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À la Une

À la UnePolitique

Le Sénat appelé à examiner un réquisitoire contre Joseph Kabila ce jeudi

by admin9775 14 mai 2025
written by admin9775

Le Sénat congolais s’apprête à vivre un moment sans précédent dans l’histoire politique de la République démocratique du Congo. Ce jeudi, les sénateurs vont examiner le réquisitoire du procureur général près la Cour de cassation visant Joseph Kabila, ancien président de la République et sénateur à vie.

Cette étape judiciaire intervient dans un contexte explosif, alors que le président Félix Tshisekedi a publiquement accusé son prédécesseur d’être impliqué dans la rébellion de l’AFC/M23, active dans l’Est du pays.

De l’immunité parlementaire à la levée potentielle

Le réquisitoire du procureur demande la levée de l’immunité parlementaire de Joseph Kabila, préalable indispensable à toute poursuite pénale. Cette session du Sénat s’annonce tendue, car elle pose une question fondamentale : la justice peut-elle rattraper un ancien chef d’État en RDC ?

La Constitution congolaise reconnaît à Joseph Kabila le statut de sénateur à vie, une fonction qui lui confère immunité, sauf en cas de vote favorable du Sénat autorisant les poursuites.

Accusations lourdes et conjoncture sécuritaire critique

Les accusations portées par Félix Tshisekedi encore non détaillées publiquement dans leur totalité placent Joseph Kabila au cœur d’un vaste réseau présumé de soutien à l’AFC/M23, mouvement armé actif dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Ces allégations interviennent dans un contexte de graves tensions politiques et militaires, avec des affrontements quasi-quotidiens dans l’Est du pays, et des relations tendues entre Kinshasa et Kigali, accusé par le gouvernement congolais de soutenir la rébellion.

Une session décisive et à haut risque

Cette journée au Sénat pourrait constituer un tournant : soit un pas vers une plus grande reddition des comptes des anciens dirigeants, soit une source de divisions profondes dans une société encore marquée par de nombreuses fractures.

Quoi qu’il en soit, le signal est fort : le pouvoir actuel semble déterminé à faire avancer des dossiers judiciaires longtemps jugés intouchables.

Une rupture née d’un mariage de raison

L’interpellation judiciaire est le point culminant d’une relation politique instable entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila. Retour sur une chronologie tendue entre les deux figures majeures de la RDC post-Kabila.

Chronologie des relations Tshisekedi-Kabila

🗓️ 2018 – Alliance post-électorale inattendue

  • Après une élection contestée, Félix Tshisekedi est proclamé président.
  • Il forme une coalition de gouvernement avec le FCC de Kabila, qui garde la majorité parlementaire.

🗓️ 2019 – Co-gouvernance sous tensions

  • Tshisekedi gouverne aux côtés d’un Premier ministre issu du FCC (Ilunga Ilunkamba), mais se plaint de blocages.
  • Kabila garde la main sur la sécurité, l’armée, les finances, la justice et l’ANR.

🗓️ 2020 – La rupture s’amorce

  • Tshisekedi lance des consultations nationales dénonçant les entraves du FCC.
  • En décembre, il met fin à la coalition FCC-CACH et annonce la formation de l’Union sacrée de la nation.

🗓️ 2021 – Tshisekedi prend le contrôle

  • Il obtient la démission du Premier ministre FCC et fait nommer Sama Lukonde.
  • Les pro-Kabila perdent les présidences de l’Assemblée et du Sénat.
  • L’IGF (Inspection Générale des Finances) est mobilisée pour contrôler les détournements présumés liés à l’ancien régime.

🗓️ 2022-2023 – Marginalisation et tensions sourdes

  • Plusieurs anciens ministres FCC sont visés par des enquêtes.
  • Kabila reste silencieux, mais son influence s’érode fortement.
  • Tshisekedi, en campagne pour sa réélection, insiste sur la lutte contre la corruption.

🗓️ 2024 – Le silence devient stratégique

  • Kabila évite la confrontation publique mais reste une figure pesante dans l’ombre.
  • Tshisekedi, réélu pour un second mandat, verrouille les leviers du pouvoir.

🗓️ 2025 – Explosion du conflit

  • Avril : Tshisekedi accuse publiquement Kabila d’être l’architecte caché du M23.
  • 13 mai : Le procureur général saisit le Sénat pour obtenir la levée de son immunité.
  • 15 mai : Le Sénat se réunit pour examiner le dossier. Un tournant historique est en cours.

Une affaire à double enjeu : sécurité nationale et rupture politique

L’interpellation de Joseph Kabila, ancien chef de l’État pendant 18 ans, intervient dans un contexte sécuritaire très tendu. L’est de la RDC est en proie à la résurgence du M23, que Kinshasa qualifie de « groupement terroriste soutenu par Kigali ».

Pour Tshisekedi, cet acte judiciaire serait autant un message politique fort qu’une volonté d’asseoir sa souveraineté sur l’État : faire passer le message qu’aucune figure, fut-elle un ancien président, n’est au-dessus des lois.

Une question cruciale : le Sénat lèvera-t-il l’immunité ?

La balle est désormais dans le camp du Sénat, qui doit trancher sur la levée ou non de l’immunité parlementaire de Kabila. L’enjeu est à la fois juridique, politique et symbolique : mettre en accusation un ancien président, c’est ouvrir une brèche inédite dans la culture d’impunité au sommet de l’État congolais.

Et après ?

Ce bras de fer pourrait avoir des conséquences majeures :

  • Sur la stabilité politique : un front Kabila-FCC pourrait se reconstituer contre Tshisekedi.
  • Sur la justice transitionnelle : d’autres hauts responsables pourraient être visés à l’avenir.
  • Sur la géopolitique régionale : Kigali suit de près cette affaire, car elle pourrait renforcer l’isolement diplomatique du Rwanda.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneMusique & Culture

Corneille émeut les Flammes 2025 et dénonce la souffrance dans l’Est du Congo

by admin9775 14 mai 2025
written by admin9775

La cérémonie des Flammes, qui récompense les artistes de la scène urbaine, a pris une dimension politique et profondément humaine grâce à l’intervention marquante du chanteur Corneille, invité à dévoiler les nommés dans la catégorie du Meilleur artiste masculin de l’année.

Avant de livrer la liste des finalistes, l’artiste canadien d’origine rwandaise a tenu à adresser un message fort, en soutien à la population de l’est de la République démocratique du Congo, en proie à une crise humanitaire et sécuritaire aggravée.

« En tant que Rwandais, j’aimerais apporter mon soutien le plus sincère à tout ce qui souffre en ce moment dans l’Est du Congo. Les Congolais sont mes frères, sont mes sœurs », a déclaré Corneille Nyungura, visiblement ému.

Un appel à la paix et à l’amour au-delà des conflits politiques

Fustigeant les manipulations politiques et les violences, Corneille a livré un témoignage personnel :

« Goma est la première ville qui m’a accueilli quand j’ai fui le Rwanda. Il est de ces pouvoirs qui veulent nous prêter des combats qui ne nous appartiennent pas. Je vous implore de rester patients… les Congolais sont mes frères et mes sœurs. On va essayer de résister en amour. »

Un message pacifiste, mais aussi une prise de position rare dans un contexte de tensions diplomatiques persistantes entre Kigali et Kinshasa.

Corneille brise le silence sur son passé : « J’ai vu les assassins de ma famille »

Son intervention à Paris s’inscrit dans une démarche plus large : celle de vérité. Dans un livre autobiographique récemment publié, Corneille livre, pour la première fois, une version claire et douloureuse des événements de 1994 au Rwanda.

Il y raconte comment, à l’âge de 17 ans, il a échappé au massacre qui a coûté la vie à ses parents, ses deux frères et sa sœur, assassinés par des soldats du FPR (Front Patriotique Rwandais), le mouvement aujourd’hui au pouvoir à Kigali.

« J’étais caché derrière un canapé. J’ai tout entendu. Les soldats ont demandé à mon père s’il cachait des ‘cafards’. Il a répondu qu’il soutenait le régime. Ils ont ouvert le feu », écrit-il.

Un livre pour transmettre la vérité à ses enfants

Aujourd’hui père de famille et installé au Canada, Corneille explique sa démarche :

« Ce livre, c’est pour mes enfants. Pour qu’ils sachent pourquoi ils n’ont ni grand-père, ni grand-mère. Pourquoi leur père a peur de retourner au Rwanda. »

Son récit mêle souffrance, abus, résilience et quête de paix intérieure. Loin des projecteurs, c’est un homme qui cherche à réconcilier son histoire personnelle avec celle d’un peuple fracturé par la guerre et le silence.

Entre musique et mémoire

Avec des titres comme Parce qu’on vient de loin ou Seul au monde, Corneille a déjà livré des fragments de cette douleur. Mais aujourd’hui, il met des mots sur ce que les chansons ne pouvaient dire entièrement.

Son témoignage, à la croisée de l’art, de la politique et de l’intime, résonne comme un appel au dialogue, à la vérité et à la réconciliation, dans un monde où les cicatrices du passé continuent de saigner.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Polémique autour de la proposition de baptiser une avenue au nom de Jules Alingete : Carbone Beni réagit vivement

by admin9775 14 mai 2025
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La récente proposition du Mouvement Congo en Avant (MCA), adressée au président de la République, visant à débaptiser l’avenue des Forces Armées (ex-Haut Commandement) pour la renommer Avenue Jules Alingete Key, a suscité une vive controverse. Le MCA justifie cette requête en saluant l’engagement de l’ancien Inspecteur général des finances dans la lutte contre la corruption, qu’il qualifie de « travail mémorial ».

Dans sa déclaration, le mouvement évoque un « héritage précieux » laissé par Jules Alingete, appelant même à envisager son implication future « au plus haut sommet de l’État ». Cette initiative est présentée comme un hommage symbolique, en reconnaissance de ses actions à la tête de l’IGF durant le mandat du président Tshisekedi.

Carbone Beni dénonce une démarche « déplorable »

L’activiste et cofondateur du mouvement citoyen Filimbi, Carbone Beni, n’a pas tardé à exprimer son désaccord. Lors d’une conférence de presse tenue le 14 avril à Kinshasa, il a vivement critiqué cette proposition, la qualifiant de « désordre » dans l’esprit du MCA.

« Donc pour vous, la personne de Alingete vaut plus que nos Forces Armées ? », s’est-il indigné, ajoutant que cette demande n’honore ni la jeunesse ni les valeurs républicaines.

Naissance du PACTE-R : une nouvelle dynamique citoyenne

Profitant de cette conférence, Carbone Beni a annoncé la création du PACTE-R (Patriotes en Action pour l’Émergence de la République), un nouveau mouvement qu’il qualifie de social, patriotique et populaire. Son objectif : impulser une transformation structurelle de la République démocratique du Congo à travers une gouvernance fondée sur « l’ordre, la justice et l’austérité ».

Le PACTE-R se structure autour de trois axes prioritaires à l’échelle nationale :

  1. L’ordre dans les finances publiques, par la fin des privilèges indus, l’évaluation des performances dans l’administration, et le renforcement des organes de contrôle (IGF, Cour des comptes).
  2. L’ordre dans les institutions, avec des réformes profondes visant à éradiquer clientélisme, népotisme, tribalisme, culte de la personnalité et médiocrité politique.
  3. L’ordre dans la responsabilité citoyenne, avec un appel à la participation active des citoyens et à une éducation au patriotisme, en particulier chez les jeunes.

Sur le plan international, le PACTE-R ambitionne de renforcer la souveraineté nationale, de mieux défendre les intérêts congolais et de contribuer à la renaissance africaine.

Un message clair : « L’ordre régnera »

Dans une déclaration forte, Carbone Beni a conclu :

« S’adapter à une société malade n’est pas un signe de bonne santé mentale. Le chemin vers une République émergente passe par l’instauration d’un ordre ferme, juste et inébranlable. Le PACTE-R est un appel au réveil, à l’union et à l’action. Oui, l’ordre doit régner, et l’ordre régnera ! »

Pour rappel, après cinq années à la tête de l’Inspection générale des finances, Jules Alingete a été remplacé par Bertrand Bitasimwa Bahii.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneMonde

Donald Trump en visite en Arabie saoudite: une alliance stratégique, économique et personnelle

by admin9775 14 mai 2025
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Donald Trump débarque au Moyen-Orient ce mardi 13 mai avec une première étape à Riyad. Une halte hautement symbolique pour le président américain, qui entretient depuis huit ans une relation privilégiée avec l’Arabie saoudite. Une alliance stratégique, économique… et personnelle.

Dès son premier mandat, Donald Trump avait choisi l’Arabie saoudite pour sa première visite programmée à l’étranger. Chez celui qu’il considère comme un ami, le souverain Mohammed ben Salman, sous les dorures. Riyad avait acheté pour des dizaines de milliards de dollars d’armes américaines, et Washington fermé les yeux sur le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi.

Huit ans plus tard, la formule reste intacte. Une visite américaine consacrant une alliance stratégique avec le royaume contre des investissements massifs. La presse américaine évoque des contrats d’une valeur de plus de 600 milliards de dollars promis côté saoudien, dans l’IA, les semi-conducteurs et les infrastructures. Peut-être 1 000 milliards même pour le président Trump qui aime les chiffres ronds. La Trump Organization tire profit de cette entente puisque plusieurs projets immobiliers doivent être dévoilés.

Donald Trump a promis de grandes annonces…

Par ailleurs, entre les deux pays, il y a toujours les négociations en cours pour l’accession de l’Arabie saoudite à des capacités nucléaires civiles. L’activisme diplomatique américain dans la région trouvera à Riyad un terrain propice pour discuter des nombreux dossiers brûlants, notamment de l’Iran.

Donald Trump a promis de grandes annonces. Est-ce qu’elles concerneront Gaza ? La normalisation avec Israël ? Le mystère est savamment entretenu et les attentes dans la région sont immenses.

Les intérêts personnels de Donald Trump dans les pays du golfe Persique

Donald Trump est en visite d’affaire en Arabie saoudite, puis au Qatar et aux Émirats arabes unis où la Trump Organization – la société familiale  –, a de nombreux projets. La famille Trump mise sur le tourisme de ces monarchies pétrolières. On a pu voir Eric Trump, un des fils du président, à Dubaï fin avril. Pas pour des vacances, mais plutôt un voyage affaires pour promouvoir sa cryptomonnaie USD One. Invité d’honneur d’une conférence où le fonds émirien MGX a annoncé qu’il utiliserait USD One pour investir deux milliards de dollars dans la plateforme de cryptoactifs Binance.

La Trump Organization a aussi récemment dévoilé le gratte-ciel d’un milliard de dollars qu’elle compte bâtir à Dubaï et les appartements pourront être achetés en cryptomonnaies. Également signé le mois dernier un contrat pour la construction d’un golf et de résidences de luxe au Qatar. Ajoutez à cela une tour Trump à Jeddah en Arabie saoudite et un autre projet immobilier à 4 milliards de dollars à Oman.

Officiellement, Donald Trump ne gère rien, mais il est toujours actionnaire du conglomérat. Aucun conflit d’intérêt, assure la Maison Blanche. Sa porte-parole Karoline Leavitt l’assure d’ailleurs : Donald Trump perd de l’argent en étant président. 

RFI

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À la UneReligion

USA : l’Eglise épiscopale refuse d’aider à réinstaller des Sud-Africains

by admin9775 14 mai 2025
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Aux États-Unis, l’Église épiscopale s’oppose à une directive du gouvernement fédéral l’appelant à aider à la réinstallation des citoyens sud-africains qui ont récemment obtenu le statut de réfugié.

La cinquantaine d’Afrikaners se disant persécutée est arrivée à Washington lundi à bord d’un vol affrété par le Département d’État américain. Elle a été reçue dans la foulée sous les drapeaux américains par Christopher Landau, Secrétaire d’État adjoint. L’institution ecclésiale dénonce un deux poids deux mesures.

« Nous sommes attristés et profondément honteux que de nombreux réfugiés, notamment ceux qui ont travaillé avec notre armée en Irak et en Afghanistan, soient aujourd’hui refoulés alors qu’ils sont en danger dans leur pays à cause de leur engagement à nos côtés pendant que des Sud-Africains blancs bénéficient d’une procédure accélérée », a expliqué l’évêque Sean Rowe.

Historiquement, les nouveaux réfugiés aux États-Unis sont assistés dans leur réinstallation par des organisations à but non lucratif en partenariat avec le gouvernement, souvent sous l’égide d’Églises.

Cette réinstallation des fermiers blancs sud-africains intervient alors que la Maison Blanche a mis fin aux admissions de réfugiés en provenance de presque tous les autres pays notamment l’Afghanistan, le Soudan ou encore la République démocratique du Congo.

Africanews

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À la UneEconomie

Hydrocarbures en RDC : Molendo Sakombi défend la stratégie pétrolière face aux critiques environnementales

by admin9775 13 mai 2025
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L’annonce de l’ouverture à l’exploration de 52 nouveaux blocs pétroliers dans le bassin de la Cuvette Centrale, faite lors du Conseil des ministres du 2 mai, continue de susciter de vives réactions. Tandis que des organisations environnementales dénoncent une décision « irresponsable », le ministre des Hydrocarbures, Aimé Molendo Sakombi, justifie pleinement la démarche du gouvernement congolais.

Greenpeace Afrique, en première ligne de la contestation, estime que cette décision constitue un recul majeur par rapport à la suspension en 2024 des enchères sur 27 blocs pétroliers – une mesure saluée à l’époque par les défenseurs de l’environnement. L’ONG critique notamment l’absence de transparence : aucune cartographie officielle n’a été publiée, aucun rapport technique n’a été communiqué, et aucune garantie de préservation des zones sensibles n’a été présentée.

Selon Bonaventure Bondo, responsable de la campagne forêt pour le Bassin du Congo, cette initiative « pourrait aggraver la déforestation, compromettre les moyens de subsistance des communautés autochtones et accélérer les crises climatiques ».

Face à ces critiques, le ministre Molendo Sakombi réaffirme que le découpage des blocs a été effectué en collaboration étroite avec le ministère de l’Environnement. Il souligne que ce travail a respecté les normes environnementales et pris en compte certaines recommandations formulées par les ONG.

En plus des trois blocs déjà attribués (Mbandaka, Lokoro et Busira) à la société CoMiCo, ce nouveau découpage porte à 55 le nombre total de blocs ouverts à l’exploration dans la Cuvette Centrale. Cette initiative s’inscrit, selon le ministre, dans une dynamique de « valorisation du potentiel pétrolier national » et d’attractivité accrue des investissements étrangers.

Molendo Sakombi, dans un entretien vidéo accordé à Jeune Afrique en marge d’une visite en France, reconnaît les limites du précédent appel d’offres de 2022 : un cadre législatif peu incitatif, l’absence de données sismiques fiables et la présence d’aires protégées dans les blocs proposés. Il annonce que le gouvernement a désormais « détoxifié » les blocs, en excluant toutes les zones protégées. Un nouveau code pétrolier, en cours d’élaboration, sera bientôt présenté au Conseil des ministres puis transmis au Parlement dans un délai de trois mois.

Le ministre affirme également que la RDC entend désormais s’inspirer des modèles du Congo-Brazzaville et de l’Angola, en privilégiant des partenariats avec les majors américains. « La politique du gouvernement, aujourd’hui, c’est d’explorer, de produire. Et cette fois, le gouvernement ne reculera plus », a-t-il martelé.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Kasaï Oriental : sept années d’instabilité politique sous l’ère Tshisekedi

by admin9775 13 mai 2025
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Depuis l’accession au pouvoir de Félix Tshisekedi en 2019, la province du Kasaï Oriental connaît une instabilité politique sans précédent dans l’histoire récente de la République Démocratique du Congo. En l’espace de sept ans, pas moins de six gouverneurs, tous issus de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), se sont succédé à la tête de cette province. De Jean Maweja à Jean-Paul Mbwebwa, la rotation au sommet de l’exécutif provincial a été marquée par des tensions constantes, des rivalités internes et des accusations récurrentes de mauvaise gestion.

Cette instabilité contraste avec la longévité politique de Ngoyi Kasanji, gouverneur avant l’alternance de 2019, qui, malgré des périodes de fortes tensions, a réussi à conserver son poste durant plusieurs années. Son maintien au pouvoir, dans un contexte souvent agité, suscite encore aujourd’hui des interrogations sur les leviers qu’il a su actionner pour préserver sa position.

Pour beaucoup d’observateurs, la situation actuelle dans le Kasaï Oriental est symptomatique d’une incapacité structurelle à instaurer une gouvernance stable et inclusive, même dans une province considérée comme le fief politique du chef de l’État. Des figures influentes du régime y ont pourtant été placées, mais aucun n’a réussi à fédérer les forces vives autour d’une vision claire du développement.

À chaque changement de gouverneur, le même schéma semble se répéter : luttes de pouvoir internes, accusations de détournement de fonds, gestion décriée, et parfois, des dénonciations qui relèvent davantage de stratégies d’élimination politique que de réels mécanismes de reddition de comptes. Ces pratiques, souvent instrumentalisées, alimentent le climat de méfiance et entravent les efforts de stabilité institutionnelle.

Aujourd’hui, l’opinion publique s’interroge : comment une province aussi stratégique, berceau politique du président Tshisekedi, a-t-elle pu devenir le théâtre d’une telle fragmentation du leadership ? Et surtout, comment sortir de ce cycle de remplacements successifs sans réel progrès sur le terrain ?

Ce contexte appelle à une réflexion nationale sur les critères de gouvernance locale, la cohésion au sein des partis politiques et la capacité des institutions provinciales à résister aux conflits de leadership. Pour le Kasaï Oriental, la stabilité demeure un objectif à atteindre — et non un acquis.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSport

CAN U20 – Égypte 2025 : Les Léopards U20 s’arrêtent en quarts, une élimination frustrante mais prometteuse

by admin9775 13 mai 2025
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Les Léopards U20 de la République Démocratique du Congo ne verront pas les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations U20, Égypte 2025. Les jeunes Congolais se sont inclinés face à l’Afrique du Sud en quart de finale, sur le score de 1-0 après prolongation, lundi 12 mai. Le score était nul et vierge (0-0) à l’issue du temps réglementaire.

Une rencontre où les fauves congolais ont pourtant montré de belles intentions, avec un jeu fluide et plusieurs occasions nettes manquées devant le but adverse. Leur manque de réalisme offensif a été préjudiciable, malgré une domination visible par séquences.

Le tournant du match est survenu durant les prolongations, lorsque les Congolais ont réclamé un penalty après une faute apparente dans la surface. L’arbitre a choisi de ne pas consulter la VAR, ce qui a provoqué une vive réaction sur le banc congolais. Dans la confusion qui a suivi, la défense s’est relâchée, permettant aux Sud-Africains d’inscrire l’unique but de la rencontre.

Malgré cette élimination, le sélectionneur Guy Bukasa a salué l’engagement et le parcours de ses joueurs :
« Je suis très fier de mes garçons. Nous sommes la seule équipe de l’UNIFFAC à avoir atteint ce stade. Les autres ont été éliminées dès le premier tour. Ce que mes joueurs ont montré est remarquable », a-t-il déclaré à l’issue du match.

Le technicien congolais a également mis en lumière le rôle crucial de la régularité et de la structuration des équipes de jeunes, en prenant pour exemple l’Afrique du Sud :
« Ils participent régulièrement à cette compétition. Ce sont des jeunes qui jouent ensemble depuis les U17. Cela fait toute la différence à ce niveau ».

Cette qualification en quarts de finale constitue la meilleure performance de la RDC dans cette catégorie depuis plus d’une décennie, en seulement trois participations.

Un cap a été franchi, mais ce parcours prometteur souligne également la nécessité d’un investissement plus soutenu dans les équipes d’âge, pour garantir une continuité compétitive et offrir de réelles perspectives aux jeunes talents congolais.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneEconomie

Greenpeace Afrique s’oppose à l’exploration pétrolière dans le bassin de la Cuvette Centrale

by admin9775 13 mai 2025
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L’organisation internationale Greenpeace Afrique a exprimé son opposition ferme à la récente décision du Gouvernement congolais d’ouvrir 52 nouveaux blocs pétroliers à l’exploration dans le bassin de la Cuvette Centrale. L’annonce a été faite lors du Conseil des ministres du 2 mai 2025.

Dans un communiqué publié le 12 mai, l’ONG demande au gouvernement de respecter ses engagements climatiques, de garantir la transparence du processus, et de préserver les droits des communautés locales. Elle appelle à une transition claire vers les énergies renouvelables, la justice climatique et la souveraineté écologique.

Un revirement critiqué

Greenpeace rappelle que cette décision contraste avec la suspension en 2024 des enchères sur 27 blocs pétroliers, saluée à l’époque comme un progrès majeur par les défenseurs de l’environnement. L’ONG déplore l’absence de cartographie officielle, de rapports techniques, et de garanties quant à la préservation des zones sensibles.

« Cette décision est non seulement irresponsable, mais aussi dangereuse. Elle pourrait aggraver la déforestation, compromettre les moyens de subsistance des communautés autochtones, et accélérer les crises climatiques », alerte Bonaventure Bondo, responsable de la campagne forêt pour le Bassin du Congo.

Le gouvernement se justifie

Face à ces critiques, le ministre des Hydrocarbures, Molendo Sakombi , défend la position du gouvernement. Il affirme que le découpage des blocs a été réalisé en étroite collaboration avec le ministère de l’Environnement, dans le respect des normes environnementales, et en réponse à certaines recommandations des ONG.

Le gouvernement assure également que des études sismiques seront bientôt engagées, en partenariat avec des experts internationaux et à l’aide de technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

UDPS : Réunion stratégique à Kinshasa et critiques sur la gouvernance passée

by admin9775 13 mai 2025
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Le dimanche 11 mai 2025, une réunion de haute importance s’est tenue à l’hôtel du Fleuve sous la présidence d’Augustin Kabuya, Secrétaire général et Président a.i. de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). En dépit d’une météo défavorable, d’un match très suivi et de l’appel au boycott lancé par le député Deo Bizibu, figure de proue des frondeurs internes, cette rencontre a rassemblé 105 députés nationaux. Cette forte mobilisation a été perçue comme un signal fort de loyauté envers le parti et son leadership, dans un contexte politique particulièrement sensible.

L’objectif principal de cette rencontre était de resserrer les rangs et de réaffirmer l’unité du parti présidentiel, alors que des critiques de plus en plus virulentes émanent tant de l’opposition que de certaines voix internes. La présence de plusieurs hauts cadres du parti, dont d’anciens ministres, a renforcé la portée stratégique de cette réunion qui visait à clarifier la ligne de conduite des élus UDPS à l’Assemblée nationale.

En marge de l’ordre du jour officiel, certaines analyses politiques suggèrent que l’Inspection Générale des Finances (IGF), et plus particulièrement les rapports produits sous la direction de Jules Alingete, ont été au cœur des discussions officieuses. Ces rapports ont souvent été perçus comme des outils de règlement de comptes politiques, affectant gravement l’image du parti et du régime dans son ensemble.

Plusieurs personnalités majeures issues de l’UDPS ont été ciblées par des enquêtes de l’IGF, parfois sans suites judiciaires concrètes. Le professeur Tony Mwaba, alors ministre de l’EPST, avait été accusé de détournement présumé de 16 millions de dollars liés à l’organisation du TENAFEP. Peter Kazadi, ancien ministre de l’Intérieur, avait vu son projet d’identification nationale bloqué à la suite d’un rapport évoquant une supposée surfacturation. Quant à Nicolas Kazadi, ex-ministre des Finances, il a été publiquement mis en cause malgré ses efforts reconnus pour la mobilisation des recettes et les réformes économiques saluées par des institutions internationales.

Ces accusations, largement relayées dans les médias, ont contribué à fragiliser la crédibilité du gouvernement dit des « Warriors » et, par ricochet, celle du Président de la République. Toutefois, le manque de poursuites judiciaires concrètes sur la base des rapports de l’IGF a conduit certains responsables politiques à dénoncer le caractère politisé et précipité des enquêtes menées.

Avec le départ récent de Jules Alingete et l’arrivée d’une nouvelle direction à la tête de l’IGF, des voix s’élèvent au sein de l’UDPS pour appeler à un recentrage de ce service sur sa mission technique et non partisane. Le parti espère désormais une collaboration plus constructive entre les institutions de contrôle et les décideurs politiques, dans l’objectif commun d’assainir la gouvernance sans nourrir de crises internes.

La réunion d’Augustin Kabuya apparaît ainsi comme une tentative de recentrage politique, visant à stabiliser le parti présidentiel, à défendre son bilan et à préparer l’avenir dans une dynamique de rigueur, de discipline et de cohésion. Si des tensions demeurent en sourdine, cette rencontre marque une volonté claire de tourner la page des divisions pour affronter collectivement les défis de la nouvelle législature.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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