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À la Une

À la UneAfrique

Cameroun : plus de six semaines après son départ pour l’Europe, l’absence prolongée de Paul Biya relance le débat sur la continuité du pouvoir

by admin9775 22 juillet 2026
written by admin9775

Parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour ce que la Présidence avait présenté comme un « court séjour privé en Europe », le président Paul Biya n’est toujours pas rentré dans son pays plus de six semaines après son départ. Cette absence prolongée du chef de l’État, âgé de 93 ans, alimente les spéculations sur son état de santé et ravive le débat sur les mécanismes constitutionnels de continuité du pouvoir.

Alors qu’une partie de l’opposition a saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la question d’une éventuelle vacance du pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, affirme que le président continue d’exercer pleinement ses fonctions.

Une absence qui suscite interrogations et spéculations

Quarante-quatre jours après son départ du Cameroun, aucune date officielle de retour n’a été annoncée par les autorités. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs concernant l’état de santé du président circulent abondamment dans les médias et sur les réseaux sociaux.

En dehors de plusieurs messages diplomatiques publiés par les services de communication de la Présidence, aucune apparition publique ni communication officielle relative au déroulement de son séjour n’ont été diffusées.

Cette situation nourrit les interrogations d’une partie de l’opinion publique et de la classe politique sur la capacité du chef de l’État à exercer effectivement ses responsabilités.

L’opposition demande au Conseil constitutionnel de constater une vacance du pouvoir

Face à cette absence prolongée, le député de l’opposition Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel afin qu’il examine la possibilité de constater une vacance du pouvoir.

Cette initiative intervient dans un contexte où plusieurs formations politiques s’interrogent sur les mécanismes institutionnels applicables lorsqu’un président demeure durablement absent du territoire national.

L’Union démocratique du Cameroun (UDC) s’est également exprimée sur cette question. Sans spéculer sur la situation personnelle de Paul Biya, le parti estime que la continuité de l’État et l’exercice effectif des prérogatives présidentielles doivent être pleinement garantis par les institutions de la République.

Une Constitution qui ne fixe aucune durée maximale d’absence

Pour l’UDC, une absence prolongée du territoire national ne constitue pas, à elle seule, une vacance du pouvoir.

Le parti souligne qu’aucune disposition de la Constitution ou de la législation camerounaise ne fixe une durée maximale pendant laquelle le président peut séjourner à l’étranger ni ne prévoit qu’une telle absence entraîne automatiquement la vacance de la présidence.

Cette situation met toutefois en lumière un vide juridique concernant les modalités d’exercice du pouvoir en cas d’empêchement temporaire ou d’absence prolongée du chef de l’État.

L’UDC rappelle également que la révision constitutionnelle d’avril 2008 avait introduit la possibilité de créer un poste de vice-président de la République afin d’assurer une meilleure continuité des institutions.

Près de deux décennies après cette réforme, cette disposition n’a jamais été appliquée et aucun vice-président n’a été nommé.

Le parti plaide ainsi pour l’ouverture d’une réflexion institutionnelle visant à préciser les mécanismes de continuité du pouvoir exécutif.

Le RDPC rejette toute idée de vacance du pouvoir

Le parti présidentiel rejette catégoriquement les accusations de vacance du pouvoir.

Pour Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du RDPC, les institutions continuent de fonctionner normalement.

« Le pouvoir n’est pas vacant » et « le Lion n’est pas parti », a-t-il déclaré, dénonçant les critiques formulées par certains responsables de l’opposition.

Le responsable du RDPC reproche notamment à ses adversaires de suivre quotidiennement la durée du séjour du président à l’étranger afin d’alimenter la polémique.

Selon lui, le chef de l’État continue d’assumer ses responsabilités à travers les actes officiels diffusés par la Présidence.

Une activité diplomatique maintenue

Depuis son départ, les services de la Présidence ont continué de publier plusieurs messages adressés à des chefs d’État étrangers.

Paul Biya a notamment adressé ses félicitations au président français Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, ainsi qu’au président du Monténégro lors de la célébration de la fête nationale de ce pays le 13 juillet.

Ces communications sont mises en avant par le pouvoir comme la preuve de la continuité de l’exercice des fonctions présidentielles.

Toutefois, elles n’ont pas mis fin aux interrogations sur l’absence prolongée du chef de l’État, aucun élément officiel n’ayant été communiqué concernant son état de santé ou la date de son retour.

Plus de quarante ans à la tête du Cameroun

Paul Biya dirige le Cameroun depuis le 6 novembre 1982, date à laquelle il a succédé au premier président du pays, Ahmadou Ahidjo.

Avec plus de quatre décennies au pouvoir, il figure parmi les chefs d’État en exercice ayant la plus grande longévité au monde.

Au cours des dernières années, plusieurs de ses séjours privés à l’étranger avaient déjà suscité des interrogations en raison de leur durée et des rumeurs récurrentes sur son état de santé.

À chaque fois, les autorités camerounaises avaient affirmé qu’il s’agissait de déplacements privés, tout en assurant que les activités institutionnelles de la Présidence se poursuivaient normalement.

Aujourd’hui, alors que son absence dépasse les six semaines, le débat dépasse la seule question de son séjour en Europe. Il porte désormais sur les garanties constitutionnelles permettant d’assurer la continuité de l’État et sur l’opportunité d’adapter le cadre institutionnel camerounais aux situations d’absence prolongée du chef de l’État.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

Contrat Sino-Congolais : Le Directeur de cabinet du Chef de l’État lance l’évolution du partenariat

by admin9775 22 juillet 2026
written by admin9775

Sur instruction du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Directeur de cabinet du Chef de l’État, Anthony Nkinzo Kamole, a dirigé, ce mardi 21 juillet 2026, au Palais de la Nation, une réunion consacrée à l’évaluation du contrat sino-congolais, conformément à l’article 18 de la Convention de collaboration et à l’article 1er de l’avenant n° 5 signé en 2024.

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‎Cette rencontre stratégique, tenue autour du Directeur de cabinet du Président de la République, a réuni l’ensemble des parties prenantes au contrat sino-congolais, également appelé « infrastructures contre mines ». Elle a permis de définir la méthodologie de l’évaluation approfondie qui débutera le jeudi 23 juillet 2026 et se poursuivra jusqu’à la mi-août.

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‎Pour cette première réunion, le Directeur général de l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi de la Convention de collaboration (APCSC), également coordonnateur du programme sino-congolais, le Président du Conseil d’administration et le Directeur général de la Gécamines, ainsi que les représentants de l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT), de la Primature et des ministères des Finances, des Infrastructures et des Mines, ont tous pris part aux travaux.

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‎Revenant sur l’importance de cette réunion, le Directeur général de l’APCSC a indiqué que « le contrat sino-congolais est à l’origine de plusieurs infrastructures majeures, notamment la rocade de Kinshasa, la Route nationale n° 1 (RN1), la route Kalamba-Mbuji et plusieurs autres ouvrages ». Il a souligné qu’il est important de procéder à cet exercice au moins une fois par an afin de permettre aux parties prenantes d’identifier les difficultés rencontrées et d’y apporter des solutions.

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‎Selon lui, cette évaluation approfondie du contrat sino-congolais permettra d’apporter une réponse globale aux différents obstacles qui ralentissent l’exécution des travaux sur le terrain, notamment ceux liés à l’administration douanière.

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‎Présente à cette séance de travail, la partie chinoise s’est réjouie du lancement de cette évaluation. Selon elle, celle-ci permettra non seulement de présenter les contributions des différentes parties prenantes, les réponses apportées et les résultats de ce vaste projet au bénéfice de la République démocratique du Congo, mais aussi de mettre en lumière les difficultés rencontrées ainsi que les défis qui restent à relever.

Presidence.cd

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À la UneMonde

Ukraine : Zelensky limoge le commandant en chef de l’armée, Oleksandre Syrsky

by admin9775 22 juillet 2026
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Volodymyr Zelensky a annoncé mardi le départ du commandant en chef de l’armée ukrainienne, Oleksandre Syrsky, très critiqué et visé par des manifestations depuis plusieurs jours en Ukraine. Le président ukrainien a désigné Mykhaïlo Drapaty pour prendre sa succession.

Son départ était massivement réclamé par les Ukrainiens. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mardi 21 juillet le limogeage du commandant en chef de l’armée Oleksandre Syrsky, qu’il a remplacé par le populaire commandant des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty, sur fond de grogne après le départ du ministre de la Défense.

« J’ai décidé que le nouveau commandant en chef des Forces armées d’Ukraine serait Mykhaïlo Drapaty… Je remercie Oleksandre Syrsky et tous nos combattants pour les solides positions de première ligne de l’Ukraine », a déclaré Volodymyr Zelensky mardi soir dans un message sur Telegram.

Oleksandre Syrsky, 60 ans, occupait ce poste depuis 2024. Il a notamment dirigé la défense de Kiev au début de l’invasion russe en 2022.  Sa destitution intervient après plusieurs jours de manifestations en soutien au ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction. Celui-ci a accusé Oleksandre Syrsky de l’avoir poussé vers la sortie et d’avoir entravé sa tentative de réforme de l’armée. 

Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, issu du monde de la tech et n’ayant jamais servi dans l’armée, militait pour un recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et réorganiser en profondeur les forces armées.

« Un nouvel espoir » dans le combat contre la Russie

« Servir l’Ukraine a toujours été un honneur pour moi », a réagi sur Facebook le général Drapaty, ancien commandant de l’armée de terre, âgé de 43 ans.

Le limogeage du général Syrsky insuffle « une bouffée d’air frais » et « un nouvel espoir » dans le combat contre la Russie, a de son côté salué Mykhaïlo Fedorov.

Né en Russie et formé à Moscou, Oleksandre Syrsky n’est en effet jamais parvenu à se défaire de sa réputation de général à la mentalité soviétique: ses détracteurs lui reprochent de faire peu de cas des pertes humaines, lui valant le surnom de « boucher ».

Ce chamboulement à la tête de l’armée ukrainienne intervient alors que le nombre de civils tués ou blessés a augmenté de 37 % sur les six premiers mois de cette année, a alerté mardi le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

« Nous avons recensé 1 396 civils tués et 7 978 blessés » dans les deux pays, ce qui « représente une hausse de 37 % par rapport à la même période de l’année précédente, et près du double du niveau observé en 2024 », a déclaré devant la presse à Genève Danielle Bell, représentante de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine.

Nombre toujours croissant de victimes civiles

Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles.

En Russie « au cours des six premiers mois de cette année, nous avons recensé, sur la base d’informations provenant de sources ouvertes de la Fédération de Russie que nous jugeons crédibles, 250 civils tués et 1 596 blessés. Cela représente une augmentation de 121 % » par rapport à la même période de l’année dernière, a ajouté Danielle Bell depuis Kiev.

Selon elle, « cette escalade est alimentée par deux facteurs principaux: d’une part les missiles balistiques et les drones à longue portée et, d’autre part, les drones et les bombes planantes à courte portée utilisés dans les zones de front ». Ainsi, les pertes civiles dans les deux pays « dues aux attaques menées par des drones à courte portée ont augmenté de 65 % », a-t-elle ajouté.

Incident en mer Noire

Par ailleurs, dans la nuit de lundi à mardi, une frappe contre un navire en mer Noire transportant du propane vers le port ukrainien de Reni a ainsi provoqué un important incendie à bord au large des côtes roumaines, blessant trois marins et contraignant l’équipage à évacuer. Deux navires de secours roumains sont intervenus pour évacuer les 17 membres d’équipage, dont trois « nécessitant une prise en charge médicale d’urgence », selon les services de secours.

Alors que les autorités s’efforcent encore de déterminer l’origine de la frappe, le président roumain Nicusor Dan a estimé que l’incident était « très probablement lié à la guerre d’agression illégale menée par la Fédération de Russie contre l’Ukraine ». Le navire transportait plus de 3 790 tonnes de propane depuis le port égyptien d’Alexandrie.

La mer Noire est régulièrement le théâtre de confrontations entre l’Ukraine et la Russie depuis le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle en 2022.

Mardi également, l’Inde a convoqué le chargé d’affaires russe à New Delhi, Vladimir Ladanov, pour protester contre une attaque menée durant le week-end contre un cargo quittant le port ukrainien d’Odessa, sur la mer Noire, qui a coûté la vie à quatre ressortissants indiens.

Avec AFP

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À la UneProvince

Nord-Kivu : une accalmie précaire sur les lignes de front pendant que le mécanisme de vérification du cessez-le-feu se met en place

by admin9775 22 juillet 2026
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Après plusieurs semaines de combats particulièrement violents, une relative accalmie est observée depuis environ une semaine sur plusieurs lignes de front situées à la frontière entre les territoires de Walikale et Masisi, dans la province du Nord-Kivu. Si les affrontements ont momentanément cessé dans plusieurs secteurs, la situation demeure extrêmement fragile, les différentes forces poursuivant le renforcement de leurs positions en prévision d’une éventuelle reprise des hostilités.

Une trêve de fait sur plusieurs axes

Dans le groupement Kisimba, en territoire de Walikale, les derniers combats remontent au 7 juillet 2026 dans la localité de Mindjendje. Ce jour-là, les rebelles de l’AFC/M23 avaient tenté de reprendre cette agglomération, mais leur offensive avait été repoussée par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les combattants wazalendo. Depuis, aucun affrontement majeur n’a été signalé dans cette partie du secteur des Wanianga.

La même tendance est observée dans le groupement voisin de Bashali Mokoto, en territoire de Masisi. Les derniers combats y ont été enregistrés les 12 et 13 juillet dans les villages de Nkingwe et Malemo. À l’issue de ces affrontements, les FARDC et leurs alliés wazalendo se sont repliés de plusieurs positions, ouvrant une période de calme relatif.

Sur l’axe Kashebere-Kibati, dans le groupement Luberike, aucune confrontation importante n’a été rapportée ces derniers jours. Toutefois, plusieurs sources locales indiquent que les rebelles de l’AFC/M23 renforcent progressivement leurs positions en hommes, en munitions et en équipements militaires depuis le week-end dernier, alimentant les craintes d’une nouvelle offensive.

Une situation similaire prévaut sur la ligne séparant le groupement Waloa Yungu (Walikale) du secteur d’Osso Banyungu (Masisi), où les deux camps restent solidement retranchés sur leurs positions respectives, chacun surveillant les mouvements de l’adversaire.

Sur l’axe Katoy, les FARDC et les wazalendo conservent le contrôle de la localité depuis la reprise de Katoy Centre, il y a près de deux semaines. Selon plusieurs sources locales, les lignes militaires sont demeurées pratiquement inchangées depuis cette avancée.

Une accalmie qui pourrait masquer une phase de réorganisation

Pour plusieurs analystes indépendants, cette diminution des combats ne traduit pas nécessairement une amélioration durable de la situation sécuritaire.

Ils estiment que cette période de calme relatif pourrait permettre aux différents protagonistes de réorganiser leurs unités, de renforcer leurs capacités logistiques et de préparer de nouvelles opérations militaires.

Les mouvements de troupes signalés sur plusieurs axes, ainsi que les informations faisant état d’un renforcement des positions de l’AFC/M23, illustrent la fragilité de cette accalmie.

Pendant ce temps, les populations civiles continuent de vivre dans une grande incertitude, redoutant une reprise soudaine des affrontements après plusieurs mois de déplacements, de destructions et de crise humanitaire.

Le mécanisme conjoint de vérification du cessez-le-feu entre dans sa phase opérationnelle

Cette relative accalmie intervient alors que les partenaires internationaux engagés dans les efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit souhaitent accélérer le déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu (EJVM+).

Kinshasa a récemment désigné trois officiers des FARDC pour intégrer cette structure, qui comprend également des représentants de l’AFC/M23, de la MONUSCO et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Créé dans le cadre du processus de paix de Doha, sous la médiation de l’État du Qatar, ce mécanisme est chargé de surveiller l’application du cessez-le-feu, d’enquêter sur les violations signalées et d’en assurer le suivi. L’Union africaine, le Qatar et les États-Unis y participent en qualité d’observateurs.

Formalisé lors des pourparlers de Montreux, en Suisse, en avril dernier, l’EJVM+ constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments prévus pour tenter de stabiliser durablement les lignes de front entre les parties.

Patrick Muyaya : « Le dialogue national ne suspend pas le processus de Doha »

L’annonce, par le président Félix Tshisekedi, de la tenue prochaine d’un dialogue national inclusif avait suscité des interrogations sur l’avenir du processus de Doha.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a tenu à lever toute ambiguïté lors d’un briefing de presse organisé le 17 juillet.

« Ce n’est pas suspensif », a-t-il déclaré, soulignant que le dialogue national et les négociations de Doha poursuivent des objectifs complémentaires.

Le ministre a également confirmé le début des opérations préparatoires du mécanisme de vérification.

« Certains de nos officiers se trouvent à Goma dans le cadre de cette mission pour la mise en place du mécanisme de vérification du cessez-le-feu », a-t-il précisé.

Selon le gouvernement, des avancées sont également enregistrées concernant le mécanisme d’échange de prisonniers entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23.

La MONUSCO autorisée au Nord-Kivu, mais pas encore au Sud-Kivu

Le déploiement de l’EJVM+ bénéficie de l’appui logistique et technique de la MONUSCO, conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prolonge le mandat de la Mission jusqu’au 20 décembre 2026.

Cette résolution autorise notamment la MONUSCO à soutenir la mise en œuvre du cessez-le-feu permanent ainsi que les activités du mécanisme conjoint de vérification.

Toutefois, son mandat opérationnel demeure principalement limité au Nord-Kivu et à l’Ituri, après son retrait du Sud-Kivu en 2024.

Cette situation soulève une difficulté majeure, puisque les combats opposant les FARDC, leurs alliés wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23 se poursuivent également dans plusieurs territoires du Sud-Kivu.

Pékin et Moscou rappellent les limites du mandat de la MONUSCO

Lors de la réunion du Conseil de sécurité consacrée à la RDC le 26 juin 2026, plusieurs membres permanents ont rappelé que tout déploiement de la MONUSCO au Sud-Kivu nécessiterait une nouvelle autorisation du Conseil.

Au nom de la Chine, l’ambassadeur Fu Cong a insisté sur le strict respect du mandat actuel.

« Conformément à son mandat, la MONUSCO devrait utiliser ses capacités existantes pour fournir un appui logistique et technique au mécanisme conjoint. S’agissant du Sud-Kivu, une approbation préalable du Conseil de sécurité est indispensable », a-t-il déclaré.

Une position partagée par la Russie.

La représentante russe, Anna Evstigneeva, a rappelé que toute extension du rôle de la Mission devait être approuvée par le Conseil de sécurité.

« Toute modification importante de sa participation à la surveillance du cessez-le-feu, notamment un éventuel déploiement au Sud-Kivu, doit être examinée par le Conseil de sécurité », a-t-elle affirmé.

Elle a également mis en garde contre toute interprétation qu’elle juge « arbitraire » de la résolution 2808, estimant qu’une décision formelle du Conseil demeure indispensable.

Une question toujours en suspens

Alors que le mécanisme conjoint élargi de vérification du cessez-le-feu est désormais pratiquement opérationnel, une interrogation demeure : pourra-t-il exercer pleinement sa mission au Sud-Kivu sans une nouvelle décision du Conseil de sécurité des Nations unies ?

Cette question apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux enjeux diplomatiques des prochaines semaines.

Pour de nombreux observateurs, une clarification rapide du Conseil de sécurité serait indispensable afin de permettre une surveillance effective du cessez-le-feu sur l’ensemble des zones concernées par les affrontements.

Cette perspective revêt une importance particulière alors que la République démocratique du Congo assure, durant ce mois de juillet, la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies et que les parties continuent de s’accuser mutuellement de violations du cessez-le-feu malgré les efforts de médiation engagés à Doha et à Washington.

Par Pascal Kabeya
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À la UneAfrique

Soutien de Diomaye Faye à Macky Sall pour la direction de l’ONU: «Il construit une grande coalition politique»

by admin9775 21 juillet 2026
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Le Sénégal soutient officiellement la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Elle n’avait pas été soumise par son pays, mais par le Burundi, qui assure la présidence tournante de l’Union africaine. L’annonce intervient 3 jours après la visite de Macky Sall à Dakar, la première depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2024. Il avait alors été reçu par son successeur Bassirou Diomaye Faye. Une visite, sur fond de rivalité entre l’actuel chef de l’État et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Pour en parler, notre invité ce matin : Papa Fara Diallo, maitre de conférences en sciences politiques à l’université Gaston Berger de Saint-Louis.

RFI : Comment expliquer le soutien de Bassirou Diomaye Faye à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies ?

Papa Fara Diallo : C’était prévisible, parce que la première fois que le président de la République Bassirou Diomaye Faye s’est prononcé sur cette candidature, il avait posé sur la table des problèmes d’égo. C’est-à-dire qu’il n’est pas venu lui parler directement de cette candidature alors qu’il est le chef de l’État du Sénégal. Et que si sa candidature n’est pas portée par le Sénégal, cela risque un peu d’entacher cette candidature. Il avait dit qu’il avait appris l’information venant d’autres chefs d’État. Il s’attendait à ce que le président Macky Sall vienne directement lui parler de cette candidature pour espérer son soutien. C’est la raison pour laquelle il n’avait pas soutenu cette candidature au niveau du sommet de l’Union africaine.

C’est donc la visite à Dakar de Macky Sall qui a permis ce soutien ?

Oui, c’était d’abord pour satisfaire cette demande du président de la République. Mais l’autre chose qui a facilité cette visite, c’est que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, est dans la logique de construire une grande coalition autour d’une majorité présidentielle. Et il est en train de ratisser large, c’est-à-dire de recruter des militants, des maires de l’APR – dont le président Macky Sall reste toujours le président du parti – mais aussi au niveau du PDS, le Parti démocratique sénégalais. En témoigne sa rencontre très récemment avec M. Karim Wade au Qatar.

Bassirou Diomaye Faye a donc à gagner, en retour, des soutiens politiques pour ce nouveau parti, dont il va d’ailleurs annoncer normalement le nom dans les prochains jours ?

Oui, le 25 juillet. Depuis la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye est dans une stratégie en trois mouvements : le débauchage des responsables du parti Pastef dont il a revendiqué la paternité de la structuration en tant que secrétaire général et responsable du mouvement des cadres, la constitution d’une large coalition autour de sa personne et du parti politique qu’il va mettre en place, et la « dé-sonkorisation » de l’administration publique et du gouvernement.

Ce soutien à la candidature de Macky Sall, c’est aussi un pas de plus dans la rupture avec Ousmane Sonko ?

Oui, clairement, parce qu’il y a deux éléments. Le premier, c’est la justice pour les victimes de la répression entre 2021 et 2024, quand le président Macky Sall était au pouvoir. Le parti Pastef lui-même avait été dissous. Le président de la République et Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, ont été mis en prison. Et le président Bassirou Diomaye Faye disait, dans un de ses discours, qu’il ne peut y avoir de pardon sans justice. L’autre élément, c’est la dette cachée et le déficit budgétaire. Quand ils sont arrivés au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye avait dit : « On a trouvé le pays au quatrième sous-sol. » Ousmane Sonko, aussi, avait confirmé cela. Et donc, voir que Macky Sall, on lui a déroulé le tapis rouge au palais de la République, c’est quelque chose que le parti Pastef digère très mal. Et par conséquent, Ousmane Sonko digère très mal cela.

Pour la base de ses électeurs, ce positionnement, ce soutien apporté à Macky Sall, peut-il être vu comme une trahison, pour certains ?

Oui, clairement. En posant ce genre d’acte, il est en train de mettre de l’eau dans le moulin de ces critiques. Et donc de renforcer la critique du parti Pastef à l’égard d’un président de la République qui avait pris des engagements qu’il est en train de fouler aux pieds à cause de considérations électoralistes. C’est quelque chose que l’opposition, notamment le parti Pastef, va utiliser.

Est-ce que vous pensez que l’Alliance pour la République (APR) peut apporter son soutien à Bassirou Diomaye Faye et son nouveau parti ? Ou est-ce qu’ils seront davantage dans une position d’observation ?

Une neutralité bienveillante de l’APR, mais aussi, probablement, un soutien formel. Parce qu’effectivement, le président Macky Sall reste toujours le chef du parti APR.  Sa visite au palais de la République peut donc se comprendre comme étant un soutien tacite. Mais on ne sait pas. D’ici les prochaines élections locales, le président de la République va demander un avis au Conseil constitutionnel pour le couplage des élections locales et législatives en 2027. Parce qu’il y a de fortes chances que l’Assemblée nationale soit dissoute au début du mois de décembre, il voudrait avoir le soutien explicite de l’APR. Le président Bassirou Diomaye Faye cherche à construire une large majorité présidentielle et pour cela, il a besoin des soutiens de partis qui ont exercé des mandats présidentiels.

Pour Macky Sall, est-ce que ce soutien de Bassirou Diomaye Faye, c’est une victoire ? Est-ce que cela peut marquer un tournant dans sa campagne pour le secrétariat général des Nations unies ?

Oui, c’est un soutien qui est de taille. Mais je ne pense pas que cela soit un soutien qui va fondamentalement changer la donne. L’Union africaine n’a pas soutenu officiellement la candidature du président Macky Sall. Le président Bassirou Diomaye Faye, aussi, a attendu trop longtemps. Mais dans tous les cas, le président Macky Sall avait besoin d’avoir le soutien de son pays où il a été président pendant 12 ans. Cela peut avoir une influence. Mais l’influence, pour moi, ne sera pas une influence décisive.

RFI

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À la UneBusiness News

La souveraineté numérique africaine ne se décrète pas, elle se construit PME par PME, compétence par compétence

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

À l’heure où l’Afrique cherche sa place dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle, la question de la souveraineté numérique ne peut se limiter aux déclarations politiques ou aux grands sommets internationaux. Pour Kuate Joël Parfait, ingénieur, entrepreneur et auteur, cette souveraineté se joue d’abord sur le terrain, dans les PME, les compétences locales et les usages concrets de la technologie. À rebours des approches purement institutionnelles, cette tribune défend une vision pragmatique : c’est par la formation, l’investissement productif et l’appropriation de l’IA par les petites entreprises que l’Afrique pourra devenir un acteur à part entière du numérique.


Dans un atelier de couture de Douala, une gérante de douze salariés utilise l’intelligence artificielle pour rédiger ses factures et suivre sa trésorerie. Elle ne le formule pas ainsi, mais elle vient de poser un acte de souveraineté numérique plus concret que bien des déclarations officielles.

C’est à ce niveau que je situe le débat.

Ces dernières semaines, deux coalitions mondiales se sont formées autour de la gouvernance de l’intelligence artificielle, l’une portée depuis Pékin, l’autre depuis Washington. Une dizaine de pays africains ont rejoint la première. Aucun, à ce jour, ne figure dans la seconde. Ce positionnement compte. Il ne suffit pas.

Une charte signée à Shanghai ne change rien, à elle seule, à la réalité d’une PME qui n’a ni les compétences, ni les outils, ni la confiance nécessaires pour utiliser l’intelligence artificielle dans son activité quotidienne. La souveraineté qui se négocie dans les sommets a besoin d’une souveraineté qui se construit à Douala, à Cotonou, à Abidjan. Sans la seconde, la première reste un exercice diplomatique.

Je le constate depuis sept ans, en formant plus de six cents organisations entre l’Europe et l’Afrique francophone. Le chantier réel ne se joue pas dans les sommets. Il se joue sur trois angles morts, qu’on cite souvent séparément et qu’on ne traite presque jamais ensemble.

Former, pas équiper

On parle beaucoup d’infrastructures : câbles sous-marins, centres de données, calcul souverain. Tout cela est nécessaire. Mais un centre de données sans compétences locales pour l’exploiter reste une coquille vide.

D’ici 2030, 230 millions d’emplois en Afrique subsaharienne exigeront des compétences numériques. Cela suppose de former ou de requalifier près de 650 millions de personnes, selon la Société financière internationale. Dans le même temps, 12 millions de jeunes Africains entrent chaque année sur le marché du travail, pour environ 3 millions d’emplois formels créés, selon les projections reprises par la Brookings Institution.

L’écart ne touche pas que les jeunes diplômés. Il touche les dirigeants de PME de quarante ou cinquante ans qui n’ont jamais eu accès à une formation IA pensée pour leur secteur. Ce sont pourtant eux qui décident, chaque jour, d’adopter un outil ou de le laisser de côté. La formation qui change quelque chose n’est pas celle des grandes écoles. C’est celle qui atteint le commerçant, l’artisan, la gérante d’atelier.

La diaspora : un capital, pas qu’un cœur

On parle souvent de la diaspora en termes de fierté ou de nostalgie. Rarement en termes de capital d’investissement.

Les transferts de la diaspora vers l’Afrique dépassent aujourd’hui 100 milliards de dollars par an, selon la Banque mondiale. Ce montant dépasse l’aide publique au développement et rivalise avec les investissements étrangers directs vers le continent. C’est le premier flux financier externe du continent, et le moins orienté vers l’investissement productif.

Une part infime de cette somme finance aujourd’hui l’équipement numérique ou la formation à l’IA des PME familiales que cette diaspora soutient déjà, souvent au quotidien. Le potentiel est immense. Le vrai chantier consiste à transformer un geste de solidarité familiale en levier d’investissement technologique structuré : obligations diaspora, fonds dédiés, accompagnement de proximité.

L’IA dans le tissu, pas dans le discours

Selon la Banque africaine de développement, les PME forment près de 90 % de l’économie africaine et portent plus de la moitié de l’emploi du continent. Ce sont elles, la vraie économie. Pas les licornes qui font la une, aussi importantes soient-elles pour l’image du continent.

L’écart d’adoption de l’IA reste pourtant immense. Selon Microsoft, l’usage de l’IA générative atteint en moyenne 27 % dans les pays du Nord, contre 15 % dans les pays du Sud, la majorité des pays africains restant sous la barre des 10 %. Ce n’est pas un problème d’appétence. C’est un problème d’accès, de langue, de coût et de confiance.

Une PME n’a pas besoin d’un grand modèle de langage souverain pour commencer. Elle a besoin d’un outil dans sa langue, à son échelle, et de quelqu’un pour lui montrer le gain de temps réel sur sa comptabilité, ses relances clients, sa gestion de stock. C’est à ce niveau que j’ai vu, formation après formation, la bascule se produire. Pas dans un discours sur la transformation numérique. Dans un tableau qui, soudain, se remplit tout seul.

J’ai consacré un chapitre de mon livre, L’Afrique et l’Intelligence Artificielle, à cette conviction : le continent n’a pas besoin d’importer une doctrine de l’IA. Il a besoin de produire la sienne, PME par PME, secteur par secteur.

Le choix qui reste à faire

La souveraineté numérique n’est pas un état qu’on atteint par déclaration. C’est une accumulation : une compétence acquise, une PME formée, une diaspora réorientée vers l’investissement plutôt que vers la seule consommation, ligne après ligne, transaction après transaction.

Les blocs géopolitiques écriront les grandes règles du jeu mondial. Ils ne formeront pas la gérante de l’atelier de Douala. Ce travail-là revient à d’autres acteurs : les formateurs, les diasporas, les institutions locales, les PME elles-mêmes.

C’est PME par PME que l’Afrique deviendra actrice de l’intelligence artificielle, ou spectatrice. Ce choix ne se fait pas dans une salle de sommet. Il se fait chaque jour, dans chaque entreprise du continent.


* Kuate Joël Parfait est ingénieur, entrepreneur, consultant en intelligence artificielle et big data, formateur certifié et auteur. Basé à Bruxelles, il dirige Digital House Company, ainsi que l’incubateur CAURIS DIGITAL à Yaoundé. En sept ans, il a formé plus de six cents organisations en Belgique, en appui d’organismes institutionnels, sur l’intelligence artificielle, la transformation numérique et la conformité réglementaire.

Titulaire d’un Mastère en architecture logicielle et big data, Il est l’auteur de « L’Afrique et l’Intelligence Artificielle : Vers un avenir durable et innovant » (2024), et intervient régulièrement comme conférencier international sur les enjeux de souveraineté numérique et d’intelligence artificielle appliquée, entre l’Europe, le Canada et l’Afrique francophone.

Kuate Joël Parfait

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À la UneCulture

Francophonie :  la candidate mauritanienne Dr Coumba Bâ met le cap sur l’Asie

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

À quelques mois du Sommet de la Francophonie de Phnom Penh, la campagne portée par la Mauritanie au poste de Secrétaire général franchit un nouveau cap. Après des auditions largement remarquées auprès des États et gouvernements membres, la candidature de Dr Coumba Bâ semble entrer dans une nouvelle phase, plus offensive mais toujours méthodique, marquée par une forte présence diplomatique, bien au-delà du continent africain.

La tournée effectuée ces derniers jours au Cambodge, au Vietnam et au Laos ne relevait pas d’une simple séquence protocolaire. Elle répondait à une logique politique précise qu’est celle de rappeler que l’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie ne saurait être réduite à une confrontation de blocs ou à une lecture strictement régionale. Elle concerne l’ensemble de la communauté francophone.

Cette démarche trouve un écho particulier en Asie du Sud-Est, où la Francophonie conserve un ancrage historique souvent sous-estimé. Le Cambodge, le Vietnam et le Laos demeurent parmi les piliers de l’espace francophone asiatique et accueillent aujourd’hui un débat qui dépasse largement les seuls équilibres africains.

La visite de la délégation mauritanienne s’inscrit également dans une histoire plus ancienne. Les relations entre la Mauritanie et les pays d’Indochine remontent aux premières décennies qui ont suivi les indépendances. Elles se sont construites autour d’une même conception des relations internationales, nourrie par les principes du dialogue, de la souveraineté des États, du respect mutuel et de la doctrine du non-alignement qui a profondément marqué la diplomatie du Sud. Cette mémoire commune continue aujourd’hui de constituer un socle favorable au dialogue politique.

Une Francophonie bâtie sur la culture des résultats 

Dans chacune des capitales visitées, le message porté par Dr Coumba Bâ est demeuré constant. La candidate mauritanienne défend une vision d’une Francophonie davantage tournée vers les résultats, la solidarité entre États, la circulation des connaissances, la jeunesse, les talents, l’innovation et les opportunités économiques, tout en renforçant les liens entre l’Afrique et l’Asie. Cette approche, déjà développée lors des auditions, a été adaptée aux priorités propres à chaque interlocuteur sans jamais perdre sa cohérence.

Au Cambodge, futur pays hôte du Sommet de la Francophonie, l’accent a notamment été mis sur une Francophonie plus solidaire, capable d’accompagner concrètement les États lorsqu’ils traversent des périodes de tension, mais également sur la nécessité de mieux valoriser le patrimoine culturel des pays membres à l’ère numérique et de donner un contenu plus tangible à la Francophonie économique.

Au Vietnam, les échanges ont davantage porté sur la capacité de la Francophonie à devenir un véritable réseau d’intelligence collective, favorisant la mobilité des talents, les coopérations universitaires, les partenariats scientifiques et l’innovation technologique. Le Vietnam, dont la transformation économique est largement reconnue, apparaît dans cette vision comme l’un des futurs moteurs de la Francophonie asiatique.

Au Laos enfin, pays dont l’attachement à la Francophonie demeure constant depuis plusieurs décennies, la délégation mauritanienne a souligné que l’Asie francophone ne devait plus être considérée comme une périphérie de l’organisation mais comme l’un de ses principaux espaces d’avenir. Là encore, le message repose sur une idée simple : une organisation internationale se juge autant à sa capacité d’agir qu’à la force de ses principes.

Au-delà du contenu des échanges, c’est sans doute l’évolution du climat politique qui retient désormais l’attention de nombreux observateurs. Plusieurs interlocuteurs rencontrés au cours de cette tournée ont laissé apparaître un intérêt marqué pour une candidature susceptible de préserver l’unité de la famille francophone dans un contexte international particulièrement sensible.

L’enjeu dépasse en effet la seule désignation du prochain Secrétaire général. Beaucoup, surtout les pays de l’Asie,souhaitent que le Sommet de Phnom Penh demeure un moment de rassemblement pour la Francophonie et non le théâtre d’une confrontation durable entre différents blocs d’influence. Dans cette perspective, les qualités traditionnellement associées à la diplomatie mauritanienne(équilibre, dialogue, modération et capacité à entretenir des relations de confiance avec des partenaires aux sensibilités diverses) trouvent aujourd’hui une résonance particulière.

Une diplomatie de proximité fondée sur l’écoute

La campagne mauritanienne semble d’ailleurs avoir pris acte de cette évolution. Loin d’une logique de polarisation, elle privilégie une diplomatie de proximité, fondée sur l’écoute, le dialogue politique et la recherche de convergences. Cette méthode, patiemment construite depuis les premières auditions, apparaît aujourd’hui comme l’une des principales forces de la candidature.

L’impression générale qui s’est dégagée de cette tournée asiatique est celle d’une campagne qui continue de gagner en densité. Après avoir suscité une attention favorable lors des auditions, la candidature de Dr Coumba Bâ franchit une nouvelle étape en démontrant sa capacité à fédérer des interlocuteurs appartenant à des espaces géographiques, historiques et politiques très différents.

À mesure que l’échéance de Phnom Penh approche, un mouvement semble ainsi se dessiner. Plus qu’une candidature portée par un seul pays ou par une seule région, la proposition mauritanienne apparaît progressivement comme celle d’une Francophonie qui chercherait moins à arbitrer des rapports de force qu’à recréer les conditions du dialogue, de la confiance et du rassemblement.

Dans une organisation qui s’apprête à ouvrir un nouveau cycle de son histoire, cette capacité à bâtir des passerelles pourrait bien constituer l’un des critères déterminants du choix qui sera finalement posé par les États et gouvernements membres.

Albert Savana

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À la UnePolitique

Yannick Tshisola critique la C64 après le report de la marche du 22 juillet

by admin9775 21 juillet 2026
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Le report de la marche prévue le 22 juillet par la Coalition Article 64 (C64) continue de susciter des réactions au sein de la classe politique congolaise. Cette fois, c’est Yannick Tshisola, cadre de l’AFC/M23, qui s’est exprimé à travers une publication sur les réseaux sociaux.

Dans un message présenté comme son « avis personnel », Yannick Tshisola a remis en cause la capacité de mobilisation de la coalition de l’opposition, qu’il estime largement dépendante de son principal leader, Martin Fayulu.

Selon lui, la décision de reporter la manifestation confirmerait l’existence d’un accord politique entre Martin Fayulu et le président Félix Tshisekedi.

« La C64 dépend entièrement de Martin Fayulu pour mobiliser la ville de Kinshasa. Or, Martin Fayulu est signataire d’un accord confidentiel avec Félix Tshisekedi dans le cadre du « camp de la patrie ». Donc, la C64… C’est ce qu’il fallait démontrer ! », a-t-il écrit.

À ce stade, aucun élément public ne permet de confirmer l’existence d’un tel accord confidentiel entre Martin Fayulu et le chef de l’État. Cette affirmation relève des déclarations de Yannick Tshisola et n’a pas été corroborée par des preuves rendues publiques.

Ces propos interviennent au lendemain de l’annonce du report de la marche du 22 juillet par les cinq principaux dirigeants de la Coalition C64 — Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga — qui ont indiqué avoir répondu favorablement à l’appel de la CENCO et de l’ECC en faveur d’un dialogue national inclusif.

Dans leur communiqué, les responsables de la coalition ont toutefois précisé que ce report ne constituait pas un abandon de leurs revendications. Ils ont accordé au pouvoir un délai jusqu’au 15 août pour convoquer officiellement le dialogue annoncé par le président de la République et enregistrer des avancées concrètes, faute de quoi ils se réservent le droit de reprendre leurs actions citoyennes.

Par Pascal Kabeya
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À la UneMonde

Au Royaume-Uni, Andy Burnham dévoile un gouvernement pour tourner la page Starmer

by admin9775 21 juillet 2026
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John Healey aux Finances, Ed Miliband aux Affaires étrangères, Wes Streeting à la Défense… Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham a dévoilé lundi son gouvernement, écartant plusieurs proches de son prédécesseur Keir Starmer.

Le travailliste Andy Burnham, officiellement devenu Premier ministre britannique lundi 20 juillet, a dévoilé un gouvernement écartant plusieurs fidèles de son prédécesseur Keir Starmer, et promis d’annoncer dès mardi des mesures sociales destinées à lutter contre le coût de la vie.

À 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l’Angleterre) jusqu’au mois dernier a succédé au démissionnaire Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire écrasante du Labour aux législatives. 

Après sa rencontre avec le roi Charles III et en parallèle d’appels avec plusieurs dirigeants étrangers, dont Donald Trump, Andy Burnham a peu à peu révélé les membres de son gouvernement dans l’après-midi, puis jusque tard dans la soirée, à mesure de leur arrivée au 10, Downing Street. 

Première surprise : l’ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances. Une lourde tâche dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Ed Miliband devient chef de la diplomatie britannique

Ed Miliband, ministre de l’Énergie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l’immigration, est elle maintenue à l’Intérieur.

Le ministère de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d’investissement sur dix ans pour moderniser l’armée britannique. La figure de l’aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

D’autres fidèles de Starmer comme Rachel Reeves ou le ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy ont eux été écartés.

Très vite après sa prise de fonction, Andy Burnham a échangé au téléphone avec Donald Trump et l’a assuré de son engagement pour la « défense et la sécurité » du Royaume-Uni et ses alliés, selon Downing Street.

Une « très bonne conversation » avec Donald Trump

Le président américain a affirmé sur son réseau Truth Social avoir eu une « très bonne conversation »: « Le Premier ministre a un énorme travail devant lui, mais il sera capable de l’accomplir et, bien sûr, les États-Unis d’Amérique seront là pour l’aider.

Le nouveau dirigeant travailliste a aussi parlé avec Volodymyr Zelensky, lui faisant part de son « engagement résolu » auprès du peuple ukrainien, ou encore avec Emmanuel Macron, à qui il a dit « se réjouir de renforcer la solide relation entre le Royaume-Uni et la France ».

Andy Burnham, élu chef du Labour vendredi après avoir été plébiscité par les députés travaillistes, est officiellement devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016.

Lors de sa première allocution devant Downing Street, il a dit vouloir engager « les changements les plus profonds de ces quarante dernières années » au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa « stabilité » et « redonner de l’espoir ».

S’exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une « nouvelle économie » dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l’État.

Un « N°10 du Nord » à Manchester. 

Il a promis des mesures rapides pour aider les Britanniques à « faire face au coût de la vie », dont certaines seront dévoilées mardi, et a érigé en priorité de « mettre fin au sans-abrisme », après s’être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe.

Impopulaire dans le pays et fortement contesté au sein de son parti après des décisions maladroites, des polémiques et des défaites électorales locales, Keir Starmer avait annoncé son départ le 22 juin. « Le Royaume-Uni est plus fort et plus juste qu’il y a deux ans », a-t-il déclaré lundi dans une courte allocution devant Downing Street, se disant « fier » du travail accompli, avant d’aller présenter officiellement sa démission au roi.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé « le roi du Nord », pour stopper l’ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Ce dernier a appelé à organiser dès maintenant ces élections, estimant qu’Andy Burnham ne « devrait pas être autorisé » à agir « sans mandat », tandis que la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, a déploré qu’il « prenne ses fonctions sans avoir défini de plan clair ».

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l’une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l’agglomération de Manchester, dont il était maire depuis 2017. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un « N°10 du Nord » à Manchester. 

AFP

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À la UneEconomie

RDC : le cobalt et le cuivre en hausse, l’or et l’argent en recul sur les marchés internationaux

by admin9775 21 juillet 2026
written by admin9775

Les mercuriales des produits miniers d’exportation pour la période du 20 au 25 juillet 2026 présentent une évolution contrastée sur les marchés internationaux. Si plusieurs métaux stratégiques enregistrent une progression de leurs cours, les métaux précieux, eux, affichent une baisse.

Parmi les principales hausses, le cobalt poursuit sa progression, passant de 55 618 à 55 628 USD la tonne. Le cuivre enregistre également une hausse significative, son cours évoluant de 13 241,05 à 13 460,45 USD la tonne.

L’étain confirme lui aussi cette tendance positive en passant de 52 405 à 53 296 USD la tonne. D’autres minerais stratégiques, notamment le germanium, le zinc, le nickel ainsi que les lingots d’aluminium, affichent également des performances en hausse au cours de cette période.

En revanche, les métaux précieux connaissent un repli. Le prix de l’argent recule de 2 à 1,94 USD le gramme, tandis que celui de l’or passe de 134,30 à 132,13 USD le gramme. Le concentré de niobium suit également cette tendance baissière, son cours diminuant légèrement de 5 966,24 à 5 954,04 USD la tonne.

Ces fluctuations illustrent la volatilité des marchés internationaux des matières premières, dont dépend largement l’économie minière de la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur dans l’approvisionnement en minerais stratégiques destinés à la transition énergétique.

Félix Tshisekedi réaffirme sa volonté d’assainir le secteur minier

Dans ce contexte, le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a réitéré sa détermination à renforcer la gouvernance du secteur minier en interdisant strictement toute occupation ou invasion des sites d’exploitation par des militaires ou des membres des forces de sécurité en dehors des missions légalement autorisées.

Le Chef de l’État estime que ces pratiques alimentent les circuits illicites d’exploitation, affaiblissent les mécanismes de contrôle de l’État et portent atteinte à l’image de la République démocratique du Congo auprès des investisseurs.

À travers cette mesure, le gouvernement entend consolider les réformes engagées dans le secteur extractif, renforcer la transparence dans la gestion des ressources naturelles et améliorer l’attractivité du pays auprès des partenaires et investisseurs internationaux.

Par Pascal Kabeya
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