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À la Une

À la UneSociété

Avancement des sous-officiers de la PNC : une réforme saluée, mais des interrogations persistent sur son impact réel sur la sécurité

by admin9775 19 mai 2026
written by admin9775

Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a signé la régularisation de l’avancement en grade des sous-officiers de la Police nationale congolaise (PNC), mettant ainsi fin à un blocage administratif qui durait depuis 2013. Une décision largement saluée au sein de la police, où elle est perçue comme une mesure de justice interne et de motivation du personnel.

Le commissaire général adjoint chargé de l’appui et de la gestion de la PNC, Jean Bosco Galenga Makongo, a estimé que cette décision corrige une injustice qui affectait depuis plus d’une décennie les sous-officiers de la police congolaise.

Selon lui, alors que les officiers avaient bénéficié de plusieurs promotions au fil des années, les sous-officiers étaient restés figés au même grade depuis près de treize ans.

« Il s’agissait de corriger une injustice. Les officiers ont été promus deux ou trois fois alors que les sous-officiers sont restés en statu quo pendant près de 13 ans », a-t-il expliqué.

Près de 84 000 à 85 000 agents seraient concernés par cette mesure, dont environ 74 000 policiers actuellement en activité.

Une réforme administrative présentée comme un levier de professionnalisation

Les autorités policières considèrent cette régularisation comme une étape importante vers la professionnalisation de la Police nationale congolaise.

Jean Bosco Galenga Makongo rappelle notamment que la police dispose aujourd’hui d’outils de formation destinés à structurer davantage les carrières, notamment une école de formation des sous-officiers à Kalemie ainsi qu’une académie de police opérationnelle.

Les futures promotions devront désormais être accompagnées d’un parcours de formation, une orientation qui vise à renforcer la qualité du personnel et à moderniser progressivement l’institution.

Au sein de la PNC, plusieurs responsables estiment également que le gel prolongé des grades avait affecté le moral des agents et, par conséquent, leur rendement opérationnel.

Une partie de l’opinion publique attend davantage qu’une réforme administrative

Cependant, au-delà des avancées internes au sein de la police, plusieurs voix s’interrogent sur l’impact concret de cette mesure sur la sécurité quotidienne des Congolais.

Dans une partie de l’opinion publique, certains estiment que la régularisation des grades, bien qu’importante pour le fonctionnement administratif de la police, ne répond pas aux défis sécuritaires majeurs auxquels font face les grandes villes du pays.

Des critiques visent également la gouvernance sécuritaire actuelle. Certains observateurs jugent que le vice-Premier ministre de l’Intérieur apparaît davantage comme un gestionnaire administratif qu’un acteur fortement connecté aux réalités opérationnelles du terrain.

Ces critiques estiment que les mécanismes actuels reposent encore largement sur des rapports administratifs transmis par la hiérarchie policière, sans toujours intégrer des solutions innovantes face à la criminalité urbaine croissante.

Les nouvelles technologies au cœur des attentes

Plusieurs propositions reviennent régulièrement dans les débats autour de la modernisation sécuritaire en RDC.

Parmi elles figurent :

  • le déploiement de caméras de surveillance dans les grands carrefours et zones criminogènes ;
  • le recours accru aux drones pour les missions de surveillance et d’intervention rapide ;
  • la modernisation des moyens de mobilité des forces de sécurité ;
  • l’utilisation de motos électriques pour réduire les contraintes liées au carburant et améliorer la présence policière dans les centres urbains ;
  • le développement d’outils numériques de cartographie criminelle et d’alerte rapide.

Pour certains analystes, la sécurité urbaine moderne ne peut plus reposer uniquement sur les effectifs ou la hiérarchie administrative, mais doit aussi s’appuyer sur les innovations technologiques et la capacité d’anticipation.

Entre réforme interne et attentes sécuritaires

La régularisation des grades constitue indéniablement une mesure importante pour des milliers de policiers concernés après plus d’une décennie d’attente.

Mais pour une partie de l’opinion, l’enjeu principal demeure ailleurs : améliorer concrètement la sécurité des populations dans un contexte marqué par la montée de la criminalité urbaine, des violences armées et de l’insécurité persistante dans plusieurs villes de la République démocratique du Congo.

Le défi pour les autorités sécuritaires ne sera donc pas seulement de réorganiser les carrières internes, mais aussi de convaincre que ces réformes administratives peuvent se traduire par une amélioration tangible du quotidien des citoyens.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Affaire Frivao : absent à l’audience, Constant Mutamba au centre d’un échange tendu devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe

by admin9775 19 mai 2026
written by admin9775

Le procès lié au dossier du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en République démocratique du Congo (Frivao) s’est poursuivi ce mardi 19 mai devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, en l’absence de l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, pourtant attendu comme renseignant dans cette affaire.

Selon les éléments présentés à l’audience, un document médical transmis par son médecin indique que l’ancien membre du gouvernement ne serait pas en état de comparaître pour des raisons de santé.

Une justification immédiatement remise en cause par le ministère public. À la barre, le procureur a contesté la validité du document produit, estimant qu’il ne remplissait pas les critères requis.

« Même un étudiant de première année de graduat sait qu’une attestation médicale doit être signée par trois médecins », a déclaré le représentant du ministère public au cours de l’audience.

Dans la suite des débats, le parquet a également procédé à la lecture d’une correspondance attribuée à Constant Mutamba, adressée à l’officier chargé de lui notifier sa citation à comparaître.

Le contenu lu devant la Cour fait état de propos jugés virulents à l’endroit du colonel mandaté pour cette mission.

Selon cette lecture, l’ancien ministre aurait notamment déclaré :

« Colonel, tu commences à me suivre jusqu’aux toilettes (…) J’ai combattu Corneille Nangaa, j’ai combattu Joseph Kabila. Je suis un ancien ministre de ce pays, je connais beaucoup de secrets (…) Ils m’ont déjà condamné, qu’ils fassent ce qu’ils veulent. »

Le ministère public a dénoncé ce qu’il considère comme une attitude inappropriée et a annoncé vouloir procéder à une analyse approfondie des éléments médicaux transmis avant d’envisager d’éventuelles réquisitions.

Constant Mutamba intervient dans ce dossier en qualité de renseignant dans une affaire portant sur des soupçons présumés de détournement de fonds publics liés au Frivao.

Les audiences devraient se poursuivre dans les prochains jours devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, alors que ce dossier continue de retenir l’attention de l’opinion publique congolaise.

Par Pascal Kabeya
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À la Une

Donald Trump dit avoir renoncé à une attaque planifiée mardi contre l’Iran

by admin9775 19 mai 2026
written by admin9775

Le président américain Donald Trump a annoncé lundi 18 mai avoir renoncé à une attaque contre l’Iran prévue mardi 19 mai, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe. Le milliardaire américain a également fait état de « négociations sérieuses » avec Téhéran.

Dans un message sur sa plateforme Truth Social, le président américain a toutefois affirmé que les États-Unis se tiennent prêts à lancer une « attaque totale et à grande échelle contre l’Iran à tout moment, si un accord acceptable n’était pas trouvé » avec Téhéran.

Il précise que la demande de suspendre l’opération militaire, dont il n’avait pas parlé jusqu’à présent, vient des dirigeants du Qatar, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Selon lui, ces derniers jugent qu’un accord est possible avec Téhéran.

« L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane Al Saoud, et le président des Émirats arabes unis, Mohamed ben Zayed Al Nahyan, m’ont demandé de reporter notre attaque militaire prévue demain contre la République islamique d’Iran. Ils m’ont expliqué que des négociations sérieuses sont en cours et que, selon eux, en tant que grands dirigeants et alliés, un accord sera conclu, accord qui sera très acceptable pour les États-Unis d’Amérique, ainsi que pour tous les pays du Moyen-Orient et au-delà », écrit le président américain sur son réseau social.  

Pour Washington, l’accord en question doit assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire, écrit Donald Trump, qui ne donne toutefois aucune autre précision.

« Cet accord inclura, et c’est essentiel, l’exclusion de l’Iran de l’arme nucléaire. Par respect pour les dirigeants susmentionnés, j’ai donné instruction au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, au chef d’état-major des armées, le général Daniel Caine, et aux forces armées des États-Unis de ne pas procéder à l’attaque prévue contre l’Iran demain. Je leur ai également demandé de se tenir prêts à lancer une offensive d’envergure contre l’Iran, à tout moment, si aucun accord acceptable n’est trouvé », conclut Donald Trump.

Un peu plus tard ce lundi devant la presse à la Maison Blanche, le président Trump a évoqué une évolution « très positive » des discussions. Il a affirmé que des alliés au Moyen-Orient lui ont dit « se rapprocher grandement de trouver un accord » qui empêcherait l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire. « C’est une évolution très positive des discussions, mais on va voir si ça tient la route ou pas », a déclaré Donald Trump.

L’Iran « pleinement prêt à toute éventualité »

Avant même le message de Donald Trump, l’Iran s’était dit « pleinement prêt à toute éventualité », au lendemain de nouvelles menaces du président américain. « Pour l’Iran, le temps presse, et (les Iraniens) feraient mieux d’agir rapidement, sinon il ne restera plus rien d’eux », avait menacé le milliardaire républicain dimanche, toujours sur Truth Social.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré lundi qu’une réponse avait été fournie à la nouvelle proposition des États-Unis, mais sans en préciser les détails. « Nos préoccupations ont été transmises à la partie américaine », a déclaré le porte-parole du ministère Esmaïl Baghaï lors d’un point presse, ajoutant que les échanges se poursuivaient avec Washington « via le médiateur pakistanais ».

L’Iran «ne renoncera en aucun cas aux droits légitimes du peuple et du pays» 

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord, mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire. Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

L’Iran a réitéré lundi ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l’étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

« Dialoguer ne signifie pas capituler, a souligné le président iranien Massoud Pezeshkian dans un message posté sur les réseaux sociaux. La République islamique d’Iran s’engage dans le dialogue avec dignité, autorité et dans le respect des droits de la nation, et ne renoncera en aucun cas aux droits légitimes du peuple et du pays. »

Esmaïl Baghaï a également insisté sur le versement de réparations pour la guerre, jugée « illégale et sans fondement ».

Selon l’agence iranienne Fars, Washington exige que l’Iran ne maintienne qu’un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d’uranium hautement enrichi aux États-Unis. Washington a également refusé de débloquer « ne serait-ce que 25 % » des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l’Iran pendant la guerre, selon la même source.

Augmentation légère du trafic dans le détroit d’Ormuz

Mais lundi, l’agence de presse iranienne Tasnim, citant une source anonyme proche de l’équipe iranienne de négociation, a déclaré que « contrairement aux textes précédents, les Américains avaient accepté dans un nouveau texte de suspendre temporairement les sanctions pétrolières pendant la période des discussions ».

Les États-Unis n’ont pas commenté ces déclarations.

Téhéran continue de contrôler le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures, tandis que l’armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens. La quasi-paralysie du détroit a secoué l’économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole.

Le trafic y a cependant augmenté la semaine dernière, revenant à des niveaux conformes à la moyenne enregistrée depuis le début du conflit. Au total, 55 navires transportant des cargaisons de matières premières ont franchi cette voie maritime entre le 11 et le 17 mai, selon les données de la société de suivi maritime Kpler arrêtées à lundi matin, une forte hausse par rapport aux seulement 19 de la semaine précédente.

L’Iran a formalisé lundi 18 mai la création d’un nouvel organisme, l’Autorité du détroit du Golfe Persique, pour la gestion de ce passage.

Plusieurs pays occidentaux ainsi que l’UE s’opposent à un contrôle du détroit par l’Iran, défendant la liberté de navigation.

Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs menacé lundi de faire payer l’utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit, remarquant que toute perturbation sur ces équipements ferait perdre jusqu’à des « centaines de millions de dollars par jour » à l’économie mondiale.

RFI

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À la UneSport

Mondial 2026 : Sébastien Desabre mise sur la continuité, mais sa liste divise déjà l’opinion congolaise

by admin9775 19 mai 2026
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Le sélectionneur des Léopards de la RDC, Sébastien Desabre, a dévoilé une liste de 26 joueurs retenus pour la Coupe du Monde 2026, avec un choix assumé de stabilité et de continuité après quatre années passées à la tête de la sélection congolaise.

Dans une vidéo de présentation, le technicien français a expliqué avoir privilégié des « choix rationnels » fondés sur le travail entamé depuis son arrivée en 2022.

« La Coupe du Monde, ce n’est pas le moment pour faire des tests. Il faut consolider ce qu’on a fait de bien », a déclaré Sébastien Desabre.

Le sélectionneur estime que les automatismes construits depuis plusieurs années constituent aujourd’hui la principale force des Léopards.

« Il y a beaucoup de choses qui ont été construites au niveau tactique, au niveau des habitudes de travail », a-t-il ajouté.

Depuis sa nomination, Desabre affirme avoir utilisé 55 joueurs différents afin d’élargir la base de la sélection. Mais à quelques semaines du Mondial, il considère que la priorité doit être donnée à la stabilité du groupe.

« Le choix n’a pas été simple, mais il s’inscrit dans une certaine forme de continuité sur ce projet-là », a-t-il insisté.

Une liste qui suscite déjà des critiques

Malgré cette volonté de continuité, la publication de cette liste provoque déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion sportive congolaise.

Plusieurs observateurs et supporters affichent notamment leurs inquiétudes concernant le secteur offensif des Léopards, jugé peu efficace ces derniers mois malgré la qualification historique de la RDC pour la Coupe du Monde après 52 ans d’absence.

Beaucoup rappellent que lors du barrage contre la Jamaïque, le seul but congolais avait été inscrit par le défenseur Axel Tuanzebe. Face au Cameroun également, c’est un autre défenseur, Chancel Mbemba, qui avait trouvé le chemin des filets.

Cette situation alimente les doutes autour de l’efficacité offensive des Léopards à quelques semaines du tournoi mondial.

Le cas de Fiston Mayele inquiète également certains supporters, l’attaquant semblant moins performant ces derniers mois en sélection. D’autres s’interrogent sur le faible temps de jeu accordé à Simon Banza sous l’ère Desabre.

Quant à Cédric Bakambu, considéré comme l’un des leaders offensifs du groupe, plusieurs analystes estiment que son manque de temps de jeu en club pourrait peser sur son rendement pendant la compétition.

Des absences qui alimentent le débat

Plusieurs noms absents de la liste reviennent avec insistance dans les discussions des supporters congolais.

De nombreux observateurs auraient souhaité voir convoqués Silas Katompa Mvumpa ainsi que Afimico Pululu afin d’apporter davantage de percussion et d’efficacité offensive.

Au milieu de terrain, la présence de Gaël Kakuta divise également l’opinion. Certains estiment que son expérience reste précieuse, tandis que d’autres jugent que son âge et sa condition physique interrogent à ce niveau de compétition.

Plusieurs supporters auraient préféré voir intégrer le jeune talent parisien Senny Mayulu, considéré comme l’un des espoirs les plus prometteurs de sa génération.

Le cas de Arthur Masuaku fait aussi débat. Certains observateurs pointent son faible temps de jeu en club et estiment que d’autres profils binationaux auraient pu être testés avant le Mondial.

Parmi les noms régulièrement cités figurent également Afimico Pululu ou encore Stephy Mavididi, très attendus par une partie du public congolais.

Objectif : franchir le premier tour

Malgré ces critiques, Sébastien Desabre affiche clairement ses ambitions pour cette Coupe du Monde 2026.

« Le premier objectif, bien sûr, c’est de sortir de cette phase de groupe », a déclaré le sélectionneur.

Les Léopards évolueront dans un groupe relevé avec le Portugal, la Colombie et l’Ouzbékistan.

Avant son départ pour le Mondial, la sélection congolaise organisera une séance d’entraînement ouverte au public le 26 mai à Kinshasa, un rendez-vous très attendu par les supporters des Léopards.

Par Marius Bopenga
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À la UneTribunes

Tribune de Maman Ndombe : « Le 16 mai 1997, nous avons compris que le régime Mobutu était déjà tombé »

by admin9775 18 mai 2026
written by admin9775

l y a des journées qui résument à elles seules l’effondrement d’un système. Le 16 mai 1997 fut de celles-là. Ce jour-là, au dernier Conseil des ministres du gouvernement dirigé par le général Norbert Likulia Bolongo, tout indiquait déjà que le régime du maréchal Mobutu Sese Seko vivait ses dernières heures.

L’atmosphère dans la salle de réunion était lourde, tendue, presque irréelle. Les ministres, nerveux et agités, réclamaient leurs émoluments qu’ils n’avaient jamais perçus depuis leur entrée en fonction. L’État était à bout de souffle. Les institutions fonctionnaient encore en apparence, mais l’autorité et les moyens avaient déjà disparu.

Ce matin-là, le Premier ministre me demanda, en ma qualité de ministre de l’Économie, de me rendre à la Banque du Zaïre afin de retirer des fonds pour payer les membres du gouvernement et leurs cabinets. Pourtant, cette mission ne relevait nullement de mes attributions. Avant même mon départ, le ministre des Finances, Kasereka Kasai, déjà en contact avec le gouverneur de la Banque du Zaïre, me glissa discrètement à l’oreille : « Mama Ndombe, il n’y a plus rien à la banque. Les caisses sont vides. »

J’appelai malgré tout le gouverneur Jean-Claude Masangu Mulongo Ndjamboleka pour lui transmettre les instructions du Premier ministre. Sa réponse résonne encore dans ma mémoire. Il se contenta de rire avant de déclarer : « Mais maman Ndombe, ici il n’y a plus rien. »

À cet instant, le Zaïre n’était déjà plus qu’un État sans ressources, suspendu au-dessus du vide.

Lorsque je regagnai la salle du Conseil, une autre scène marquante se déroulait sous nos yeux. Le général Donat Mahele Lieko Bokungu tonnait contre le Premier ministre. Sa colère était celle d’un militaire abandonné par le pouvoir politique. Il reprochait au gouvernement de n’avoir jamais débloqué les moyens nécessaires pour soutenir les soldats engagés au front.

« Pourquoi un militaire irait exposer sa vie pour 100 dollars ? », lança-t-il avec amertume. « Croyez-vous qu’on peut gagner une guerre sans moyens ? Si vous ne voulez pas de cette guerre, dites-le-moi. »

Le Premier ministre tenta à plusieurs reprises de calmer le général, mais ce dernier poursuivit, visiblement bouleversé. Il évoqua une scène vécue la veille au camp Tshatshi, où il avait conseillé au président Mobutu de quitter Kinshasa, estimant ne plus être capable d’assurer sa sécurité. Selon ses propres mots, il avait même cru ne pas sortir vivant de cette confrontation avec l’entourage présidentiel.

Pendant ce temps, les ministres continuaient de réclamer leur argent, ignorant encore que les caisses de l’État étaient totalement vides. Le Premier ministre leur répétait simplement : « Maman Ndombe va vous servir. » Je lui fis alors parvenir une note écrite confirmant les propos du gouverneur Ndjamboleka : il n’y avait plus aucun fonds disponibles à la Banque du Zaïre. Mais cette vérité ne fut jamais communiquée officiellement aux membres du gouvernement.

Peu avant la fin de la réunion, le général Mahele, assis à mes côtés, me souffla discrètement en lingala : « Petite sœur, hier au camp Tshatshi c’était grave. La famille du président m’a insulté. Je ne pensais pas sortir vivant de là-bas. »

Ce furent les derniers mots que j’entendis de lui. Quelques heures plus tard, le général Mahele tombait sous les balles, emportant avec lui l’image d’un officier qui, jusqu’au bout, avait tenté d’éviter le chaos.

Dans l’après-midi, le Premier ministre me demanda de le rejoindre à sa résidence officielle, où se trouvait également le ministre des Finances. Nous avons dîné dans une atmosphère presque déconnectée de la réalité, alors que Kinshasa sombrait progressivement dans l’effervescence et la peur. Vers 16 heures, mon directeur de cabinet adjoint m’appela en urgence pour me demander de rentrer immédiatement chez moi : les forces de l’AFDL approchaient déjà de la capitale.

Je quittai la résidence sans revoir le Premier ministre, persuadée qu’il réglerait enfin la question des émoluments puisque le ministre des Finances était présent. Plus tard dans la soirée, j’appris qu’il avait lui aussi quitté les lieux sans revoir le chef du gouvernement.

Pendant ce temps, plusieurs ministres continuaient à m’appeler pour savoir si l’argent avait finalement été retiré de la banque.

La suite appartient à l’histoire.

Le lendemain, le régime s’effondrait. Le maréchal Mobutu quittait le pouvoir après plus de trois décennies de règne. Et dans le souvenir de cette journée du 16 mai 1997 demeure l’image saisissante d’un État vidé de ses ressources, d’un pouvoir incapable de répondre aux attentes les plus élémentaires de ses propres institutions, et d’une fin de règne qui se jouait déjà dans le silence des caisses vides.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSport

Mondial 2026 : Sébastien Desabre dévoile la liste des 26 Léopards pour le grand retour de la RDC

by admin9775 18 mai 2026
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Le sélectionneur des Léopards de la République démocratique du Congo, Sébastien Desabre, a rendu publique ce lundi 18 mai la liste des 26 joueurs convoqués pour disputer la Coupe du monde 2026, une compétition que la RDC retrouvera après 52 années d’absence.

Dernièrement qualifiée pour le tournoi mondial aux côtés de l’Irak, la sélection congolaise abordera cette échéance avec un groupe largement bâti autour de l’ossature qui avait atteint les huitièmes de finale de la CAN 2025.

Parmi les principaux retours figure Gédéon Kalulu, absent lors des dernières rencontres amicales disputées au mois de mars. Gaël Kakuta effectue également son retour dans le groupe, tout comme Michel-Ange Balikwisha.

Le technicien français a par ailleurs maintenu sa confiance envers plusieurs cadres de l’équipe nationale, notamment Chancel Mbemba, Axel Tuanzebe, Aaron Wan-Bissaka ainsi que Cédric Bakambu, appelé parmi les neuf attaquants retenus pour cette campagne mondiale.

Dans le cadre de leur préparation, les Léopards disputeront deux rencontres amicales internationales. La RDC affrontera d’abord le Danemark le 3 juin à Liège, avant de croiser le Chili le 9 juin à Marbella.

Logée dans le groupe K, la sélection congolaise sera opposée au Portugal, à la Colombie et à l’Ouzbékistan lors de la phase de groupes. Les rencontres des Léopards sont programmées les 17, 24 et 28 juin.

Une conférence de presse de Sébastien Desabre est prévue le 25 mai au siège de la Fédération Congolaise de Football Association afin de revenir sur les choix opérés et les ambitions de la RDC pour cette Coupe du monde 2026.

Gardiens: 

Lionel Mpasi, Le Havre 

Timothy Fayulu, FC Noah

Matthieu Epolo, Standard de Liège

Défenseurs:

Chancel Mbemba, Lille

Aaron Wan-Bissaka, West Ham

Axel Tuanzebe, Burnley 

Arthur Masuaku, Lens

Joris Kayembe, Genk

Steve Kapuadi, Widzew Łódź

Rocky Bushri, Hibernian

Dylan Batubinsika, Larissa

Gedeon Kalulu, Aris Limassol

Milieux:

Noah Sadiki, Sunderland

Samuel Moutoussamy, Atromitos

Edo Kayembe, Watford

Ngal’ayel Mukau, Lille

Charles Pickel, Espanyol

Attaquants:

Nathanael Mbuku, Augbsourg

Brian Sipanga, Castellon

Gael Kakuta, Larissa

Meschack  Elia, Alanyaspor

Théo Bongonda, Spartak Moscou

Fiston Mayele, Pyramids

Cédric Bakambu, Betis Seville

Simon Banza, Al Jazira Club

Yoane Wissa, Newcastle

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Henri Sassou Nguesso enterré dans la discrétion : le fils aîné du président absent du récit du pouvoir

by admin9775 18 mai 2026
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Henri Sassou Nguesso semblait déjà avoir disparu du paysage politique et familial avant même sa mort. Fils aîné du président Denis Sassou Nguesso, colonel de l’armée et père de huit enfants, il portait pourtant l’un des noms les plus puissants du République du Congo. Mais depuis plusieurs années, différentes sources décrivaient un homme progressivement tenu à distance du premier cercle du pouvoir présidentiel.

Ni opposant officiel ni figure dissidente, Henri Sassou Nguesso aurait surtout souffert d’un éloignement croissant avec les mécanismes internes du système familial et politique construit autour du clan présidentiel, où la fidélité absolue demeure essentielle.

Le 11 avril 2026, il s’effondre dans un bus à Brazzaville, selon plusieurs témoignages relayés localement, avant d’être transporté à l’Hôpital militaire Pierre Mobengo. Aucune communication officielle n’est alors faite autour de son état de santé. Pas d’évacuation médicale spectaculaire ni de mobilisation visible des autorités autour du fils aîné du chef de l’État.

Henri Sassou Nguesso décède à l’âge de 61 ans dans une discrétion inhabituelle pour un membre de la famille présidentielle congolaise. Aucun communiqué officiel de la présidence n’annonce publiquement sa disparition. Jusqu’à présent, aucune apparition publique ni déclaration crédible n’a permis de confirmer une présence de Denis Sassou Nguesso auprès de son fils durant ses derniers moments.

Après son décès, le silence se prolonge autour de ses obsèques. Pendant plus d’un mois, son corps reste conservé à la morgue alors que des divergences apparaissent entre différentes branches de la famille concernant l’organisation des funérailles.

D’un côté, la famille maternelle, menée notamment par Germela, fille aînée du défunt. De l’autre, des membres du clan présidentiel favorables à une inhumation à Édou, village ancestral de la famille Sassou Nguesso. Selon plusieurs sources, les discussions ont été compliquées par des tensions familiales ainsi que par certaines exigences coutumières mbochi liées à la gestion des différends internes.

Le 16 mai 2026, Germela finit par organiser l’inhumation du corps au cimetière privé Bouka, à Brazzaville, entourée de proches maternels et de quelques membres de la famille. Aucun haut responsable du clan présidentiel n’apparaît publiquement lors de la cérémonie. Plusieurs figures de la famille Nguesso se trouvaient alors à Édou.

L’enterrement du fils aîné d’un président en exercice s’est ainsi déroulé sans hommage officiel, sans cérémonie d’État et loin des démonstrations habituelles du pouvoir.

Au Congo-Brazzaville, cette séquence suscite de nombreuses interrogations. Entre la mort survenue dans un bus, le long maintien du corps à la morgue et des funérailles organisées sans présence publique du père, une partie de l’opinion y voit le signe d’une fracture profonde au sein du clan présidentiel.

Pour beaucoup, Henri Sassou Nguesso avait déjà disparu des équilibres du pouvoir bien avant sa disparition physique.

Par Marius Bopenga
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À la UneSport

MMA : Francis Ngannou domine pour son grand retour, Salahdine Parnasse réussit ses débuts américains

by admin9775 18 mai 2026
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Le Camerounais Francis Ngannou et le Français Salahdine Parnasse ont marqué les esprits samedi 16 mai à l’Intuit Dome d’Inglewood, en Californie, en s’imposant avec autorité lors d’une soirée organisée dans la salle des Los Angeles Clippers, au sud de Los Angeles.

Ngannou signe un retour puissant en MMA

Très attendu après plusieurs mois d’absence dans l’octogone, Francis Ngannou a livré une prestation convaincante face au Brésilien Philipe Lins, ancien pensionnaire du PFL, du Bellator et de l’UFC.

L’ex-champion des poids lourds de l’Ultimate Fighting Championship a rapidement imposé sa puissance en striking avant de faire parler son agressivité au sol. Après plusieurs coups de coude, le Camerounais a envoyé son adversaire au tapis grâce à un crochet du gauche dévastateur avant la fin du premier round.

À 39 ans, Ngannou effectuait son retour en MMA après sa victoire expéditive contre Renan Ferreira en octobre 2024 lors de son unique apparition au sein de la Professional Fighters League. Entre-temps, il s’était essayé à la boxe anglaise face à Tyson Fury et Anthony Joshua.

Désormais libre de tout contrat, le “Predator” nourrit toujours l’ambition d’affronter la légende américaine Jon Jones, présent samedi en tant que consultant. Ngannou n’a d’ailleurs pas hésité à le provoquer publiquement après sa victoire.

Salahdine Parnasse impressionne pour sa première aux États-Unis

Quelques minutes auparavant, Salahdine Parnasse avait lui aussi brillé pour ses débuts américains. Ancien champion de l’organisation polonaise Konfrontacja Sztuk Walki, le Français a largement dominé l’Américain Kenneth Cross dans un combat de poids légers conclu par un K.-O. technique avant la fin du premier round.

Après avoir contenu les tentatives de lutte de son adversaire, Parnasse a pris le contrôle au sol avant de faire parler la vitesse et la précision de sa boxe debout. Une série de coups au corps suivie d’un uppercut du droit a poussé l’arbitre à interrompre le combat.

« Je suis très satisfait, ce sont des années de travail qui paient », a déclaré le combattant français de 28 ans après sa victoire. « Je suis complet, je peux m’adapter partout », a-t-il ajouté.

Fort de cette prestation réussie pour son entrée sur la scène américaine, Salahdine Parnasse a affirmé être prêt à affronter « n’importe qui » pour la suite de sa carrière.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSport

Aliko Dangote révèle pourquoi il n’a pas réussi à acheter le club de football d’Arsenal

by admin9775 18 mai 2026
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Le milliardaire nigérian Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a révélé pourquoi il a abandonné son rêve de longue date d’acheter le club de football d’Arsenal, expliquant qu’il avait choisi de consacrer ses ressources à l’achèvement du projet de raffinerie Dangote, d’un montant de 20 milliards de dollars.

L’industriel milliardaire a fait cette révélation lors d’une récente interview en podcast avec Nicolai Tangen, PDG de Norges Bank Investment Management.

Dangote a déclaré qu’Arsenal était évalué à environ 2 milliards de dollars au moment où il envisageait sérieusement un rachat , mais qu’il avait finalement conclu qu’investir dans son projet de raffinerie était la décision la plus judicieuse.

« Je suis un grand fan d’Arsenal, oui, j’ai failli acheter le club », a déclaré Dangote.

« Lorsque je me concentrais sur le rachat d’Arsenal, je veillais également à ce que la raffinerie soit achevée. À l’époque, Arsenal valait environ 2 milliards de dollars, alors je me suis demandé : devais-je investir mes 2 millions de dollars dans Arsenal et laisser l’entreprise péricliter, ou poursuivre les travaux et rester un fervent supporter du club ? »

Dangote a déclaré avoir finalement décidé de rester supporter plutôt que de tenter de prendre le contrôle du club, soulignant que la valorisation actuelle d’Arsenal FC rendait un rachat encore plus irréaliste.

« Aujourd’hui, elles valent des milliards, et ça ne vaut vraiment pas la peine que je m’y intéresse », a-t-il déclaré.

« À chaque fois qu’ils jouent, je porte toujours le t-shirt », a-t-il déclaré.

Dans son message aux jeunes Africains, Dangote a insisté sur l’importance du travail acharné et de la fierté continentale.

« Mon conseil aux jeunes Africains est de travailler dur et de croire que l’avenir est meilleur que la situation actuelle. L’Afrique est une terre d’avenir, et ils devraient y rester », a-t-il déclaré.

Le nom de Dangote est évoqué publiquement depuis plus de 15 ans comme potentiel prétendant au rachat d’Arsenal.

senewed

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À la UneProvince

Ebola en RDC : Jean-Jacques Muyembe dénonce les failles de surveillance mais appelle au calme

by admin9775 18 mai 2026
written by admin9775

Le professeur Jean-Jacques Muyembe, figure mondiale de la virologie et co-découvreur du virus Ebola en 1976 à Yambuku, a exprimé sa colère face au retard dans la détection de la nouvelle épidémie de maladie à virus Ebola qui frappe actuellement la République démocratique du Congo.

Dans une interview accordée ce dimanche 17 mai, alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) venait de classer l’épidémie d’Ebola Bundibugyo comme urgence de santé publique de portée internationale, le scientifique congolais a néanmoins appelé la population au calme, affirmant sa confiance dans la capacité du pays à contenir cette 17ᵉ flambée épidémique.

Selon les chiffres communiqués par les autorités sanitaires, 246 cas suspects et 80 décès ont déjà été enregistrés. Pour Jean-Jacques Muyembe, ces données traduisent une situation préoccupante.

« En quelques semaines, nous avons déjà autant de décès. Cela veut dire que le virus circule dans la population », a-t-il averti.

Un retard de détection vivement critiqué

Le professeur Muyembe a dénoncé les défaillances du système de surveillance sanitaire, après la révélation d’un premier cas dont les symptômes remonteraient au 24 avril à Bunia.

« Notre système de surveillance n’a pas fonctionné. C’est une irresponsabilité collective », a-t-il regretté, pointant non seulement les autorités sanitaires, mais aussi les responsables politiques locaux qui auraient eu connaissance des décès sans alerter suffisamment tôt.

Le virologue explique également que les premiers tests effectués sur place étaient limités à la détection de la souche Zaïre du virus Ebola, plus fréquente en RDC, ce qui aurait retardé l’identification de la souche Bundibugyo.

« Les échantillons envoyés à l’INRB ont permis de confirmer rapidement la présence du virus grâce à d’autres techniques de diagnostic », a-t-il précisé.

Un cas confirmé à Goma

Jean-Jacques Muyembe a confirmé l’existence d’un cas positif à Goma, concernant une femme dont le mari serait décédé à Bunia.

Selon lui, les équipes épidémiologiques travaillent actuellement à identifier et suivre tous les contacts potentiels afin de limiter la propagation du virus dans cette ville stratégique de l’est du pays.

En revanche, il a démenti l’existence d’un cas confirmé à Kinshasa après des informations relayées par certaines organisations internationales.

« La personne testée à Kinshasa est négative pour la souche Bundibugyo », a-t-il assuré.

Une souche moins mortelle, mais sans vaccin

Le professeur Muyembe a expliqué que la souche Bundibugyo présente un taux de mortalité inférieur à celui de la souche Zaïre.

« Avec Bundibugyo, la mortalité tourne autour de 30 %, alors qu’elle dépasse souvent 80 % avec la souche Zaïre », a-t-il indiqué.

Cependant, contrairement à la souche Zaïre, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe actuellement contre Ebola Bundibugyo.

Malgré cela, le scientifique estime que la RDC possède l’expérience nécessaire pour contenir cette épidémie grâce aux mesures classiques de santé publique : isolement des malades, suivi des cas contacts, enterrements sécurisés et respect strict des règles d’hygiène.

« Sur les 17 épidémies vécues en RDC, 15 ont été maîtrisées sans vaccin ni traitement spécifique », a-t-il rappelé.

Le défi sécuritaire en Ituri

Cette nouvelle épidémie intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement fragile dans la province de l’Ituri, où sévissent les rebelles des ADF ainsi que plusieurs groupes armés locaux.

Pour Jean-Jacques Muyembe, cette instabilité compromet sérieusement les efforts de surveillance et de riposte.

« Ce n’est pas la première fois que nous devons gérer une épidémie dans une zone de conflit. Nous avons déjà vécu cela à Beni et Butembo entre 2018 et 2020 », a-t-il souligné.

Le gouvernement mobilisé

Après plusieurs jours marqués principalement par les communications de l’Africa CDC et de l’OMS, le gouvernement congolais a officiellement déclaré l’épidémie le 15 mai dernier.

Face à la presse, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a reconnu les défis liés à la traçabilité des cas contacts et à l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo.

« Nous devons retrouver toutes les personnes qui ont été en contact avec les malades afin de prévenir les contaminations », a déclaré le ministre.

Samuel Roger Kamba a toutefois insisté sur l’expérience accumulée par la RDC dans la gestion des précédentes épidémies d’Ebola.

« La RDC possède les capacités, les connaissances et les moyens nécessaires pour répondre à cette épidémie », a-t-il assuré.

Le ministre a également annoncé son arrivée à Bunia afin de superviser personnellement les opérations de riposte et renforcer la coordination avec les équipes sanitaires et les partenaires internationaux.

« La RDC a déjà vaincu Ebola à seize reprises. Et pour la 17ᵉ fois, nous vaincrons encore cette épidémie grâce à l’unité, à la vigilance et à la mobilisation de tous », a-t-il affirmé.

La résurgence de l’épidémie d’Ebola en province de l’Ituri commence à produire ses premiers effets au sein des milieux humanitaires et expatriés opérant dans l’est de la République démocratique du Congo.

Par Pascal Kabeya
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