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À la Une

À la UneAfrique

Sénégal : Crise ouverte entre Sonko et Diomaye Faye après un discours incendiaire

by admin9775 12 juillet 2025
written by admin9775

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a rompu le silence jeudi 10 juillet lors d’une réunion du Parti africain pour les libertés du peuple (Pastef), lançant une charge virulente contre ses adversaires politiques… et, pour la première fois, contre le président Bassirou Diomaye Faye lui-même.

« Problème d’autorité » : Sonko vise directement Diomaye Faye

Dans un discours au ton inhabituellement agressif, Sonko a dénoncé un « problème d’autorité », voire une « absence d’autorité » au sommet de l’État. Des mots perçus comme une attaque directe contre le président, accusé de ne pas le soutenir face aux critiques médiatiques et politiques.

« On ne peut tolérer qu’un homme, père de famille et chef d’institution, soit traîné quotidiennement dans la boue sous couvert de liberté d’expression », a-t-il lancé, exigeant que le président « s’y oppose fermement ». Plus surprenant encore, il a interpellé Diomaye Faye : « Qu’il prenne ses responsabilités, sinon qu’il me laisse faire ».

Un tandem en crise ?

Cette sortie publique, rare dans l’histoire politique sénégalaise où le Premier ministre est traditionnellement soumis à l’autorité présidentielle, a immédiatement fait l’effet d’une bombe. Le journal L’Enquête titre sur un « divorce en live », tandis que les analystes évoquent des « divergences majeures ».

Pour le politologue Moussa Diaw, cette crise était prévisible : « Tout se passe comme si le chef du gouvernement était le mentor du chef de l’État. Or, constitutionnellement, c’est l’inverse. » En effet, c’est Sonko qui, empêché par ses démêlés judiciaires, avait propulsé Diomaye Faye à la présidentielle. Une dynamique qui complique aujourd’hui leur relation.

Un risque pour la stabilité institutionnelle ?

Certains experts s’inquiètent des conséquences de cette crise. Demba Gueye, enseignant en sciences politiques, met en garde : « Ce discours est dangereux. Il fragilise l’institution présidentielle dans un régime où le chef de l’État est censé incarner l’autorité suprême. »

Du côté de la présidence, on minimise l’incident, évoquant une simple « frustration » de Sonko. Mais l’opposition, elle, presse Diomaye Faye de réagir : « Va-t-il démettre son Premier ministre pour affirmer son autorité ? », s’interroge un cadre de l’ex-PDS.

Et maintenant ?

Alors que Sonko affirme ne « pas vouloir démissionner », la balle est dans le camp du président. Ce dernier devra trancher : apaiser les tensions ou activer l’article 55 de la Constitution, qui lui permet de révoquer son chef de gouvernement.

Une chose est sûre : cette crise ouverte marque un tournant dans le mandat de Diomaye Faye, dont la légitimité est désormais publiquement contestée… par son propre bras droit.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfrique

Kagame reçoit Uhuru Kenyatta pour discuter de la crise dans l’Est de la RDC : Entre dialogue et suspicions

by admin9775 12 juillet 2025
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Le président rwandais Paul Kagame a reçu ce vendredi l’ancien président kényan Uhuru Kenyatta, l’un des facilitateurs désignés par la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) pour le processus de paix dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Les deux dirigeants ont tenu un tête-à-tête à Kigali, officiellement axé sur « les efforts en cours pour une paix durable en RDC et l’analyse des causes profondes du conflit ». Cependant, cette rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions régionales, alimentant les spéculations sur d’éventuelles manœuvres politiques derrière les apparences diplomatiques.

Un dialogue sous haute surveillance

Alors que la rébellion du M23, soutenue selon plusieurs rapports internationaux par Kigali, continue de contrôler des zones clés du Nord-Kivu, cette discussion entre Kagame et Kenyatta suscite des interrogations. Les autorités congolaises et une partie de l’opinion publique y voient une « conspiration » après les récentes pressions américaines sur Kinshasa pour un dialogue avec les rebelles.

Uhuru Kenyatta, en tant que médiateur régional, est censé œuvrer pour une solution inclusive. Pourtant, sa rencontre avec Kagame, sans la présence des représentants congolais, laisse planer le doute sur une possible approche unilatérale qui ignorerait les préoccupations de la RDC.

Washington dans l’équation ?

Cette rencontre fait suite aux récentes déclarations des États-Unis, qui ont exhorté Kinshasa à « engager un dialogue direct avec le M23 », une position perçue comme un soutien indirect aux rebelles. Le timing de ces discussions alimente ainsi les craintes d’une coordination entre Kigali, certains acteurs régionaux et les puissances occidentales pour imposer une solution favorable au M23.

La RDC en alerte

Le gouvernement congolais, qui réclame depuis des mois le retrait inconditionnel du M23 et la fin du soutien rwandais aux rebelles, observe avec méfiance ces développements. Pour Kinshasa, toute négociation doit passer par un cadre légitime, excluant les groupes armés et respectant la souveraineté congolaise.

Alors que les pourparlers se multiplient en coulisses, la question reste entière : s’agit-il d’une réelle volonté de paix ou d’une manœuvre pour légitimer l’agenda du M23 et ses soutiens ?

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UneMonde

Washington annonce des sanctions contre plusieurs dirigeants cubains, dont le président Miguel Diaz-Canel

by admin9775 12 juillet 2025
written by admin9775

Quatre ans exactement après des manifestations anti-gouvernementales inédites à Cuba, les États-Unis ont annoncé vendredi 11 juillet des sanctions contre plusieurs dirigeants de l’île communiste. Le président Miguel Diaz-Canel et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense, notamment, sont visés par des restrictions de visas pour entrer sur le sol américain.

Quatre ans tout juste après les manifestations historiques qui ont secoué Cuba, Les États-Unis ont annoncé des sanctions inédites contre plusieurs dirigeants cubains, dont le président Miguel Diaz-Canel, vendredi 11 juillet, faisant monter d’un cran la pression sur l’île communiste. Ce dernier est sanctionné « pour son rôle dans la brutalité exercée par le régime à l’encontre du peuple » cubain, a indiqué le secrétaire d’État Marco Rubio sur son compte X, précisant que Miguel Diaz-Canel faisait désormais l’objet d’une restriction de visa pour entrer sur le territoire américain.

Deux ministres – celui de la Défense – Alvaro Lopez Miera, et celui de l’Intérieur – Lazaro Alberto Alvarez Casas – sont également sanctionnés, ainsi que de « nombreux responsables judiciaires et pénitentiaires cubains impliqués dans la détention injuste et la torture des manifestants de juillet 2021 » pour « leur implication dans des violations flagrantes des droits humains », précise par ailleurs le Département d’État dans un communiqué. Enfin, celui-ci a aussi ajouté un hôtel d’État de 42 étages récemment inauguré à La Havane sur la liste des lieux interdits aux Américains « pour éviter que les dollars américains financent la répression du régime cubain ».

Politique de pression maximale

Les États-Unis « peuvent imposer des sanctions migratoires contre des dirigeants révolutionnaires et maintenir une guerre économique prolongée et sans merci contre Cuba, mais ils n’ont pas la capacité de faire plier la volonté de ce peuple ou de ses dirigeants », a réagi le chef de la diplomatie cubaine, Bruno Rodriguez, là encore sur X.

Les 11 et 12 juillet 2021, des milliers de Cubains étaient descendus dans les rues de l’île pour réclamer plus de liberté et de meilleures conditions de vie. Ces manifestations antigouvernementales, d’une ampleur jamais vue depuis la révolution castriste de 1959, avait fait un mort, des dizaines de blessés et des centaines de personnes avaient été arrêtées. Le même jour, Miguel Diaz-Canel, au pouvoir depuis 2019, avait lancé à la télévision un « ordre de combattre » à tous les Cubains soutenant le gouvernement pour qu’ils sortent dans la rue s’opposer aux manifestants.

Washington a toujours condamné la répression du gouvernement cubain à l’égard des manifestants, dont plusieurs centaines ont été condamnés, parfois jusqu’à 25 ans de prison. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier dernier a tendu encore davantage les relations entre les deux pays. Fin juin, le président américain a par exemple signé un « mémorandum » destiné à renforcer sa politique de pression maximale sur l’île communiste, sous embargo économique depuis 1962, le Département d’Etat affirmant ce vendredi « prendre des mesures pour mettre en oeuvre » cette politique.

Selon les États-Unis, 700 personnes sont toujours emprisonnées pour leur participation aux manifestations de juillet 2021 à Cuba. Les organisations de défense des droits humains estiment, quant à elles, que leur nombre se situe entre 360 et 420. Parmi la centaine de manifestants condamnés, certains ont été libérés ces derniers mois après avoir purgé leur peine. D’autres ont été remis en liberté dans le cadre d’un accord négocié sous les auspices du Vatican après le retrait, en janvier, de l’île de la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme par l’ex-président Joe Biden. Une décision révoquée par la suite par Donald Trump…

RFI

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À la UnePolitique

Le Gouvernement congolais dénonce la réouverture unilatérale des frontières par l’Ouganda dans les zones sous contrôle du M23

by admin9775 12 juillet 2025
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Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a vivement réagi ce vendredi à la décision de l’Ouganda de rouvrir, depuis le 10 juillet, plusieurs postes-frontières avec l’Est de la RDC, notamment celui de Bunagana, une localité stratégique toujours sous contrôle du mouvement rebelle M23/AFC.

Cette annonce a été faite lors du Conseil des ministres hebdomadaire tenu à Kinshasa, où l’exécutif national a exprimé sa profonde inquiétude face à cette initiative qualifiée de « mesure unilatérale ». En effet, le poste-frontière terrestre de Bunagana, situé entre le district ougandais de Kisoro et le territoire congolais de Rutshuru (Nord-Kivu), a été rouvert sans la présence des autorités congolaises, alors que la zone reste occupée par les rebelles depuis juin 2022.

Une décision contestée et des risques financiers pour le M23

Le gouvernement congolais a mandaté la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, pour exiger des explications claires auprès des autorités ougandaises. Cette réouverture soulève en effet des craintes quant à un possible financement indirect des activités du M23.

Selon un rapport du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC (décembre 2022), les taxes imposées par les rebelles à Bunagana et Kitagoma constituaient une source importante de revenus pour leurs opérations militaires. Par exemple, en octobre 2022, près de 500 piétons traversaient quotidiennement la frontière en payant environ 7 000 shillings ougandais (1,80 USD), générant près de 27 000 USD par mois pour le M23. Des prélèvements supplémentaires sur le bétail (7 USD par tête) et l’accès aux terres agricoles (3 USD) étaient également en vigueur.

Une violation des mesures congolaises

Dès le 20 juin 2022, Constant Ndima, alors gouverneur militaire du Nord-Kivu, avait interdit toute importation ou exportation via Bunagana, avertissant que toute marchandise transitant par ce poste serait considérée comme une fraude et une collaboration avec l’ennemi.

Les autorités provinciales redoutent aujourd’hui que cette réouverture unilatérale ne permette aux rebelles de renflouer leurs caisses, compromettant ainsi les efforts de stabilisation de la région. La RDC exige donc une coordination bilatérale pour toute décision concernant ses frontières, rappelant que la souveraineté et la sécurité nationale ne sauraient être négociées.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfrique

Une centaine de membres d’un gang tués dans une embuscade de l’armée au Nigeria

by admin9775 12 juillet 2025
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L’armée nigériane a lancé mercredi une opération militaire, impliquant des avions de chasse, sur le convoi d’un groupe armé qui traversait des villages de l’État de Kebbi. Selon un responsable politique local, 150 membres d’un groupe criminel ont été tués.

Des soldats nigérians ont tué au moins 150 membres d’un groupe criminel lors d’une embuscade mercredi dans l’État de Kebbi (nord-ouest du Nigeria), a déclaré jeudi 10 juillet un responsable politique local.

« Plus de 150 bandits ont été tués au cours de l’opération militaire qui a impliqué des troupes au sol et des avions de chasse », a déclaré Husaini Bena, l’administrateur politique du district de Danko-Wasagu.

Les troupes ont tendu une embuscade à un imposant convoi de membres d’un groupe armé qui traversait mercredi des villages de l’État de Kebbi. Une fusillade de deux heures s’en est suivie entre l’armée et le gang.

Les militaires les ont forcés à battre en retraite et les avions de chasse « les ont bombardés alors qu’ils fuyaient », a ajouté Husaini Bena.

Intensification des attaques dans les zones rurales

AbdulRahman Zagga, directeur de la sécurité auprès du gouverneur local, a confirmé l’incident dans un communiqué. Il a indiqué que les troupes avaient combattu environ 400 membres du groupe, « ce qui a permis d’éliminer un grand nombre » d’entre eux, sans toutefois donner de bilan.

Ces dernières années, des gangs lourdement armés ont intensifié leurs attaques dans les zones rurales du nord-ouest et du centre du Nigeria, où la présence de l’État est faible, pillant des villages, tuant les habitants et commettant des enlèvements contre rançon.

Dimanche, des membres d’un groupe armé ont tué au moins 40 membres d’un groupe d’autodéfense lors de l’attaque d’un village dans l’État de Plateau (centre) et des affrontements qui ont suivi, a appris l’AFP mardi auprès de la Croix-Rouge et d’habitants.

AFP

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À la UneSociété

Un élu en colère après la destruction de sa résidence à Kinshasa

by admin9775 11 juillet 2025
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Le député national Godé Mpoyi a vivement réagi après la démolition de sa maison située sur l’avenue Allée Verte, dans le quartier Jolie-Parc (commune de Ngaliema). Cette opération s’inscrit dans le cadre des récentes mesures visant à éliminer les constructions jugées illégales dans la capitale congolaise.

Une déclaration choc à la télévision

Lors d’une émission télévisée, l’ancien président de l’assemblée provinciale de Kinshasa, visiblement furieux, a tenu des propos surprenants : « Si je n’étais pas pasteur, vous m’auriez retrouvé à Goma dans les rangs de la rébellion ». Cette déclaration explosive souligne l’ampleur de sa colère face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante.

Un avertissement sur les conséquences sociales

Le parlementaire a mis en garde contre les effets pervers de telles actions : « En agissant ainsi, vous créez vous-mêmes les conditions de la rébellion. Comment voulez-vous ensuite condamner ceux qui prennent les armes quand on traite ainsi les citoyens ? » Selon lui, ces méthodes contribuent à alimenter l’instabilité dans le pays.

Des accusations contre les autorités municipales

Membre de l’Union sacrée de la nation, la plateforme présidentielle, Godé Mpoyi n’a pas mâché ses mots : « Ma maison, je l’ai acquise par mon travail honnête, contrairement à certains voleurs qui nous gouvernent ». Il accuse nommément certains responsables de la ville d’avoir personnellement ciblé sa propriété, évoquant également une précédente affaire de prétendus virements suspects sur son compte bancaire.

Contexte des démolitions à Kinshasa

Cette polémique intervient alors que les autorités urbaines intensifient depuis quelques jours leur campagne de libération des emprises publiques. Les opérations ont particulièrement touché l’avenue Trois Vallées et plusieurs quartiers de la capitale, suscitant de vives réactions parmi les habitants concernés.

Analyse des implications politiques

Cette affaire révèle plusieurs tensions sous-jacentes :

  1. La sensibilité des opérations d’urbanisme dans la capitale
  2. Les relations complexes entre élus et administration municipale
  3. Le risque de politisation des mesures d’ordre public

Alors que la colère de l’élu fait des vagues dans les médias et sur les réseaux sociaux, les autorités concernées n’ont pas encore réagi officiellement à ces accusations. Cette situation pourrait potentiellement alimenter le débat sur les méthodes employées dans la restructuration urbaine de Kinshasa.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfrique

Centrafrique: les groupes armés 3R et UPC officiellement dissous

by admin9775 11 juillet 2025
written by admin9775

À la veille de l’entrée en vigueur de l’accord de paix qu’ils ont conclu le 19 avril avec le gouvernement centrafricain, les chefs des groupes armés 3R et UPC ont officiellement dissous leur mouvement, ce jeudi 10 juillet, au cours d’une cérémonie organisée à Bangui en présence de nombreuses personnalités.

Les groupes rebelles centrafricains de l’Union pour la paix en Centrafrique (UPC) et Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) n’existent plus. Conformément à l’accord de paix signé avec le gouvernement le 19 avril qui doit entrer en vigueur ce vendredi 11 juillet, l’un et l’autre ont été officiellement dissous par leur responsables respectifs lors d’une cérémonie organisée à Bangui.

C’est le président centrafricain en personne, Faustin-Archange Touadéra, qui en a donné le coup d’envoi aux environs de 14h30, jeudi 10 juillet, en présence de représentants des autorités tchadiennes, du corps diplomatique, de la Minusca et des responsables religieux. Drapés dans des boubous bleu et blanc, le général Sembé Bobo, leader des 3 R, et Ali Darassa, chef de l’UPC, ont alors symboliquement déposé à tour de rôle des kalachnikov sur une table pour signifier la fin des hostilités. Les deux chefs de guerre ont ensuite successivement pris la parole.

« Au nom de notre mouvement, les 3R, nous sommes ici pour répondre à l’appel de la paix [et] nous nous engageons à honorer cet accord pour l’intérêt suprême de la nation », a d’abord déclaré le général Sembé Bobo avant de poursuivre : « Il y a un adage qui dit : « Il y a un temps pour la guerre et un temps pour la paix ». Nous sommes aujourd’hui ici pour répondre à l’appel de la paix. De mon côté […], je vous assure que je respecterai tous les engagements que j’ai pris ».

« Cet énième accord n’est pas un signe de faiblesse »

Après avoir fait une promesse similaire, Ali Darassa a, lui, demandé dans son allocution au gouvernement centrafricain d’en faire de même, et notamment de respecter les garanties sécuritaires prévues par l’accord, d’insérer les groupes signataires à la gestion des affaires publiques et d’intégrer progressivement les combattants désarmés dans des programmes de réinsertion et de développement communautaire.

Principal facilitateur du texte signé le 19 avril, le Tchad, représenté par son ministre de la Défense, Issakha Malloua Djamous, a pour sa part encouragé toutes les parties à rester fidèle à son esprit. « La persistance de l’instabilité en Centrafrique pourrait déstabiliser le Tchad », a-t-il dit, avant de recommander à tous de travailler « main dans la main ».

Puis Faustin-Archange Touadéra a repris la parole pour saluer les efforts de chacun. « Cet énième accord n’est pas un signe de faiblesse » a expliqué le président qui s’est dit aussi convaincu « que le dialogue contribuera au développement de la Centrafrique », avant de redemander « la cessation immédiate des hostilités par un cessez-le-feu, la renonciation définitive au recours aux armes et à la violence et la remise des armes au gouvernement dans le cadre du processus DDR [nom donné au programme de Désarmement, Démobilisation et Réintégration des éléments des groupes politico-militaires dans le pays, NDLR] ».

Dans le sillage de l’accord conclu avec l’UPC et 3R, le gouvernement centrafricain est par ailleurs actuellement en négociation avec d’autres mouvements rebelles qui ont fait part de leur volonté de revenir dans l’accord politique pour la paix et la réconciliation signé en 2019 à Khartoum entre Bangui et 14 groupes armés. Les milices anti-balaka et le Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) en font notamment partie.

RFI

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À la UneProvince

Réouverture du poste frontalier de Bunagana : une décision ougandaise qui fait polémique

by admin9775 11 juillet 2025
written by admin9775

Les autorités ougandaises ont procédé ce jeudi 10 juillet 2025 à la réouverture unilatérale du poste frontalier de Bunagana, situé entre le district de Kisoro en Ouganda et le territoire de Rutshuru en République démocratique du Congo. Cette initiative intervient alors que la partie congolaise de cette zone frontalière reste sous contrôle du mouvement rebelle AFC/M23 depuis son occupation en juin 2022.

Une cérémonie sans représentants congolais

Le gouverneur ougandais de Kisoro, Abel Bizimana, a présidé personnellement les célébrations marquant cette réouverture. Lors de son allocution, il a qualifié cet événement de « moment historique » pour le commerce transfrontalier, soulignant qu’il symbolisait « l’unité culturelle et économique entre nos deux nations ». Selon ses déclarations, cette mesure ouvrirait la voie à une coopération régionale plus forte et plus prospère.

Reprise immédiate des activités commerciales

Dès l’annonce de la réouverture, les observateurs sur place ont constaté :

  • Un important flux de véhicules commerciaux et particuliers traversant la frontière
  • La suppression des barrières douanières sans consultation préalable avec les autorités congolaises
  • La reprise des échanges après trois années d’interruption complète

Réactions contrastées des différents acteurs

Le mouvement AFC/M23 a immédiatement exprimé son soutien à cette décision par le biais de ses canaux de communication officiels. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le groupe rebelle a adressé ses « remerciements les plus sincères » au président ougandais Yoweri Museveni, qualifiant cette initiative de « preuve d’un leadership éclairé » qui favoriserait la libre circulation des personnes et des marchandises.

Enjeux économiques et questions de souveraineté

Cette réouverture soulève plusieurs problématiques majeures :

  1. Sur le plan économique, elle risque de renforcer les ressources du M23 tout en affaiblissant les postes frontaliers officiels de la RDC comme celui de Kasindi Lubiriha
  2. Sur le plan politique, elle constitue une remise en question de la souveraineté congolaise sur son territoire national
  3. Sur le plan sécuritaire, elle pourrait déstabiliser davantage une région déjà en proie à des tensions

Contexte et implications régionales

Cette décision s’inscrit dans un cadre plus large où :

  • Le président Museveni a ordonné la réouverture de plusieurs points de passage frontaliers
  • Seuls les échanges limités étaient autorisés jusqu’à présent
  • Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à cette initiative

Perspectives et conséquences potentielles

Cette évolution marque un tournant dans les relations complexes entre la RDC et l’Ouganda, où se croisent :

  • Des intérêts économiques et commerciaux
  • Des questions de souveraineté territoriale
  • La présence de groupes armés dans l’est de la RDC

La réaction des autorités congolaises et l’impact réel de cette mesure sur l’équilibre régional restent à observer dans les prochains jours, alors que la situation continue d’évoluer dans cette zone sensible des Grands Lacs africains.

Par Basengezi Ntomo, correspondant à Goma
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À la UnePolitique

Négociations cruciales à Doha entre la RDC et le M23 : les ministres de l’Intérieur rwandais et congolais en première ligne

by admin9775 11 juillet 2025
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Les ministres de l’Intérieur du Rwanda et de la République démocratique du Congo, Vincent Biruta et Jacquemain Shabani respectivement, participent activement aux pourparlers de paix à Doha. Ces discussions, organisées sous l’égide du Qatar avec le soutien des États-Unis, de l’Union africaine et du Togo comme observateurs, représentent une étape clé dans la mise en œuvre de l’accord de Washington signé le 27 juin dernier.

Selon des informations obtenues par RFI, la présence des deux ministres répond à une invitation formelle du médiateur qatarien. Cette participation de haut niveau, vivement souhaitée par Washington depuis fin juin, vise à donner une impulsion décisive au processus de paix. Les négociations actuelles se concentrent sur la résolution des causes profondes du conflit dans l’est de la RDC, un dossier complexe nécessitant selon les experts un engagement soutenu et une approche réfléchie.

Des sources bien informées révèlent qu’en mai dernier, le Qatar avait déjà soumis un projet d’accord de paix aux différentes parties. Ce document a depuis fait l’objet de plusieurs révisions à l’issue de consultations approfondies à Doha. L’objectif prioritaire des médiateurs consiste désormais à rapprocher les positions divergentes en vue d’aboutir à un accord durable, conditionné au strict respect des engagements par toutes les parties concernées.

Dans un développement parallèle, une source congolaise proche des négociations a confié à l’Agence Congolaise de Presse que le groupe armé M23, soutenu par Kigali selon plusieurs rapports internationaux, réclamerait l’administration exclusive des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu pour une période de huit ans. Cette demande inclurait le contrôle total des aspects administratifs, sécuritaires, économiques et politiques de ces deux régions riches en ressources minières.

Ces révélations suscitent de vives inquiétudes parmi les observateurs, confirmant les craintes d’une possible mainmise déguisée sur ces territoires stratégiques. La position du M23, perçue comme excessive par de nombreux analystes, risque selon eux de compliquer davantage les négociations déjà délicates.

Le président américain Donald Trump a annoncé l’organisation prochaine d’un sommet à la Maison Blanche réunissant les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame. Cette rencontre viserait à finaliser l’accord de paix, bien que certaines questions sensibles, comme le statut du M23, ne figurent pas explicitement dans le document actuel.

Alors que le processus diplomatique se poursuit, la communauté internationale reste attentive à l’évolution de ces négociations qui pourraient marquer un tournant décisif dans la résolution d’un conflit qui dure depuis près de trois décennies dans la région des Grands Lacs. Les prochains jours devraient apporter des éclaircissements sur la faisabilité d’un compromis acceptable par toutes les parties impliquées.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Le cardinal Ambongo dénonce l’accord RDC-USA lors d’un sommet au Vatican

by admin9775 11 juillet 2025
written by admin9775

Ce jeudi 10 juillet 2025, lors de la présentation du document préparatoire des Églises d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine en prélude à la COP30 au Vatican, le cardinal Fridolin Ambongo a vivement critiqué l’accord récent entre la RDC et les États-Unis. L’archevêque métropolitain de Kinshasa a fustigé ce qu’il a qualifié de « solution de Trump », la comparant à une approche similaire qui avait échoué en Ukraine.

« Alors que nos communautés manquent d’eau potable, la course aux minerais stratégiques alimente la prolifération des groupes armés en Afrique », a déclaré le cardinal Ambongo devant l’assemblée. Il a particulièrement visé la proposition américaine visant à échanger les minerais du Nord-Kivu et du Sud-Kivu contre une médiation entre la RDC et le Rwanda, une formule que l’ancien président américain avait tenté sans succès dans le conflit russo-ukrainien.

Le prélat congolais a exprimé sa frustration face à ce qu’il considère comme des solutions imposées : « Il a tenté cette approche en Ukraine. Ça n’a pas fonctionné. Mais chez nous, tout le monde s’inquiète, tout le monde a peur de Trump ». Avant de conclure avec fermeté : « Assez de fausses solutions, assez de décisions prises sans écouter les populations concernées ».

Cet accord controversé, qui évite soigneusement la question du M23 – principal groupe armé responsable des massacres dans l’est de la RDC – impose notamment à Kinshasa de localiser et neutraliser les FDLR, une milice à majorité tutsi que le régime rwandais présente comme une menace à sa sécurité.

Donald Trump a pour sa part annoncé mercredi 9 juillet que les présidents Tshisekedi et Kagame seraient reçus à la Maison Blanche dans les deux prochaines semaines pour finaliser l’accord. « Ils sont en guerre depuis 30 ans, avec des millions de morts. Nous sommes très heureux d’avoir pu résoudre ce problème », a déclaré l’ancien président américain.

Cette sortie médiatique du cardinal Ambongo intervient alors que la communauté internationale reste divisée sur l’efficacité réelle de cet accord, certains y voyant une avancée diplomatique, d’autres une simple formalisation des intérêts économiques américains dans la région des Grands Lacs.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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