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À la Une

À la UneEconomie

Concession ferroviaire du corridor de Lobito en RDC : le portugais Mota-Engil préféré des Américains

by admin9775 13 décembre 2025
written by admin9775

En annonçant sa disposition à financer jusqu’à 1 milliard de dollars pour la réhabilitation de la ligne Dilolo–Sakania, la Development Finance Corporation (DFC) américaine, équivalent en France de Proparco, place Mota-Engil en position de favori pour décrocher la concession congolaise du corridor de Lobito.

Communiquée officiellement le 5 décembre 2025 au grand public, cette décision marque une étape décisive dans la restructuration du corridor de Lobito, le réseau ferroviaire destiné à relier les gisements miniers du Katanga au port atlantique angolais.

En émettant une lettre d’intention en faveur du groupe Mota-Engil – qui a son siège à Porto au Portugal – pour financer la réhabilitation et l’exploitation de la ligne Dilolo–Sakania, l’agence américaine de financement du secteur privé dans les pays en développement, fait du groupe portugais le candidat le plus crédible à ses yeux, pour la concession ferroviaire du côté congolais. La démarche s’inscrit dans la logique du partenariat stratégique formalisé entre les États-Unis et la RDC, qui prévoit un montage en partenariat Public-Privé (PPP) pour la modernisation de l’infrastructure.

Mota-Engil n’est pas un nouveau venu dans l’écosystème du corridor. Avec Trafigura et Vecturis, l’entreprise compose le consortium Lobito Atlantic Railway (LAR), concessionnaire depuis 2022 de la section angolaise pour une durée de trente ans. Si Kinshasa n’a pas encore officialisé le nom de son futur concessionnaire, les négociations avancent rapidement.

Une convergence diplomatique et technique

Africa Finance Corporation (AFC), l’institution basée à Lagos (Nigéria) qui mobilise des ressources pour le financement des infrastructures en Afrique, est fortement impliquée dans l’extension du projet vers la Zambie et a récemment confirmé que les discussions sur le contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) étaient proches de leur conclusion. Cette dynamique ouvre la voie à une mobilisation technique dès la finalisation du financement.

Lors du Makutano (rencontre en langue swahili),  un rendez-vous annuel d’affaires tenu le 26 novembre 2025 à Kinshasa, le vice-Premier ministre congolais en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a souligné la volonté des parties prenantes d’accélérer la mise en œuvre. Selon lui, le comité stratégique réunissant la RDC, les États-Unis et l’Union européenne travaille désormais « en cadence » pour lancer la réhabilitation sans délai inutile. Cette convergence diplomatique et technique reflète l’importance économique et géopolitique du corridor, notamment pour sécuriser des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques.

L’accord stratégique signé le 4 décembre introduit, par ailleurs, des quotas d’exportation obligatoires via le corridor de Lobito. Sur les cinq prochaines années, les entreprises publiques devront y acheminer 50% de leur cuivre, 30% de leur cobalt et 90% de leur zinc. En ciblant uniquement les sociétés d’État comme la Gécamines ou ses filiales, le gouvernement cherche à garantir un volume de base pour le chemin de fer tout en évitant d’entrer immédiatement en conflit contractuel avec les majors privées du secteur minier, souvent liées à des opérateurs chinois.

Un corridor pensé au-delà du seul enjeu minier

Si le modèle financier du projet repose largement sur les minerais, les parties prenantes insistent sur sa vocation plus large. Pour Samaila Zubairu, président de l’AFC, le corridor constitue désormais un levier essentiel pour dynamiser l’agriculture le long de l’axe ferroviaire, grâce à une logistique plus fiable pour l’acheminement des cultures de rente. Jean-Pierre Bemba estime, pour sa part, que l’impact cumulé des activités minières, industrielles et agricoles pourrait augmenter le PIB de la RDC de 2 à 3%, tout en générant quelque 10 000 emplois directs durant la phase de réhabilitation.

Sur le plan financier, les engagements annoncés semblent suffisants pour couvrir les 1,1 milliard de dollars nécessaires à la remise à niveau de la ligne Dilolo–Sakania et à son extension vers la frontière zambienne. Outre le soutien potentiel de la DFC, l’Union européenne est prête à contribuer, via la Banque européenne d’investissement, à hauteur de 500 millions d’euros, tandis que la Banque mondiale envisage un appui de 500 millions de dollars. Ce montage financier renforce la crédibilité du projet et permet d’envisager une exécution rapide.

Le transport de marchandises entre Tenke ou Kolwezi, au sud-est de la RDC, et le port de Lobito pourrait prendre 5 à 8 jours, contre près de 25 jours pour les itinéraires passant par Durban, en Afrique du Sud. Les autorités anticipent une baisse des coûts logistiques pouvant atteindre 30 %, avec un objectif initial d’un million de tonnes à l’export et de 500 000 tonnes à l’import, une répartition clairement favorable à la génération des revenus nets en devises étrangères.

Quelques obstacles à surmonter

Toutefois, quelques défis techniques et commerciaux demeurent. L’un des plus sensibles concerne l’interopérabilité des réseaux ferroviaires congolais et angolais, notamment l’harmonisation des écartements de voie afin d’éviter des ruptures de charge coûteuses. Un autre enjeu clé réside dans la capacité à convaincre les compagnies minières privées, souvent contractualisées avec des opérateurs chinois, de transférer une partie de leurs flux vers ce corridor soutenu par les États-Unis. La pratique dans le secteur minier consiste à vendre la production de minerais par des contrats d’enlèvement (off-take agreements), avec parfois, des entrepôts de livraison précis. Ainsi, l’adhésion de ces sociétés sera déterminante pour assurer la viabilité à long terme du projet et en faire un véritable moteur de développement régional.

Un autre facteur déterminant pourrait toutefois jouer en faveur du corridor : l’évolution prochaine du paysage minier congolais. De nombreux contrats d’exploitation arrivent à expiration ou à renégociation dans les années à venir, notamment pour le cuivre et le cobalt. Washington, anticipant cette fenêtre stratégique, a déjà pris des options sur plusieurs futures licences, grâce à l’accord-cadre de coopération économique signé avec la RDC et un lobbying diplomatique intense.

L’Union européenne multiplie elle aussi les démarches pour sécuriser de nouvelles positions, en s’appuyant sur la BEI et des fonds de garantie. Parallèlement, les alliés des États-Unis du Golfe — Qatar et Arabie saoudite — affichent des ambitions croissantes dans l’amont minier africain, cherchant à se positionner sur des actifs stratégiques dans la transition énergétique. Cette recomposition progressive du secteur pourrait, mécaniquement, diluer l’emprise logistique des routes traditionnelles vers Durban ou Dar es Salaam, au profit d’un corridor de Lobito, renforcé par de nouveaux détenteurs de licences alignés sur les puissances occidentales et leurs partenaires moyen-orientaux.

La Tribune

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À la UnePolitique

France au Conseil de sécurité : Exige le retrait rwandais de RDC et un arrêt immédiat de l’offensive du M23

by admin9775 13 décembre 2025
written by admin9775

La France a lancé un avertissement ferme devant le Conseil de sécurité des Nations unies, exprimant sa « vive préoccupation » face à l’escalade des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo. Son ambassadeur a exigé le retrait immédiat des forces rwandaises du territoire congolais et la cessation des offensives du M23, jugeant la situation suffisamment grave pour « interpeller le Conseil à un moment crucial », notamment lors du renouvellement du mandat de la MONUSCO.

Une offensive qui « met en péril la stabilité régionale »

Le représentant français a dénoncé avec force l’offensive du M23, appuyée par l’armée rwandaise, affirmant qu’elle « met en péril la stabilité régionale » et compromet gravement la sécurité des civils. Il a pointé du doigt un « risque sérieux et imminent » découlant de la prise récente d’Uvira, ville frontalière du Burundi, estimant que cette avancée pouvait désormais menacer directement les pays voisins.

Une crise humanitaire qualifiée de « deuxième plus grave au monde »

Dans un plaidoyer humanitaire, le diplomate a rappelé l’impact dévastateur des combats, ayant provoqué le déplacement de milliers de personnes. Il a qualifié la crise humanitaire qui en résulte de « deuxième plus grave au monde », soulignant la profonde préoccupation de Paris face à la vulnérabilité des civils et à l’ampleur croissante des besoins.

Les exigences de Paris : cessez-le-feu, retrait et respect des accords

La France a formulé trois exigences claires :

  1. Un arrêt immédiat des hostilités par le M23, présenté comme une violation des engagements pris.
  2. Le retrait intégral des Forces armées rwandaises (RDF) du territoire congolais, en stricte application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité.
  3. Le respect par le M23 des engagements contenus dans l’Accord de principe et l’Accord-cadre de Doha, condition sine qua non pour toute solution durable.

Un contexte diplomatique crucial

Cette intervention vigoureuse de Paris intervient dans un contexte où la crédibilité des processus de paix (Washington, Doha) est sérieusement ébranlée par les avancées militaires sur le terrain. En liant explicitement la crise au renouvellement du mandat de la MONUSCO, la France appelle le Conseil de sécurité à une réaction coordonnée et substantielle, au-delà des déclarations de principe.

Le ton employé par la diplomatie française marque un alignement plus ferme sur les positions de Kinshasa et de certains partenaires régionaux, accentuant la pression sur Kigali et ses alliés au sein du Conseil. L’efficacité de cette prise de parole se mesurera à la capacité de la communauté internationale à traduire ces exigences en mesures concrètes pour inverser la dynamique guerrière dans l’Est de la RDC.

Par Marius Bopenga
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À la UnePolitique

Est de la RDC: les États-Unis s’en prennent au Rwanda, l’ONU craint un «embrasement régional»

by admin9775 13 décembre 2025
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Vendredi 12 décembre se tenait la première réunion du Conseil de sécurité des Nations unies depuis l’entérinement de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda, et aussi la première depuis la chute d’Uvira, dans l’est congolais. À New York, les avancées diplomatiques sont mises à l’épreuve par la réalité du terrain. Les États-Unis et la France accusent directement le Rwanda de soutenir militairement le M23 et alertent sur un risque d’embrasement régional et une grave crise humanitaire.

Alors que le secrétaire général adjoint de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, mettait en garde contre le fait que « ces derniers jours, la nouvelle offensive lancée par l’AFC/M23 dans le Sud-Kivu a réveillé le spectre d’un embrasement régional aux conséquences incalculables », le ton de Washington s’est durci en huit jours, rapporte notre correspondante à New-York, Carrie Nooten.

« Au lieu d’une avancée vers la paix, comme nous l’avons vu sous la direction du président Trump ces dernières semaines, le Rwanda mène la région vers plus d’instabilité et vers la guerre », a déclaré l’ambassadeur américain Mike Waltz.

5000 à 7000 soldats rwandais au moins se battraient aux côtés du M23

Selon lui, Kigali aurait participé « intimement » à la planification et à l’exécution de la guerre, en donnant des instructions militaires et politiques. L’ambassadeur américain n’a pas hésité à détailler l’ampleur de l’implication rwandaise, évoquant un soutien logistique, du matériel, de la formation, ainsi qu’un appui en entraînement. Entre 5 000 et 7 000 soldats rwandais combattraient aux côtés du M23, « sans compter une possible augmentation » lors de la nouvelle offensive du M23 en cours, a-t-il affirmé.

Ces derniers mois, le Rwanda a déployé de nombreux missiles sol-air et d’autres armements lourds et sophistiqués dans le Nord et le Sud-Kivu pour aider le M23 dans sa guerre contre la RDC. Le Rwanda et le M23 ont lancé leur offensive pas plus tard que le week-end dernier pour prendre le contrôle d’Uvira avec les forces rwandaises en première ligne au côté du M23. Nous avons des informations crédibles d’une augmentation de l’utilisation de drones suicides et d’artillerie de la part du M23 et du Rwanda, y compris des frappes au Burundi. Au lieu d’une avancée vers la paix – comme nous l’avons vu sous la direction du président Trump ces dernières semaines – le Rwanda mène la région vers plus d’instabilité et vers la guerre. Au vu des engagements qui ont été pris dans le cadre de l’accord de Washington, nous sommes profondément préoccupés par la présence continue de militaires rwandais en territoire congolais pour soutenir le M23. Et nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour tenir pour responsables ceux qui sapent la paix.

L’ambassadeur américain Mike Waltz: « Le Rwanda mène la région vers plus d’instabilité et vers la guerre»RFI

Les États-Unis évoquent aussi une offensive conjointe du Rwanda et du M23 pour prendre Uvira, avec un usage accru de drones suicides et d’artillerie, y compris des frappes au Burundi.

Pour MSF, l’échec de l’accord de Doha est «profond»

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La France partage l’alerte. Pour l’ambassadeur français à l’ONU, Jérome Bonnafont, cette offensive comporte des risques d’embrasement dans la région. Il a indiqué avoir soumis aux États membres un projet de résolution permettant de « positionner la Monusco dans un rôle d’accompagnement de tous les efforts de paix », notamment « la surveillance du cessez-le-feu ».

L’offensive du M23, soutenue par les Forces rwandaises de défense, met en péril la stabilité régionale et compromet la sécurité des civils. La prise de la ville d’Uvira, dans le Sud-Kivu frontalière du Burundi, emporte des risques sérieux et imminents d’escalade régionale et menace directement la sécurité de pays frontaliers. Le recours à des drones suicides constitue une escalade préoccupante. Ces combats ont entraîné le déplacement forcé de dizaines de milliers de civils, dégradant encore la situation, alors qu’il s’agit déjà, dans cette zone, de la deuxième crise humanitaire la plus grave du monde. La communauté internationale s’est mobilisée pour venir en aide aux populations touchées par le conflit. Lors de la conférence de Paris, le 30 octobre dernier, la France réaffirme l’urgence de protéger les populations civiles. La France exhorte le M23 à mettre un terme à son offensive et les Forces rwandaises de défense à se retirer du territoire congolais. En application de la résolution 2773 adoptée à l’unanimité par ce Conseil, le M23 doit respecter ses engagements au titre de la Déclaration de principes et de l’accord-cadre de Doha.

L’ambassadeur français à l’ONU, Jérome Bonnafont: «La France exhorte le M23 à mettre un terme à son offensive et les Forces rwandaises de défense à se retirer du territoire congolais»RFI

Sur le plan humanitaire, Médecins sans frontières dresse un constat sévère. « Malgré des engagements de haut niveau à Washington et à Doha, la violence contre les civils reste quotidienne », déclare son président, le Dr Javid Abdelmoneim, qui évoque des témoignages de massacres attribués au M23.

« De notre point de vue, il n’y a pas de conséquences suffisantes », explique-t-il. « Les membres décrivent les violations pour les civils, mais ces violations continuent dans l’impunité pour les personnes qui vivent ce conflit. La question n’est pas de savoir si le Conseil comprend la réalité, mais pourquoi cela ne se traduit pas par une protection effective. Cet écart est regrettable. L’échec est profond », conclut-il.

Si le conseil ne peut pas intervenir alors que de nombreuses vies sont en jeu, alors la promesse de la protection civile devient une doctrine creuse qui n’intervient pas lorsque cela est nécessaire. Il ne faut pas de rhétorique ni d’architecture diplomatique. Aujourd’hui, il nous faut une volonté pour rappeler que les civils ne sont pas des objets, que leurs droits à la sécurité, à la dignité ne sont pas négociables. Pas en RDC et pas lorsque les civils sont menacés.

Dr Javid Abdelmoneim, président de MSF alerte l’ONU sur la poursuite des violences contre les civils malgré les accords de paixPatient Ligodi

Lors de la réunion, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Wagner, a de nouveau réclamé des sanctions contre Kigali. Invité à s’exprimer, le Burundi a rappelé son droit à se défendre, tandis que l’ambassadeur rwandais a accusé la RDC et le Burundi d’avoir violé les cessez-le-feu en vigueur.

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À la UnePolitique

L’ancien député Daniel Safu rallie l’AFC/M23, un alignement politique qui défie les clivages traditionnels

by admin9775 12 décembre 2025
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Dans un mouvement qui bouscule le paysage politique congolais en pleine crise sécuritaire, l’ancien député national Daniel Safu a annoncé son alignement officiel avec la rébellion de l’AFC/M23. Cette décision, qui clôt une trajectoire politique changeante, survient au moment même où ce mouvement, soutenu par le Rwanda, vient de s’emparer de la ville stratégique d’Uvira.

Un parcours politique singulier

Daniel Safu, figure politique du Katanga, avait initialement fait partie de l’entourage de Moïse Katumbi et de son parti, Ensemble pour la République. Il avait ensuite effectué un premier virage en rejoignant la coalition « Sauvons la RDC » de l’ancien président Joseph Kabila. Son ralliement à l’AFC/M23 représente un saut politique d’une autre ampleur, le plaçant du côté d’un mouvement armé en conflit ouvert avec l’État congolais, et dont le contrôle territorial s’étend désormais jusqu’au Sud-Kivu.

Un timing symbolique et stratégique

Cette annonce coïncide avec un développement militaire majeur : la prise de la ville d’Uvira par le M23 ce mardi 10 décembre. Les rebelles sont entrés dans cette ville frontalière avec le Burundi après le retrait, sans combats, de l’armée congolaise (FARDC) et de ses alliés, selon des sources locales. Ce contexte donne un relief particulier à l’alignement de Safu, qui peut être interprété comme une tentative de légitimation politique du M23 ou comme le calcul d’un acteur anticipant une recomposition du pouvoir dans l’Est.

Réactions et implications

Ce ralliement est susceptible de provoquer de vives réactions à Kinshasa, où il pourrait être qualifié de trahison. Il illustre la profonde fragmentation et les recompositions à l’œuvre au sein de la classe politique congolaise face à un conflit qui dépasse les frontières et redessine les équilibres régionaux.

Pour l’AFC/M23, le soutien d’une figure politique nationale, même controversée, peut être présenté comme un signe d’élargissement de son assise au-delà du seul terrain militaire. Cela survient alors que le mouvement est au faîte de sa puissance territoriale mais fait face à une pression diplomatique internationale croissante pour son retrait et celui de son soutien rwandais.

L’évolution de la position de Daniel Safu sera scrutée comme un indicateur des dynamiques politiques souterraines en RDC, où la guerre dans l’Est continue de réécrire les règles du jeu bien au-delà du champ de bataille.

Par Pascal Kabeya
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À la UneNouvelles nécrologiques

Kinshasa : Deuil à Bumbu après le décès tragique du chef d’entreprise Tamak Bulala Mpanu

by admin9775 12 décembre 2025
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La commune de Bumbu, dans l’ouest de Kinshasa, est sous le choc après la disparition brutale de Tamak Bulala Mpanu, un chef d’entreprise et figure communautaire très respectée. Il est décédé mercredi des suites d’une électrocution accidentelle survenue à son domicile, selon plusieurs témoignages concordants.

Les circonstances du drame indiquent que l’accident s’est produit alors que M. Bulala tentait d’éteindre son groupe électrogène. Victime d’une décharge électrique, il a été transporté en urgence à l’Hôpital Général de Bumbu, où les efforts des équipes médicales sont restés vains.

La nouvelle de son décès a provoqué une vague d’émotion et de consternation dans les quartiers de Bumbu et de Selembao, où l’homme d’affaires était connu pour son implication sociale et son ancrage local. « C’est une perte immense pour notre communauté. Il était toujours présent pour aider et soutenir les initiatives du quartier », témoigne un habitant sous le coup de l’émotion.

La dépouille du défunt repose actuellement à la morgue de l’hôpital, en attendant les suites à donner aux obsèques. Les messages de soutien et de condoléances affluent de la part des proches, des connaissances et des nombreux membres de la communauté qui le tenaient en haute estime.

Ce tragique accident domestique rappelle une nouvelle fois les risques liés à l’utilisation des groupes électrogènes et aux installations électriques dans les quartiers populaires de Kinshasa, souvent confrontés à des problèmes d’accès à l’électricité et à des normes de sécurité précaires.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UneAfriquePolitique

Malema fustige Kagame : « Ce n’est pas de la diplomatie, c’est de la tromperie » après la chute d’Uvira

by admin9775 12 décembre 2025
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La prise d’Uvira par le M23 a provoqué une onde de choc bien au-delà des Grands Lacs. Julius Malema, le chef charismatique et controversé du parti d’opposition sud-africain Combattants pour la liberté économique (EFF), a lancé une attaque verbale d’une rare virulence contre le président rwandais Paul Kagame, l’accusant de « tromperie » et de « trahison » après la signature des Accords de Washington.

Dans un discours enflammé diffusé sur les réseaux sociaux, Malema a dénoncé avec force l’écart abyssal entre les engagements de paix pris à la Maison Blanche et la réalité militaire sur le terrain.

« Un chef de guerre en costume »

« Comment un président rwandais peut-il se rendre jusqu’au Bureau ovale, s’asseoir avec le président de la RDC, Tshisekedi, et signer un accord de paix… puis rentrer chez lui et continuer à alimenter ses milices rebelles dans les forêts du Congo ? », a-t-il lancé, résumant le sentiment d’indignation partagé par de nombreux observateurs.

Il a qualifié cette double posture de pure « tromperie » : « Ce n’est pas de la diplomatie. C’est de la tromperie. Il signe des documents à Washington pendant que ses milices du M23 continuent de tuer des femmes et des enfants à Uvira, Goma et Bukavu. Ce n’est pas un partenaire de paix, c’est un chef de guerre en costume. »

Kagame accusé de profiter du « chaos congolais »

Malema a ensuite élargi son réquisitoire aux motivations économiques qu’il prête à Kigali. « Ne jouons pas à des jeux : Kagame bénéficie du chaos du Congo. Il se nourrit de minéraux pillés, de vies volées et du silence de puissants amis. Le Rwanda bénéficie de la production à partir de mines tenues par les rebelles, tandis que le Congo enterre ses enfants. »

Un appel à la pression internationale et au retrait inconditionnel

S’adressant directement aux garants de l’accord, le leader de l’EFF a mis les États-Unis au défi de faire preuve de cohérence. « Si l’accord de paix signifie quelque chose, alors les États-Unis, en tant que garants de cet accord, doivent demander des comptes au Rwanda. Sinon, cette photo du Bureau ovale n’est rien d’autre qu’un théâtre mis en scène, tandis que les forêts du Congo brûlent. »

Il a conclu par un appel à la solidarité panafricaine et à une solution militaire : « Les gens sont invités à se tenir aux côtés du peuple congolais. Et le Rwanda doit sortir du Congo sans condition. »

Portée d’une prise de parole

L’intervention de Julius Malema, bien que venant d’une figure politique souvent marginalisée dans les chancelleries occidentales, résonne puissamment sur le continent. Elle cristallise la colère et la frustration de nombreux Africains face à un conflit perçu comme alimenté par l’impunité et les intérêts économiques. Son discours place la crise congolaise non plus seulement comme une affaire régionale, mais comme une question de justice et de souveraineté africaine, tout en mettant en cause la crédibilité de la médiation américaine.

Cette sortie publique illustre la pression croissante, y compris au sein de l’Afrique anglophone et australe, pour une réponse plus ferme de l’Union africaine et de la communauté internationale face à l’escalade en RDC.

Par Marius Bopenga
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À la UneAfrique

Kigali justifie la prise d’Uvira par le M23 comme une réponse à « l’abandon » des Banyamulenge et à la présence des FDLR

by admin9775 12 décembre 2025
written by admin9775

Le président rwandais Paul Kagame a, pour la première fois, réagi publiquement à la chute d’Uvira aux mains du M23, la présentant non comme une conquête militaire mais comme une réponse humanitaire et sécuritaire. Dans une déclaration prononcée ce mercredi, il a justifié l’avancée rebelle par la nécessité de « venir en aide » aux populations Banyamulenge et par l’échec présumé de Kinshasa à neutraliser la menace des rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

« Les gens ont crié au secours, mais personne n’est venu les aider »

M. Kagame a construit son argumentaire sur un récit de victimes abandonnées. « Les gens ont crié au secours, mais personne n’est venu les aider », a-t-il déclaré, évoquant les Banyamulenge, une communauté tutsi congolaise vivant notamment dans le Haut Plateau du Sud-Kivu. Il a ensuite étendu cette notion d’abandon aux « milliers et des milliers de Burundais » qu’il affirme avoir été pris dans les combats à Uvira (Buvira dans son propos) et avoir dû fuir.

Son discours a ensuite opéré un glissement accusatoire, pointant du doigt le déploiement massif de l’armée burundaise en RDC, estimant celle-ci à « plus de vingt mille soldats ». Il a questionné la présence d’un tel contingent alors que, selon lui, régnait « un chaos total ». Il a accusé ces forces, alliées de Kinshasa, de vouloir « tuer des gens dans les zones de Minembwe », et d’y être parvenues en utilisant « bombardements, artillerie, drones ».

La justification officielle : la menace persistante des FDLR

Ces déclarations font écho au communiqué officiel publié par le gouvernement rwandais le jour même de la chute d’Uvira. Dans ce document, Kigali a explicitement lié l’offensive du M23 à l’incapacité – ou au refus – des autorités congolaises de « neutraliser les rebelles rwandais FDLR ».

Ce groupe, composé en partie d’anciens génocidaires rwandais de 1994 et actif dans l’Est de la RDC depuis des décennies, est régulièrement désigné par Kigali comme une menace existentielle justifiant ses interventions sécuritaires au-delà de ses frontières. Pour le Rwanda, l’accord tacite ou l’incapacité de Kinshasa à démanteler les FDLR constitue une violation de sa souveraineté et une provocation, fournissant ainsi le casus belli officiel pour son soutien au M23.

Un narratif à double détente

La double justification avancée par Kigali – protection des populations tutsi et lutte contre les FDLR – sert un objectif stratégique et communicationnel clair :

  1. Légitimation humanitaire : Elle tente de donner une couverture morale et défensive à une opération militaire offensive, en la présentant comme une intervention de protection des civils (R2P – Responsabilité de protéger).
  2. Légitimation sécuritaire : Elle réactive le motif historique de l’insécurité aux frontières, invoquant la menace FDLR pour justifier une action préventive ou punitive sur le sol congolais.
  3. Déplacement des responsabilités : Elle rejette la faute de l’escalade sur Kinshasa (pour son inaction contre les FDLR) et sur Bujumbura (pour son intervention militaire), présentant le Rwanda et le M23 comme des acteurs réagissant à une agression.

Un déni en contradiction avec les faits

Ce narratif entre en contradiction frontale avec les conclusions du dernier rapport des experts de l’ONU, qui documentent un déploiement structuré de milliers de soldats rwandais (RDF) combattant aux côtés du M23, et non une simple réaction défensive. Il ignore également la prise effective et l’occupation d’une grande ville congolaise, Uvira, loin des zones traditionnelles de peuplement Banyamulenge.

Alors que la communauté internationale exige un retrait immédiat des troupes rwandaises, le discours de Kigali signale qu’il n’envisage pas de recul et entend ancrer sa présence en RDC dans une logique de longue durée, justifiée par des impératifs sécuritaires et communautaires qu’il définit lui-même.

Par Marc Etumba, correspondant à Kinshasa
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À la UnePolitique

Est de la RDC: les habitants fuient Uvira au lendemain de l’entrée de l’AFC/M23

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

En République démocratique du Congo, malgré la signature des accords de paix de Washington le 4 décembre dernier, la situation sécuritaire et humanitaire s’est de nouveau dégradée. Le groupe armé FAC-M23 soutenu par le Rwanda voisin a lancé une offensive jusqu’à la ville d’Uvira. Depuis ce mercredi, les rebelles ont investi ce qui était depuis la chute de Bukavu le siège des autorités provinciales du Sud-Kivu.

La première conséquence de cette nouvelle offensive, c’est une dégradation de la situation humanitaire de la région, qui était déjà difficile, souligne notre correspondante à Kinshasa, Paulina Zidi.

Les autorités provinciales du Sud-Kivu ont dressé, dans un communiqué signé de Baraka, tout au sud de la province, un premier bilan de ces affrontements. Plus de 400 civils ont été tués par balles, dont des femmes et des enfants. Des blessés ont été acheminés vers Bujumbura, de l’autre côté de la frontière, avant sa fermeture, « pour être soignés, mais surtout pour être mis à l’abri d’éventuelles représailles », explique un responsable.

Pour les humanitaires, l’urgence est de pouvoir acheminer à Uvira — qui manque d’eau et d’électricité depuis plusieurs jours – et dans la zone des intrants et des équipes médicales. Des stocks sont arrivés à Bujumbura, mais ne peuvent être acheminés en RDC pour l’instant.

Des milliers de déplacés

Selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), en un peu plus d’une semaine, plus de 200 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Sud-Kivu. Des dizaines de milliers d’autres ont traversé la frontière vers les pays voisins, Rwanda et Burundi notamment. 

Dès mardi, la ville d’Uvira avait commencé à se vider. Mercredi, des milliers d’habitants ont encore fui vers la frontière burundaise, à pied ou à moto. « J’ai quitté Uvira mardi, lorsqu’on a su que des localités étaient en train de tomber entre les mains du M23. Nous qui soutenions le régime de Kinshasa, nous qui soutenions les jeunes Wazalendo, alors, on a eu peur. (…) Les voisins m’ont dit de quitter la ville », témoigne un membre de la société civile, qui a fui mardi vers Bujumbura. La fermeture de la frontière burundaise a ensuite été confirmée par plusieurs sources sécuritaires.

Ceux qui sont restés ont passé la journée de mercredi calfeutrés chez eux, au rythme des détonations et des tirs, « Avec l’arrivée des éléments de l’AFC/M23, toute la population est restée enfermée dans les maisons. Il y a eu des échanges de coups de balles pendant la journée », rapporte un habitant au micro de Florence Morice, de la rédaction Afrique de RFI.

Avec l’arrivée des éléments de l’AFC/M23, toute la population est restée enfermée dans les maisons. Il y a eu des échanges de coups de balles pendant la journée. Dès qu’ils sont arrivés avec quelques éléments des Wazalendo qui ont résisté dans la ville, dans plusieurs artères de la ville. Et après ça, la population est restée enfermée dans leurs maisons. Et jusque tard dans cette soirée, il n’y a pas de sortie encore. Tout le monde est calme dans sa maison.

00:48

Un habitant raconte la chute UviraFlorence Morice

La RDC et le Burundi accusent Kigali de violer l’accord de paix

À Kinshasa, les autorités dénoncent « une violation du cessez-le-feu ». Nous attendons que Washington, garant de l’accord de paix, puisse contraindre le Rwanda à quitter le territoire congolais, a déclaré Patrick Muyaya, le porte-parole du gouvernement. Pour la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Wagner, l’administration Trump doit « restaurer la crédibilité » de sa médiation ajoutant : « Il ne suffit pas de condamner. Il ne suffit pas d’être préoccupé ou inquiet. On compte des milliers de morts et l’inquiétude n’est pas le sujet. »

Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait dénoncé « une situation inacceptable ». « Nous savions que le Rwanda n’était pas de bonne foi dès le début du processus, mais il fallait les confronter jusqu’au bout parce que nous, nous croyons à la médiation américaine », a-t-il expliqué.

Selon lui, le président de la République avait déjà « mis le poing sur la table » lors des échanges à la Maison-Blanche, et quelques jours plus tard, « les faits lui donnent raison ». Patrick Muyaya évoque des « offensives généralisées » menées par le Rwanda et « son fils, le M23 », rappelant que plusieurs partenaires internationaux ont publié des communiqués unanimes pour condamner ces opérations. « C’est un bon début, mais ce n’est pas suffisant », insiste-t-il, « il [le Rwanda, NDLR] ne peut pas se permettre de faire un camouflet au président américain ».

« Le fait que le Rwanda sape un accord salué unanimement par le monde entier est une preuve supplémentaire qu’ils n’ont aucune considération pour le droit international. Nous exigeons des sanctions pour s’assurer que l’accord produise les effets escomptés », conclut-il.

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, estime que l’offensive à Uvira «inacceptable»Pascal Mulegwa

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Le Burundi, qui entretient depuis longtemps des relations tendues avec Kigali, voit dans cette avancée rebelle une menace directe pour sa propre sécurité. Dans un communiqué publié depuis Baraka, à 90 km au sud d’Uvira, le porte-parole du gouvernorat provincial a dénoncé une « violation manifeste du cessez-le-feu et des accords de Washington ».

Kigali rejette les accusations et demande le retrait des forces burundaises

Le gouvernement rwandais a, lui, renvoyé la responsabilité à Kinshasa et à Gitega. Mercredi, Kigali a accusé la RDC et le Burundi de « violations délibérées » du processus de paix. Dans une interview accordée à la télévision nationale, le ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a exigé le retrait des forces burundaises du Sud-Kivu. « Il n’y a qu’une option possible pour le Burundi : le retrait de ses forces du Sud-Kivu s’il veut la paix dans la région », a-t-il déclaré, rapporte notre correspondante à Kigali, Lucie Mouillaud. « Et ici, je tiens à réaffirmer l’engagement du Rwanda pour la paix. Ce qu’il faut maintenant, c’est une mise en œuvre stricte du cessez-le-feu qui inclut le retrait des troupes burundaises et l’arrêt de leurs frappes aériennes ».

Réagissant également au communiqué du Groupe de contact – signé notamment par les États-Unis et plusieurs pays européens –, qui demande à l’AFC/M23 et aux forces rwandaises de cesser « immédiatement » leur offensive, le chef de la diplomatie rwandaise a dénoncé un « parti pris occidental ». « C’est comme si les pays occidentaux se réveillaient uniquement lorsque celui qui est attaqué répond aux frappes. Il faut qu’il y ait une cohérence de la part de la communauté internationale, surtout des pays occidentaux », a-t-il insisté.

Pour le ministre, toutes les parties doivent désormais respecter leurs engagements pris dans l’accord signé à Washington la semaine dernière. Un accord qui demeure, selon un communiqué du gouvernement rwandais publié mercredi, « la voie la plus viable vers la paix dans la région des Grands Lacs ».

À lire aussiEst de la RDC: au Sud-Kivu, le front se déplace en direction de la deuxième ville de la province

Les localités d'Uvira, Sange et Luvungi dans le  Sud-Kivu, une province de l'est de la RDC.
Les localités d’Uvira, Sange et Luvungi dans le Sud-Kivu, une province de l’est de la RDC. © RFI
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Goma : Magloire Paluku, figure culturelle et cadre du M23, abattu par balle

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

Magloire Paluku Kavunga, journaliste, artiste de renom et cadre de la rébellion de l’AFC/M23, a été tué par balle ce mercredi dans les rues de Goma, la capitale du Nord-Kivu. Plusieurs sources au sein du mouvement rebelle ont confirmé sa mort à CONGO PUB Online, sans pouvoir préciser les circonstances exactes de l’attaque.

Âgé de 58 ans, Magloire Paluku était une personnalité publique incontournable dans l’Est de la RDC. Né à Butembo, il a marqué la région par son œuvre multiforme : journaliste, écrivain-poète, musicien, comédien et animateur. Il était surtout connu comme le fondateur de Radio Kivu 1, un média qui a pesé dans le paysage médiatique local pendant des années.

Sa trajectoire a connu un virage politique et militaire marqué. Proche de l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, il a occupé des fonctions officielles, notamment comme directeur de cabinet du ministère de la Culture et conseiller culturel et artistique. Il a ensuite rallié la rébellion de l’AFC/M23, dont il était devenu un cadre identifié.

Cette affiliation lui a valu des poursuites judiciaires. En juillet 2024, il a été condamné à mort par contumace par la Cour militaire de la Gombe à Kinshasa. Il figurait parmi les 25 coaccusés – dont Corneille Nangaa – dans un procès pour « crimes de guerre, trahison et participation à un mouvement insurrectionnel ».

Les circonstances de son assassinat, survenu en pleine journée dans une ville sous contrôle mixte (autorités étatiques nominales mais forte présence du M23 dans l’ombre), restent floues. Aucune revendication ni version officielle n’a immédiatement filtré, laissant planer le doute sur les auteurs et les motivations de ce meurtre.

Sa mort élimine une voix influente, à la croisée des mondes culturel, médiatique et rebelle, dans une région en proie à une escalade conflictuelle sans précédent. Les enquêtes devront déterminer si cet acte relève d’un règlement de comptes interne, d’une opération ciblée des forces de sécurité, ou d’une autre logique dans le chaos persistant de l’Est congolais.

Par Pascal Kabeya
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L’Est de la RDC bascule : Uvira tombe aux mains du M23, le Burundi ferme sa frontière

by admin9775 11 décembre 2025
written by admin9775

La situation dans l’Est de la République démocratique du Congo vient de connaître un tournant stratégique majeur. Ce mercredi en milieu de journée, la ville d’Uvira, chef-lieu temporaire du Sud-Kivu, est passée sans combat sous le contrôle de la rébellion du M23, soutenue par l’armée rwandaise. En réaction, le Burundi, allié de Kinshasa, a annoncé la fermeture immédiate de sa frontière avec la RDC, craignant une contagion du conflit sur son territoire.

Une prise de ville sans résistance

La chute d’Uvira, pivot économique et administratif de la région, s’est produite avec une rapidité déconcertante. Alors que les autorités locales assuraient ce matin même une reprise timide des activités, des colonnes de rebelles sont entrées en ville vers 11h30 « sans rencontrer de résistance », selon de multiples témoins.

« Nous observons leurs mouvements depuis nos maisons, par peur », a confié un habitant du quartier Kiromoni à Radio Okapi. Des sources sécuritaires indiquent que les Forces armées de la RDC (FARDC) s’étaient déjà retirées la veille en direction des territoires de Fizi (Swima, Makobola, Baraka). Le M23 a lui-même confirmé dans l’après-midi le positionnement de ses troupes dans la cité.

Une réaction régionale immédiate : le Burundi se barricade

Face à cette avancée rapide des rebelles vers la frontière, le gouvernement burundais a pris une mesure radicale : la fermeture de sa frontière avec la RDC. Bujumbura, qui accueille déjà des milliers de déplacés congolais fuyant les récents combats, justifie cette décision par la nécessité de « se protéger contre toute tentative d’intrusion ».

Cette fermeture risque d’aggraver une crise humanitaire déjà catastrophique, en bloquant l’un des principaux axes de fuite pour les civils pris au piège des combats. Elle illustre également la crainte des pays voisins de voir le conflit déstabiliser toute la sous-région.

Kinshasa dénonce une « régionalisation du conflit » et une violation flagrante de l’accord de Washington

À Kinshasa, le gouvernement a exprimé sa « vive préoccupation » et accusé le Rwanda de violer délibérément l’Accord de paix signé à Washington le 4 décembre dernier. Lors d’une réunion de crise présidée mardi par la Première ministre Judith Suminwa, le ministre de la Communication Patrick Muyaya a fustigé les actions de Kigali.

« Le Rwanda viole impunément l’accord… Ce n’est plus simplement violer l’accord, mais c’est aller vers la régionalisation du conflit parce qu’il est évident que le Rwanda prend le Burundi aussi en cible », a-t-il déclaré. Il a directement interpellé le médiateur américain pour qu’il « pèse de tout son poids ».

Un revers cinglant pour la diplomatie internationale

La prise d’Uvira constitue un revers majeur pour les efforts diplomatiques en cours. Elle intervient moins de 24 heures après un appel conjoint des États-Unis et de l’Union européenne exigeant du M23 et du Rwanda de « cesser immédiatement » leur offensive. Elle rend également caducs dans les faits les pourparlers annoncés à Doha entre le gouvernement et la rébellion.

Perspectives immédiates

La chute d’Uvira ouvre plusieurs scenarii critiques :

  1. Une poursuite de l’offensive du M23 vers le sud (Fizi) ou une consolidation de sa prise.
  2. Une crise humanitaire d’une ampleur inédite avec des centaines de milliers de personnes coupées de l’aide et des voies de fuite.
  3. Une tension extrême à la frontière burundo-congolaise, avec un risque accru d’incidents.
  4. Une mise à l’épreuve sans précédent de la crédibilité des garants internationaux, sommés de réagir à une escalade qui rend tout accord de paix actuel obsolète.

La situation évolue heure par heure. La communauté internationale, qui célébrait il y a six jours un « miracle » diplomatique à Washington, fait face à son plus sévère échec. La paix, en RDC, s’éloigne à la vitesse de la marche d’une colonne rebelle.

Par Marc Kabido, correspondant à Uvira
CONGO PUB Online

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