’Angola s’est récemment illustré par une intense activité diplomatique en faveur d’une accalmie dans l’est de la République démocratique du Congo.

Avant l’ouverture du sommet, Luanda a proposé un cessez-le-feu entre les parties en conflit, initiative acceptée par Kinshasa. L’entrée en vigueur de cet accord est prévue pour le mercredi 18 février, avec l’ambition d’ouvrir la voie à des solutions politiques durables face à la crise sécuritaire.

Dans cette dynamique, les autorités angolaises envisagent d’engager des consultations en vue de l’organisation d’un dialogue national inclusif, en complément des initiatives diplomatiques déjà soutenues par Washington et Doha.

Alors que le Burundi prend désormais les rênes de l’Union africaine, les attentes sont élevées. Entre consolidation de la paix dans les zones en crise et accélération du développement du continent, le mandat d’Évariste Ndayishimiye s’annonce déterminant pour l’avenir de l’organisation et pour l’Afrique tout entière.

Par Marius Bopenga
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À la UneSociété

Choléra à Makala : le ministre de la Justice suspend les nouvelles admissions à la prison centrale

by admin9775 15 février 2026
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Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a ordonné samedi 14 février l’interdiction temporaire de toute nouvelle admission à la Prison centrale de Makala, à Kinshasa, à la suite de la confirmation de cas de choléra ayant déjà causé plusieurs décès parmi les détenus.

Dans une circulaire officielle n°001/DMK/ME/MIN/J&GS/2026 du 14 février 2026, le ministre fait état d’une situation sanitaire préoccupante. Depuis le 12 février, cinq décès ont été enregistrés dans cet établissement pénitentiaire, considéré comme l’un des plus surpeuplés du pays.

Des cas confirmés par l’INRB

Selon les données sanitaires reprises dans le document ministériel, l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a confirmé 13 cas positifs de choléra sur 17 prélèvements analysés. Parmi les personnes testées positives, quatre sont déclarées rétablies, tandis que cinq décès ont été constatés. Par ailleurs, 15 nouveaux cas suspects ont été identifiés au cours de la seule journée du 13 février.

Ces chiffres traduisent un risque élevé de propagation dans un milieu carcéral marqué par la promiscuité et des conditions d’hygiène structurellement fragiles, facteurs connus d’amplification des maladies hydriques.

Mesures d’urgence et restrictions

Face à cette évolution, le ministre de la Justice a décidé de mesures immédiates visant à contenir l’épidémie. Outre l’arrêt temporaire des nouvelles admissions, la circulaire prévoit la suspension ou la stricte limitation des visites, sous réserve du respect rigoureux des prescriptions sanitaires en vigueur.

Le renforcement du dispositif médical interne figure également parmi les priorités. Il est notamment question de la mise à disposition de médicaments essentiels, de l’approvisionnement en produits de prévention et de désinfection, ainsi que du déploiement d’équipements adaptés à la prise en charge des cas et à la riposte contre le choléra.

Un test pour la gestion sanitaire carcérale

Cette flambée épidémique intervient dans un contexte où la question de la surpopulation et des conditions de détention à Makala fait régulièrement l’objet d’alertes d’organisations de défense des droits humains.

La suspension des admissions constitue une mesure exceptionnelle, révélatrice de la gravité de la situation. Elle pose en parallèle la question de la gestion des flux judiciaires et carcéraux à Kinshasa, alors que les autorités sanitaires et pénitentiaires s’emploient à circonscrire la propagation de la maladie au sein de l’établissement.

Par Marius Bopenga
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À la UneMusique & Culture

RDC : 28 ans après “Mwana Mpwo”, Souzy Kasseya signe un plaidoyer musical pour le franc congolais

by admin9775 14 février 2026
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Vingt-huit ans après la sortie de « Mwana Mpwo », chanson emblématique célébrant la naissance du franc congolais en 1998, l’auteur-compositeur Souzy Kasseya renoue avec la fibre monétaire. Dévoilé vendredi 13 février 2026 à Kinshasa, son nouveau titre « Franc Congo Nkolo Mabele » s’inscrit dans une démarche assumée de valorisation de la monnaie nationale face au dollar américain.

Initiée et produite par la Banque centrale du Congo (BCC), l’œuvre – une fresque musicale de près de quatorze minutes – mobilise plusieurs générations d’artistes congolais autour d’un message commun : restaurer la confiance dans le franc congolais et en faire un instrument pleinement adopté dans les transactions domestiques.

Une fresque intergénérationnelle au service d’un message économique

Autour de Souzy Kasseya, des figures majeures de la scène musicale congolaise ont prêté leur voix au projet, notamment Jossart N’yoka Longo, Koffi Olomide, Fally Ipupa, Ferré Gola et Héritier Watanabe, aux côtés d’autres artistes confirmés et émergents.

L’ambition dépasse le simple registre artistique. Pour le compositeur, il s’agit d’« un ouvrage », d’« une grosse peinture » destinée à marquer une séquence inédite de l’histoire économique du pays. « Notre monnaie a connu beaucoup de fluctuations (…) Nous avons longtemps cru qu’elle ne pouvait que se détériorer », a-t-il expliqué lors de la présentation officielle, soulignant la volonté des artistes de défendre le pays par la culture.

Un instrument de pédagogie monétaire

Présente à la cérémonie, la conseillère en communication de la BCC, Adriel Elongo, a inscrit l’initiative dans une stratégie plus large de reconquête de la confiance. Selon elle, la stabilisation et le renforcement du franc congolais constituent le socle d’une ambition plus vaste : faire de la monnaie nationale un levier pleinement opérationnel pour l’épargne, l’investissement et les transactions à l’échelle nationale et continentale.

La banque centrale met en avant une gestion jugée rigoureuse et coordonnée des instruments de politique monétaire et de change. L’institution estime que l’appréciation récente du franc congolais sur le marché des changes envoie un signal de crédibilité, matérialisé par une hausse progressive des dépôts libellés en monnaie nationale et un regain de confiance au sein du système financier.

Dans cette perspective, « Franc Congo Nkolo Mabele » devient un vecteur pédagogique, notamment auprès de la jeunesse, afin d’encourager l’appropriation du franc congolais dans les échanges quotidiens.

Une continuité historique

L’initiative fait écho à la chanson « Franc Congolais » sortie en 1998 lors du lancement du nouveau franc, qui avait réuni des légendes telles que Papa Wemba, Pépé Kallé, Madilu System et Tabu Ley Rochereau.

Vingt-huit ans plus tard, la démarche s’inscrit dans une dynamique de continuité, sans effacer les épisodes de vulnérabilité monétaire qui ont marqué le pays. Pour la Banque centrale, la nouvelle production artistique « écrit une nouvelle page de l’histoire sans en effacer aucune trace ».

Au-delà du symbole, l’opération illustre l’activation de canaux culturels dans la communication institutionnelle. En mobilisant les icônes de la rumba et des musiques urbaines, la BCC mise sur l’influence sociale des artistes pour accompagner la consolidation macroéconomique et renforcer la souveraineté monétaire de la République démocratique du Congo.

À travers cette fresque musicale, la culture devient ainsi un levier d’adhésion collective à une politique économique : faire du franc congolais non seulement un moyen de paiement, mais l’expression d’une souveraineté assumée et d’une stabilité retrouvée.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Kinshasa : l’exécutif provincial organise le relogement des ménages de Pakadjuma à Kinkole

by admin9775 14 février 2026
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La crise opposant l’Hôtel de ville de Kinshasa aux habitants du quartier Pakadjuma connaît son épilogue. Le gouverneur de la capitale, Daniel Bumba, a annoncé jeudi le relogement des familles dont les habitations ont été détruites lors des récentes opérations de démolition. Les ménages concernés sont désormais orientés vers un site aménagé à Kinkole, dans la commune de la N’Sele.

Le transfert effectif a débuté ce jeudi 12 février, sous la supervision d’une commission mixte mise en place pour encadrer l’évacuation et l’installation des sinistrés. Cette structure regroupe des représentants des autorités provinciales et des services techniques, avec pour mission d’assurer la coordination logistique, l’identification des bénéficiaires et le suivi du processus d’installation.

Reprise du trafic ferroviaire et impératifs de sécurité

Les démolitions engagées à Pakadjuma, quartier situé dans la commune de Limete, s’inscrivent dans le cadre de la reprise du trafic du train urbain. Les constructions qualifiées d’anarchiques, érigées le long de la voie ferrée, étaient considérées comme un obstacle à la relance du transport ferroviaire et comme un facteur de risque majeur pour la sécurité des riverains.

Selon l’exécutif provincial, la libération de l’emprise ferroviaire constitue un préalable indispensable à la modernisation de la mobilité urbaine dans une ville confrontée à une forte pression démographique et à des défis structurels de transport.

Un enjeu sanitaire majeur

Au-delà de l’enjeu infrastructurel, les autorités mettent en avant un objectif sanitaire. Pakadjuma est identifié comme l’un des principaux foyers de choléra de la capitale congolaise. La promiscuité, l’absence d’assainissement adéquat et l’occupation désordonnée des sols y favorisent la propagation des maladies hydriques.

Le relogement à Kinkole s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de prévention des épidémies et de lutte contre l’insalubrité. L’exécutif provincial entend réduire durablement les risques sanitaires tout en réorganisant l’occupation de l’espace urbain.

Une politique de récupération des espaces publics

Cette opération s’ajoute à une série d’actions conduites depuis l’élection de Daniel Bumba à la tête de la ville-province. Les autorités provinciales ont récemment engagé des démarches de récupération d’espaces publics jugés spoliés ou occupés illégalement, notamment à Masina Sans Fil, sur l’avenue OUA à Kintambo et au rond-point Ngaba.

Pour l’Hôtel de ville, ces initiatives traduisent une volonté de rétablir l’autorité de l’État sur le foncier urbain et de restructurer durablement la capitale. Reste désormais à garantir la viabilité du site de relogement de Kinkole et l’accompagnement social des familles déplacées, afin d’éviter que la crise de Pakadjuma ne se reproduise ailleurs.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSport

Ligue des champions CAF : cinq tickets, huit prétendants, un week-end de feu

by admin9775 14 février 2026
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La phase de groupes de la Ligue des champions de la CAF s’achève ce week-end avec cinq places encore à pourvoir pour les quarts de finale, sur les huit disponibles.

Trois clubs ont déjà validé leur billet : le tenant du titre égyptien Pyramids FC, le recordman des victoires Al Ahly (Égypte) et le surprenant Stade Malien, auteur d’une campagne remarquable.

Groupe A : Berkane sous pression
Les Marocains de Berkane, finalistes malheureux de la dernière édition, jouent leur survie. Après deux revers à l’extérieur (Pyramids, Power Dynamos), ils doivent impérativement battre Rivers United à domicile. Mais attention : Power Dynamos, à égalité de points, jouera sans pression à Pyramids, déjà qualifié. Le classement particulier avantage Berkane (victoire 3-0 à l’aller), mais une contre-performance des Oranges pourrait tout bouleverser.

Groupe B : l’AS FAR tient son destin
Les Militaires marocains ont parfaitement négocié leur deuxième partie de campagne. Deux victoires consécutives les placent en position de force avant de défier Al Ahly au Caire. Un match piège par excellence : l’ogre égyptien, déjà qualifié, jouera-t-il à pleine puissance ? Les Young Africans, eux, devront réaliser un exploit face à la JS Kabylie et espérer un faux pas marocain.

Groupe C : le grand bazar
La poule la plus indécise. Sundowns, Hilal, MC Alger et Lupopo : les quatre clubs peuvent mathématiquement peuvent se qualifier. Le choc Sundowns – MC Alger est évidemment l’affiche, d’autant que Rhulani Mokwena, aujourd’hui à la tête du club algérien, retrouve son ancienne équipe. Un scénario à suspense garanti.

À la veille de cette affiche capitale entre Al Hilal et le FC St Eloi Lupopo, l’heure est à la concentration maximale. L’entraîneur adjoint Karim Hendou et l’attaquant Maxwell Djoumekou ont affiché une détermination sans faille face aux médias. L’objectif est clair : la qualification. Le groupe est soudé, impliqué et prêt à livrer bataille pour faire honneur à nos couleurs.

Groupe D : Bracconi pour un intérim réussi ?
L’Espérance Tunis a réagi à sa défaite à Bamako en limogeant Maher Kanzari. Christian Bracconi, technicien français, dirige désormais l’équipe par intérim. Mission : battre Petro Atlético pour arracher la qualification. Les Angolais, à égalité de points, ne feront pas de cadeau. Le Stade Malien, déjà premier, peut savourer sa campagne historique.

Samedi 14 février

13:00 – Al-Hilal Omdurman  – St Éloi Lupopo 

13:00 – Mamelodi Sundowns – MC Alger 

16:00 – Esperance Tunis – Atlético Petroleos 

16:00 – Simba  – Stade Malien

19:00 – Berkane  – Rivers United 

19:00 – Pyramids  – Power Dynamos 

Dimanche 15 février

16:00 – Al Ahly  – AS FAR 

16:00 – Young Africans  – JS Kabylie

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Luanda-Kinshasa : une commission pour sécuriser la frontière et stabiliser la région

by admin9775 14 février 2026
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Les ministres de l’Intérieur congolais (Jacquemain Shabani) et angolais (Manuel Gomes) ont signé le 12 février à Luanda un accord instituant une Commission Permanente Mixte Défense et Sécurité.

La République démocratique du Congo et l’Angola ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération sécuritaire avec la signature, jeudi 12 février à Luanda, d’un accord instituant une Commission Permanente Mixte Défense et Sécurité.

Ce mécanisme vise à encadrer durablement la collaboration entre les deux pays le long de leur frontière commune, particulièrement exposée aux menaces transfrontalières. La signature est intervenue au terme de deux jours de travaux techniques entre experts, conduits par le vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, et son homologue angolais, Manuel Gomes.

Les discussions ont porté sur la situation sécuritaire dans les zones frontalières. Les deux parties ont convenu d’intensifier les échanges d’informations entre forces de défense et de sécurité et de multiplier les rencontres entre responsables militaires et policiers pour mieux prévenir la criminalité transfrontalière et les mouvements de groupes armés.

Dans une déclaration conjointe, les ministres ont condamné le recours à la force comme mode d’accession au pouvoir et réaffirmé leur attachement aux principes démocratiques.

La déclaration conjointe condamnant « le recours à la force comme mode d’accession au pouvoir » n’est pas anodine. Dans une région où les changements anticonstitutionnels se sont multipliés (Mali, Burkina, Guinée, Niger), les deux pays réaffirment leur attachement aux principes démocratiques. Un signal adressé aux voisins, mais aussi aux opinions internes.

Les défis opérationnels.

Reste à transformer l’accord en actions. La coopération sécuritaire entre États africains souffre souvent d’un déficit de mise en œuvre. Les réunions de techniciens, les déclarations d’intention, les commissions pléthoriques n’ont jamais remplacé l’échange en temps réel de renseignements ou la coordination effective des patrouilles. C’est à cette aune que se jugera le succès de la nouvelle commission.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Est de la RDC: Kinshasa accepte le principe du cessez-le-feu proposé par l’Angola

by admin9775 14 février 2026
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La RDC a répondu positivement ce 13 février 2026 à la proposition de l’Angola, le président congolais Félix Tshisekedi acceptant officiellement le principe d’un cessez-le-feu dans l’est de son pays, « dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ». Une source proche du dossier confirme à RFI que le 18 février est bien la date retenue.

Dans l’est de la RDC, va-t-on vers un nouveau cessez-le-feu pour le 18 février ? C’est en tous les cas la proposition qui a été faite jeudi par la présidence de l’Angola et encore actuelle présidence de l’Union africaine.

Une proposition acceptée par les autorités de Kinshasa. La présidence congolaise vient de publier un communiqué. Selon ce texte, « la République démocratique du Congo prend acte de l’initiative de Son Excellence Monsieur João Manuel Gonçalves Lourenço », et « salue les efforts constants de l’Angola en faveur d’un retour durable à la paix et à la stabilité dans la région des Grands Lacs ».

La RDC répond donc positivement à la proposition de l’Angola puisque le président Félix Tshisekedi accepte officiellement le principe d’un cessez-le-feu « dans un esprit de responsabilité, d’apaisement et de recherche d’une solution pacifique au conflit ». Dans ce même communiqué, en revanche, l’échéance du 18 février à midi n’est pas mentionnée, mais une source proche du dossier confirme à RFI que c’est bien la date retenue.

Ce que la présidence précise aussi officiellement, c’est que, selon elle, ce cessez-le-feu s’inscrit bien dans le cadre du Mécanisme de surveillance et de vérification signé le 14 octobre 2025 à Doha. Mécanisme dont les termes de référence ont été actés le 2 février dernier et pour lequel la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) est en cours de déploiement, notamment du côté d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.

La présidence congolaise stipule enfin que ce cessez-le-feu « implique un gel strict et immédiat des positions, l’arrêt de tout renforcement militaire, la cessation de toute rotation ou approvisionnement offensif, l’interdiction de toute tentative de modification du statu quo sur le terrain, ainsi que la fin de tout appui extérieur aux groupes armés opérant sur le territoire national ».

Pas encore de réponse de l’AFC/M23

Pour l’instant, il n’y a pas encore eu de déclaration du groupe armé AFC/M23 sur cette date du 18 février. En revanche, les autorités de Kigali ont réagi. Le ministre rwandais des Affaires étrangères estime dans un tweet que « nous pouvons empiler les accords de paix ou les déclarations de cessez-le-feu à l’infini, mais tant qu’il n’y aura pas de volonté politique de Kinshasa de mettre fin à ses attaques aériennes et ses attaques d’artillerie, tant que le président Tshisekedi sera toujours habité par l’obsession d’une solution militaire improbable, et tant que la communauté internationale continuera de fermer les yeux sur les caprices de Kinshasa qui n’agit qu’à sa guise, en violation de tous ces accords, ce sera peine perdue »

RFI

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RDC-États-Unis : le ministre des Mines rassure sur la préservation des intérêts congolais

by admin9775 14 février 2026
written by admin9775

En marge du Mining Indaba au Cap, le ministre congolais des Mines Louis Watum Kabamba a répondu aux inquiétudes sur l’accord minier signé avec Washington en décembre.

Entre affirmation de souveraineté et pragmatisme diplomatique, le ministre congolais des Mines Louis Watum Kabamba a livré au Mining Indaba une clarification très attendue sur l’accord de partenariat stratégique signé en décembre avec Washington.

« La RDC n’a rien bradé du tout. La RDC n’a rien vendu du tout », a-t-il martelé devant la presse, répondant aux inquiétudes grandissantes au sein de l’opinion congolaise sur une possible cession à bas prix des ressources stratégiques du pays. Une mise au point ferme, à la hauteur des enjeux : la RDC concentre environ 70 % des réserves mondiales de cobalt, ainsi que d’immenses gisements de lithium, coltan et cuivre – des minerais essentiels à la transition énergétique et technologique mondiale.

L’accord, signé le 4 décembre à Washington en marge d’une médiation américaine entre Kinshasa et Kigali, institue un « droit de première offre » au bénéfice des entreprises américaines sur certains minerais critiques commercialisés par la RDC. Mais, insiste le ministre, il ne s’agit que d’un cadre préliminaire. « Cela peut devenir un bon projet majeur. Cela peut aussi devenir un projet qui ne les intéresse pas. Nous continuerons, parce qu’il y a beaucoup d’autres partenaires. »

Depuis la signature, Kinshasa évolue sur une ligne de crête. D’un côté, rassurer des populations traumatisées par des décennies d’exploitation prédatrice. De l’autre, ménager la Chine, premier investisseur minier dans le pays, présente via des géants comme CMOC et Zijin Mining. Interrogé sur cette rivalité sino-américaine, Louis Watum Kabamba a éludé : « La rivalité entre la Chine et les États-Unis – nous ne nous y intéressons pas. Nous devons jouer notre propre jeu. »

Des annonces aux actes.

Fin janvier, Kinshasa a transmis à Washington une liste de projets miniers susceptibles d’entrer dans le cadre du partenariat. Un comité de pilotage bilatéral examinera ces propositions dans les semaines à venir. Mais le ministre a posé une condition claire : le gouvernement congolais entend associer étroitement la société civile à ces discussions. « Nous avons une responsabilité devant nos populations. Que chacun comprenne qu’on n’a pas que des droits, on a des obligations. »

Alors que moins de 10 % du potentiel minier congolais est aujourd’hui exploité, l’enjeu dépasse la simple négociation commerciale. Il engage la capacité de l’État à transformer ses richesses souterraines en développement concret, visible, partagé. Le message du Cap est clair : Kinshasa veut des partenaires, pas des patrons.

Par Marius Bopenga
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