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À la Une

À la UnePolitique

RDC et M23 signent une déclaration de principes à Doha : Vers un cessez-le-feu permanent ?

by admin9775 19 juillet 2025
written by admin9775

Une avancée diplomatique majeure a été enregistrée ce samedi avec la signature d’une déclaration de principes entre le gouvernement congolais et les rebelles du M23, sous médiation qatarie. Cette percée intervient après des mois de tensions et de combats dans l’Est de la RDC.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du ministre qatarien des Affaires étrangères, Dr. Mohammed bin Abdulaziz Al-Khulaifi, avec comme principaux engagements :

  1. Cessez-le-feu immédiat :
    • Arrêt total des hostilités (terrestres, aériennes et navales).
    • Fin de la propagande haineuse et des prises de position par la force.
  2. Mécanisme de vérification :
    • Implication de la MONUSCO et éventuellement d’autres acteurs régionaux pour superviser le respect du cessez-le-feu.
  3. Mesures de confiance :
    • Mise en place d’un dispositif, facilité par le CICR, pour la libération des détenus liés au conflit.
  4. Restauration de l’autorité de l’État :
    • Une feuille de route sera définie dans le futur accord de paix pour le rétablissement de l’administration congolaise dans les zones contrôlées par le M23 (notamment Goma et Bukavu).
  5. Retour des déplacés et réfugiés :
    • Engagement pour un retour volontaire et sécurisé, en coordination avec le HCR et les pays voisins.

Des mesures de confiance ont été prévues, notamment la mise en place d’un dispositif facilité par le CICR pour organiser la libération des détenus liés au conflit. Les parties se sont également engagées à élaborer une feuille de route pour restaurer progressivement l’autorité de l’État dans les zones actuellement contrôlées par le M23.

Un volet important concerne le retour volontaire et sécurisé des déplacés et réfugiés, qui sera coordonné avec le HCR et les pays voisins. Le document reconnaît par ailleurs le rôle clé de médiation joué par le Qatar, avec le soutien des États-Unis et l’accompagnement de l’Union africaine.

Le gouvernement congolais était représenté par Sumbu Sita Mambu, envoyé spécial du président Tshisekedi, tandis que la délégation du M23 était conduite par Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent du mouvement.

Selon le calendrier convenu, les dispositions de cette déclaration doivent être appliquées au plus tard le 29 juillet 2025. Les négociations pour un accord de paix définitif débuteront le 8 août, avec une signature prévue avant le 18 août.

Cette avancée diplomatique intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’Est du pays, où le M23 contrôle plusieurs territoires dont les villes de Goma et Bukavu. Les observateurs soulignent cependant que le plus difficile reste à venir, notamment sur les questions sensibles du retrait des rebelles, du désarmement et du rôle présumé du Rwanda dans ce conflit.

Après signature déclaration principe, Kinshasa revendique avoir obtenu le retrait AFC/M23 de toutes les zones occupées, « faux », réplique la direction de la rébellion qui dénonce déjà « mauvaise foi » de la part de Kinshasa.

« Cette déclaration tient compte des lignes rouges que nous avons toujours défendues notamment le retrait non négociable de l’AFC/M23 des parties occupées suivi du déploiement de nos Institutions (FARDC, PNC, justice, administration). », dit le porte-parole du gouvernement congolais

« les populations dans les zones AFC/M23 peuvent se féliciter de jouir de cette paix et de la protection dont elles bénéficient car c’est un acquis. », dit le Chef de la délégation AFC/M23

La communauté internationale suit de près ces développements, espérant que cette déclaration marquera le début d’un processus de paix durable pour une région meurtrie par des décennies de violence. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la volonté réelle des parties à respecter leurs engagements.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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19 juillet 2025 0 comments
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À la UneSociété

RDC : Vaste purge militaire après des soupçons de détournements et de trahison

by admin9775 19 juillet 2025
written by admin9775

La République démocratique du Congo traverse une crise sécuritaire et institutionnelle majeure, marquée par une série d’arrestations retentissantes au sein de son armée. Après le général Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major des FARDC, c’est au tour du général Franck Ntumba, ex-chef de la Maison militaire du président Félix Tshisekedi, d’être interpellé ce vendredi 18 juillet dans le cadre d’une enquête sur des détournements massifs de fonds et des accusations de trahison.

Un système de détournement à grande échelle

Selon des sources judiciaires, le général Ntumba est soupçonné d’avoir participé à une vaste fraude impliquant des mercenaires fictifs. Sur 2 000 noms inscrits sur les listes de paie, seuls 500 contrats auraient été retrouvés, entraînant un détournement estimé à 160 millions de dollars sur 18 mois.

Plus grave encore, Ntumba aurait reconnu avoir servi d’intermédiaire entre des banquiers et des proches du président, notamment la Première Dame et Jacques Tshisekedi, frère cadet du chef de l’État. Un proche du général a tenté de minimiser l’affaire, affirmant : « Le chef de la Maison militaire fait l’objet d’accusations tous les trois mois, et cela fait bientôt six ans que ça dure. »

Trahison et collusion avec l’ennemi ?

Outre les malversations financières, le général Ntumba est accusé d’avoir facilité la chute de Goma aux mains du M23 en janvier 2025, en collaboration présumée avec les services de renseignement rwandais. Ces allégations, si elles sont confirmées, pourraient expliquer l’urgence des arrestations alors que la situation sécuritaire dans l’Est reste explosive.

Nommé en 2020 à la tête de la Maison militaire, un organe clé de la présidence, Ntumba supervisait notamment les achats d’équipements militaires et le déploiement de sociétés militaires privées dans l’Est. Son influence considérable aurait suscité des tensions au sein de l’appareil sécuritaire.

Tshiwewe, un autre général dans la tourmente

Quelques jours plus tôt, le général Christian Tshiwewe, ancien numéro un des FARDC, était arrêté pour complot contre le président. Selon Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS, Tshiwewe aurait avoué ses intentions lors de son interrogatoire : « Lui-même ne l’a pas nié. Il a dit qu’il allait tuer [le président]. » Placé en résidence surveillée, son cas illustre la paranoïa grandissante au sommet de l’État.

Une armée en pleine déliquescence ?

Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte de purge massive visant des officiers supérieurs accusés de corruption, rétention d’informations ou collusion avec l’ennemi. Une source à la présidence confie : « Le pouvoir veut neutraliser toute menace potentielle au sein de l’armée. »

Les craintes d’une mutinerie, voire d’un coup d’État, semblent justifier cette chasse aux sorcières. « Les services étaient en alerte, et tout le monde est suspect », glisse un agent des renseignements.

Crise à l’Est et négociations au point mort

Cette instabilité militaire intervient alors que les pourparlers de Doha entre Kinshasa et le M23 piétinent. Chaque camp accuse l’autre de préparer une reprise des combats, tandis que les rebelles, soutenus par Kigali, consolident leurs positions.

Quelles conséquences pour la stabilité du régime ?

Si ces arrestations visent à resserrer les rangs, elles risquent aussi d’affaiblir une armée déjà fragilisée par des années de mauvaise gestion. Pour le président Tshisekedi, le défi est double : rétablir la confiance dans les FARDC tout en évitant une fracture au sein de l’appareil sécuritaire.

Une chose est sûre : la RDC traverse une période critique, où chaque décision peut basculer entre restauration de l’ordre et dérapage incontrôlé. La suite des événements dépendra de la capacité des autorités à maîtriser cette purge sans provoquer un séisme institutionnel.

Affaire à suivre de près.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSport

Football congolais en crise : Le TP Mazembe et Moïse Katumbi dénoncent, la RDC risque l’exclusion de la CAN 2025 et du Mondial 2026

by admin9775 19 juillet 2025
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Le football congolais traverse une crise institutionnelle majeure, avec des conséquences qui pourraient coûter cher aux Léopards et aux clubs nationaux. Le TP Mazembe, emmené par Moïse Katumbi, a obtenu gain de cause devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), qui ordonne la reprise du championnat congolais avant le 31 juillet 2025, sous peine de sanctions sévères.

Une suspension imminente si la Fecofa ne réagit pas

La Fédération congolaise de football (Fecofa) avait suspendu le championnat fin juin, invoquant des difficultés financières des clubs. Mais cette décision, jugée illégale par le TAS, expose désormais la RDC à de graves sanctions :

  • Exclusion de la CAN 2025 (débutant en décembre au Maroc).
  • Retrait des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, alors que les Léopards sont en tête de leur groupe.
  • Interdiction des clubs congolais en Ligue des Champions et Coupe de la CAF la saison prochaine.

Une réunion d’urgence entre la Fecofa et la Linafoot aurait eu lieu pour organiser la reprise du championnat, mais le temps presse.

Moïse Katumbi, entre football et politique, monte au créneau

L’homme d’affaires et président du TP Mazembe, Moïse Katumbi, longtemps considéré comme un pilier du football congolais, dénonce la mauvaise gestion de la Fecofa. Il critique notamment :

  • Les contrats signés avec des clubs européens, estimant que ces fonds devraient être réinvestis dans le football local.
  • Le manque de transparence dans la gouvernance du football congolais.

Son implication politique ajoute une dimension sensible à ce bras de fer, certains y voyant une manœuvre pour affaiblir les instances en place.

Quelles solutions pour éviter le désastre ?

La Fecofa doit impérativement relancer le championnat avant la date butoir du 31 juillet pour éviter les foudres de la FIFA et de la CAF. Avant l’arrêt, les Aigles du Congo menaient la course au titre, devant Saint Éloi Lupopo et l’AS Maniema, tandis que le TP Mazembe pointait à la 5ᵉ place.

Si la crise persiste, le football congolais pourrait subir un recul historique, avec des conséquences sportives, économiques et symboliques désastreuses.

La balle est dans le camp des dirigeants congolais. La prochaine semaine sera décisive pour l’avenir du football en RDC.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneEconomie

Taxe de 1% sur les envois de fonds depuis les USA : l’impact sur les pays africains

by admin9775 19 juillet 2025
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Dans un contexte où les transferts de fonds représentent une source de financement extérieure importante pour l’Afrique, la nouvelle taxe américaine pourrait pénaliser les économies africaines, et entraîner une baisse des flux formels, au profit de circuits informels, plus risqués.

Le président américain Donald Trump a signé, le 4 juillet dernier, le « One Big Beautiful Bill Act », une loi budgétaire qui introduit, entre autres mesures, une taxe de 1% sur les transferts de fonds envoyés depuis les États-Unis vers l’étranger. Cette taxe entrera en vigueur à compter du 1er janvier 2026, selon le texte validé par le Congrès américain.

Initialement proposée à 3,5 %, dans la version de la Chambre des représentants, la mesure a finalement été fixée à 1%, dans le cadre d’un compromis visant à financer des dépenses fédérales liées à l’immigration et à la sécurité intérieure.

Une mesure à fort impact pour l’Afrique

Ces transferts de fonds, ou remises migratoires, constituent une source essentielle de revenus pour de nombreuses économies africaines. Les États-Unis sont le principal pays d’origine des flux mondiaux de transferts pour plusieurs pays africains, notamment le Kenya et le Nigeria. Pour le continent, qui dépend de plus en plus de cette manne financière, la nouvelle taxe américaine fait craindre un ralentissement des envois, avec à la clé des répercussions économiques en chaîne.

D’après les données des Nations unies, l’Afrique a reçu 100 milliards de dollars de transferts de fonds en 2023, soit environ 6 % du PIB continental. Ce montant dépasse largement l’aide publique au développement (42 milliards $) et les investissements directs étrangers (48 milliards $) perçus sur la même période. Sur la dernière décennie, les remises ont progressé de 57 %, tandis que les IDE ont chuté de 41 % pour les pays à revenu faible et intermédiaire, a indiqué la Banque mondiale.

« Les transferts de fonds sont l’une des rares sources de financement extérieur privé dont la croissance devrait se poursuivre dans les années à venir. Ils doivent être davantage mobilisés pour financer le développement, notamment via des instruments comme les obligations de la diaspora », souligne Dilip Ratha, économiste principal à la Banque mondiale.

Des pays africains plus exposés que d’autres

Si des économies majeures comme le Nigeria, l’Égypte, le Kenya ou le Maroc reçoivent les volumes les plus élevés de fonds, certains pays plus petits en sont bien plus dépendants. En 2023, les transferts représentaient plus de 20 % du PIB au Lesotho ou aux Comores, selon la Banque mondiale.

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La taxe américaine de 1 % vient s’ajouter aux frais déjà pratiqués par les opérateurs de transfert comme Western Union ou MoneyGram. En Afrique subsaharienne, les coûts restent les plus élevés au monde : envoyer 200 dollars coûtait en moyenne 7,9 % au quatrième trimestre 2023, contre 7,4 % un an plus tôt, selon les chiffres de la Banque mondiale. Cette charge accrue pourrait pousser de nombreux expéditeurs à se tourner vers des canaux informels, moins onéreux mais plus risqués et difficiles à tracer.

Selon une étude du Center for Global Development (CGD), l’instauration de cette taxe devrait entraîner une baisse moyenne de 1,6 % des volumes de transferts. Le Nigeria, principal bénéficiaire sur le continent, verrait ainsi ses envois diminuer de près de 168,2 millions de dollars, tandis que l’Égypte subirait une perte estimée à 54,15 millions. Le Kenya et le Ghana ne seraient pas épargnés, avec des baisses respectives de 38,11 et 33,63 millions de dollars.

Si les recettes fiscales attendues par les États-Unis sont modestes à l’échelle fédérale, les impacts pour les pays récipiendaires, eux, pourraient être durables. Moins de devises dans les économies locales, recul de la consommation, baisse de l’investissement des ménages représentent autant de risques qui pourraient accentuer les vulnérabilités économiques de plusieurs pays africains.

Charlène N’dimon

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À la UneEconomie

Aide contre minerais : 6 pays africains ont signé des contrats de lobbying avec des firmes liées à Trump

by admin9775 19 juillet 2025
written by admin9775

Le rapport souligne que la forte réduction de l’aide américaine crée des conditions où les accords basés sur un « troc actifs stratégiques contre soutien » risquent d’être moins favorables aux pays à faible revenu, et plus ouverts à l’exploitation des ressources au détriment des populations locales.

Six Etats africains figurent parmi les 17 pays les moins avancés qui ont signé des contrats de lobbying avec des firmes proches du président américain Donald Trump, depuis les dernières élections américaines. Ce, dans l’espoir de conclure des accords offrant à la première puissance économique mondiale un accès à des ressources précieuses, notamment des minerais ou d’autres actifs stratégiques en échange d’un soutien humanitaire ou militaire.

L’information a été révélée par Global Witness, une ONG spécialisée dans la lutte contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement et la corruption politique qui l’accompagne, dans un rapport publié le mercredi 9 juillet 2025, et intitulé « Revealed : Trump-linked firms cash in on mineral lobbying deals as US cuts aid ».

Ce document précise que l’Angola, la République démocratique du Congo (RDC), le Liberia, le Mozambique, le Rwanda et la Somalie ont engagé des firmes de lobbying dirigées par des personnalités proches du locataire de la Maison Blanche pour des montants de plusieurs millions de dollars, alors que Washington réduit drastiquement son aide aux pays les plus pauvres de la planète.

La valeur globale des contrats signés par les 17 pays s’élève à plus de 21 millions de dollars, selon les documents déposés par ces entreprises auprès du ministère américain de la Justice, en vertu de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (Foreign Agents Registration Act, FARA).

Les honoraires mensuels pour les contrats de lobbying peuvent atteindre des centaines de milliers de dollars. A titre d’exemple, Squire Patton Boggs, un cabinet ayant des liens établis avec le cercle Trump, perçoit 312 500 dollars par mois pour représenter l’Angola, tandis que le cabinet Ballard Partners, propriété de Brian Ballard, l’un des principaux contributeurs à la campagne Trump, perçoit 100 000 dollars par mois de la RDC, d’après les mêmes sources.

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Les USA sont le seul pays où le lobbying est régulé par la loi et où l’influence grandissante des acteurs de ce secteur sur les décideurs pousse depuis longtemps des pays étrangers à les engager pour tenter d’agir sur les décisions américaines qui pourraient les affecter de manière significative. Global Witness s’inquiète de la dynamique plus large qui est à l’origine de ces nouveaux contrats de lobbying.

« Nous assistons à une réduction spectaculaire de l’aide, combinée à une ruée explicite sur les minerais critiques et à la volonté de l’administration Trump de conclure des accords en échange d’une aide financière ou d’une assistance militaire. Ces dynamiques créent une situation potentielle où les transactions sont plus désespérées, moins favorables aux pays à faible revenu et plus ouvertes à l’exploitation des ressources au détriment des communautés impactées », a estimé Emily Stewart, responsable des politiques et des minerais de transition chez Global Witness.

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Accès à des ports et des bases aériennes

L’analyse des contrats de lobbying révèle que sur les 17 pays qui ont signé ces documents, huit proposent de nouvelles opportunités d’investissement, dont plusieurs font écho à l’accord sur les ressources naturelles signé en avril 2025 avec l’Ukraine et qui accordera aux Etats-Unis des droits préférentiels sur les réserves de minerais, de pétrole et de gaz en échange d’un soutien dans la guerre contre la Russie.

Comme l’Ukraine, neuf pays ayant signé de nouveaux contrats de lobbying sont des nations riches en ressources naturelles et où des conflits armés sont en cours. Il s’agit notamment de la RDC, qui négocie avec le pays de l’Oncle Sam un accord « minerais contre sécurité », alors que le groupe rebelle armé M23 progresse dans l’Est du pays.

Avec l’Ukraine, la RDC fait partie des pays les plus touchés par le gel de l’aide américaine. L’année dernière, Kinshasa était le principal bénéficiaire de l’aide humanitaire américaine au niveau mondial, avec 910 millions de dollars. Les USA ont fourni 70 % de leur aide totale, principalement pour la nourriture, l’eau, l’assainissement et les abris, pour plus de 7 millions de personnes déplacées.

En décembre 2024, la Somalie a signé avec le cabinet de lobbying BGR Government Affairs, un contrat annuel de 600 000 dollars, alors que des membres de l’équipe de campagne de Trump appelaient les Etats-Unis à reconnaître la région séparatiste du Somaliland en tant qu’Etat indépendant.

La Somalie, qui a reçu près de 1,2 milliard de dollars en soutien humanitaire et sécuritaire de la part des Etats-Unis en 2023, fait désormais valoir qu’elle est ouverte aux affaires dans les domaines des hydrocarbures et des minerais, tout en proposant à Washington le « contrôle opérationnel exclusif » de deux ports et de bases aériennes stratégiques dans le pays.

IMAG3 copyLe ministre somalien de la Défense, Abduqadir Mohamed Nur Jama, et l’ambassadeur des USA en Somalie, Larry Andre, signent un accord sécuritaire en 2023

Pour préserver les droits des pays les moins avancés souhaitant obtenir une aide américaine, Global Witness recommande notamment à l’administration Trump de rétablir la loi sur les pratiques de corruption à l’étranger (FCPA), dont la récente abrogation crée des opportunités d’exploitation et de transactions opaques dans les Etats fragiles riches en ressources naturelles.

L’ONG recommande aussi veiller à ce que les accords impliquant l’accès aux ressources naturelles des pays étrangers soient conclus de manière transparente, avec des compensations équitables et sans coercition, et d’annuler le gel de l’aide étrangère, en particulier pour les programmes essentiels tels que le Plan d’urgence du président américain pour la lutte contre le sida (PEPFAR) et les initiatives de l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

Walid Kéfi

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À la UneSport

Football congolais : Omari propose une solution concertée pour sortir de la crise institutionnelle

by admin9775 19 juillet 2025
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L’ordonnance du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) exigeant la reprise des play-offs de la Ligue 1 congolaise continue de diviser le monde du football national. Constant Omari, ancien président de la FECOFA, sort de son silence pour proposer une voie médiane visant à préserver l’intérêt général.

Dans une déclaration exclusive, l’ancien dirigeant footballistique plaide pour une approche consensuelle : « La solution idéale serait de réunir l’ensemble des parties concernées – la LINAFOOT et tous les clubs participants – pour évaluer collectivement la faisabilité d’une reprise. À défaut, nous devrions envisager un compromis inclusif, comme la reconduction des mêmes équipes que la saison précédente en cas d’année blanche. »

Cette position modérée cherche à dépasser le clivage actuel entre partisans d’une application stricte de la décision du TAS et ceux s’opposant à toute reprise. Omari met en garde contre les risques d’une solution unilatérale : « Seul un accord global entre toutes les parties prenantes peut préserver la stabilité institutionnelle de notre football. »

La proposition d’année blanche, bien que constituant une mesure exceptionnelle, présenterait selon l’ancien président plusieurs avantages :

  • Éviter une reprise précipitée dans des conditions organisationnelles précaires
  • Maintenir la cohésion entre les clubs
  • Préserver l’équilibre compétitif pour la saison prochaine

La FECOFA se trouve désormais face à un dilemme complexe : respecter l’injonction du TAS tout en maintenant l’unité du football national. La solution préconisée par Omari, bien qu’audacieuse, pourrait offrir une issue constructive à cette crise sans précédent.

Les prochains jours s’annoncent décisifs alors que la pression monte sur les instances dirigeantes pour trouver une solution pérenne. Cette crise met en lumière les profondes divisions qui traversent le football congolais et la nécessité d’une réforme en profondeur de sa gouvernance.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la Une

Négociations à Doha : Vers une déclaration de principes entre la RDC et le M23

by admin9775 19 juillet 2025
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Les pourparlers entre la République démocratique du Congo (RDC) et l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23), facilités par le Qatar, pourraient aboutir à l’adoption d’une déclaration de principes, selon des sources diplomatiques. Bien que les discussions aient été difficiles, les deux parties travaillent sur les termes de ce document, dont la publication était initialement prévue ce vendredi avant d’être reportée à samedi.

Un enjeu crucial : le retrait du M23

Alors que l’accord de Washington en avril 2025 n’a pas résolu la question du M23, les négociations de Doha sont considérées comme une étape clé avant une éventuelle rencontre entre les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda), envisagée fin juillet sous médiation américaine.

La future déclaration devrait réaffirmer des engagements fondamentaux, notamment :

  • Le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.
  • Le rejet de toute balkanisation du pays.
  • La protection des civils et la cessation des hostilités.

Toutefois, ce texte ne constituera pas un accord de cessez-le-feu, mais plutôt une base pour de futures négociations.

Des divergences persistantes

Si les deux camps affichent une volonté de dialogue, leurs positions restent éloignées :

  • Kinshasa exige le rétablissement de son autorité dans les zones contrôlées par le M23, notamment à Goma et Bukavu, où le groupe rebelle a instauré une administration parallèle.
  • Le M23 réclame, quant à lui, des mesures de confiance, comme la libération de prisonniers et la reconnaissance de certaines de ses revendications.

Sur le terrain, les tensions demeurent : le gouvernement congolais accuse le M23, soutenu par le Rwanda, de renforcer ses positions dans les Kivu, tandis que les rebelles dénoncent la mobilisation des milices Wazalendo par Kinshasa.

La médiation internationale en jeu

La présence à Doha de Massad Boulos, émissaire américain pour la région des Grands Lacs, souligne l’implication des États-Unis dans ce processus. Les résultats de ces négociations pourraient influencer la suite des discussions, notamment une éventuelle rencontre Tshisekedi-Kagame.

Pour l’instant, aucun déblocage concret n’a été enregistré depuis la déclaration conjointe du 22 avril, où les deux parties s’étaient engagées à œuvrer pour une trêve. La réussite des pourparlers de Doha sera déterminante pour l’avenir de l’accord de Washington et la stabilité dans la région.

La conférence de presse prévue samedi pourrait apporter des éclaircissements sur les avancées – ou les blocages – de ces négociations cruciales.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneSociété

Kinshasa : Le gouverneur Daniel Bumba prend des mesures fortes pour réguler les « wewas » et désengorger la ville

by admin9775 19 juillet 2025
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Face à la recrudescence du désordre dans le secteur des transports, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, a décidé d’agir. Ce mardi 15 juillet 2025, il a convoqué une réunion de crise rassemblant les ministres provinciaux des Transports et de l’Intérieur, le commissaire provincial de la police, des experts et des responsables de la division urbaine. L’objectif ? Trouver des solutions pour mieux réguler la circulation des motocyclistes, communément appelés wewas, dont la prolifération anarchique engendre embouteillages et insécurité routière.

Un secteur vital, mais hors de contrôle

Les wewas sont devenus incontournables dans la mobilité kinoise, offrant un moyen de transport rapide et accessible. Cependant, leur multiplication s’accompagne de nombreux défis : non-respect du code de la route, accidents fréquents et congestion des artères principales. Automobilistes et piétons se plaignent régulièrement de ce chaos, qui nuit à la fluidité et à la sécurité dans la capitale.

Devant cette situation, le gouverneur Bumba a annoncé la nécessité de mesures strictes pour encadrer cette activité. « Nous devons réguler ce secteur pour garantir la sécurité de tous et permettre à la ville de respirer à nouveau. Les motos ont leur utilité, mais elles ne peuvent pas circuler sans règles », a-t-il déclaré.

Vers une meilleure organisation et une fiscalité transparente

Au-delà de la simple régulation du trafic, le gouverneur a insisté sur l’importance de la collecte des taxes liées à cette activité. Ces fonds, a-t-il rappelé, doivent servir à améliorer les infrastructures routières, aujourd’hui dégradées. « Une gestion transparente de ces recettes permettra au gouvernement provincial d’investir dans la réhabilitation des routes », a-t-il souligné.

Cette réunion marque un tournant dans la politique urbaine de Kinshasa. Les autorités entendent désormais structurer un secteur jusque-là laissé à lui-même, tout en préservant son rôle économique et social. En effet, pour des milliers de motocyclistes, cette activité représente leur seule source de revenus.

Quelles mesures concrètes attendre ?

Si les décisions finales restent à officialiser, plusieurs pistes sont envisagées :

  • Limitation des zones de circulation pour réduire les embouteillages.
  • Formation et sensibilisation des conducteurs au code de la route.
  • Contrôle renforcé pour lutter contre les motos non immatriculées.
  • Modernisation de la fiscalité pour une meilleure redistribution des recettes.

Un vent de réforme souffle sur Kinshasa. Reste à voir si ces mesures parviendront à concilier ordre public et réalités socio-économiques, dans une ville où les wewas sont bien plus qu’un simple moyen de transport : une bouée de sauvetage pour de nombreuses familles.

La balle est désormais dans le camp des autorités. Les Kinois attendent des actes concrets pour une circulation plus sûre et une ville mieux organisée.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneProvince

Exécution sommaire au Nord-Kivu : le BCNUDH alerte sur les violations persistantes des droits humains

by admin9775 18 juillet 2025
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Le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a rendu public ce vendredi un rapport accablant concernant l’exécution sommaire d’un civil par un présumé membre de la coalition AFC-M23. Les faits, survenus le 1er juillet dernier à Nyabiondo dans le territoire de Masisi, ont été commis en public sous les yeux de plusieurs témoins, dont des enfants.

Dans sa déclaration officielle, l’agence onusienne affirme détenir des preuves irréfutables de ce crime, incluant une vidéo explicite et des témoignages concordants recueillis auprès de sources locales fiables. « Cet acte barbare constitue une violation flagrante du droit international humanitaire et des principes les plus élémentaires de protection des civils », peut-on lire dans le document.

Le BCNUDH révèle des statistiques alarmantes documentant plus de 1600 exécutions sommaires attribuables au M23 depuis 2021. Ces chiffres macabres illustrent l’ampleur des violations systématiques perpétrées dans les zones sous contrôle de ce groupe armé. Face à cette situation intolérable, l’organisation internationale lance un appel pressant à la coalition AFC, dont le M23 est une composante active, pour qu’elle assume ses responsabilités en sanctionnant les auteurs de ces crimes et en mettant en place des mécanismes efficaces de prévention.

Cette révélation intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible, alors que des pourparlers de paix se déroulent à Doha sous l’égide de la communauté internationale. Les défenseurs des droits humains s’attendent à une réaction ferme du gouvernement congolais et des médiateurs internationaux face à ce nouveau crime qui souligne la vulnérabilité persistante des populations civiles dans l’est de la RDC.

Les observateurs soulignent l’urgence d’une action coordonnée pour renforcer la protection des civils et accélérer le processus de paix dans cette région en proie à l’instabilité depuis des décennies. Ce dernier incident vient cruellement rappeler que malgré les efforts diplomatiques en cours, la situation sur le terrain reste extrêmement préoccupante en matière de respect des droits fondamentaux.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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« Ce n’est pas le dépotoir de Trump » : l’indignation suscitée par l’arrivée de déportés américains étrangers dans un petit pays africain

by admin9775 18 juillet 2025
written by admin9775


Partout en Afrique, et dans la petite nation d’Eswatini, la fureur a éclaté à la suite de l’arrivée d’étrangers expulsés des États-Unis, après que son gouvernement a confirmé que des migrants décrits par un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure comme des « monstres dépravés » avaient été envoyés dans ses prisons.

D’une superficie comparable à celle du New Jersey , l’Eswatini, anciennement Swaziland, est gouverné par un monarque au pouvoir absolu . Mercredi, des responsables ont déclaré que cinq personnes expulsées des États-Unis étaient détenues dans des unités d’isolement au sein de leurs prisons, reconnaissant une « inquiétude générale » tout en insistant sur le fait que ces hommes « ne représentent aucune menace pour le pays ni pour ses citoyens ».

Les cinq hommes sont maintenus en isolement, a déclaré vendredi à CNN le porte-parole par intérim du gouvernement, Thabile Mdluli, sans toutefois révéler les prisons dans lesquelles ils étaient détenus, invoquant des risques pour la sécurité.

Mdluli n’a pas révélé combien de temps les hommes resteraient en Eswatini, mais a déclaré : « Des échanges cruciaux entre les parties prenantes sont toujours en cours. » Elle avait précédemment déclaré que l’expulsion était le « résultat de mois d’échanges intenses de haut niveau » entre les États-Unis et ce pays d’Afrique australe.

Les critiques de cette mesure affirment qu’il est inacceptable que l’Eswatini soit traité comme un « dépotoir » pour les personnes considérées comme inaptes à vivre aux États-Unis.

La « pression » américaine sur les pays africains

Alors que les expulsions massives de l’administration Trump vers les prisons du Salvador ont fait la une des journaux du monde entier, la Maison Blanche a également tenté discrètement de conclure des accords avec un certain nombre de pays africains pour accepter les expulsés originaires d’autres nations.

La répression agressive du président Donald Trump contre l’immigration s’est heurtée à des obstacles logistiques, certains pays refusant de reprendre leurs ressortissants, ou ne le faisant que de manière limitée.

Des immigrants sans papiers, entravés aux poignets et aux chevilles, ont été fouillés avant d'embarquer à l'aéroport international de Kansas City sur un vol charter géré par le Service de l'immigration et des douanes (ICE). Les détenus ont été transférés par avion vers la Louisiane, le Texas ou l'Arizona, où ils ont été renvoyés ou transférés vers leur pays d'origine, le 2 décembre 2024.

Des immigrants sans papiers, entravés aux poignets et aux chevilles, ont été fouillés avant d’embarquer à l’aéroport international de Kansas City sur un vol charter géré par le Service de l’immigration et des douanes (ICE). Les détenus ont été transférés par avion vers la Louisiane, le Texas ou l’Arizona, où ils ont été renvoyés ou transférés vers leur pays d’origine, le 2 décembre 2024. Kansas City Star/Tribune News Service/TNS/Getty Images

Certains des pays approchés par les États-Unis, comme le Nigéria, ont dénoncé les pressions exercées pour accueillir des étrangers expulsés.

« Les États-Unis exercent une pression considérable sur les pays africains pour qu’ils acceptent que des Vénézuéliens soient expulsés des États-Unis, certains sortant tout droit de prison », a déclaré le ministre nigérian des Affaires étrangères, Yusuf Tuggar, dans une interview télévisée la semaine dernière, citant l’annonce par Washington d’une augmentation des tarifs douaniers et de récentes réductions de la validité des visas .

La mission américaine au Nigéria a insisté sur le fait que les changements de visa n’étaient « pas le résultat de la position d’une nation sur les expulsés de pays tiers » mais plutôt « pour protéger les systèmes d’immigration américains ».

« L’administration Trump s’engage à expulser les criminels illégaux des États-Unis », a déclaré un responsable de la Maison Blanche à CNN dans un communiqué. « L’administration s’entretient fréquemment avec des pays étrangers sur divers sujets, mais nous ne partageons pas d’informations sur les discussions privées. »

Le président Donald Trump s'adresse aux membres des médias à son arrivée de Pennsylvanie, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland, aux États-Unis, le 15 juillet 2025.

Le président Donald Trump s’adresse aux membres des médias à son arrivée de Pennsylvanie, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland, aux États-Unis, le 15 juillet 2025. Nathan Howard/Reuters

Plus tôt ce mois-ci, la Cour suprême des États-Unis a ouvert la voie à l’expulsion, sans préavis, de certains migrants vers des pays autres que leur pays d’origine. Peu après, huit migrants expulsés de pays tiers, dont les États-Unis attribuaient un casier judiciaire, ont atterri au Soudan du Sud , un pays au bord de la guerre civile .

Qui étaient les prisonniers déportés en Eswatini ?

La porte-parole du DHS, Tricia McLaughlin, a déclaré dans un message publié mercredi sur X que les cinq détenus transportés par avion vers l’Eswatini étaient des ressortissants de la Jamaïque, du Laos, de Cuba, du Yémen et du Vietnam.

« Ce vol a emmené des individus d’une barbarie si singulière que leurs pays d’origine ont refusé de les accueillir », a-t-elle écrit. « Ces monstres dépravés terrorisent les communautés américaines, mais grâce à @POTUS Trump @Sec_Noem, ils ont quitté le sol américain », a ajouté McLaughlin.

Les prisonniers ont été reconnus coupables de divers crimes, notamment de viol d’enfant, de meurtre et de vol, a-t-elle déclaré .

Le porte-parole du gouvernement d’Eswatini, Mdluli, a déclaré que le pays collaborerait désormais avec les États-Unis et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) « pour faciliter le transit de ces détenus vers leurs pays d’origine ».

Elle a toutefois déclaré à CNN jeudi qu’« il n’y a actuellement aucun calendrier » pour leur rapatriement.

Pourquoi les gens sont-ils indignés ?

La décision de l’Eswatini d’accueillir les expulsés américains a rencontré une désapprobation générale de la part du public, à la fois en raison du risque perçu autour de leur présence et de la représentation que les États-Unis font de la nation comme un « pays tiers sûr ».

Ce pays enclavé d’un peu plus d’un million d’habitants est déjà en proie à la pauvreté, au chômage, à un taux de criminalité élevé et à des prisons surpeuplées . Les droits humains se dégradent également, selon Human Rights Watch , suite à une vague de répression des mouvements pro-démocratie. Plus de la moitié de sa population vit avec moins de 4 dollars par jour, selon la Banque mondiale .

Le parti d’opposition PUDEMO a déclaré que l’acceptation des étrangers expulsés des États-Unis « représente un risque sérieux pour nos communautés déjà vulnérables » qui, selon lui, « luttent contre un grave fléau » de criminalité, notamment le viol et le meurtre.

« Notre pays ne doit pas être traité comme un dépotoir pour ceux qui sont jugés inaptes à vivre ailleurs », a déclaré le groupe dans un communiqué envoyé à CNN.

Lucky Lukhele, du Swaziland Solidarity Network, un groupe de la société civile en exil basé en Afrique du Sud, a déclaré à CNN que c’était « du racisme évident de penser que l’Afrique est un dépotoir pour Donald Trump ».

Lukhele a déclaré avoir été informé par des sources anonymes que davantage de déportés américains seraient envoyés en Eswatini, avertissant que « les prisons swazies sont (déjà) surpeuplées » de prisonniers qui « ne reçoivent qu’un repas par jour ».

Le Forum multipartite (MSF), une coalition de groupes de la société civile d’Eswatini, a déclaré dans un communiqué que « la souveraineté et la dignité du pays ne doivent pas être sacrifiées au profit d’accords flous ou d’opportunisme politique ».

On ignore comment l’Eswatini pourrait bénéficier de l’hébergement des expulsés américains. Le porte-parole du gouvernement, Mdluli, a déclaré à CNN que « les termes de l’accord (avec les États-Unis) restent confidentiels ».

Interrogée sur l’arrivée prochaine d’autres déportés américains en Eswatini, elle a répondu qu’il n’y avait actuellement aucune information à ce sujet.

Les privilèges commerciaux de l’Eswatini avec les États-Unis ont été menacés en avril après son inclusion dans la liste des droits de douane imposés par Trump, qui impose un taux de 10 % sur ses exportations. Son voisin et principal partenaire commercial, l’Afrique du Sud, s’est également vu imposer des droits de douane de 30 %, déclenchant une panique au sein de la banque centrale de l’Eswatini quant aux « conséquences » pour son économie. Ces droits de douane doivent entrer en vigueur le 1er août.

L’accueil des Américains expulsés a également suscité un tollé en Afrique du Sud, dont les relations avec les États-Unis se sont détériorées sous Trump .

Une source du gouvernement sud-africain a déclaré à CNN : « Il y a un sentiment que certains au sein de l’administration Trump pourraient utiliser cela (la déportation de prisonniers vers l’Eswatini) pour déstabiliser l’Afrique du Sud », étant donné ses frontières poreuses et l’économie en difficulté de l’Eswatini.

« Tout le monde sait que ces individus (les condamnés expulsés) voudront s’installer en Afrique du Sud », a déclaré une autre source diplomatique, ajoutant que les États-Unis « l’ont fait (demandé à l’Afrique du Sud d’accepter des migrants) et nous avons refusé ».

La source a déclaré que les expulsions vers l’Eswatini étaient une provocation des États-Unis et une menace directe à la sécurité nationale.

Ken Opalo, professeur associé à l’École du service extérieur de l’Université de Georgetown à Washington, DC, a déclaré que les pays africains sont poussés par l’administration Trump « à faire des choses scandaleuses comme accepter des migrants de pays aléatoires ou leur donner (aux États-Unis) leurs richesses minérales dans le cadre d’accords ambigus qui n’ont pas beaucoup de sens. »

Il a averti : « Il est imprudent pour les pays africains de penser qu’ils peuvent conclure des accords et s’attendre à un engagement crédible de la Maison Blanche, étant donné leur nature transactionnelle, ce qui signifie que tout est sujet à changement. »

CNN

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