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À la Une

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Procès Lumbala à Paris : Un témoin clé de la défense auditionné dans une atmosphère tendue

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

Le procès de Roger Lumbala, ancien chef rebelle congolais jugé pour crimes contre l’humanité devant la cour d’assises de Paris, a connu mercredi une audience chargée avec l’audition d’un témoin à décharge venu de Kinshasa par visioconférence. Cette audition, longue de plus de deux heures, a offert un éclairage interne sur la structuration du Rassemblement congolais pour la démocratie–National (RCD-N) dans les années 2000, mais a aussi été marquée par un incident révélant les tensions entourant ce procès historique.

Un témoignage sur l’organisation du pouvoir rebelle

L’homme, ancien cadre administratif du RCD-N, a décrit l’arrivée de Roger Lumbala à Bafwasende en 2000, dans un contexte de guerre et de succession de mouvements rebelles. « La population ne pouvait rien dire. Nous nous sommes ralliés pour protéger nos fonctions », a-t-il déclaré, esquissant un tableau de résignation et de pragmatisme.

Il a détaillé son parcours au sein de l’administration rebelle, nommé d’abord « ministre » de la Mobilisation et de la Propagande par Lumbala, puis aux Finances et aux Impôts. Interrogé sur l’idéologie du mouvement, il a répondu qu’il n’y en avait « pas », seulement une « gestion territoriale » et une opposition au président congolais de l’époque, Laurent-Désiré Kabila.

Soutiens militaires et création de taxes

Le témoin a confirmé le soutien militaire de l’Ouganda au RCD-N, ainsi que l’appui des forces du RCD/K-ML de Mbusa Nyamwisi. Concernant la question financière, centrale dans l’accusation, il a reconnu la « création de nouvelles taxes » pour faire fonctionner le territoire, tout en semblant prendre ses distances avec l’intitulé « effort de guerre » mentionné par la cour.

Un incident révélateur des pressions présumées

L’audience a basculé vers le conflit lorsque le président de la cour, Marc Summerer, a interrogé le témoin sur d’éventuelles pressions exercées sur des témoins. Ce dernier a immédiatement noté un nom sur une feuille, un geste qui a provoqué l’agacement du président et l’intervention de l’avocate générale demandant le retrait du document.

L’homme a finalement reconnu avoir rencontré une partie civile dans un restaurant à Kisangani et avoir discuté avec elle, tout en niant fermement toute menace. Cet épisode a mis en lumière l’atmosphère de défiance et les craintes qui planent sur ce procès, où la parole des témoins est scrutée avec une extrême méfiance.

Éléments factuels et fin de l’audience

Le témoin a apporté des éléments factuels, situant l’arrivée de Lumbala en 2000 lors de la guerre entre le Rwanda et l’Ouganda, et niant avoir jamais vu Jean-Pierre Bemba sur zone. Il a également corroboré la présence de miliciens Maï-Maï portant des « sexes » en trophée, un fait atroce déjà évoqué lors du procès.

En fin d’audience, le président a procédé à un rappel solennel des éléments constitutifs du crime contre l’humanité et des formes de complicité, réaffirmant le cadre juridique grave dans lequel s’inscrit ce procès pour des faits remontant à plus de vingt ans, mais dont l’écho résonne encore douloureusement en RDC. L’audience se poursuivra pour tenter de démêler, à travers d’autres témoignages, les responsabilités individuelles au sein de la machine de guerre et d’administration qu’était le RCD-N.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

États-Unis: la Fed réduit ses taux d’intérêt malgré l’opposition de plusieurs responsables

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

La Banque centrale des États-Unis (Fed) a abaissé mercredi 10 décembre ses taux d’intérêt pour la troisième fois d’affilée, une décision largement attendue par les marchés financiers, mais marquée par l’opposition d’un nombre croissant de responsables. Une hausse des salaires est nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, pointe le président de la Fed Jerome Powell.

Les taux directeurs américains sont réduits d’un quart de point de pourcentage, pour s’établir dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %, a annoncé l’institution dans un communiqué. Elle précise que trois des douze votants étaient contre : deux ne voulaient pas de baisse du tout et un voulait une détente plus forte, d’un demi-point.

Le président de la Fed de Kansas City, Jeffrey Schmid, s’était déjà opposé à une détente lors de la précédente réunion, fin octobre. Il a été rejoint mercredi par le président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee. Les deux hommes ont dit publiquement qu’ils s’inquiétaient pour l’heure davantage du niveau de l’inflation que de la santé du marché du travail américain. Quant au responsable en faveur d’une baisse plus forte, il s’agit sans surprise du gouverneur Stephen Miran, récemment nommé par le président Donald Trump. Cette diminution des taux était largement attendue par les investisseurs.

Une hausse des salaires, supérieure au rythme de l’inflation, va être nécessaire pour soutenir le pouvoir d’achat des Américains, alors que la question du coût de la vie est leur première préoccupation, a pointé le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. « La meilleure chose à faire est de ramener l’inflation à 2%, ce que nous tentons de faire, mais également d’avoir une économie solide où les salaires réels augmentent », a déclaré M. Powell en conférence de presse.

« La discussion était serrée »

La décision d’abaisser les taux de la Réserve fédérale n’était pas évidente, compte tenu de la situation économique des États-Unis, a estimé mercredi Jerome Powell. « La discussion était serrée, mais nous devons prendre une décision. On espère toujours que les données vont nous permettre d’avoir une vision claire, mais, dans la situation actuelle », la Fed est confrontée à une inflation et un chômage plus élevé, ce qui représente un conflit entre les deux mandats de l’institution, a souligné Jerome Powell lors d’une conférence de presse.

Les taux directeurs de la Réserve fédérale se situent désormais à un niveau proche du « taux neutre », celui dont l’influence sur l’économie, soit pour la soutenir, soit pour plus la ralentir, est nulle, a jugé Jerome Powell.

Le doute est permis pour la suite. Par rapport à sa précédente réunion, l’institution a ajouté dans son communiqué quelques mots qui n’échapperont pas aux marchés : « l’ampleur et le calendrier » de possibles ajustements supplémentaires dépendront de l’évolution de la situation, est-il écrit.

Une autre baisse des taux prévue en 2026

Les responsables de la Fed continuent de prévoir une autre baisse des taux d’intérêt en 2026, selon la médiane de leurs prévisions actualisées mercredi. D’après ces prévisions, les États-Unis pourraient connaître une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2,3 % sur un an fin 2026 (contre 1,8 % estimé précédemment). L’inflation pourrait être alors aussi meilleure que ce que les responsables avaient auparavant imaginé (2,4 % contre 2,6 % précédemment). Quant au chômage, il resterait au niveau actuel (4,4 %).

La Fed est toutefois confrontée à une difficulté. La longue paralysie budgétaire cet automne aux États-Unis a suspendu la publication de données économiques phares. Certaines sont même définitivement perdues, ne pouvant être compilées rétroactivement. Le dernier taux de chômage connu remonte au mois de septembre. Idem pour l’inflation (à 2,8 %). Des chiffres plus récents concernant l’emploi et le niveau des prix ne seront disponibles que la semaine prochaine.

Donald Trump a estimé que la banque centrale américaine aurait pu « doubler, au minimum » sa baisse de taux. S’en prenant à nouveau au patron de la Fed Jerome Powell, le président américain a déclaré pendant une réunion à la Maison Blanche : « Il a choisi, je dirais, un chiffre plutôt petit qui pourrait avoir été doublé, au minimum. »

RFI

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À la UnePolitique

Le Burundi durcit le ton : « Pas de retrait de RDC tant que la mission n’est pas accomplie », Kigali accusé de « déstabilisation »

by admin9775 9 décembre 2025
written by admin9775

Dans une déclaration ferme devant le corps diplomatique, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a accusé ce dimanche le Rwanda de poursuivre des « activités déstabilisatrices » à la frontière avec la République démocratique du Congo (RDC). Il a catégoriquement exclu tout retrait des troupes burundaises déployées en sol congolais avant que leur mission ne soit « pleinement accomplie ».

Un rejet net des appels au retrait et un hommage aux troupes

Face aux pressions internationales croissantes, le ministre a adopté une position inflexible. « Seule la RDC peut décider d’un éventuel retrait », a-t-il insisté, rejetant les appels à un rapatriement immédiat des forces burundaises, dont les effectifs sont estimés à environ 15 000 hommes selon plusieurs sources.

M. Bizimana a rendu hommage à ces militaires, affirmant que leur déploiement, effectué en accord avec Kinshasa dans le cadre d’une mission conjointe, vise à « protéger les frontières du Burundi, les citoyens et leurs biens ». Il a dénoncé ce qu’il a qualifié de « stratégies de diversion » de la part de Kigali pour justifier des appels à leur retrait.

Accusations directes contre Kigali et inquiétudes sécuritaires

Le ministre a dénoncé la poursuite des hostilités « malgré les accords de cessez-le-feu et de restauration de la paix » récemment signés, visant implicitement les Accords de Washington. Il a accusé le Rwanda de continuer à « déployer ses soldats » et à « mener des attaques » contre les positions des Forces de défense nationale du Burundi (FDNB) en RDC.

Pour illustrer la tension, il a évoqué un bombardement dans la province burundaise de Cibitoke qui a fait deux morts civils, une femme et un enfant de 12 ans, invitant les organisations internationales à suivre de près ces développements.

Un discours mêlant assurance et mise en garde

Tout en assurant que « la sécurité du pays et de ses frontières est pleinement assurée » et en appelant les Burundais à vaquer à leurs occupations « sans céder à la peur », le ministre a lancé un avertissement sans ambiguïté : toute attaque visant les civils burundais ou les soldats déployés en RDC « ne sera jamais tolérée ».

Il a néanmoins conclu en réaffirmant la volonté de Bujumbura de « privilégier une coexistence pacifique avec ses voisins », dans un équilibre diplomatique classique entre démonstration de force et ouverture au dialogue.

Une région sous haute tension

Cette prise de position intervient dans un contexte de crise multidimensionnelle dans l’Est de la RDC, où se mêlent :

  • L’offensive du M23, soutenu selon l’ONU par le Rwanda.
  • Le déploiement de forces étrangères (Rwanda accusé, Burundi présent, autres contingents de la communauté est-africaine).
  • Des processus diplomatiques parallèles et fragiles (Washington, Doha).

La déclaration de Bujumbura consolide le front des capitales opposées à Kigali (Kinshasa, Bujumbura) et complexifie davantage les équations sécuritaire et diplomatique, renforçant la dimension régionale du conflit congolais. Elle signale que tout accord de paix devra nécessairement prendre en compte les intérêts et les préoccupations sécuritaires du Burundi.

Par Pascal Kabeya
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À la UneProvince

Les rebelles de l’AFC-M23 installent leur administration dans la cité de Luvungi

by admin9775 9 décembre 2025
written by admin9775

La cité de Luvungi dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu) est désormais entre les mains de l’AFC-M23 depuis le week end dernier. Un des notables de Luvungi, contacté par Radio Okapi, affirme que les rebelles ont procédé lundi 8 décembre à la désignation d’un nouveau chef de la cité.

L’ancienne équipe dirigeante de Luvungi ayant fui, le chef de la cité voisine de Kamanyola a été désigné pour administrer les deux entités.

Après la cérémonie, une explosion s’est produite à Kanganiro dans un dépôt de vivres abandonnés par les militaires burundais, qui combattaient aux côtés des FARDC. L’explosion s’est produite lorsque les jeunes voulaient piller les vivres, selon les mêmes sources.

Les rebelles ont en effet trouvé une cité quasi vidée de sa population. 

Panique à Sange

Pendant ce temps, la cité de Sange à 40 km de la ville d’Uvira est dans la panique. Les habitants ont commencé à fuir dans différentes directions pour se mettre à l’abri. 

Des obus lancés à distance ont occasionné plus de 35 morts à Sange, un jour avant la prise de Luvungi. Les deux camps se rejettent la responsabilité. 

Alors que la psychose sévit à Sange, certaines autorités contactées à Uvira rassurent que les FARDC et les Wazalendo consolident leurs positions. Un des notables d’Uvira déclare : 

« Nous sommes réconfortés par la présence parmi nous du Chef d’Etat major général  des FARDC ».

Radio okapi

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À la UnePolitique

RDC : Le rapport onusien qui écrase l’illusion de paix de Washington

by admin9775 9 décembre 2025
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Alors que l’administration américaine célébrait il y a quelques jours la signature « historique » des Accords de Washington, un nouveau rapport des experts de l’ONU sur la RDC vient rappeler, avec une précision chirurgicale, la réalité implacable du terrain. Le document, consulté lundi, fournit des preuves accablantes et détaillées d’un déploiement massif, structuré et actif de l’armée rwandaise (RDF) en sol congolais, en appui direct à la rébellion du M23. Ces révélations sapent la crédibilité des récents engagements de paix et exposent un fossé abyssal entre la diplomatie et la guerre.

Une occupation militaire documentée et chiffrée

Le Groupe d’experts mandaté par le Conseil de sécurité ne laisse place à aucune équivoque. Sur la base de témoignages de commandants du M23, de sources de renseignement et diplomatiques, il estime que 6 000 à 7 000 soldats rwandais – soit l’équivalent d’au moins deux brigades complètes et de bataillons de forces spéciales – sont déployés dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

Ces troupes ne se cachent pas. Elles opèrent dans des zones clairement identifiées :

  • Une brigade dans la « Première zone de défense » du M23, couvrant Goma, Rutshuru et jusqu’à Kanyabayonga.
  • Une autre dans la « Deuxième zone de défense », incluant Masisi, Walikale et s’étendant jusqu’à Minembwe au Sud-Kivu.
  • L’île d’Idjwi sur le lac Kivu sert de base logistique pour les rotations et déploiements.

Un commandement et un rôle direct dans les combats

Le rapport va bien au-delà de la simple présence. Il décrit une intégration opérationnelle complète. Les soldats rwandais, désignés comme « Force amie » par leurs alliés du M23, « gèrent les lignes de front » et « contrôlent les combattants M23 ». Ils mènent des opérations conjointes, prenant notamment la tête des offensives contre les groupes armés comme les FDLR.

Leurs équipements sophistiqués (radios tactiques de pointe, systèmes de brouillage) et leur discipline les rendent « facilement identifiables » sur le terrain, selon des témoins oculaires et des sources internes au M23.

Un camouflet pour les Accords de Washington et une diplomatie en porte-à-faux

Par Marius Bopenga
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Kasaï-Central : Un incendie sur le chantier du barrage de Katende, les équipements épargnés

by admin9775 9 décembre 2025
written by admin9775

Un incendie s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi sur le site du chantier stratégique du barrage hydroélectrique de Katende, dans la province du Kasaï-Central. Si les rumeurs ayant rapidement circulé sur les réseaux sociaux évoquaient la destruction de matériaux de construction, des sources fiables sur place et le témoignage d’un travailleur permettent de rétablir les faits : le sinistre a été circonscruit à un bâtiment d’hébergement du personnel, sans faire de victimes ni endommager les infrastructures du barrage.

Un feu d’origine électrique, contenu aux logements

L’incendie a pris vers 20 heures dans la chambre n°4 d’un bâtiment de cinq chambres avec cuisine, réservé aux travailleurs congolais employés par l’entreprise indienne Angélique International Limited. Selon Jean Nyembue, un travailleur présent sur le site, le feu est dû à un court-circuit des câbles électriques dans la chambre vide à ce moment-là.

« Une fois la porte ouverte, la fumée est sortie directement et a entamé d’autres chambres. Avec le plafond ainsi que les lits et moustiquaires… voilà ce qui a fait que le feu soit ardent », a-t-il expliqué. Le sinistre a entièrement détruit les effets personnels des occupants (vêtements, argent, documents), mais n’a provoqué aucune perte humaine.

Le chantier principal et son calendrier préservés

Les sources locales et le témoignage concordent pour affirmer que ni les matériaux de construction ni les équipements du barrage n’ont été touchés. Cette distinction est cruciale pour la poursuite des travaux de ce projet d’envergure.

En effet, après huit années d’interruption, les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Katende ont repris en août 2025. Située à environ 90 km de Kananga, cette infrastructure, entièrement financée par le gouvernement congolais, est menée par Angélique International Limited en partenariat avec le bureau conseil Eco Énergie. D’une capacité prévue de 64 mégawatts, elle doit contribuer significativement à l’approvisionnement énergétique de la région une fois opérationnelle, ce qui est attendu dans un délai de 24 mois.

Un incident qui rappelle les défis logistiques

Cet incendie, bien que limité dans ses conséquences matérielles directes sur le projet, met en lumière les conditions de vie et de sécurité parfois précaires sur les grands chantiers éloignés des centres urbains. Il souligne également la rapidité avec laquelle des informations alarmistes, comme une prétendue destruction de matériaux, peuvent se propager en l’absence de communication officielle rapide.

L’incident ne devrait pas, selon les informations disponibles, affecter le calendrier de réalisation de ce barrage, dont la finalisation est attendue avec impatience pour pallier le déficit énergétique chronique du Kasaï-Central.

Par Marius Bopenga
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À la UneMonde

L’UE durcit son pacte asile et migration, sous pression de la droite et de l’extrême droite

by admin9775 9 décembre 2025
written by admin9775

Les pays de l’Union européenne (UE) ont validé, lundi 8 décembre, un net durcissement de la politique migratoire du continent, ouvrant notamment la voie à l’envoi de migrants dans des centres situés hors de ses frontières. Ce tour de vis est défendu par l’immense majorité des 27 États membres, sous pression de la droite et de l’extrême droite. Ces mesures doivent également être approuvées par le Parlement européen.

Réunis à Bruxelles, les ministres de l’Intérieur des 27 ont adopté, lundi 8 décembre, des textes qui réforment le pacte asile et migration de l’Union européenne (UE) dans le sens d’un net durcissement. Ce dernier sera particulièrement sensible sur l’accélération du « retour » des migrants irréguliers, c’est-à-dire le départ de l’UE de ceux qui n’ont pas obtenu de titre de séjour. Selon le Danemark, actuel président du conseil de l’UE, seul un quart des migrants en situation irrégulière quitte effectivement le territoire des 27. 

Les textes doivent encore être adoptés par le Parlement européen, ce qui pourrait se faire pour une entrée en vigueur en 2026. La directive retour, c’est-à-dire la façon dont l’UE traite ceux qu’elle décide de ne pas accepter sur son territoire, est réformée sur trois aspects principaux. Premier point : le renforcement de sanctions, avec un allongement des placements en centre de détention pour ceux qui refusent de quitter l’Union européenne.

Le deuxième point concerne la politique dite des « pays sûrs ». L’Union européenne établit une liste des pays tiers où elle juge les conditions de sécurité ou le respect des droits humains et de l’État de droit satisfaisants. Elle s’autorise ensuite à y renvoyer les migrants, même s’ils n’en sont pas originaires.

Un volet « solidarité » sur la répartition des migrants

Le dernier point est le plus compliqué : c’est celui des « plateformes de retour ». À l’instar du centre ouvert par l’Italie en Albanie, les pays de l’UE seront autorisés à passer des accords avec des pays tiers pour y installer des plateformes de retour, c’est-à-dire des centres vers lesquels seraient renvoyés les migrants dont la demande d’asile a été refusée.

Il y a aussi, dans les décisions de ce 8 décembre, un volet « solidarité » sur la répartition des migrants dans l’ensemble des pays de l’UE, afin d’alléger la pression sur les pays par lesquels ils sont entrés en Europe. Pour 2026, l’Italie, la Grèce, l’Espagne et Chypre en seront les principaux bénéficiaires.

RFI

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À la UnePolitique

Félix Tshisekedi accuse le Rwanda de bafouer l’accord de paix et de bombarder des localités du Kivu

by admin9775 8 décembre 2025
written by admin9775

Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, a accusé ce lundi 8 décembre le Rwanda de bafouer l’accord de paix signé jeudi 4 décembre à Washington sous l’égide des États-Unis. Dans son discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès, Félix Tshisekedi a affirmé que le Rwanda avait, au lendemain de la signature de cet accord, violé délibérément le cessez-le-feu, en bombardant notamment plusieurs villages et localités du Sud-Kivu, dont Kaziba, Katokota et Lubarika.

« Les Forces de défense rwandaises ont conduit des attaques à l’arme lourde depuis la ville rwandaise de Bugarama, provoquant de lourds dégâts matériels et humains », a déploré M. Tshisekedi.

Le Président de la République a rappelé que cet accord avait clairement préconisé :

  • Le retrait immédiat des troupes rwandaises de l’Est de la RDC,
  • Le démantèlement des groupes armés étrangers, y compris les FDLR,
  • La mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité chargé de superviser l’exécution, ainsi qu’un cadre d’intégration économique régional,
  • La cessation des hostilités.

Il a cependant réaffirmé l’engagement de la RDC à respecter l’accord signé tout en restant « vigilante, sans être pacifiste, lucide, mais résolument optimiste ».

Félix Tshisekedi a ajouté que la RDC garde foi en la voie diplomatique, sans renoncer à sa souveraineté, ni à la sécurité de ses citoyens.

« Je reste convaincu que ce tournant diplomatique, certes exigeant et parfois difficile, ouvre la voie à une solution où la paix est à portée de main ».

À propos des minerais de la RDC

Félix Tshisekedi a souligné dans son discours que la prédation sur les minerais stratégiques de la RDC avait été identifiée comme cause majeure de la situation qui prévaut dans l’Est du pays.

« Qu’on ne s’y trompe pas : nous ne sommes ni face à un simple conflit communautaire, ni devant une guerre civile. Nous ne sommes ni face à une rébellion interne de plus. Il s’agit d’une guerre d’agression par procuration visant à contester notre souveraineté sur un espace hautement stratégique, riche en minerais critiques et en potentialités économiques déterminantes pour l’avenir de notre nation », a déclaré le Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

Ce discours du Chef de l’État, face aux deux chambres du Parlement réunies en congrès au Palais du Peuple, s’inscrit dans la Constitution. Il intervient dans un contexte particulier marqué par la signature récente de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, destiné à mettre fin aux conflits armés dans l’Est du pays.

Le chef de l’État congolais a souligné que l’accord de paix avec le Rwanda ne valide pas de prétentions territoriales, ne mène pas au bradage des ressources congolaises, ni n’octroie d’amnistie pour des crimes, insistant sur le fait que la justice continuera à être appliquée.

Cette précision de Félix Tshisekedi répond aux craintes et au scepticisme d’une partie de la population congolaise concernant les implications de cet accord.

« Ces accords ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit, ni le bradage de nos ressources. Ils ne constituent pas non plus une amnistie pour des crimes. La justice se poursuivra », a-t-il indiqué.

Promesse aux personnes déplacées

Par ailleurs, le Président de la République a adressé une promesse aux personnes déplacées par les conflits armés.

Il a exprimé sa compassion et son engagement à rester aux côtés des populations affectées, soulignant que leur souffrance n’est ni étrangère ni indifférente à l’État.

Félix Tshisekedi s’est engagé à soutenir ces personnes contraintes d’abandonner leurs terres et de chercher refuge ailleurs, offrant ainsi un message d’espoir et de solidarité face à ces difficultés.

« À celles et ceux qui portent encore les stigmates de ces drames — blessés, déplacés, populations contraintes à la peur et à l’errance — je veux dire : votre souffrance ne nous est ni étrangère ni indifférente. L’État est et restera à vos côtés », a promis le Chef de l’État congolais.

Ces prises de position de Felix Tshisekedi visent à rassurer la population congolaise sur le respect de la souveraineté nationale et sur l’attention particulière portée aux victimes des conflits internes dans le cadre de cet accord de paix.

Radio Okapi

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À la UneProvince

RDC : Reprise des combats au Nord-Kivu et bilan lourd au Sud-Kivu malgré l’accord de paix

by admin9775 8 décembre 2025
written by admin9775

La trêve espérée après la signature des Accords de Washington s’est une nouvelle fois dissipée sous le feu des armes. Ce lundi matin, de violents affrontements ont repris entre les rebelles de l’AFC/M23 et les groupes d’autodéfense Wazalendo dans le Nord-Kivu, tandis qu’un bilan sanglant d’un précédent accrochage était révélé au Sud-Kivu. Ces développements illustrent la difficulté à faire cesser les hostilités sur le terrain.

Nord-Kivu : La bataille pour Kinyumba fait rage

Dans le territoire de Masisi, une offensive des rebelles du M23 a déclenché des combats de haute intensité à Kinyumba, localité située à une dizaine de kilomètres au nord de Nyabiondo. Selon des sources locales, les rebelles tentent de reprendre cette position qu’ils avaient perdue il y a deux semaines au profit des Wazalendo.

Les échanges d’armes lourdes et légères ont été rapportés dès 5 heures du matin, témoignant d’un engagement majeur. La violence des combats a entraîné la coupure de l’axe routier stratégique Nyabiondo-Pinga, isolant davantage les populations et perturbant l’acheminement de l’aide humanitaire. La situation dans la zone reste extrêmement tendue.

Un lourd bilan révélé à Sange

Parallèlement, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, un bilan antérieur fait état d’une tragédie. Des sources locales rapportent qu’au moins 36 morts et 19 blessés ont été enregistrés lors d’affrontements ayant opposé les Forces armées de la RDC (FARDC) aux combattants Wazalendo dans la localité de Sange. Cet incident, dont la date précise n’est pas précisée, souligne la complexité du conflit où des tensions entre forces gouvernementales et groupes alliés peuvent également éclater.

Une lueur d’espoir militaire du côté des FARDC

Malgré ces nouvelles violentes, les FARDC ont annoncé une avancée significative sur un autre front. L’armée affirme avoir repris ce dimanche plusieurs localités sur l’axe Shabunda–Nizibira, notamment Lubimbe, Kishado et Chulwe, qui étaient auparavant sous contrôle du M23.

Selon le sous-lieutenant Méya Gbé Jérémie, porte-parole militaire, ces gains sont le résultat d’une « riposte rigoureuse menée pour défendre le territoire, protéger la population et sécuriser leurs biens ». Cette opération démontre la volonté des FARDC de maintenir une pression offensive sur plusieurs axes simultanément.

L’accord de Washington face à la réalité du terrain

La reprise des combats à Kinyumba, le bilan sanglant de Sange et les opérations militaires en cours confirment que la dynamique de conflit reste profondément ancrée, rendant les récents accords de paix fragiles et théoriques. Ces événements mettent en lumière plusieurs réalités :

  1. La poursuite des objectifs militaires par le M23, qui cherche à reconquérir des positions perdues.
  2. La volatilité des alliances sur le terrain, où des affrontements peuvent survenir entre forces supposées alliées.
  3. La stratégie de pression multidirectionnelle des FARDC, combinant reprises territoriales et affrontements directs.

La communauté internationale, garante des Accords de Washington, est désormais confrontée à un défi de taille : traduire un texte diplomatique en un cessez-le-feu effectif sur un terrain où la logique de la guerre semble toujours prévaloir. La crédibilité du processus de paix se jouera dans les prochains jours à Kinyumba, Sange et Shabunda.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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Le député Carly Nzanzu demande la reconduction des allégements fiscaux au Nord-Kivu et en Ituri

by admin9775 8 décembre 2025
written by admin9775

Dans une lettre adressée à la Première ministre, dont une copie est parvenue ce vendredi 5 décembre à Radio Okapi, le député national et ancien gouverneur du Nord-Kivu, Carly Nzanzu Kasivita, sollicite du gouvernement congolais la prorogation des mesures d’allégements fiscaux dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

L’élu du territoire de Beni demande la reconduction du décret portant sur les mesures d’allégements fiscaux, douaniers et des recettes non fiscales en faveur des opérateurs économiques œuvrant dans ces provinces placées sous état de siège.

Il plaide également pour le renouvellement du décret suspendant la perception de la TVA à l’importation et à la vente de certains biens dans les secteurs de la cimenterie et de l’immobilier, afin de soulager les populations du Nord-Kivu et de l’Ituri, victimes de l’activisme des groupes armés.

« La guerre, qu’il s’agisse de l’agression rwandaise ou de l’insécurité causée par les groupes armés locaux et étrangers, notamment les ADF, a un impact très négatif sur les affaires, les investissements et les conditions de vie des populations », a expliqué Carly Nzanzu à Radio Okapi.

Le député rappelle que le gouvernement avait déjà été sollicité à plusieurs reprises pour accorder des allégements fiscaux à la population. Il avait répondu favorablement en signant le décret n°24/17 du 21 novembre 2024, qui accordait des allégements fiscaux et douaniers sur certains produits.

« Nous demandons la reconduction de ce décret, car la situation demeure inchangée. Si vous regardez, par exemple, le secteur des carburants au Nord-Kivu, la taxe sur les carburants est passée de 1 000 $ à 3 000 $, contrairement aux dispositions du décret du Premier ministre. En Ituri, la parafiscalité sur les carburants est passée de 1 000 $ à 1 500 $ », a poursuivi Carly Nzanzu.

Radio okapi

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