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À la Une

À la UneCommunications politiques

Jean-Marc Kabund-a-Kabund exige un vrai dialogue, pas un « monologue » du pouvoir

by admin9775 8 février 2026
written by admin9775

Dans un contexte sécuritaire et politique en dégradation constante, la voix de l’opposition institutionnelle se fait plus pressante. Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président de la Coalition de la Gauche Congolaise (CGC), a lancé un appel solennel pour l’ouverture immédiate d’un dialogue politique national véritablement inclusif. Présenté comme « l’ultime rempart » contre la désintégration nationale, cet appel a été formulé lors de la cérémonie d’échange de vœux avec les responsables des partis membres de la CGC.

Face à une assemblée de cadres politiques, M. Kabund a dressé un tableau sombre de la situation nationale, pointant du doigt l’aggravation dramatique de la crise sécuritaire dans l’Est, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri, et son inquiétante propagation à d’autres régions. « Cette spirale de violence ne fait pas que endeuiller le pays ; elle sape méthodiquement notre cohésion nationale, rendant la République vulnérable aux menaces de balkanisation et aux appétits prédateurs de puissances étrangères », a-t-il averti.

Pour le leader de la CGC, le dialogue n’est ni une fin en soi, ni une marque de faiblesse de l’opposition, mais une « solution intermédiaire indispensable ». Il en définit la finalité opérationnelle : imposer un cessez-le-feu durable, négocier un accord politique global, et tracer une feuille de route incontestable conduisant à des élections crédibles, transparentes et apaisées, dans le strict respect du calendrier constitutionnel.

Réfutant avec véhémence les accusations d’opportunisme, M. Kabund a ancré sa proposition dans l’histoire politique congolaise. « De la Table ronde de Bruxelles aux divers dialogues nationaux, notre pays a systématiquement trouvé dans le dialogue la clé pour sortir des impasses les plus graves, éviter le chaos et préserver notre intégrité territoriale », a-t-il rappelé, invitant à tirer les leçons du passé.

Toutefois, l’homme politique a immédiatement posé des garde-fous, mettant en garde contre tout « monologue politique déguisé ». Il a estimé qu’un pouvoir dont la légitimité est contestée ne saurait organiser seul les règles, choisir ses interlocuteurs ou imposer des lignes rouges. « Pour être légitime et porteur d’une paix durable, le dialogue doit être inclusif, équilibré, et placé sous une facilitation neutre et acceptée par tous », a-t-il insisté.

La participation de la CGC à un tel processus est conditionnée au respect de « principes sacro-saints » : l’inviolabilité de la Constitution, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. Jean-Marc Kabund a également listé des préalables politiques concrets, présentés comme des tests de bonne foi : la libération sans conditions des prisonniers politiques et d’opinion, la cessation des arrestations arbitraires, le retour garanti des exilés et la réouverture effective de l’espace démocratique et médiatique.

Cet appel intervient à un moment de forte tension, où la communauté nationale et internationale s’interroge sur les voies possibles pour stabiliser la RDC. La balle semble désormais dans le camp des autorités, sommées de répondre à une proposition qui se veut à la fois un rappel historique et un cadre de sortie de crise.

Par Marius Bopenga
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8 février 2026 0 comments
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À la Une

Washington réunit 54 pays pour redessiner le secteur minier mondial, la RDC au centre, le Rwanda absent

by admin9775 7 février 2026
written by admin9775

Les États-Unis ont franchi une étape décisive dans la reconfiguration stratégique des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. En réunissant au département d’État les représentants de 54 pays partenaires et de l’Union européenne, l’administration américaine a affiché sa volonté de « refaçonner les circuits d’approvisionnement » essentiels à la transition énergétique et à la sécurité nationale, marquant une rupture nette avec les logiques de marché traditionnelles.

Une assemblée inédite où la RDC s’impose, le Rwanda brille par son absence

Cette table ronde ministérielle a consacré l’élévation des minerais au rang d’enjeu géostratégique de premier plan. La participation de la délégation congolaise, dirigée par le ministre des Mines Louis Watum Kabamba et le conseiller présidentiel Jean-Marie Kanda Ntumba, a souligné le rôle central de la RDC dans cette nouvelle architecture. À l’inverse, l’absence du Rwanda n’est pas passée inaperçue, interprétée comme le signe que l’adhésion à ces nouvelles alliances se fonde désormais sur des critères de traçabilité, de gouvernance des ressources et de cohérence géopolitique.

Le ton donné par Washington : sécurité et interventionnisme étatique

Dès l’ouverture, les autorités américaines ont fixé le cadre. Après le secrétaire d’État Marco Rubio, le vice-président JD Vance a affirmé que les États-Unis entendaient « structurer et sécuriser les chaînes d’approvisionnement (…) au-delà de seules logiques de marchés ». Cette déclaration acte un interventionnisme économique assumé pour réduire les dépendances et contrer l’influence d’autres puissances, notamment la Chine.

Des instruments concrets pour une nouvelle gouvernance minière

Les discussions ont porté sur la mise en place d’outils structurants :

  1. Le lancement de FORGE (Forum for Ore and Resource Geostrategic Engagement) : Un cadre de coopération privilégié entre les 55 pays pour sécuriser l’accès aux ressources.
  2. Des prix planchers : Pour stabiliser les marchés volatils.
  3. Le « Project Vault » : Un programme de stockage stratégique de 12 milliards de dollars destiné à protéger l’industrie américaine contre les ruptures d’approvisionnement.

Pour la RDC, un enjeu historique de souveraineté et de transformation

Pour Kinshasa, détentrice d’immenses réserves de cobalt, cuivre, lithium et terres rares, cette initiative ouvre une fenêtre d’opportunité historique. Elle est invitée à évoluer d’un rôle de simple fournisseur de matières premières vers celui de pôle de transformation locale et d’intégration dans les chaînes de valeur à haute technologie.

Selon le ministère des Mines congolais, ce mouvement marque le passage vers une économie minière pilotée par des choix stratégiques étatiques. L’enjeu pour la RDC est de transformer son potentiel géologique en levier de souveraineté économique durable, en s’inscrivant au cœur des chaînes de valeur que Washington entend redessiner – avec Kinshasa comme partenaire de premier plan. Cette dynamique place également la gouvernance et la traçabilité au cœur de la légitimité internationale dans le secteur minier, un point qui isole diplomatiquement les acteurs associés au pillage des ressources, comme le Rwanda est accusé de le faire en RDC.

Par Pascal Kabeya
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À la UneSociété

Le Gouvernement annonce la reprise du contrôle de plusieurs localités du Sud-Kivu par les FARDC

by admin9775 7 février 2026
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Le ministre de la Défense nationale a indiqué, lors du conseil des ministres du vendredi 6 février, que dans le Sud-Kivu, les Forces armées de la RDC, (FARDC) ont fait échec aux attaques de « la coalition RDF-M23-AFC » en reconquérant plusieurs localités dont Minembwe-centre.

Les FARDC poursuivent actuellement la défense du territoire dans les moyens et hauts plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga, a ajouté le ministre.

Le 2 février, les autorités militaires avaient indiqué que les FARDC ont infligé de lourdes pertes à la coalition rebelle dans le territoire de Fizi, neutralisant plus de 30 combattants M23/RDF et capturant plusieurs autres éléments alliés, dont des membres des groupes Twigwaneho et Ngumino.

Malgré ces succès militaires, la situation sécuritaire demeure fragile. Les Hauts Plateaux restent fortement militarisés, et les populations civiles continuent de subir les conséquences des affrontements, entre déplacements massifs et violences.

Des sources humanitaires rapportent que l’escalade des affrontements armés depuis décembre 2025 dans le Sud-Kivu a provoqué le déplacement de plus de 500 000 personnes, touchant notamment Uvira, Walungu, Mwenga, Shabunda, Kabare, Fizi et Kalehe .

Le nombre de déplacés internes ne cesse d’augmenter dans le territoire de Fizi, province du Sud-Kivu, à la suite des affrontements violents qui opposent les FARDC, appuyées par les Wazalendo, à la coalition des milices Twirwaneho-Gumino-Red Tabara. Les combats de jeudi 5 février, dans la petite contrée communément appelée « Point Zéro », ont provoqué un nouveau déplacement massif de populations.

L’administrateur du territoire de Fizi, Samy Badibanga Kalonji, reformule son appel à une aide humanitaire d’urgence en faveur des personnes rendues vulnérables par ces guerres à répétition. Selon lui, le nombre de déplacés internes avoisine désormais un million sur l’ensemble du territoire de Fizi.

« Sur l’ensemble du territoire de Fizi, nous avoisinons plus d’un million de déplacés internes. Le premier lot est celui de l’année passée, et le second est lié aux récents affrontements », a déclaré Samy Badibanga Kalonji.

Des affrontements dans les Hauts Plateaux

Les combats ont opposé les FARDC aux groupes armés Twirwaneho, Red Tabara, FNL Zabampema, Android et Vijana Power, qui ont attaqué les positions de l’armée dans les villages Point Zéro et Tuwetuwe. Ces violences ont entraîné le déplacement massif de populations qui espéraient vivre sous la protection des forces régulières.

Selon l’administrateur, les déplacés proviennent non seulement du territoire de Fizi, mais aussi de la ville d’Uvira, des territoires de Mwenga et de Kabambare dans la province voisine du Maniema, ainsi que de certaines zones de la province du Tanganyika. Certains sont déplacés depuis l’année dernière, d’autres plus récemment à la suite de derniers affrontements.

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À la UneProvince

Kinshasa reporte la date limite de paiement de l’impôt foncier et de l’IRL au 28 février

by admin9775 7 février 2026
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Le gouvernement provincial de Kinshasa a accordé un délai supplémentaire aux contribuables pour s’acquitter de leurs obligations fiscales. La date limite de paiement de l’impôt foncier et de l’impôt sur les revenus locatifs (IRL), qui devait initialement expirer le 2 février, a été repoussée au 28 février 2026.

Cette décision, annoncée par les autorités de la ville, vise à « faciliter les démarches fiscales et accompagner les contribuables », selon un communiqué officiel. Elle concerne principalement les propriétaires fonciers et immobiliers, les bailleurs ainsi que les locataires redevables de l’IRL.

Un report pour encourager la « régularisation volontaire », pas une exonération

Le vice-gouverneur de la ville, Eddy Iyeli Molangi, a tenu à clarifier l’objectif de cette mesure. « Ce report ne signifie ni exonération ni annulation des impôts », a-t-il précisé. Il s’agit avant tout d’un « délai supplémentaire pour encourager la régularisation volontaire », tout en sensibilisant la population à l’importance du civisme fiscal.

Les services de la Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) restent mobilisés pour accompagner les déclarations et les paiements. Les contribuables peuvent effectuer leurs versements auprès des centres de la DGRK ou via des agents bancaires habilités.

Pénalités en cas de retard après le 28 février

Les autorités ont néanmoins rappelé que tout retard de paiement au-delà de la nouvelle date limite du 28 février sera sanctionné conformément à la législation fiscale en vigueur. Des pénalités de retard et des mesures de contrainte (saisies, oppositions) pourront être appliquées.

Financer le développement urbain de la capitale

Le gouvernement provincial justifie cette période de régularisation par un impératif de développement. Le respect de cette échéance est présenté comme « crucial pour assurer le financement des projets de développement urbain, améliorer les infrastructures et renforcer les services publics » destinés aux millions d’habitants de Kinshasa.

Cette mesure de souplesse administrative intervient dans un contexte où la pression fiscale s’accentue sur les ménages et les acteurs immobiliers, alors que les besoins de financement de la ville, confrontée à d’immenses défis d’infrastructures et de services, sont colossaux. Elle témoigne de la difficulté à concilier recouvrement efficace et réalité socio-économique des contribuables.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Le Président, Félix‑Antoine Tshisekedi pris part au National Prayer Breakfast à Washington

by admin9775 6 février 2026
written by admin9775

Ce jeudi 5 février 2026, le Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris part à la 74e édition du National Prayer Breakfast, à Washington. Cette rencontre annuelle, placée cette année sous le thème de la réconciliation et du dialogue, a réuni des responsables publics, des leaders d’opinion et des personnalités venues de divers horizons pour un moment de prière, de réflexion et d’échanges.

Dans son intervention, le Chef de l’État a inscrit son message dans l’esprit du thème retenu, en rappelant la valeur universelle de la dignité humaine :
« Affermis en nous cette conviction : plus forte que nos différences culturelles et la diversité de nos traditions religieuses, il existe, en chaque être humain, une lumière intérieure — une étincelle divine — qui fonde notre valeur, consacre notre dignité, et appelle de nous le respect. »

Au‑delà du rituel, cette 74e édition a également été l’occasion de porter l’attention sur les femmes et les hommes éprouvés par les crises contemporaines : victimes des guerres et de la violence, personnes touchées par le terrorisme, réfugiés et déplacés, enfants privés d’avenir par la misère, familles confrontées à l’injustice et aux inégalités. Autant de réalités qui appellent, a souligné le Président de la République, des politiques de réconciliation, des gestes concrets de justice et des choix responsables qui protègent la vie et rendent l’espérance possible.

Prenant la parole jeudi au National prayer breakfast, à Washington, le président américain, Donald Trump s’est montré particulièrement élogieux envers son homologue congolais, Félix Tshisekedi dont il a loué le courage.

Un magnifique hommage d’un Donald Trump réputé très critique envers d’autres dirigeants. À la 74e édition de National prayer breakfast, le républicain a dit tout le bien qu’il pensait de Félix Tshisekedi. « Et nous avons aujourd’hui le plaisir d’accueillir un homme très courageux et admirable, le président de la République démocratique du Congo. Monsieur le président, pourriez-vous vous lever s’il vous plaît ? », voilà comment Trump a présenté Tshisekedi, demandant à l’assistance de l’applaudir.

Le 47e dirigeant des États-Unis a aussi réconforté son homologue dont le pays fait face à la crise humanitaire et surtout sécuritaire dans sa partie orientale. Face au chaos semé dans l’est par l’activisme des rebelles de l’AFC-M23, soutenus par le Rwanda, le président Trump a assuré le chef de l’État congolais quant au retour de la paix en République démocratique du Congo. « Vous êtes un homme vraiment courageux. Je sais ce que vous avez traversé. Je connais bien la situation. Cela a été difficile pendant de nombreuses années, mais maintenant, ça va mieux. Rien n’est facile. Mais les choses évoluent positivement. Tout ira bien. Vous êtes courageux, et nous apprécions votre présence ici. C’est un grand honneur. Un grand homme », a ajouté Trump.

Le Chef de l’État a, enfin, formulé un vœu de paix et de fraternité entre les nations, appelant à l’avènement d’un monde où la paix, la justice, la droiture, la liberté, la sécurité et la dignité soient davantage garanties pour tous.

Parallèlement à sa participation à la 74e édition du National Breakfast Prayer, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, s’est entretenu à Washington avec Pasteure Paula White – Cain, cheffe du « Bureau de la foi » de la Maison Blanche. 

Cette rencontre a permis de faire le point sur des partenariats basés sur des valeurs communes et la prospérité économique. Un engagement qui résonne avec la volonté de promouvoir la coopération économique accrue entre les États-Unis d’Amérique et la République Démocratique du Congo en favorisant les investissements mutuellement bénéfiques et les opportunités de développement qui soutiennent la croissance économique et contribuent à la prospérité de deux pays.

Créé en 1953 sous la présidence de Dwight D. Eisenhower, le National Prayer Breakfast est un rendez‑vous annuel à Washington qui vise à rassembler, dans un esprit de respect et d’écoute, des décideurs et des personnalités de sensibilités diverses autour d’un temps de prière et de dialogue.

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À la UneAfrique

Kagame rejette les accusations de pillage et impute la crise aux FDLR lors du dialogue national

by admin9775 6 février 2026
written by admin9775

Le président rwandais Paul Kagame a une nouvelle fois attribué les tensions avec la République démocratique du Congo (RDC) à la présence des rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) sur le territoire congolais, tout en rejetant catégoriquement toute motivation liée à l’exploitation des minerais ou à l’expansion territoriale. Il s’est exprimé lors de l’ouverture du dialogue national « Umushyikirano » à Kigali, un moment politique fort au Rwanda.

La menace FDLR, « seul » motif d’intervention selon Kagame

« Le problème que le Rwanda a avec la RDC concerne principalement les FDLR qui y sont présents, ainsi que l’idéologie génocidaire », a déclaré le chef de l’État rwandais. Il a accusé Kinshasa d’avoir « hébergé et armé » ces éléments, affirmant que certains auraient été intégrés à l’armée congolaise (FARDC). Pour Kagame, même si certains combattants sont âgés, la transmission idéologique aux jeunes générations rend la menace permanente.

Il a fermement démenti que les « mesures défensives » du Rwanda soient liées aux minerais congolais, qualifiant ces allégations de « prétentions ». « Si nous étions vraiment en RDC pour les minerais, le Rwanda serait cent fois plus riche que ce que nous sommes aujourd’hui », a-t-il affirmé.

Un conflit dont le Rwanda se présente comme victime et non comme instigateur

Kagame a insisté sur le caractère défensif de sa politique. « La guerre en RDC n’a pas été déclenchée par le Rwanda, ni n’a commencé à partir du Rwanda », a-t-il soutenu, évoquant des menaces sécuritaires persistantes « depuis 1994 », en référence au génocide contre les Tutsi.

Face aux menaces de sanctions internationales, il a adopté un ton martial : « Nous ne nous laisserons pas étouffer par les sanctions », a-t-il lancé, témoignant de sa détermination à résister aux pressions extérieures.

Un discours en opposition frontale avec les rapports internationaux

Ces déclarations interviennent alors que les preuves documentées de l’implication rwandaise s’accumulent :

  • Rapports de l’ONU : Les groupes d’experts mandatés par le Conseil de sécurité documentent régulièrement le soutien en troupes, équipements et commandement du Rwanda au M23.
  • Condamnations internationales : Les États-Unis et plusieurs pays européens ont exigé publiquement le retrait des troupes rwandaises de RDC et imposé des sanctions ciblées.
  • Contradiction avec les faits : Les récentes prises de villes stratégiques comme Uvira et le contrôle de zones minières par le M23, soutenu par Kigali, contredisent le narratif d’une intervention purement défensive contre les FDLR, un groupe militairement affaibli et dispersé.

Une stratégie de communication bien rodée face à l’isolement croissant

Le discours de Kagame à l’Umushyikirano sert plusieurs objectifs :

  1. Légitimation interne : Justifier l’effort de guerre et les sacrifices auprès de la population rwandaise en invoquant une menace existentielle.
  2. Défiance extérieure : Affirmer la souveraineté et l’intransigeance du Rwanda face à la pression occidentale.
  3. Inversion des responsabilités : Présenter le Rwanda comme la victime d’une agression et d’une diabolisation internationales, et la RDC comme un État complice de « génocidaires ».

Ce récit, bien que de moins en moins crédible aux yeux de la majorité de la communauté internationale, reste un pilier de la posture diplomatique de Kigali. Il permet de maintenir un certain soutien interne et de prolonger le flou stratégique, tandis que les opérations militaires se poursuivent en RDC. Le fossé entre ce discours et les constats onusiens ne cesse de se creuser, alimentant une crise de confiance majeure dans la région.

Par Marius Bopenga
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À la UnePolitique

À Washington, Tshisekedi plaide pour une application rigoureuse de l’accord de paix devant les parlementaires américains

by admin9775 6 février 2026
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En visite aux États-Unis, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est entretenu mercredi 4 février avec les membres influents de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Cette rencontre visait à relancer la dynamique autour de l’accord de paix signé à Washington en décembre 2025 et à consolider le partenariat stratégique bilatéral.

Le chef de l’État congolais a échangé avec le président de la Commission, Brian Mast, ainsi qu’avec les élus Chris Smith, Sarah Jacobs et Gregory Meeks. Au cœur des discussions : la mise en œuvre effective de l’accord de Washington, le renforcement du partenariat entre les deux pays, la protection des civils et le respect du droit international humanitaire.

Tshisekedi exige une « exécution rigoureuse » des engagements

Le président Tshisekedi a insisté sur la nécessité d’une « exécution rigoureuse des engagements pris par toutes les parties » pour garantir une paix durable dans la région des Grands Lacs. Il a reconnu le rôle de l’administration Trump, et du président Donald Trump personnellement, dans la création des « conditions politiques » ayant mené à la signature.

S’exprimant également sur la dimension économique du partenariat, Tshisekedi a affirmé la volonté de Kinshasa de bâtir des « partenariats équilibrés » fondés sur le respect mutuel et le partage équitable des bénéfices. Il a mis en avant le rôle stratégique de la RDC dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, présentés comme essentiels à la transition énergétique mondiale.

Les parlementaires américains saluent la rencontre et rappellent les obligations

Dans une déclaration officielle, les parlementaires américains ont salué la tenue de cet échange. Ils ont réaffirmé leur volonté de renforcer le partenariat avec la RDC, tout en rappelant avec fermeté « la nécessité pour toutes les parties de respecter leurs engagements envers l’Accord de Washington ». Cette formulation constitue un rappel implicite, mais clair, adressé au Rwanda et à ses alliés sur le terrain, concernant le retrait des troupes et la cessation des hostilités.

Une visite pour relancer une médiation en panne

Cette rencontre intervient alors que l’accord de Washington montre des signes d’essoufflement et de violation flagrante sur le terrain, notamment avec la prise d’Uvira par le M23 peu après sa signature. En s’adressant directement aux législateurs américains – qui contrôlent le budget et peuvent influencer la politique étrangère –, Tshisekedi cherche à mobiliser le Congrès comme un levier de pression supplémentaire sur l’administration en place pour qu’elle fasse respecter l’accord qu’elle a parrainé. Il tente également de recentrer le récit sur les minerais stratégiques, un argument susceptible de trouver un écho bipartisan à Washington pour des raisons à la fois économiques et de sécurité nationale.

Par Pascal Kabeya
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À la UnePolitique

Constant Mutamba, depuis sa cellule, pose ses conditions pour un dialogue « sincère » et rejette tout partage de pouvoir

by admin9775 5 février 2026
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Depuis sa détention, Constant Mutamba, leader du parti NOGEC et autoproclamé « chef de file de l’opposition républicaine », a adressé une lettre publique pour définir sa position sur le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Ce document, à la fois manifeste politique et récit personnel, vise à maintenir sa présence sur l’échiquier politique et à fixer un cadre exigeant pour toute négociation.

Un soutien conditionnel dans un « contexte charnière »

Mutamba affirme ne pas rejeter le principe du dialogue, qu’il voit comme une opportunité de « recréer la cohésion nationale » face à la « guerre d’agression rwandaise » à l’Est. Cependant, son soutien est strictement conditionné. Il exige, avant toute participation, la publication d’une feuille de route claire, la désignation de médiateurs crédibles et la définition d’un format transparent.

La lettre de Constant Mutamba depuis sa cellule n’est pas la plainte d’un perdant. C’est un diagnostic froid et un ultimatum salutaire adressé à toute la classe politique congolaise. Alors que le pouvoir parle d’« inclusivité » et d’« unité nationale », l’opposant emprisonné lui renvoie, preuves à l’appui, le reflet de ses contradictions.

Par Marius Bopenga
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À la UneEconomie

Corridor de Lobito : la RDC, la Zambie et l’Angola lancent une réunion de coordination à Luanda

by admin9775 5 février 2026
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La République démocratique du Congo (RDC), la Zambie et l’Angola tiennent depuis ce jeudi 5 février à Luanda, capitale angolaise, une réunion inaugurale de coordination, en partenariat avec la Banque mondiale, sur la mise en œuvre du projet stratégique du corridor de Lobito. Cette rencontre de deux jours réunit les ministres des Transports, des Finances et du Commerce extérieur des trois pays, avec pour objectif d’aligner les politiques, coordonner les investissements et mobiliser les partenaires publics et privés.

Présenté comme un levier de croissance économique, de commerce intra-africain et de création d’emplois, le corridor de Lobito relie l’Afrique australe et centrale aux marchés mondiaux. Donnant le coup d’envoi de cette réunion, le président angolais João Lourenço a appelé les États et les partenaires financiers au pragmatisme pour accélérer sa mise en œuvre.

La RDC mise sur une approche globale

Le vice-Premier ministre et ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, a affirmé que la RDC privilégie une approche intégrée du corridor, combinant transports, logistique, énergie, commerce et développement industriel. La première phase prioritaire concerne le tronçon Dilolo-Kolwezi-Tenge.

« Nous avons différentes phases que nous sommes en train d’aborder. La priorité a été de stabiliser la route entre Dilolo et Kolwezi. Bien sûr, c’est un vieux rail que nous réhabilitons avec l’appui du secteur privé. Nous avons obtenu un financement de 110 millions de dollars pour intervenir sur 80 kilomètres de ce tronçon », a-t-il expliqué.

Un levier de développement pour les populations

Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a insisté sur l’appropriation du corridor par les pays concernés et sur la nécessité d’en faire un véritable levier de développement.

« Le corridor de Lobito était souvent perçu comme un projet porté par d’autres. Je suis heureux que désormais les acteurs concernés – Angola, RDC, Zambie – se mettent ensemble avec les partenaires pour réfléchir à ses impacts sur nos populations. Si nous continuons à le considérer uniquement comme une infrastructure de transport, les populations resteront dans l’état où le corridor les a trouvées », a-t-il déclaré.

Réformes pour améliorer le climat des affaires

De son côté, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a rappelé que la RDC mène des réformes pour consolider l’amélioration du climat des affaires, condition essentielle pour attirer les investissements et garantir la réussite du projet.

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À la UneEconomie

Le ministre Paluku dénonce une « stratégie économique » rwandaise basée sur la destruction du capital humain et le pillage des ressources

by admin9775 5 février 2026
written by admin9775

Lors d’une journée nationale de mémoire pour les victimes de l’Est, le ministre du Commerce Extérieur, Julien Paluku Kahongya, a livré une analyse percutante des motivations économiques qu’il attribue à l’agression rwandaise en RDC. Devant un parterre d’autorités dont la Première ministre Judith Suminwa, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu a développé la thèse d’une guerre visant à anéantir le capital humain congolais pour mieux piller les minerais.

Une stratégie en deux temps : détruire pour mieux régner

L’intervention du ministre, intitulée « Conséquences économiques de la guerre et de l’occupation », a pointé un double objectif stratégique attribué à Kigali :

  1. La destruction du capital humain : Julien Paluku a souligné que les 7 millions de personnes déplacées – une population équivalente à celle du Congo-Brazzaville, du Lesotho et du Botswana réunis – représentent une annihilation délibérée d’un « facteur de production ». Selon lui, affaiblir la capacité productive locale crée un marché captif pour les biens rwandais. « Le Rwanda compte environ 10 millions d’habitants et son marché le plus sûr est la RDC. Il s’agit donc de détruire la capacité productive locale afin de trouver plus facilement des débouchés », a-t-il expliqué.
  2. Le pillage systématique des ressources : Le ministre a présenté des chiffres saisissants pour étayer sa thèse. Il a affirmé que les revenus miniers du Rwanda sont passés de 70 millions de dollars en 2007 à près de 2 milliards de dollars en 2025, une explosion qu’il impute directement au pillage des ressources congolaises. « Les véritables « FDLR » poursuivis par Kigali en RDC sont en réalité les minerais et autres ressources naturelles congolaises », a-t-il lancé.

L’or du Sud-Kivu, nouvel enjeu de la conquête

Paluku a relié l’extension récente des combats vers le Sud-Kivu à la mise en place par Kinshasa de la société Congo Gold Trading. Cette joint-venture avec un partenaire émirati aurait fait passer la production d’or déclarée de quelques kilos par an à 800 kilos par mois, soit près de 10 tonnes annuelles, représentant une valeur d’environ 2 milliards de dollars. « Le Rwanda a donc rapidement compris qu’il fallait attaquer le Sud-Kivu pour poursuivre ce deuxième FDLR, qui s’appelle l’or », a-t-il asséné.

Pour le ministre, cette réalité est si écrasante que Kigali aurait cessé de publier les statistiques de sa Banque centrale depuis mai 2025 pour éviter les questions. « On ne peut pas passer de 70 millions à 2 milliards de dollars comme si les ressources s’étaient multipliées dans le sol », a-t-il ironisé.

Contexte : Une journée de mémoire pour maintenir la pression

Cette analyse a été livrée lors d’une commémoration officielle, un an après la chute de Goma aux mains du M23. Axée sur le thème « Résistance, Résilience et Unité », cette journée visait à ancrer le conflit dans la mémoire nationale et à maintenir l’attention diplomatique. La présence de la Première ministre Judith Suminwa et de membres du gouvernement soulignait la volonté de l’exécutif de porter ce récit sur la scène internationale.

Analyse : Un discours offensif pour une bataille narrative

La déclaration de Julien Paluku va au-delà du constat. Elle constitue une arme rhétorique et diplomatique agressive, visant à :

  • Déplacer le récit du cadre strictement sécuritaire vers une dénonciation économique systématique.
  • Légitimer la résistance en présentant la guerre comme une lutte pour la survie économique et démographique de la nation.
  • Appeler à des sanctions économiques ciblées contre le Rwanda en documentant, selon les termes de Kinshasa, un pillage à grande échelle.

Ce discours place l’argument des « minerais du sang » au centre de la controverse, défiant la communauté internationale de fermer les yeux sur ce qui est décrit comme une prédation économique déguisée en conflit ethnique ou sécuritaire.

Conclusion : De la mémoire à l’action

Si la journée n’a pas débouché sur des annonces politiques immédiates, le discours de Julien Paluku en a été le pivot stratégique. Il révèle la volonté de Kinshasa de judiciariser et d’économiser le conflit à l’international, en accumulant des chiffres-chocs pour nourrir des rapports d’experts et des résolutions onusiennes. La question demeure de savoir si cette bataille narrative, aussi percutante soit-elle, parviendra à se traduire en mesures concrètes de pression sur Kigali et en une sécurisation effective des zones minières, ou si elle restera un chapitre de plus dans la longue litanie des dénonciations congolaises.

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5 février 2026 0 comments
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